-
Sans elle de
Alma Brami
Je me souviens de son premier chagrin, son premier vrai gros chagrin, un chagrin qui bouleverse tant, que la vie change de couleur. Un chagrin qui se niche à chaque endroit du corps et qui l’enraye comme des milliers de grains de sable. C’était bête pourtant, comparé à la mort... Mais quand on est triste, on compare pas. Elle était toute petite, elle était heureuse, se sentait jolie. Elle n’y avait même pas encore pensé, elle était comme elle était et ça lui semblait parfait, normal, incontestable.
-
Sans elle de
Alma Brami
Le droit d’être en vie devient un devoir, le devoir d’être heureux pour apaiser les souffrances passées.
-
Sans elle de
Alma Brami
Ne rien rattraper, ne rien recommencer, inventer, créer, construire.
-
Sans elle de
Alma Brami
C'est si doux, si drôle quand tout le monde est vivant, mais dès qu'il y a un mort, ça sert plus à rien. C'est juste du faux espoir, du faux blanc, du vrai noir, c'est juste une impression de pouvoir tout changer, c'est juste un mur, des ailes coupées, du seul, du rien, le plus grave des mensonges.
-
C'est pour ton bien de
Alma Brami
Sans jamais tomber dans la critique stérile et méchante, Lili analyse avec une perspicacité savoureuse les travers du genre humain!
Lili n’avait jamais supporté le rapport à Dieu des autres. Suppliant, priant pour qu’on les épargne, qu’on leur pardonne, priant pour des miracles.
Des mots adressés vers Lui, pour ne parler que d’eux, seulement d’eux, d’eux, d’eux. [...]
On L’abreuvait de prières pré-écrites, de rituels au lever, au coucher, avant et après les repas, tout était fonction de Lui et de la crainte perpétuelle de Le froisser.
C’était se donner beaucoup d’importance de croire que de si petits actes auraient une incidence sur Son humeur. La prétention des hommes, quel fléau!
> lire la suite
-
Tant que tu es heureuse de
Alma Brami
Il avait été clair dès le début, il ne lui avait rien promis. Il lui avait expliqué sa situation, sa décision immuable de rester auprès de sa femme, quoi qu’il arrive. Et pourtant elle s’était laissé approcher. Ils étaient allés chez elle dans son petit appartement rose et orange, douceur de filles. Il n’était jamais resté une nuit, juste quelques heures après le boulot, il n’avait jamais coupé son téléphone au cas où sa femme aurait dû le joindre, il ne l’avait jamais fait passer en premier et elle avait accepté ça tout de suite, comme une évidence.
-
Par MissAlfie, le 14/10/2010
Sans elle de
Alma Brami
Je me demandais qui avait eu cette idée d'enterrer les morts, peut-être que c'était quelqu'un qui pensait que ça s'attrape, que la mort c'est comme une épidémie, que c'est contagieux.
Et puis je me suis rappelée la voisine qui parlait de son chien, qui disait que quand l'âme s'en va, le corps pourrit, mais quand ? A partir de quand ? Est-ce que c'est la mort qui ronge la peau, qui la dévore, qui la saccage, qui la troue ?
-
Par MissAlfie, le 14/10/2010
Sans elle de
Alma Brami
Un jour, j'ai compris que la mort avait un ennemi, un ennemi plus fort qu'elle. [...] Et j'ai eu l'idée de l'oubli, ou plutôt du non-oubli. Si on pense aux morts, ils vivent. Il ne vivent plus au même endroit, mais ils vivent.
-
Par c.brijs, le 07/02/2012
C'est pour ton bien de
Alma Brami
Lili avait l'impression d'avoir grandi dans une boîte de fer, une boîte comme celle des grands-mères où l'on cache des biscuits secs, dont personne ne veut. Une boîte cercueil, sans lumière, sans bruit, où rien n'est dramatique, mais rien n'est vraiment drôle non plus.
-
Par Fleur, le 11/10/2010
Tant que tu es heureuse de
Alma Brami
Elle avait aimé Franck pour sa carrure imposante, ses effluences paternelles, sa réussite magistrale.
Il était elle, à sa manière.
Debout aimant, aux mille saveurs de vie.
Quelqu’un qui ne s’endort pas, qui crée, recrée, s’émerveille.