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Par Efery, le 25/08/2011
Le Cri du sablier de
Chloé Delaume
J'avais trop peu d'amis pour me crever chez eux. Et je suis bien élevée. On ne meurt pas chez les gens ce n'est pas très poli.
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Par 270778, le 13/07/2010
Dans ma maison sous terre de
Chloé Delaume
Lettre de Chloé Delaume
Paris, le 27 décembre 2007
Chère Madame La Mort
(…)Vous m'avez forcée à survivre, et cela depuis le début. J'ai tant porté le deuil que mes iris sont noirs et mes paupières de crêpe, vous m'êtes si familière que je pourrais vous dire tu. J'ignore votre dessein concernant les remugles de ma famille maternelle. Il reste la tante et son époux, leur fille et surtout la grand-mère. A chaque Noël, j'espère que me vienne ce cadeau, ils seraient en voiture et ce serait terminé. Car je me languis, voyez-vous. Je n'en peux plus d'attendre qu'une bonne pelletée de terre referme la crevasse, je me suis reconstruite mais sur des courants d'air. Ce n'est pas ma faute, j'ignorais le mensonge, la faute originelle. Je croyais que maman était juste malheureuse et papa très méchant, jusqu'à trente et un an, j'avais foi, j'avais vu, je ne savais que ça et ramassais les pierres ".
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Par Bibalice, le 11/01/2012
Une femme avec personne dedans de
Chloé Delaume
L’envoi de son texte, son histoire familiale déversée
brutalement dans la conversation, ce n’était pas vraiment un appel au secours. Elle voulait que je la reconnaisse, elle qui affirmait sa souffrance. Que je la reconnaisse comme écrivain, parce qu’elle ne pouvait être que cela, son statut de victime légitimait sa démarche autant que le résultat. Elle prenait le trauma comme une preuve implacable : puisque l’horreur est vraie, il y a littérature. Elle n’avait pas saisi qu’une plaie seule ne chante guère, mais je ne pouvais pas lui dire la vérité.
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Par Efery, le 25/08/2011
Le Cri du sablier de
Chloé Delaume
Si les eaux sont amères
Il faut s'en prendre au Styx
L'anguille diable vauvert
Dessala Eurydice
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Par Bibalice, le 11/01/2012
Une femme avec personne dedans de
Chloé Delaume
Parole d’ange, plein juillet. Elle ne dit pas oublie, encore moins oublie-moi. Je suis morte de n’avoir su m’inscrire dans la vie, pas plus que dans la fiction que j’avais convoitée : tout cela, elle le tait. Elle me montre du doigt, index gauche pointé sur le clavier de mon pc, l’écran change de couleur, une zébrure arc-en-ciel. La coupe s’emplit de fumée blanche, du nuageux au plafonnier. Écris donc ce que tu as vu, ce qui est, et ce qui doit arriver ensuite. Alors je m’exécute, et endosse aussitôt le rôle de l’héroïne.
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Par Bibalice, le 11/01/2012
Première phrase du livre
Une femme avec personne dedans de
Chloé Delaume
Vous êtes Chloé Delaume ? Voix sans âge et femelle légèrement
anguleuse au creux du téléphone. Isabelle Bordelin,
ça vous dit quelque chose ? Un blanc, quelques secondes.
Ça vous dit quelque chose ? J’identifie enfin. Une lectrice,
des échanges le mois précédent. Une histoire déplaisante,
j’aimerais mieux oublier. Elle s’est suicidée avant-hier.
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Par Molly, le 03/12/2010
Le Cri du sablier de
Chloé Delaume
Maman se meurt première personne.
Elle disait malaxer malaxer la farine avec trois œufs dedans et un yaourt nature. Papa l’a tuée deuxième personne.
Infinitif et radical.
Chloé se tait troisième personne.
Elle ne parlera plus qu’au futur antérieur.
Car quand s’exécuta enfin le parricide il fut trop imparfait pour ne pas la marquer.
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Par 270778, le 13/07/2010
Le Cri du sablier de
Chloé Delaume
Comme ça s'appellait l'amour ils firent le nécessaire. Ils n'eurent jamais d'enfants pour contrarier tout le monde et vécurent dans une île retranchée dont le nom fut perdu. Car la confiance luisant le reste importait peu.
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Par brigetoun, le 24/11/2009
Les Mouflettes d'Atropos de
Chloé Delaume
C'est amusant la haine quand même. ça crée des liens. ça va faire un vide quand on vous aura finie. C'est étonnant aussi la haine, voyez-vous. Moi j'ai tellement de haine. Tellement de haine à l'intérieur. Que je me demande souvent comment un si petit corps peut en contenir autant. C'est vrai. Combien elle peut bien peser toute cette haine. Je me demande souvent. Alors je monte sur ma balance. Et je lis 54 kg. Et je me dis que c'est bien peu 54 kg, pour toute cette haine. Pour toute cette haine si lourde. Tellement plus lourde que ça.
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Par Madimado, le 29/12/2011
Le Cri du sablier de
Chloé Delaume
Ce n’est pas un spectacle pour les enfants. Conclurent-ils de concert le choeur sut s’accrocher. Dans la cage d’escalier la ribambelle noircie. La concierge coryphait le Kleenex à la main. Vacillante aux cothurnes le vernis fut brossé. A la montée des marches le silence s’imposa dans la crémeuse tension qui suit l’extrême-onction.
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Par 270778, le 13/07/2010
Les juins ont tous la même peau : Rapport sur Boris Vian de
Chloé Delaume
Je dis infiniment souvent : je m'appelle Chloé Delaume, je suis un personnage de fiction et. Seulement je n'ajoute pas la vérité première et pourtant je le sais : je suis une maladie. Et pas une maladie de la mort, non, vraiment pas du tout. Je suis la maladie d'un mort. D'un mort extrêment précis à qui je voudrais bien parler. Un mort sans qui je ne serais pas, sans qui je ne serais pas très bien. Je ne serais pas Chloé Delaume, je serais peut-être Delaume, patronyme torrentiel giclé le septentrional, préservation seconde moitié, l'aume, Alice, l'oeuf blanc translucide du bardo, mais pas Chloé évidemment.
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Par brigetoun, le 24/11/2009
Les Mouflettes d'Atropos de
Chloé Delaume
Possession éreintante infinie. Pérennité de la souffrance. Cristaux déliquescents de rage. Acuité des mouvements accrue. Mécanique moribonde du coït annoncé. Chronique rut barbare virité-jacule. Rejet Marie-Madeleine. Combien de sourires sycophantes. Comme la fourchette d'argent que la Merteuil s'enfonçait sous les ongles en crânant. Combien de supplices Ultrz Brite. Combien de fossettes fossoyeur. Non ça ne peut pas se calculer. Calculez, putains, calculez.
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Dans ma maison sous terre de
Chloé Delaume
Parfois je pense aux gens normaux et je les envie tellement fort que mon cœur n’est plus qu’une bouillie.
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Par She_Night, le 18/10/2010
La dernière fille avant la guerre de
Chloé Delaume
Alors, grandir. Ici en attendant l'ailleurs, celui où ça doit arriver . L'évènement. La rencontre. Sa voix me parle sa voix me dit. Je ne veux pas croire au hasard, ça rend la vie vulgaire, la mienne est assez sale comme ça.
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Par She_Night, le 18/10/2010
La dernière fille avant la guerre de
Chloé Delaume
Ma bouche restera close encore des mois durant et c'est par mes tympans qu'implosera la survie.
J'avais envie de l'avoir en moi, cette chanson. De l'avoir au-dedans pour toujours, disponible et incorporée. Il me suffirait de vouloir et aussitôt mon sang se boîtarythmerait pendant que je cours loin, très loin, le plus loin qu'il peut être possible sans que rien ne puisse m'arrêter.
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Par She_Night, le 18/10/2010
La dernière fille avant la guerre de
Chloé Delaume
C'est comme de la peau morte entre le monde et moi.
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Par She_Night, le 18/10/2010
La dernière fille avant la guerre de
Chloé Delaume
On ne s'écrit pas comme l'on se couche, puisqu'il est question d'être debout.
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Par She_Night, le 18/10/2010
La dernière fille avant la guerre de
Chloé Delaume
Il est possible que je pleure, que je sois en train de pleurer. Que j'aie envie de tuer, en moi, un quelqu'un quelque part ou bien un quelque chose.
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Par She_Night, le 03/10/2010
La dernière fille avant la guerre de
Chloé Delaume
Moi aussi j'aurais préféré que ce soit la faute à Wagner, manque de pot c'est tombé sur Nicola Sirkis.
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Par 270778, le 13/07/2010
Le Cri du sablier de
Chloé Delaume
Or parfois l'on se doit de s'inquiéter d'un songe quand les larves mémorielles incessamment vous rongent. Car pendant des années accoudée à mon lit maman chanta nocturne de ménades homélies. Et ma vie s'engluait dans la déconfiture : quand pourrait-on m'aimer,moi, l'Antigéniture.