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Nestor rend les armes de
Clara Dupont-Monod
“De toute façon, et Alice s’en rendait compte, Nestor rendait les armes. Le chagrin remontait en sursauts lents, capable d’anéantir cette masse. Alice assistait au carnage de Nestor, rempli de gémissements et de mises en garde.”
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Par MissG, le 03/03/2013
La folie du roi Marc de
Clara Dupont-Monod
J'aime savoir que je n'aurai plus jamais mal, savoir que je ne sais plus rien et qu'il est temps de me taire, et l'on saura, on pourra écrire et dire alors qu'à défaut d'amour, je connais le bruit de sa fuite, ce bruit que l'on s'épuise à vouloir oublier, et qu'à défaut de roi ou d'homme, de pantin ou de maître, de mari ou d'amant, ma fatigue est celle d'un fou.
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La folie du roi Marc de
Clara Dupont-Monod
« Elle se tait et mes mains fourmillent, je ne supporte pas son mutisme. Derrière son silence, je l’entends ordonner le saccage de ma vie. » (p. 11)
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La folie du roi Marc de
Clara Dupont-Monod
"Je m'appelle Marc, je suis roi de Cornouailles et ma femme me trompe. Elle s'appelle Yseut." (p. 11)
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Nestor rend les armes de
Clara Dupont-Monod
« Mon corps m’éloigne de vous et il me tient chaud. En un mot, il m’isole. C’est un ami et un tyran. Il n’essaie pas de se rendre aimable. » (p. 22 & 23)
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Par EricM, le 27/05/2011
Nestor rend les armes de
Clara Dupont-Monod
« Il sortit les aliments et les posa sur la table. Il procéda lentement, respectueux d’un protocole secret. Cette cérémonie exigeait du calme. Chaque chose avait sa place. Nestor aménageait l’espace selon un plan invisible. Les œufs, le jambon, le maïs, le saladier de pâtes, les escalopes panées, l’amas de fromages formaient une couronne autour de l’assiette. Le jaune du maïs et le rose du jambon côté fenêtre. Les couleurs venaient en dernier. On ne commençait pas la fête avec un feu d’artifice. Les fromages près des escalopes, deux petites pyramides de beauté granuleuse, aux reflets d’or. Les œufs, lisses et blancs, étaient couchés devant le verre, dont la tige de cristal dominait la table. Son ombre s’allongeait, pareille à une baguette d’orchestre attendant son chef. Sa rayure noire zébrait l’assiette. La reine de porcelaine ouvrait le défilé.
Nestor contempla la scène. Table, tableau. Un sentiment de gratitude l’envahit.
Morceau par morceau, il effaça le spectacle. Il ne saccageait rien. Il terminait. Un repas, c’est la seule chose au monde dont il pouvait décider la fin. Ce qu’il préférait, c’était déglutir. Il y a avait, bien sûr, la mise en bouche, ce moment où la matière rencontre la langue, et la mastication, cette douce destruction, et les saveurs libérée. Mais rien ne valait la sensation de chute au fond de la gorge. Combler, broyer, ingérer. La dernière étape signait la toute-puissance de Nestor. Chaque bouchée l’alourdissait un peu plus. Il imaginait parfois le sol craquer sus son poids et l’avale. L’avaleur avalé, pensa-t-il, et il se resservit.
Lorsque les plats furent vides, il garda les yeux rivés sur le phare. Puis la tristesse s’abattit.
Nestor détourna la tête. Il se souvint qu’un soir, en passant devant le magasin d’électroménager, son œil s’était laissé happer par le damier coloré, mouvant, des dix téléviseurs exhibés en vitrine. Un albatros pataugeait dans une flaque de pétrole. Cette image multipliée par dix, étalée sur un mir entier, semblait ne s’adresser qu’à lui. L’oiseau claudiquait. Pourtant, cette grâce engluée s’offrait sans honte ni humiliation. C’était les autres qui souffraient pour l’oiseau. Lui, il ne voulait qu’avancer. » (page 25)
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Par AireLibre, le 06/01/2008
La passion selon Juette de
Clara Dupont-Monod
Tous les matins, je dois coudre. Ma mère m'attend dans la grande salle. Elle est assise devant le feu. Elle ignore le soleil d'automne qui trempe les pierres et tape contre les murs. Au-delà de la ville, les collines se laissent brûler le dos. Pourquoi restons-nous enfermées ? Je voudrais aller coudre sous l'arbre de la cour. Nous serions assises dans la lumière orange. Autour de nous, les toits et les clochers deviennent d'une pureté irréelle. Leurs contours sont très foncés. Ils tranchent avec l'éclat du ciel. L'ombre et le soleil se battent sans se mêler, dessinant l'échiquier que mon père installe pour les invités. Cette danse de noir et de blanc se déroulerait pour nous seules. Une voisine passerait, le panier rempli de poires, pour nous donner des nouvelles du monde. Elle dirait en me regardant : " Comme tu es jolie ! " Ma mère sourirait. Je serais heureuse d'être sous l'arbre à cet instant. Ce bonheur m'appartiendrait, blotti en moi comme un cœur orange.
Ma mère ne sourit pas quand je descends l'escalier. Peut-être que je ne suis pas assez jolie. Je dois m'asseoir. Je pose le tissu sur mes genoux. Il fait si chaud devant ce feu. Je sens mes doigts s'alourdir. Ils gonflent comme des tonneaux. Je suis sûre qu'un jour ils se détacheront pour tomber à mes pieds et je ne pourrai plus jamais manier l'aiguille.
Ma mère dit qu'on ne trouve pas de mari si on ne sait pas coudre.
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Par kathy, le 19/05/2011
La passion selon Juette de
Clara Dupont-Monod
Souvent je repense aux dernières couleurs de mon enfance. Les joues roses de ma mère. L'éclat bleu des vitraux. Bleu aussi, le regard de cet homme découvert lors des fiançailles. Ses mains sont courtes et pâles. Il y avait le gris des boucles du prêtre. Le noir de ses ongles. Et la belle couleur jaune, l'or des anneaux échangés, a brillé dans la lumière... Et puis, je me souviens aussi du gris des quarantes jours suivants. Le blanc de la robe cousue par ma mère. Le rouge de ma peau sous la robe parce que le tissu me grattait. Ces couleurs, j'aurais voulu les conserver dans les petits bocaux qu'utilise Hugues pour dessiner. Chaque instant de mon enfance sous forme de poudre, sagement posée sur un pupitre, qui n'a besoin que d'eau pour apparaître.
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Par oops, le 28/03/2011
La passion selon Juette de
Clara Dupont-Monod
A quoi servent ces grands édifices ? Il faut être stupide pour vouloir égaler le ciel. Croire en Dieu c'est déjà se construire sa propre cathédrale invisible. On n'a pas besoin de l'extraire de soi pour la planter sur un parvis.
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Par saphoo, le 04/09/2011
Nestor rend les armes de
Clara Dupont-Monod
Elle saisit Nestor par l’épaule et l’obligea à s’étendre. Il n’opposa aucune résistance quand elle déboutonna sa chemise. Il se laissa toucher, tellement honteux que même la honte lui était égale. Sa chair débordait du pantalon, s’amassait sous les bras, faisait des bourrelets dans son cou. Mais elle cédait sous des gestes précis. Nestor n’était plus gros, ni déraciné, ni vieux. Il était un ensemble de connexions nerveuses et sanguines. Les médecins traitaient des corps en plainte. Ils se fichaient de leur fortune, de leur déboires ou de leur rang.
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