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Mémoire de
Catherine Clément
Quand l'Angleterre déclara la guerre à Hitler, Gandhi décida de soutenir les Anglais. Pour un temps, la lutte pour l'indépendance passerait après la lutte contre la barbarie. Un disciple refusa. Subhas Chandra Bose (surnommé Netaji). Rallié aux Allemands et aux Japonais, il fonda l'Armée nationale indienne pour se battre contre l'occupant anglais. Et s'en fut en Allemagne adhérer au parti nazi, où il fut reçu en grande pompe par le maréchal Goering. Il disparut à la fin de la guerre quand l'avion qui le conduisait au Japon s'écrasa - à moins qu'il ne soit mort au Goulag. Dans sa correspondance avec sa fille Indira, Nehru est très clair. Oui, il y eut des nazis en Inde, des nazis indiens ; il y eut des liens organiques entre ces nazis et le parti d'Adlof Hitler. Netaji n'était pas seulement un enfant perdu de Gandhi.
p. 466
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Par Neigeline, le 31/05/2010
Le Voyage de Théo de
Catherine Clément
Les séparations font toujours souffrir, mon grand. Elles creusent un vide à l'intérieur, et pour en comprendre les bienfaits, il faut du temps.
- Les bienfaits de la souffrance ? Et puis quoi encore ?
- Evidemment, c'est difficile à croire. Tu vas connaitre la tristesse et puis, un beau matin, le calme s'installera. Pour commencer, tu n'auras pas d'appétit, tu ne verras ni les arbres ni les fleurs jusqu'au jour où, sans savoir pourquoi, tu t'éveilleras remis à neuf. Tu regarderas autour de toi et tu t'apercevras que la vie continue et que, après avoir passé l'épreuve, tu es plus fort qu'avant.
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Par Neigeline, le 31/05/2010
Le Voyage de Théo de
Catherine Clément
Un jour, un moine alla rendre visite à un maître et lui dit : "Je suis venu sans rien sur moi." Sais-tu ce que le maître répondit ? "Alors posez-le".
- Mais puisqu'il n'avait rien !
- Si, justement. Venir sans rien sur soi, c'est avoir l'idée qu'on pourrait avoir quelque chose. Le moine n'a rien compris. Il s'est mis en colère. Alors calmement le maître lui a dit : "Je vous en prie, reprenez-le et rentez chez vous." Pose ton rien d'aujourd'hui, mon Théo. Car tu n'a rien perdu.
- Si, les cerisiers, murmura-t-il. Cette fois, j'ai compris le sens de la chute des pétales.
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Par Neigeline, le 31/05/2010
Le Voyage de Théo de
Catherine Clément
Il y a deux manières de faire connaissance avec les religions. La première consiste à s'arrêter à ce que l'on voit de ses yeux. Alors on voit le pire et l'on est dégoûté. L'autre manière consiste à essayer d'en savoir davantage, pour comprendre le grain de vérité qui se cache sous les excès comme un bijour sous un tas de paille.
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Par Neigeline, le 31/05/2010
Le Voyage de Théo de
Catherine Clément
Je ne suis pas de ceux qui veulent interdire aux voitures de rouler le samedi, mais je connais le sens du septième jour.
- Moi aussi. Il faut se reposer, voilà !
- Non, mon petit, reprit-il doucement. Le septième jour est celui du vide. Tu t'arrêtes enfin. Tu ne fais rien. Ensuite seulement tu peux recommencer à faire. Car si tu fais tout le temps, dis-moi, est-ce une vie ? Le septième jour n'est pas le repos, c'est la fête du silence. L'alternance entre le monde et toi. Un creux nécessaire.
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Par Lefso, le 29/05/2011
Dix mille guitares de
Catherine Clément
Au Maroc, la première fois qu'elle l'avait vu marcher, Jasmine avait trouvé le jeune roi magnifique. Le dos droit, superbe et poussiéreux. Son gant de cuir se crispait sur une grande épée.
Le lendemain, elle avait entendu sa voix. Fluette, aiguë. Il parlait arabe avec rugosité. Elle aurait bien aimé écarter la tenture, mais sa nourrice veillait.
La deuxième fois qu'elle l'avait vu, ils étaient seuls dans le noir. Déguisée en homme, la princesse l'avait attiré dans le patio. Ils avaient échangé des propos sur la chasse au faucon, et le roi l'avait farcie de bourrades lorsqu'elle avait prétendu être une fille. À la lueur des torches sur les remparts, son visage présentait un menton un peu lourd. Quand le soleil se leva, Jasmine vit le bleu de l’œil. Il la prenait toujours pour un garçon.
Elle arrêta sa décision. À l'issue de la cérémonie de la garde d'honneur, elle lui fit porter un billet.
Ce serait à la fin du jour, à l'heure où les milans tournoient sur les ordures. Le rendez-vous avait été fixé hors des murs, dans un creux de rochers. Elle l'attendait en tenant les rênes de sa jument, et lui, enchanté d'être au bord de la mer, poussa un peu trop sa monture. Elle faillit tomber, sa jument s'échappa. Ils coururent tous deux pour la rattraper , et c'est là, en calmant l'animal, qu'il vit en Jasmine une fille qui tremblait.
Il ôta son chapeau, la saisit dans ses bras, l'assit sur la jument, s'inclina.
Sa taille, tout venait de là. Il était si massif que ses rêves étoilés paraissaient accessibles. À l'endroit précis où Hercule avait écarté les colonnes sur la mer intérieur, ce jeune roi de dix-sept ans était l'incarnation de la puissance.
Jasmine lui avait confié ses craintes et ses espoirs. La fragilité de son père. Le destin de royaumes qui s'étaient tant battus, tant aimés, et le projet fou de réunir enfin les deux couronnes. N'était-il pas venu, le temps de la paix entre le Portugal et le Maroc ? Des deux côtés, on accusait l'autre d'être infidèle à Dieu, et il n'était qu'un Dieu, un seul...
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Par Neigeline, le 31/05/2010
Le Voyage de Théo de
Catherine Clément
La force du divin, je l'ai sentie, je t'assure ! Simplement je l'ai trouvée un peu partout, voilà. Ce sont les racines qui parlent à travers les branches. Mais s'il faut choisir une branche, alors là, je suis bien embêté !
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Par Ygrec, le 29/08/2011
Qu'est-ce qu'un peuple premier ? de
Catherine Clément
« Des Amérindiens ou de ceux qui les ont si longtemps asservis, qui a la conception la plus large de l’universalité, Qui, la plus grande capacité d’ouverture à l’autre ? Conquis par la force, les Amérindiens adaptèrent aisément leurs mythes à l’irruption brutale de ces Dieux barbus à peau blanche dont la place était prévue en creux dans leur univers mental. Il fallut cinq bons siècles à ces dieux blancs pour leur rendre enfin la pareille, ou du moins commencer à comprendre que leur propre pensée n’était pas moins « première » que celle des autres et certainement pas plus civilisée. »
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Mémoire de
Catherine Clément
J'ignore l'épreuve de la page blanche ; j'écris avec jubilation ; les mots ne me manque pas. Ils viennent tout gentiment se fourrer sur les lignes, un troupeau de moutons, on dirait les moutons du générique de fin de programme d'Arte. Je les caresse, je les écarte, je les aligne, je leur fais sauter deux ou trois espacements, et les mots obéissent comme s'ils n'avaient rien de mieux à faire. Comme j'ai fait les écoles, je sais les traiter. C'est comme les moutons, il faut les tondre.
Champs/Biographie, n° 986, p. 323
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Par Ygrec, le 16/07/2011
Pour l'amour de l'Inde de
Catherine Clément
Les grands envols des manteaux d'Arabie croisaient les uniformes austères des représentants soviétiques, les majestés frayaient avec les révolutionnaires, et les moines bouddhistes, en bures couleur prune , enroulés dans leurs écharpes jaunes , souriaient au matin clair, aux vautours, à la brume bleutée sur la ville.