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Silence de
Benoît Séverac
- Je te propose de travailler à partir de cette liste.
Jules met ses sourcils en point d’interrogation.
- Tu remplaces chaque petit plaisir perdu / par un petit plaisir de substitution, / chaque activité devenue impossible / par une activité de substitution possible pour un sourd.
- De substitution ?
- De remplacement. Que tu pourras faire à la place de.
- Par exemple ?
- Ton premier point : écouter de la musique. / Remplace la musique par une autre activité artistique. Quelque chose que tu voudrais explorer. / La peinture, par exemple.
- Beurk.
Damien tourne les paumes des mains vers le ciel et incline la tête, l’air de dire : « Ah, ça, mon gars ! » puis il prend le stylet :
- Il va falloir t’intéresser à des choses nouvelles.
- Ma passion, c’est la musique.
- Tu en entretiendras le souvenir, mais…
Jules n’attend pas que Damien finisse sa phrase :
- Je ne pourrais pas vivre sans musique.
Damien essaie d’écrire aussi vite qu’il peut :
- Il te faudra pourtant.
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Par canel, le 20/11/2011
Silence de
Benoît Séverac
Cet homme [l'infirmier Damien], qu'il ne connaît que depuis quelques jours, le comprend mieux que ses propres parents. A la maison, on ne lui laisse jamais le temps de s'exprimer ; ou, au contraire, on le presse de questions quand il n'a pas envie de se confier. Damien, lui, ne demande rien. Il écoute sans forcer la parole et sans juger. (p. 36)
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Par canel, le 20/11/2011
Silence de
Benoît Séverac
- Tu as voulu impressionner une fille ?
(Jules fait oui de la tête sans cesser de pleurer.)
- Tu n'es pas le premier. C'est typiquement masculin.
- Typiquement con.
- L'homme reste un animal, même évolué. Tu as agi comme unanimal.
- Comme un con.
(p. 38)
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Par canel, le 19/11/2011
Silence de
Benoît Séverac
La fête foraine St Michel, c'était LA sortie qu'ils attendaient depuis la rentrée ! Pas une simple soirée. (...) La fête St-Michel de septembre, à Toulouse, c'est l'événement que personne ne veut rater : plusieurs jours de folie, un monde incroyable, de la musique partout, des concerts improvisés dans le square d'à côté... La liberté ! (...) Les deux garçons avaient "emprunté" son scooter à la soeur d'Alf (...) Jules savait qu'ils étaient en train de faire une bêtise mais, au moment où il enfourchait la selle arrrière du scooter et où Alf mettait les gaz, c'était encore une bêtise sans conséquences.
Jamais ils n'auraient pensé que ça tournerait aussi mal. (p. 14-15)
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Par canel, le 20/11/2011
Silence de
Benoît Séverac
J'ai travaillé dans des centres de désintoxication. J'ai aussi fait du bénévolat pour le SAMU social, la nuit. Les dealers, je ne les ai jamais fréquentés, mais je connais bien leurs victimes : ce ne sont pas tous des paumés ou des pauvres types. La came, ça bousille n'importe qui et ça touche tous les milieux. Les dealers, c'est la pire espèce que je connaisse. Je ne suis pas un admirateur des forces de l'ordre, mais franchement, si tu peux faire quelque chose pour les aider à mettre quelques uns de ces salopards derrière les barreaux, tu dois le faire. (...) Faut savoir dans quelle société tu veux vivre et agir en conséquence. Ca demande du courage. (p. 87-88)
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