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Par Nadael, le 04/10/2011
Entre les bruits de
Belinda Cannone
Cette joie, cette joie folle de faire chanter le corps d'une femme, de tirer d'elle ces sons, le sentiment – est-ce de puissance ? Non, rencontre d'un instrumentaliste habile et d'un instrument sensible, qui échangent tour à tour leur rôle – oui, cette expérience incomparable d'atteindre l'autre, minutieusement, obstinément, au plus intime, et la preuve, cette belle preuve du chant qui en surgit...
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Par line70, le 19/03/2011
Entre les bruits de
Belinda Cannone
Concentre-toi en toi-même, petite fille, puis ensuite oublie-toi, deviens un instrument à capturer les sons, fais de la conque de tes oreilles le plus bel instrument pour écouter tour à tour le chant des étoiles et la rumeur du monde.
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Par lanard, le 28/03/2012
Le sentiment d'imposture de
Belinda Cannone
Tu as bien travaillé, tu étais intelligent, et tu es devenu grand ingénieur de carrière. Longtemps pourtant, tu ne t'es pas débarassé d'un sentiment d'imposture qui te rongeait secrètement. Toi, le petit provincial bisagnon, qu'est-ce que tu faisait donc à l'Ecole, parmi ces jeunes gens sûr d'eux, puis ensuite parmi ces brillants carriéristes, Oh, bien sûr, tu travaillais beaucoup, tes dossiers de carrière était parfaits, tes collègues t'appréciaient vraiment, c'est toi qui dénouais souvent les problèmes de chantier. Combien de verres de magoude avez-vous partagés après chaque opération réussié, avec cette tranquillité des travailleurs contents d'eux et des autres.
Alors? Pourquoi cette conviction que tu occupais une case qui n'avait pas été prévue pour toi?
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Par Nadael, le 04/10/2011
Entre les bruits de
Belinda Cannone
Elle dit qu'elle n'entend pas son pic-vert trop lointain mais les oiseaux pépiant, les feuilles qui bruissent, les galops des petits animaux au sol, les griffes sur les branches (les écureuils), des craquements (peut-être des noisettes), des claquements, des clappements, des crissements, des froissements, des glissements – des bruits intéressants mais si nombreux, ça enfle, le vent dans les feuillages dessine comme un long ruban sonore qui s'amenuise dans le lointain, les pas créent un matelas bourdonnant sur le sol, deux oiseaux se disputent sous son nez, l'air est plein à craquer – elle doit fermer les oreilles pour se reposer.
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Le sentiment d'imposture de
Belinda Cannone
"... ce qu'ils sont ne correspond pas à la case, laquelle case apparaît exactement comme un idéal."
"Au royaume des apparences, il faudrait ne se soucier que de son être profond. A l'ère de la consommation de masse, il faudrait être unique. Evidemment lorsqu'on ouvre les magazines ou qu'on allume la télé pour écouter parler de l'être profond, on ne découvre que l'être standard : "ressemble-nous, sois toi-même"... D'un côté, une société d'une grande complexité, qui propose une infinité de cases assez strictes. De l'autre, l'injonction d'être singulier. Tu ne sais trop si tu trouves là quelque chose de paradoxal ou d'au contraire très cohérent. Car tu te demandes si le sentiment d'imposture ne vient pas parfois de ce que le monde dans lequel nous vivons est si complexe, si organisé, si ordonné (à certains égards), de ce que l'existence y est tellement prise en charge par toutes sortes de discours de recommandation, de conseil, d'experts, de gens-comme-soi, qu'on a vite fait de perdre ses repères parmi la multiplicité de ceux qui nous sont proposés, qu'on contrarie forcément un modèle en optant pour un autre, et que de toute façon on a du mal à se conformer aux cases disponibles... monde plein de cases, certes, mais dont aucune ne peut être "sienne"
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Par Nadael, le 04/10/2011
Entre les bruits de
Belinda Cannone
Les silences correspondent assez bien à ce que les peintres appellent des réserves, ces parties de la toile qui ne sont pas peintes. Une réserve, c'est joli, non ? Eh bien le silence est notre réserve, à nous compositeurs, où nous restons en retrait, mais aussi notre réserve de sons, l'endroit d'où jaillira leur profusion. Nous devons savoir apprécier ce silence particulier qui précède l'apparition de la ligne sonore : il contient la promesse.
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Par lanard, le 23/03/2012
Le sentiment d'imposture de
Belinda Cannone
...quand on [naît] pauvre, on le [reste] toute sa vie, même si l'on (devient] riche; Car il ne suffit pas d'avoirde bonnes manières, du goût ou de la culture: il faut que tout cela soit "naturel"; la caricature de celui qui n'a pas su "naturaliser" ses acquisitions: le "nouveau riche". Plus insidieux, le redoutable commentaire des nantis qui vient toujours comme une explication globale et vague de la personnalité de quelqu'un, si brillant soit-il: "Il vient d'un milieu très populaire." Le privilège de la naissance n'est pas seulement une croyance d'Ancien Régime. On a beau être entré dans l'idéologie du mérite (chacun valant par la somme de ses actes et non par la grâce de sa naissance), reste que tel fauteuil Empire a beaucoup plus de prix (symbolique) s'il nous vient de notre grand-mère que si on l'acheté à un antiquaire, car dans le premier cas il est naturalisté par la transmission: la puissance est un donné au lieu d'être un acquis. L'ancien pauvre est souvent partie prenante de cette vision, il se sent imposteur parce qu'il se souvient que ce que d'autres possédaient en naissant il a dû, lui, l'"emprunter".
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Par Nadael, le 04/10/2011
Entre les bruits de
Belinda Cannone
– Et le réchauffement climatique...poursuit Barbe. On a l'impression que tout conspire... tout conspire au désastre final.
– Dire qu'on est peut-être les derniers, soupire Jérôme. Après tout, le monde a commencé sans nous, il peut bien finir pareil, avec juste quelques loups énormes chassant des lapins volants et des icebergs à la dérive sur tous les océans.
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Par lanard, le 28/03/2012
Le sentiment d'imposture de
Belinda Cannone
(Parenthèse programmatique
Quand un mot n'existe pas, ou pas encore, c'est que l'objet qu'il désigne [désignera] n'est pour l'instant pas identifié. Ce dont tu veux parler n'a pas d'appellation. Or tu es persuadé que ce sentiment - puisqu'il s'agit d'un sentiment - est très répandu, mais obscur. Tu es donc obligé d'inventer un terme qui recouvre l'objet le plus précisément possible pour lui donner un contour; décrire, c'est-à-dire détacher intellectuellement dans le continuum du monde un objet. Tu proposes, faute de mieux, de le nommer "sentiment d'imposture".)
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Par Nadael, le 04/10/2011
Entre les bruits de
Belinda Cannone
Ainsi entendez-vous que c'est une œuvre, et non la confuse rumeur des choses. Le monde n'est qu'un chaos que les œuvres musiquent.