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La Chambre a Remonter le Temps de
Benjamin Berton
D'après mes calculs et mes précédents séjours dans la chambre, trois semaines devraient suffire pour nous emmener à une autre époque. Il est tout à fait probable, compte tenu des dispositions que j'ai prises (nous sommes entrés dans la pièce vers 19h30), que nous atterrissions, après 20 jours, dans un futur assez éloigné de notre point de départ. La fourchette pourrait aller de 200 à 1 000 ans. C'est d'une imprécision affolante […]. Si l'air est respirable (le contraire affecterait mes plans), nous ne serons que trois dans notre genre et forcés à revenir les uns vers les autres. Ana aura sa chance. À son âge, et quel que soit notre point d'arrivée, elle fera sensation et saura s'adapter. Céline et moi démarrerons une nouvelle vie. Je ne prétends pas que notre amour pourra renaître. Ce ne serait pas réaliste. Je veux bien parier que nous saurons nous pardonner et passer sur nombre de choses. Revivre ensemble. Se confier l'un à l'autre. Être proches. Je ne vois pas beaucoup plus loin.
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Par luocine, le 16/12/2011
La Chambre a Remonter le Temps de
Benjamin Berton
Je trouvais ça plutôt a musant au début de vivre avec quelqu’un et puis ça m’est passé. Je ne me rendais pas compte mais maintenant que c’est terminé, j’ai l’impression qu’elle m’a presque rendu service. Je remets des slips et n’en change que tous les trois jours.
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Par csapin, le 06/07/2011
La Chambre a Remonter le Temps de
Benjamin Berton
Je séchai le travail les jours suivants. (...) Ma démarche était hasardeuse en ce temps où le gouvernement tentait de remettre utilement le monde au travail et de durcir la politique de lutte contre les arrêts de complaisance. Les Français étaient des fainéants invétérés mais semblaient, comme moi, avoir perdu la tête ces derniers temps. Ils avaient plébiscités un gouvernement droitier qui avait augmenté la durée du travail et n'avait que le mot "efficacité" à la bouche. Nicolas Sarkozy avait été élu haut la main alors que la majorité de mes concitoyens ne rêvaient que de rester chez eux à ne rien faire, de travailler dans l'administration, lambiner au bureau, partir en retraite à 55 ans ou quitter à 16 heures pour profiter du jardin et des enfants. Nous sommes une nation paradoxale qui aime parfois se penser le contraire de ce qu'elle est. Cela m'arrivait à moi aussi. J'aimais croire que j'étais un être d'exception, que j'avais au fond de moi un potentiel (de quoi ?) inexploité et qui un jour irradierait ma propre vie et mes contemporains. En attendant qu'il se révèle à moi, cela ne m'empêchait pas d'agir médiocrement, tout en conservant une excellente image de moi, comme posée en promesse sur la table.
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Par Elvira, le 09/01/2012
La Chambre a Remonter le Temps de
Benjamin Berton
Cela n’avait guère d’importance tant notre vie était morne. Si je m’endormais un lundi et me réveillais le jeudi, je pouvais en un éclair reconstituer le souvenir du mardi et du mercredi perdus. Les jours étaient les jours, les semaines les semaines. Il me vint à l’esprit que c’était la véritable nature de notre vie, le cœur même de notre civilisation basée sur le travail et la vie domestique : la désintégration de l’axe temporel, la mort du temps linéaire. L’ennui était tel que tout se ressemblait. Nous revivions sans cesse les mêmes situations, les mêmes réveils, les mêmes cauchemars professionnels, les mêmes engueulades, les mêmes divertissements. Que le temps s’écoule vers l’avant, qu’il régresse ou qu’il se répète à l’infini ne changeait finalement pas grand-chose.
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Par luocine, le 16/12/2011
La Chambre a Remonter le Temps de
Benjamin Berton
Le mobilier était discret, contemporain dans le style bobikéa qui plaisait aux gens de notre génération.
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Par luocine, le 16/12/2011
La Chambre a Remonter le Temps de
Benjamin Berton
La Sarthe était le département le plus inhospitalier que j’avais connu jusqu'à lors. L’air était en permanence humide, comme chargé de brouillard. Il faisait assez froid l’hiver, étouffant l’été. Le ciel était bas et nous trouvions le climat malsain.
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Par Elvira, le 09/01/2012
La Chambre a Remonter le Temps de
Benjamin Berton
Un véritable écrivain doit éviter les mauvais livres comme le Mogwai le verre d’eau.
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Par Elvira, le 09/01/2012
La Chambre a Remonter le Temps de
Benjamin Berton
Je rêvais du jour où les agences fermeraient les uns après les autres et où ces types reviendraient à leur médiocrité culturelle, et crèveraient dans la rue. Les agents immobiliers étaient au monde d’aujourd’hui ce que les golden boys avaient été aux années 1980 : de petits seigneurs de la guerre, sans carrure ni esprit, propulsés au firmament par le plus vieux système spéculatif du monde.
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Par csapin, le 06/07/2011
La Chambre a Remonter le Temps de
Benjamin Berton
Céline était une personne qui affrontait la souffrance en solitaire. Cela avait toujours été sa réaction lorsque de sales trucs lui arrivaient. Elle avait horreur de fendre l'armure et de partager avec quiconque, fût-ce moi, ce qui la touchait profondément.
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Par luocine, le 16/12/2011
La Chambre a Remonter le Temps de
Benjamin Berton
J’étais un type du Mans, la ville la plus déprimante et sinistre de la planète.