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L'Empreinte de l'ange de
Nancy Huston
Dans chaque histoire d'amour fou il y a un tournant ; cela peut venir plus ou moins vite mais en général cela vient assez vite ; la plupart des couples ratent le tournant, dérapent, font un tonneau et vont s'écrabouiller contre le mur, les quatre roues en l'air.
La raison en est simple : contrairement à ce qu'on avait cru pendant les premières heures, les premiers jours, tout au plus les premiers mois de l'enchantement, l'autre ne vous a pas métamorphosé. Le mur contre lequel on s'écrase après le tournant, c'est le mur de soi. Soi-même : aussi méchant, mesquin et médiocre qu'auparavant. La guérison magique n'a pas eu lieu. Les plaies sont toujours là, les cauchemars recommencent. Et l'on en veut à l'autre de ce qu'on n'ait pas été refait à neuf ; de ce que l'amour n'ait pas résolu tous les problèmes de l'existence ; de ce que l'on ne se trouve pas en fin de compte au Paradis, mais bel et bien, comme d'habitude, sur Terre.
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Par Alice5, le 05/02/2012
Lignes de faille de
Nancy Huston
Je lis de mieux en mieux et de plus en plus vite, je lis comme si ma vie en dépendait, lire est mon seul et unique talent, si on me disait, que je n’ai plus le droit de lire j’aurais une crise d’apoplexie et j’en mourrais.
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Par Neigeline, le 08/03/2010
Lignes de faille de
Nancy Huston
Pendant le bénédicité il demande à Dieu de protéger père et mère et Lothar de l'ennemi et ça me gène parce qu'il y a sûrement des familles en Russie qui lui demandent de protéger leurs hommes de l'ennemi sauf que quand ils disent l'ennemi ils parlent de nous, et à l'église quand le prêtre dit qu'il faut prier pour Hitler je pense aux gens dans les églises russes qui prient pour leur Guide à eux et je peux imaginer le pauvre Dieu qui, là-haut dans les nuages, se prend la tête dans les mains et essaie de faire plaisir à tout le monde et se rend compte que ne c'est tout simplement pas possible.
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Par Alice5, le 05/02/2012
Nord perdu, suivi de "Douze France" de
Nancy Huston
La littérature nous autorise à repousser ces limites, aussi imaginaires que nécessaires, qui dessinent et définissent notre moi. En lisant, nous laissons d’autres êtres pénétrer en nous, nous leur faisons de la place sans difficulté – car nous les connaissons déjà. Le roman, c’est ce qui célèbre cette reconnaissance des autres en soi, et de soi dans les autres. C’est le genre humain par excellence.
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Par Neigeline, le 08/03/2010
Lignes de faille de
Nancy Huston
Une fois je me suis caché dans leur cave au fond d'une énorme boîte en carton et quand les cousins sont descendus je les ai entendus m'appeler "Randall ! Randall !" mais ma cachette était tellement bonne qu'ils ne mont pas trouvé et pour finir ils ont renoncé et sont sortis jouer au frisbee dans le jardin en m'oubliant complètement. Pendant ce temps j'étais encore dans la boîte, j'attendais, j'attendais et quand je suis sorti enfin j'étais frigorifié et ankylosé et, en me voyant, mes cousins n'ont même pas dit "Où étais-tu ? On t'a cherché partout !" J'étais blessé de ne pas leur avoir manqué et je me suis dit que la mort devait être comme ça : la vie continue tranquillement sans toi.
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Lignes de faille de
Nancy Huston
"Ce qu'il y a avec les grandes personnes, c'est qu'elles prennent toutes les décisions toutes seules et que les enfants n'y peuvent rien."
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Par kolibri, le 22/07/2010
L'Empreinte de l'ange de
Nancy Huston
Elle ferme les yeux. Du bout de son index, Andras se met à dessiner son profil, commençant sur le front, à la naissance des cheveux, puis descendant délicatement entre les sourcils, suivant le fine crête du nez et se glissant dans la fossette entre la racine du nez et des lèvres.
- C'est ici, dit-il, que l'ange pose un doigt sur les lèvres au bébé, juste avant la naissance - chut !- et l'enfant oublie tout. Tout ce qu'il a appris là-bas, avant, au paradis. Comme ça, il vien au monde innocent...
Les paupières de Saffie s'ouvrent progressivement, elle veut vérifier l'empreinte de l'ange sur le visage de son amant mais son regard est aspiré par la bleue lumière dansante des yeux qui l'étudient.
- Sinon, poursuit Andras en riant, qui veut naître ? Qui accepte d'entrer dans cette merde ? Ha ! Personne ! On a besoin de l'ange !
- Et ça s'arrête quand, l'innocence ? demande Saffie d'une voix rêveuse, remuant à peine les lèvres sur lesquelles le doigt d'Andras est encore posé. Toi tu es innocent ?
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L'espèce fabulatrice de
Nancy Huston
Nous sommes incapables, nous autres humains, de ne pas chercher du Sens. C’est plus fort que nous.
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Par Nini82, le 14/10/2010
Lignes de faille de
Nancy Huston
P'pa a une histoire drôle, c'est un homme pauvre qui s'installe tous les matins sur un banc devant un boui-boui parce que, même s'il ne peut pas s'acheter de petit déjeuner, il adore l'odeur du bacon en train de frire alors il reste là assis et le hume tout son saoul. Mais le patron du restaurant le remarque et au bout de quelques jours ça commence à lui taper sur les nerfs alors il sort avec une assiette en fer blanc et dit : "Il faudra payer tout le plaisir que vous a donné mon bacon". L'homme pauvre glisse une main dans sa poche, sort une pièce d'argent et la fait tomber dans l'assiette, ensuite il la ramasse et la remet dans sa poche. "Ce n'est pas ce que j'appelle payer !" dit le patron furieux, et l'homme pauvre lui dit en souriant : " Ca me paraît juste : moi j'ai l'odeur de votre bacon, vous avez le bruit de mon argent !"
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Par caro64, le 27/07/2010
Infrarouge de
Nancy Huston
Qu’est-ce qui est vieux ? La serveuse a vingt ans, ma douleur bientôt trente, les briques mangées par le lierre, huit cents, le soleil, quatre milliards… et tout est d’aujourd’hui : neuf, vif, à vif.