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Mon enfant de Berlin de
Anne Wiazemsky
Depuis deux jours, Claire partage avec Mistou la plus belle chambre du quatrième étage d'un immeuble situé au 96 Kurfurstendamm où toutes les vitres cassées des fenêtres viennent d'être remplacées. Des ouvriers aménagent la salle de bains attenante, d'ici peu, les deux jeunes femmes auront une baignoire et du chauffage: l'hiver s'annonce très froid à Berlin. La croix-rouge leur a déjà offert à toutes de longs et et élégants manteaux bleu marine, de coupe masculine, qui ont une doublure en fourrure amovible, ainsi que des chapkas. Claire n'aurait jamais imaginé pouvoir trouver un tel confort dans une ville en ruine. Leurs camarades de section sont logés à un autre étage, dans des chambres plus petites, meublées à la hâte. C'est à un équitable tirage au sort, à un heureux coup de dés, que Claire et Mistou ont gagné le privilège d'occuper cette chambre surnommée, on ne sait pourquoi, "chambre des cocotes". Après maintes suppositions, les deux amies ont pensé que cela pourrait s'expliquer par le lit à baldaquin, les rideaux et les murs recouverts de satin rose bonbon et bleu ciel, d'un total mauvais goût qui les enchante.
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Jeune fille de
Anne Wiazemsky
Il me conduisit à la librairie Maspero dont je n'avais jamais entendu parler, et nous nous offrimes des livres en gage d'amitié. Lui, Un beau ténébreux de Julien Gracq et le Journal d'un voleur de Jean Genet ; moi, Eugène Onéguine de Pouchkine et Un héros de notre temps de Lermontov. Puis nous rentrâmes dans un cinéma, le premier qui s'était présenté. On y projetait Pour qui sonne le glas. Entre deux longs baisers, je retrouvais les beaux visages d'Ingrid Bergman et de Gary Cooper.
p. 103-104
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Mon enfant de Berlin de
Anne Wiazemsky
Wia aime sortir le soir et je déteste ça ; il aime voir des amis et je déteste ça; il aime raconter des histoires drôles et je déteste ça; nous n’avons aucun point commun, mais je pense que c’est peut-être avec lui que j’ai une toute petite chance d’être heureuse.
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Jeune fille de
Anne Wiazemsky
Toujours perchée sur le rebord de la fenêtre, mes bras enserrant mes jambes repliées sous le menton, j'avais la tête tournée vers l'extérieur, vers le parc qui s'étendait deux étages en dessous.
p. 176
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Jeune fille de
Anne Wiazemsky
La lecture de " Jeune fille " de Anne Wiazemsky, est un vrai plaisir. J'aime son style. Gràce à lui on entre dans l'histoire comme on entre dans l'eau. Il n'a aucune aspérité. Elle vous amène doucement là où elle veut. Par contre ce vieux barbon de Bresson draguant et tendant des pièges à une fille de 18 ans me dégoûte assez.
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Par jostein, le 30/01/2012
Une année studieuse de
Anne Wiazemsky
me mesurer à la fois à la fougue de Jean-Luc et aux valeurs traditionnelles de ma famille demandait beaucoup de force.
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Par jostein, le 30/01/2012
Une année studieuse de
Anne Wiazemsky
Aimer, c'est dépendre de l'autre, donc perdre sa liberté.
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Par 270778, le 17/07/2010
Jeune fille de
Anne Wiazemsky
C'était le printemps et pour la prmeière fois depuis deux ans, depuis la mort de mon père, je l'attendais avec impatience. Dans ma cahier de textes, j'avais recopié ces lignes extraites d'un roman de mon grand-père, François Mauriac : "Le bonheur, c'est être cerné de mille désirs, d'entendre autour de soi craquer les branches." Si la première partie de cette définition m'était encore inconnue, je commençais à entrevoir la seconde : j'écoutais, j'entendais "autour de moi craquer les branches". C'était diffus, nouveau, troublant. Cela surgissait sans raison, n'importe où.
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Par Malice, le 05/09/2009
Mon enfant de Berlin de
Anne Wiazemsky
Quand Claire quitta le bureau pour rejoindre son étage, elle avait envie de chanter de joie dans l'escalier : elle venait de rencontrer enfin un homme qui ignorait l'existence de son illustre père et pour qui la littérature, les livres ne comptaient pas. Cette situation si nouvelle l'enchantait.
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Jeune fille de
Anne Wiazemsky
Nous avions déjeuné chez mes grands-parents et, à peine le café avalé, je m'empressai de prendre congé. Mon grand-père (François Mauriac) me retint d'un geste.
- Tu tiens toujours ton journal ?
- Oui, pourquoi ?
Ses yeux se plissaient de joie comme chaque fois que lui venait une pensée malicieuse.
- Parfait. Surtout, continue-le, régulièrement, tous les soirs avant de te coucher. Ce sera passionnant le journal d'un tournage. Et puis... si ce M. Bresson s'avise d'être désagréable, écrire ton journal c'est te fabriquer une arme formidable. Françoise Gilot qui fut l'épouse de Picasso vient de sortir un livre qui raconte leur vie. Tout le monde se l'arrache ! Quelle vengeance ! Quelle merveilleuse vengeance !
Il riait et les membres de la famille qui se trouvaient présents riaient aussi. Choquée par le cynisme de sa proposition, je me levai et quittai le salon sans un mot.
Folio n° 4722, p. 53-54
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