-
Par Lucie16, le 01/02/2011
Contrepoint de
Anna Enquist
Le but de la musique est d'imiter la nature, estimait-il. Non, pas les montagnes, les ruisseaux et les arbres, mais la nature humaine. La vie émotionnelle. Les états d'âme.
-
Par Lali, le 11/02/2011
Le Saut : Six monologues de
Anna Enquist
Quand on ne peut pas parler, il faut écouter de la musique. La musique parle sans les mots. Un morceau de musique peut exprimer des sentiments qui sont trop vagues ou trop douloureux pour être pris au piège des mots. Ou trop terribles
-
Par Cath36, le 05/04/2011
Contrepoint de
Anna Enquist
Une chose ne peut jamais être la même à deux moments différents dans le temps, ne peut du moins plus être perçue comme "la même", parce que l'observateur à changé...Non, l’interprète et l'auditeur ne pouvaient balayer d'un revers de main les trente variations qui s'intercalaient entre le première et la dernière apparition de la sarabande. Même si elle était identique à la première, on entendait la deuxième aria différemment parce que quelque chose s'était produit dans l'intervalle. On ne pouvait pas revenir au moment où on n'avait pas entendu les variations.
-
Par caro64, le 22/04/2011
Contrepoint de
Anna Enquist
Jouer. Jouer du piano aidait. Par une étude répétitive pénible, en étant aussi attentive que possible, la pianiste blessée tissait les connexions entre les deux hémisphères cérébraux. [...] Les destructions qu’avait causées le traumatisme restaient visibles, comme des témoins silencieux. En jouant du piano, on construisait une passerelle, une construction bancale de planches qui vous permettait de circuler parmi les décombres et d’avoir un aperçu du territoire violé.
-
Par caro64, le 22/04/2011
Contrepoint de
Anna Enquist
Pourquoi une mélodie qui monte puis descend provoque-t-elle tant de tristesse ? Est-ce qu’on était plus avancé quand on le savait ? Inspirer avec espoir, souffler avec déception. Monter la colline puis, fatalement, la redescendre. Recevoir une chose puis devoir y renoncer. La vie, quoi.
-
Les Porteurs de glace de
Anna Enquist
"Lou et lui étaient des copains. Tout ce qu’ils avaient traversé ensemble était si important, si particulier-on ne pouvait le partager avec un autre. Pas elle. Ce secret glacé dont ils ne parlaient jamais appartenait à eux seuls" p99 (édition de poche)
-
Par Cath36, le 06/04/2011
Contrepoint de
Anna Enquist
S'il n' y a pas de protecteur, se dit-elle, si je dois me contenter de cet amant parcimonieux qu'on appelle Raison, autant me mettre à crier à pleine gorge, autant hurler contre le vent en expulsant mes poumons.
-
Par caro64, le 22/04/2011
Contrepoint de
Anna Enquist
Les quelques fois où Anna Magdalena lui avait parlé de l’enfant mort et avait essayé de le consoler, il lui avait imposé le silence. Il devait se concentrer, disait-il, il travaillait à une grande œuvre. [...] Pendant un an et demi, Bach s’enferma avec la musique qui devint un véhicule de son désespoir. [...] Il gardait son fils auprès de lui quand il était plongé dans les variations, il ne devenait pas fou de désespoir tant qu’il composait ; il œuvrait à un monument funéraire retentissant pour l’enfant perdu. Il prenait soin de lui.
-
Par Cath36, le 05/04/2011
Contrepoint de
Anna Enquist
Qu'a-t-on à son actif après une formation au Conservatoire ? De la virtuosité, de la maîtrise de soi, un goût trop prononcé pour ce qui impressionne, pour les apparences. Pour ces variations, une nouvelle humilité s'impose, sauf qu'on ne pourra jamais les jouer par humilité. Une telle technique exige un sentiment de supériorité.
-
Par Cath36, le 05/04/2011
Contrepoint de
Anna Enquist
Les percussionnistes ne font pas grand cas du temps, ils n'en font pas un problème philosophique. Ils écoutent la pulsation, ils produisent des rythmes à partir de là,ils traduisent ce qu'ils ressentent en mouvements. Leur activité consiste à attendre et frapper, attendre et frapper, frapper.