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ISBN : 2246615712
Éditeur : Grasset (2007)

Note moyenne : 3.45/5 (sur 164 notes)
Résumé :
Juette est née en 1158 à Huy, une petite ville de l'actuelle Belgique. Mariée à treize ans, elle est veuve cinq ans plus tard.
Juette est une femme qui dit non. Non au mariage. Non aux hommes avides. Non au clergé corrompu. Elle n'a qu'un ami et confident, Hugues de Floreffe, un prêtre. À quelles extrémités arrivera-t-elle pour se perdre et se sauver ?
Car l'Église n'aime pas les âmes fortes ...
De ce Moyen Âge traversé de courants mystiques et ... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (43) Voir plus Ajouter une critique
LydiaB
01 septembre 2013
  • 5/ 5
Lu juste après "Du Domaine des Murmures" de Carole Martinez, je peux dire que les deux se complètent. En effet, Juette est une jeune fille de treize ans que l'on marie contre son gré, au XIIe siècle, en Belgique. Mais cette jouvencelle ne supporte pas cette vie qu'on lui offre. Elle ne comprend pas pourquoi elle devrait souffrir ainsi dans sa chair, chaque soir, pour faire plaisir à son barbare d'époux. Elle donnera naissance à un premier enfant mort-né puis à un fils qu'elle se refuse même de regarder. Tout l'écoeure. Elle se rend compte que même les hommes d'église sont des rustres qui pratiquent allègrement le péché de chair. Instruite, elle ne peut s'empêcher de se référer aux textes d'Hildegarde de Bingen, de Geoffroy de Monmouth ou aux légendes comme celles d'Uther Pandragon ou du Chevalier à la rose. Elle décide d'abandonner cette vie, au grand dam de sa famille et du Clergé. Je n'en raconte pas plus pour ne pas déflorer l'histoire.

Je le disais, les deux livres se complètent dans la mesure où ils montrent deux facettes différentes de jeunes filles refusant l'avenir que leurs parents leur tracent. J'ai lu tout aussi avidement celui-ci. La technique narrative est différente puisqu'il fait appel à eux voix : celle de Juette et celle d'Hugues de Florette, son ami prêtre, le seul homme à qui elle fera confiance.

Cette biographie romancée, largement inspirée par la vie de la Sainte belge, est écrite en toute simplicité et se lit aisément. Axée sur la psychologie des deux personnages, elle permet d'en savoir plus sur cette sainte mais également sur les moeurs de cette époque. Ce livre est d'une extraordinaire richesse.
Lien : http://www.lydiabonnaventure..
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carre
01 avril 2013
  • 3/ 5
Clara Dupont-Monod est une excellente journaliste (France Inter « Clara et les chics livres »), elle est aussi une romancière de talent. Preuve avec « La passion selon Juette », portrait d'une jeune femme qui va lutter contre des préjugés archaïques (pour ne pas dire plus) pour garder sa liberté. Car la petite Juette , mariée à treize ans, veuve à dix huit avec trois marmots sur le dos en prime est une sacrée bonne femme, si vous me permettez l'expression. Elle décide de prendre son destin en main, quitte à s'attirer les foudres du père et d'une église inquisitrice.
On l'accuse de mille maux, mais peu importe Juette reste debout, prête à se battre pour choisir sa vie. Doter d'un courage hors norme, elle fait face avec fierté. Avec l'appui de son ami Hugues, prêtre et amoureux transi.
Si la narration peine parfois (trop de lenteur à mon gout), ce portrait est attachant, le combat de Juette bien évidemment estimable. Même si paradoxalement c'est le personnage de Hugues qui m'a le plus touché. J'allais oublié le plus important, l'histoire se déroule en 1158.
La quête de Juette, c'est chouette.
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Ode
29 mai 2013
  • 5/ 5
« Je m'appelle Juette, j'ai quinze ans. Je suis mariée. J'ai sans doute été punie parce que je suis mauvaise. »
À Huy, au XIIe siècle, la petite Juette ressemble à un oiseau fragile et rêveur à qui on aurait coupé les ailes. Alors qu'elle aimerait courir pieds nus dans l'herbe, sa mère la tient enfermée pour coudre avec elle devant le feu. Son seul ami et confident, c'est Hugues, jeune moine de l'abbaye de Floreffe. Lui seul perçoit la profondeur de la foi de Juette et partage ses aspirations, proches de celles des cathares.
Les questionnements de Juette sur la vie et la religion inquiètent ses parents, qui décident de la marier dès treize ans à un homme de presque quarante ans, receveur des impôts comme son père. Cinq ans et plusieurs grossesses plus tard, la mort (souhaitée) de son époux lui permet de s'affranchir : refusant les bons partis, elle place son enfant et cède tous ses biens aux lépreux, puis décide d'aller vivre avec eux...
« Je m'appelle Juette, je n'ai plus d'âge. J'ai une revanche à prendre. »
La Passion selon Juette est un roman fort qui m'a émue aux larmes. D'autant plus fort qu'il s'inspire de la vie réelle d'Yvette de Huy, dite Juette, conservée grâce au manuscrit d'Hugues de Floreffe. Donnant tour à tour la parole à Juette et à Hugues, d'une très belle écriture, Clara Dupont-Monod fait revivre cette enfant privée d'enfance, condamnée au nom d'un mariage imposé à souffrir chaque nuit sous le poids d'un homme, à connaître les douleurs de l'enfantement... Comment, dès lors, s'étonner de sa "folie" ? de sa volonté de se retirer dans un béguinage consacré au soin des lépreux ? Quelle autre manière « d'échapper aux hommes », à la prison du mariage ou à celle du couvent ?
On peut rapprocher ce récit du Domaine des Murmures, écrit quelques années plus tard par Carole Martinez. La rébellion de Juette face au mariage et aux lois édictées par les hommes préfigure celle d'Esclarmonde. Par son dénuement et le don de soi, par ses visions aussi, Juette acquiert une puissance mystique qui dépasse celle de l'Eglise et qui résonne encore aujourd'hui.
Une lecture à méditer sur la condition féminine, la religion, la foi et plus largement sur la liberté de l'être humain.
Juette, libre dans sa tête... Coup de coeur et coup au coeur !
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Under_The_Moon
13 décembre 2015
  • 4/ 5
Juette est une jeune pré-adolescente de 13ans lorsque s'ouvre le roman. Elle est très pieuse (et le sera toute sa vie). C'est la fille d'un marchand belge et d'une mère qui lui paraît très froide, acariâtre et bigote. Puisque nous sommes au 12ème siècle, une fille ne put être d'une grande "utilité" à ses parents : elle est donc mariée à ses 15ans. "Heureusement", elle devient veuve à 18ans. C'est donc l'occasion pour Juette de rejoindre la léproserie de la ville, où se trouve des femmes de l'ordre des Béguines (des femmes qui entendaient vivre leur religion loin des règles du clergé corrompu). Et c'est dans cet endroit, avec les rebuts de la société que Juette s'affirme , en tant que femme, contre le clergé, contre sa famille qui veut la contraindre à se remarier et contre la société misogyne qui ne reconnaît son existence que lorsqu'elle devient la femme/propriété DE quelqu'un.
C'est le deuxième livre de Clara Dupont-Monod que je lis, et j'avoue avoir eu la sensation de lire le même livre que le précédent - La folie du roi Marc publié sept ans plus tôt.
Je n'ai pas eu réellement d'effet surprise comme ç'avait été le cas avec La folie du roi Marc : à nouveau, c'est un récit à la première personne servi par une écriture très féminine et des monologues très tournés autour des sentiments plus intimes. Bien que, dans La passion de Juette, l'auteur alterne le récit du point de vue de Juette, et celui du point de vue de Hugues de Floreffe, son confident - qui est aussi prêtre.
Toutefois, j'ai tout de même été touchée par le personnage (qui a certes réellement existé) de Juette qui évolue en marge dans ce "vilain Moyen Age" (pour reprendre l'expression de Jacques le Goff) : celui du clergé corrompu, de l'intolérance, où la misogynie (facilitée par la doctrine culpabilisante de l'Église catholique de l'époque) et l'institution des règles a érigé en maîtres les hommes les moins scrupuleux - confortés dans leur place douillette car dans une société où la loi du plus fort est la règle, pas moyen d'être inquiété...
Vers la fin, le roman gagne en force et en complexité grâce à l'aspect libertaire de la vie de Juette. Et comment ne pas être sensible à cette jeune fille qui revendique son droit d'exister en tant qu'individu et à disposer de son corps comme elle l'entend ?
J'ai aussi trouvé le parallèle entre les femmes et les lépreux très forts. Deux catégories d'exclus pour des raisons qui aujourd'hui paraissent insensé.
Un bon moment de lecture malgré l'impression de déjà lu !
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Aela
07 juillet 2013
Une histoire qui s'inspire de la vie réelle d'une jeune fille nommée Juette.
Elle est née en 1158 à Huy, une petite ville de Belgique.
Au début de l'histoire, elle a treize ans et est mariée contre son gré à un homme qu'elle ne supporte pas.
Cinq ans plus tard, la voici veuve. A l'époque, les veuves non plus n'étaient pas maîtresses de leur destinée. Aussi doit-elle s'affronter à ses proches pour éviter un deuxième mariage.
Son seul ami c'est le prêtre Hugues de Floreffe, qui va écrire le récit de la vie de sa grande amie.
Il est son confident aussi, même s'il ne la comprend pas toujours.
Alors qu'elle est veuve, Juette va demander à rejoindre les béguines, le seul moyen de s'assurer une vie indépendante sans homme.
Cette décision est mal prise.
Pourtant Juette fait preuve de courage en toute circonstances et va fonder un groupement destiné à aider les lépreux, catégorie honnie et mise totalement à l'écart de la société.
Son exemple va faire des émules, Juette va devenir le porte-parole des femmes qui veulent dire non.
Un magnifique récit dans une langue très sobre.
Un portrait de femme vibrant, un récit qui nous fait vivre toute l'atmosphère de cette époque lointaine, avec ses préjugés, ses tabous et ses "carcans' pour mieux asservir les femmes.
Une oeuvre courte mais dont on se souvient.
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Les critiques presse (1)
Lecturejeune01 décembre 2007
Lecture jeune, n°124 - En 1158 à Huy, une petite ville de Belgique, les femmes sont dévouées, obéissantes et silencieuses. Juette, une jeune fille à la personnalité singulière, s’interroge sur sa destinée alors qu’elle se retrouve mariée à 16 ans. La sexualité et la maternité non voulues sont pour elle des déchirements. Elle refuse la soumission, les discours de l’Église corrompue et la servilité. Son quotidien s’illumine néanmoins lors de ses rendez-vous avec son ami, le prêtre Hugues de Floreffe. Leurs échanges spirituels donnent à la jeune fille une image positive de la foi. Juette, révoltée est néanmoins prête à tout pour recouvrir sa liberté, mais les extrêmes sont sévèrement réprouvés dans la société médiévale. L’ouvrage de Clara Dupond-Monod dépeint une personnalité forte. Juette n’a cessé de remettre en question l’ordre établi et de suivre ses désirs. À travers ce personnage, elle décrit une époque où les premières hérésies cathares font leur apparition. La voix de cette jeune fille nous interroge sur la notion même d’adolescence, inexistante au Moyen Âge, où l’enfance laissait place, souvent violemment, à l’âge adulte, au nom de la religion et des us et coutumes. En cela, Juette est une sainte « rebelle » qui saura séduire un public adolescent. Anne Clerc
Lire la critique sur le site : Lecturejeune
Citations & extraits (68) Voir plus Ajouter une citation
LydiaBLydiaB01 septembre 2013
Maintenant, quand l'homme grimpe sur moi, je ne prie plus. Je pense à la révolte qui se prépare. Mais j'ai beau lutter, le corps a la mémoire tenace. Je me souviens de ces mains qui écartent mes jambes et de cette intense brûlure. Les effluves poivrés de ce produit qu'on m'a obligée à boire. J'ai tout vomi. Je revois le visage crispé de ma mère penché sur moi. Elle vient tous les jours. Elle amène des couvertures cousues devant le feu. Je la regarde bouger dans la chambre. Elle ajuste le drap sur mes jambes trop maigres, comme elle dit, ou tresse mes cheveux. J'ai des nouvelles de l'évêque, de l'archidiacre, du pape. Ma mère frétille : dans la bataille qui oppose le haut clergé de Huy et celui de Liège, c'est celui de Huy qui sort vainqueur. La chaire épiscopale devrait bientôt accueillir « un des nôtres ». Puis elle ajoute que l’Église a décidé « d'en finir avec la contestation ». Elle me regarde du coin de L'œil.
« Des enquêtes épiscopales sont lancées dans les paroisses. Heureusement que nous t'avons mariée, toi et ta tête pleine de désordres ! Tu me remercieras. Le pape a derrière lui le peuple. Sais-tu que depuis le concile, une remise des pénitences est promise aux fidèles qui prennent les armes contre les dissidents ?... »
Je n'aime pas ses mains, qui ont toujours voulu ma mort.
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OdeOde02 juin 2013
Quand j'écoute Juette parler de l'Eglise, je ne peux que m'incliner : ses mots sont les nôtres. Elle se méfie de l'autorité. Ensemble, nous nous étonnons qu'un évêque vive comme un prince, qu'un prêtre couche avec ses paroissiennes. Ces prêtres, quel besoin ont-ils de s'interposer toujours entre le seigneur et le fidèle ? Elle et moi, nous tenons beaucoup à ce petit oiseau blotti au creux de chacun, tiède et vivant, que d'autres appellent la foi. Il faut nourrir cet oiseau chaque jour et ne pas s'alarmer lorsqu'il est malade. Cela demande du temps et du calme. L'embellir ne sert à rien. On peut toujours le couvrir d'or et ritualiser les soins, cela reste un petit oiseau.
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OdeOde07 juin 2013
J'ai longtemps cru que la solitude était une inclination du cœur. Un être seul était un incroyant. Il lui manquait la présence du Christ, seul capable de le délester de l'âme humaine. Aujourd'hui je comprends que la solitude est inscrite dans les lois du monde, au même titre que les feuilles des arbres ou le sang dans le corps. La solitude n'est pas un sentiment mais un élément organique. J'ai été vaniteux de croire que je pouvais y échapper.
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Under_The_MoonUnder_The_Moon29 novembre 2015
Ces rêveries ne sont pas bonnes. Je le sais. Chaque jour on me répète ce que ma tête doit contenir mais ma tête ne parle pas le latin. " Un bon chrétien, dit-on, est celui qui obéit à l'Eglise." J'essaie donc d'obéir. Fendre le noir et traverser la cour. Descendre les ruelles aux flaques luisantes. Oublier le froid raidi les marches de l'église, m'asseoir. Trahir. Les prières me coupent la langue. Je dois aligner des phrases auxquelles on prête des pouvoirs magiques. Si je les prononce, paraît-il, j'engage le salut de mon âme.
Dans l'église, tout le monde récite les textes comme on déclare son nom. C'est quelque chose de familial. Dieu est un lointain cousin. Personne ne songe à remettre en cause une parenté.
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AireLibreAireLibre06 janvier 2008
Tous les matins, je dois coudre. Ma mère m'attend dans la grande salle. Elle est assise devant le feu. Elle ignore le soleil d'automne qui trempe les pierres et tape contre les murs. Au-delà de la ville, les collines se laissent brûler le dos. Pourquoi restons-nous enfermées ? Je voudrais aller coudre sous l'arbre de la cour. Nous serions assises dans la lumière orange. Autour de nous, les toits et les clochers deviennent d'une pureté irréelle. Leurs contours sont très foncés. Ils tranchent avec l'éclat du ciel. L'ombre et le soleil se battent sans se mêler, dessinant l'échiquier que mon père installe pour les invités. Cette danse de noir et de blanc se déroulerait pour nous seules. Une voisine passerait, le panier rempli de poires, pour nous donner des nouvelles du monde. Elle dirait en me regardant : " Comme tu es jolie ! " Ma mère sourirait. Je serais heureuse d'être sous l'arbre à cet instant. Ce bonheur m'appartiendrait, blotti en moi comme un cœur orange.

Ma mère ne sourit pas quand je descends l'escalier. Peut-être que je ne suis pas assez jolie. Je dois m'asseoir. Je pose le tissu sur mes genoux. Il fait si chaud devant ce feu. Je sens mes doigts s'alourdir. Ils gonflent comme des tonneaux. Je suis sûre qu'un jour ils se détacheront pour tomber à mes pieds et je ne pourrai plus jamais manier l'aiguille.

Ma mère dit qu'on ne trouve pas de mari si on ne sait pas coudre.
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