ISBN : 2246615712
Éditeur : Grasset (2007)


Note moyenne : 3.3/5 (sur 50 notes) Ajouter à mes livres
Juette est née en 1158 à Huy, une petite ville de l'actuelle Belgique. Cette enfant solitaire et rêveuse se marie à treize ans dans la demeure de ses riches parents. Elle est veuve cinq ans plus tard. Juette est une femme qui dit non. Non au mariage. Non aux hommes avid... > voir plus
Ajouter une critique Ajouter une citation

> voir toutes (15)

Critiques et avis

> Ajouter une critique

    • Livres 4.00/5
    Par Ellcrys, le 29 mars 2010

    Ellcrys
    Le petit roman de Clara Dupont-Monod, basé sur des personnages et des faits réels et historiques est, pour moi, passionnant. Un vrai bijou de sensitivité, de passion...
    Même si j'ai été exaspérée par la Juette adolescente, cette jeune femme m'a interpellé et m'a entraînée dans son sillage. Je me suis sentie faire corps avec Juette et même avec la deuxième voix du roman, celle du passionnée Hugues de Floreffe. Je regrette que la partie à partir de laquelle Juette s'occupe de la léproserie et devient une "guerrière de Dieu", une amoureuse de la vie et de la liberté, n'ai pas été plus développé, étoffé.
    Très vite, je me suis enflammée pour ce petit bout de femme en avance sur son temps. Comme le dit très bien la quatrième de couverture de l'édition de France Loisirs, Juette fut l'une des premières féministes.
    Clara Dupont-Monod écrit avec fluidité, intensité et richesse. L'auteur a sû écrire de manière différentes lors du roman, afin de bien coller aux personnages. Ainsi, j'ai pu distinguer trois écritures relativement distinct :
    o Concernant Juette : 1) La Juette adolescente, qui m'a été insuportable et avec laquelle j'ai eu du mal à accrocher (heureusement ce n'est qu'un infime partie du roman)
    2) La Juette d'après son mariage, beaucoup plus adulte, passionnée, en colère aussi mais réaliste et engagée (j'aime énormément cette Juette).
    o Concernant Hugues : Une écriture douce, poétique, adulte. Mais aussi réservée à bien des égards, avec un embrasement pour Juette qu'il essaye, tant bien que mal, de dissimuler (au début du moins).
    Même s'il est dommage que le récit ne soit pas plus nourrit, j'ai passé un excellent moment de lecture, intense sur bien des points. On se laisse vite entraîner sur les pas de Hugues et son amie Juette
    > lire la suite
    Critique de qualité ? (3 votes positifs)
    • Livres 5.00/5
    Par benjetpascal, le 19 mai 2012

    benjetpascal
    [Ma critique en tant que juré du Prix des Lecteurs du Livre de Poche 2009] Il ne peut y avoir ni de sentiment de justice ni de société apaisée sans le respect des différences et des aspirations de chacun. La volonté d'imposer un dogme à l'ensemble d'une communauté fait la lie des extrémismes et engendre inévitablement le malheur : c'était vrai dans le XIIème siècle de cette pauvre Juette - qui n'a eu d'autres défauts que celui d'être trop moderne, trop tôt – et c'est encore vrai aujourd'hui. Ce beau roman humaniste et sobre – que je vous recommande vivement - est même plus que jamais d'actualité
    > lire la suite
    Critique de qualité ? (2 votes positifs)
    • Livres 5.00/5
    Par LiliGalipette, le 03 juillet 2009

    LiliGalipette
    Roman de Clara Dupont-Monod.
    Juette est née en 1158 dans la ville de Huy, en actuelle Belgique. Mariée à treize ans à un homme bien plus âgé qu'elle, elle est veuve cinq ans plus tard, après deux grossesses. Dès lors son existence sera une révolte perpétuelle. Elle abandonne la garde de ses enfants, offre ses biens aux lépreux et s'installe auprès d'eux. Refusant tout contact avec les hommes qu'elle juge barbares, dont elle refuse la brutalité et la lubricité, elle prend la tête d'une communauté de béguines à qui elle enseigne le refus du mariage, la chasteté, la pureté du corps et de l'âme. Elle défend une nouvelle liberté de croire, débarassée des amendes à payer à l'Eglise. Elle dénonce les religieux lubriques et fait éclater les scandales, dévoilant des existences de fausse vertu. Atteinte de visions mystiques, elle rassemble les foules et inquiète les autorités religieuses. Sa démarche de croyante s'apparente à celle des cathares qu'elle admire. Pour se rapprocher de la Dame Blanche et du Christ, elle est prête à tout abandonner, à renoncer à tout, pour vivre sa passion, pour souffrir comme le fils de Dieu. Son seul ami et confident est le prêtre Hugues de Floreffe qui tentera tout pour la protéger des hommes, de l'Eglise et d'elle-même.
    Voilà un puissant récit mené dans une langue riche et parfaitement maîtrisée. La construction du texte à deux voix, d'une part celle de Juette, de l'autre celle de son ami Hugues, est une réussite. Dans un dialogue tacite, chacun comble les lacunes de la parole de l'autre. La vie de cette sainte laïque est fidèlement retracée. le personnage de Juette, de fragile et délicat, acquiert une épaisseur fascinante au fil des lignes. La petite béguine de Belgique donne un exemple à suivre des plus convaincants. Encore un livre que je conseille à ceux qui cherchent de vrais héros, des héros humains.
    > lire la suite
    Critique de qualité ? (1 votes positifs)
    • Livres 3.00/5
    Par AireLibre, le 06 janvier 2008

    AireLibre
    A Huy (actuelle Belgique), vécut au XIIème siècle une jeune fille du nom de Juette. Clara Dupont-Monod s'est inspiré du témoignage du religieux Hugues de Floreffe pour donner vie à ce personnage dont on ne savait alors pratiquement rien. Juette est une fillette rêveuse et enjouée, ce qui déplaît fortement à l'Eglise. Mariée par son père à 13 ans, elle souffre terriblement de la brutalité au quotidien d'une telle situation, brisée dans sa gaieté de vivre.
    Lorsque son mari décède, elle a 18 ans et a déjà subi trois accouchements. Elle refuse alors catégoriquement à son père de la remarier, voyant le diable s'incarner dans les hommes. Au grand scandale de la bonne société qui la croit folle, elle vend tous ses biens et va vivre auprès des lépreux. Juette commence à avoir des visions de la Vierge, à qui elle se dévoue entièrement. De plus en plus de femmes se rallient alors à elle, qui prône la désobéissance au mariage et une foi simple et totale, sans l'intermédiaire hypocrite qu'est l'Eglise. Evidemment, elle suscite tout autant de haine, de la part des hommes qu'elle condamne, et de l'Eglise qui taxe d'hérétique son discours contestataire.
    La passion selon Juette vous entraîne dans un Moyen-Âge totalement défait de ses clichés et autres images d'Epinal. Clara Dupont-Monod ne cherche pas à nous peindre un décor pittoresque, mais à se rapprocher au plus près des corps et des pensées. Huit siècles nous séparent et pourtant ces êtres humains sont emotionnellement incroyablement proches de nous, intemporels. Car Juette est une héroïne résolument moderne, féministe bien avant que cette notion voie le jour. Voici une oeuvre à même de nourrir une véritable reflexion.
    > lire la suite
    Critique de qualité ? (0 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par oops, le 01 avril 2011

    oops
    L'auteur signe un potrait authentique et émouvant de Juette, une jeune fille vivant en Belgique au moyen-âge ou les conventions et les moeurs catholiques font qu'on la marie à 13 ans, qu'elle devient veuve à 18 en ayant déjà enfanté 3 fois. Son père voudrait la remarier, mais elle s'y oppose catégoriquement et décide de tout abandonner pour se consacrer aux lépreux. Elle prône le non mariage, voyant le diable en tous les hommes, on la prend pour une folle, on la traite comme une hérétique et pourtant bon nombre de femmes vont se rallier à sa cause. Seul son ami Hugues un prêtre qu'elle connaît depuis l'enfance l'aide à supporter la situation guidé par des sentiments d'amour toujours tus. Une femme étonnante qui a osé se battre contre l'hypocrisie des pratiques religieuses, on ne peut qu'être admirative de tant de courage étant donné le contexte et l'époque.
    > lire la suite
    Critique de qualité ? (1 votes positifs)

Critiques presse (1)


  • Lecturejeune , le 01 décembre 2007
    Lecture jeune, n°124 - En 1158 à Huy, une petite ville de Belgique, les femmes sont dévouées, obéissantes et silencieuses. Juette, une jeune fille à la personnalité singulière, s’interroge sur sa destinée alors qu’elle se retrouve mariée à 16 ans. La sexualité et la maternité non voulues sont pour elle des déchirements. Elle refuse la soumission, les discours de l’Église corrompue et la servilité. Son quotidien s’illumine néanmoins lors de ses rendez-vous avec son ami, le prêtre Hugues de Floreffe. Leurs échanges spirituels donnent à la jeune fille une image positive de la foi. Juette, révoltée est néanmoins prête à tout pour recouvrir sa liberté, mais les extrêmes sont sévèrement réprouvés dans la société médiévale. L’ouvrage de Clara Dupond-Monod dépeint une personnalité forte. Juette n’a cessé de remettre en question l’ordre établi et de suivre ses désirs. À travers ce personnage, elle décrit une époque où les premières hérésies cathares font leur apparition. La voix de cette jeune fille nous interroge sur la notion même d’adolescence, inexistante au Moyen Âge, où l’enfance laissait place, souvent violemment, à l’âge adulte, au nom de la religion et des us et coutumes. En cela, Juette est une sainte « rebelle » qui saura séduire un public adolescent. Anne Clerc

> voir toutes (7)

Citations et extraits

> Ajouter une citation

  • Par AireLibre, le 06 janvier 2008

    Tous les matins, je dois coudre. Ma mère m'attend dans la grande salle. Elle est assise devant le feu. Elle ignore le soleil d'automne qui trempe les pierres et tape contre les murs. Au-delà de la ville, les collines se laissent brûler le dos. Pourquoi restons-nous enfermées ? Je voudrais aller coudre sous l'arbre de la cour. Nous serions assises dans la lumière orange. Autour de nous, les toits et les clochers deviennent d'une pureté irréelle. Leurs contours sont très foncés. Ils tranchent avec l'éclat du ciel. L'ombre et le soleil se battent sans se mêler, dessinant l'échiquier que mon père installe pour les invités. Cette danse de noir et de blanc se déroulerait pour nous seules. Une voisine passerait, le panier rempli de poires, pour nous donner des nouvelles du monde. Elle dirait en me regardant : " Comme tu es jolie ! " Ma mère sourirait. Je serais heureuse d'être sous l'arbre à cet instant. Ce bonheur m'appartiendrait, blotti en moi comme un cœur orange.

    Ma mère ne sourit pas quand je descends l'escalier. Peut-être que je ne suis pas assez jolie. Je dois m'asseoir. Je pose le tissu sur mes genoux. Il fait si chaud devant ce feu. Je sens mes doigts s'alourdir. Ils gonflent comme des tonneaux. Je suis sûre qu'un jour ils se détacheront pour tomber à mes pieds et je ne pourrai plus jamais manier l'aiguille.

    Ma mère dit qu'on ne trouve pas de mari si on ne sait pas coudre.
    > lire la suite
    Citation de qualité ? (1 votes positifs)
  • Par kathy, le 19 mai 2011

    Souvent je repense aux dernières couleurs de mon enfance. Les joues roses de ma mère. L'éclat bleu des vitraux. Bleu aussi, le regard de cet homme découvert lors des fiançailles. Ses mains sont courtes et pâles. Il y avait le gris des boucles du prêtre. Le noir de ses ongles. Et la belle couleur jaune, l'or des anneaux échangés, a brillé dans la lumière... Et puis, je me souviens aussi du gris des quarantes jours suivants. Le blanc de la robe cousue par ma mère. Le rouge de ma peau sous la robe parce que le tissu me grattait. Ces couleurs, j'aurais voulu les conserver dans les petits bocaux qu'utilise Hugues pour dessiner. Chaque instant de mon enfance sous forme de poudre, sagement posée sur un pupitre, qui n'a besoin que d'eau pour apparaître.
    > lire la suite
    Citation de qualité ? (1 votes positifs)
  • Par oops, le 28 mars 2011

    A quoi servent ces grands édifices ? Il faut être stupide pour vouloir égaler le ciel. Croire en Dieu c'est déjà se construire sa propre cathédrale invisible. On n'a pas besoin de l'extraire de soi pour la planter sur un parvis.
    Citation de qualité ? (2 votes positifs)
  • Par claracambry, le 19 juillet 2011

    Elle n’a pas la culture de l’abbé Jean mais elle est aussi intelligente que lui. C’est une intelligence inquiète, un peu sauvage, qui glisse sous les choses pour les retourner. Moi, je suis bien sage à côté. J’ai mes lectures, mes doutes. Rien de comparable avec cette force animale, capable de sentir sans commenter.
    Citation de qualité ? (1 votes positifs)
  • Par kathy, le 19 mai 2011

    C'est cela qui me plaît chez Hugues. Il a compris que mes histoires font partie de moi. Il ne viendrait pas à l'esprit de personne de juger quelqu'un selon sa couleur de cheveux. De la même façon, Hugues regarde mes histoires comme il regarderait mes cheveux ou ma main.
    Citation de qualité ? (1 votes positifs)

> voir toutes (4)

Videos de Clara Dupont-Monod

>Ajouter une vidéo
Vidéo de Clara Dupont-Monod

Interview de l'écrivain Clara Dupont-Monod pour son roman "La passion selon Juette" paru aux Editions Grasset








Acheter sur Amazon

Faire découvrir La passion selon Juette par :

  • Mail
  • Blog

> voir plus

Quiz