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Par Woland, le 16/12/2010
Terreur de
Dan Simmons
[...] ... Dehors, il fait noir comme dans le ventre d'une anguille - pas de lune, ni d'étoiles, ni d'aurore boréale - et, surtout, il fait froid ; la température atteignait - 53° C six heures plus tôt, lorsque le jeune Irving est monté la mesurer, et un vent violent sur les moignons de mâts [les mâts ont été démontés en partie afin de donner une meilleure assise au bateau] et sur le pont gîtant et couvert de glace, chassant la neige devant lui. Comme il émerge de la bâche gelée tendue au-dessus de la grande écoutille, Crozier plaque sa main gantée sur son visage pour se protéger les yeux et aperçoit la lueur d'une lanterne à tribord.
Reuben Male est agenouillé près du soldat Heather, qui gît sur le dos, débarrassé de sa casquette et de sa perruque galloise, mais aussi d'une partie de sa boîte crânienne, ainsi que le constate Crozier. Aucune goutte de sang ne semble avoir coulé, mais il distingue des bribes de cervelle luisant à la lueur de la lanterne : une couche de cristaux de glace recouvre déjà cette matière grise.
- "Il est encore vivant, commandant", dit le chef du gaillard d'avant.
- Foutredieu !" s'exclame l'un des hommes qui se pressent derrière Crozier.
- "Suffit !" s'écrie le premier maître. "Cessez de blasphémer ! Et attendez, pour l'ouvrir, qu'on vous adresse la parole, Crispe."
Sa voix est à mi chemin du grondement de dogue et du reniflement de taureau.
- "Monsieur Hornby", dit Crozier. "Demandez à Mr Crispe de redescendre et de nous rapporter son hamac pour transporter le soldat Heather.
- A vos ordres, commandant," répondent à l'unisson le premier maître et le matelot.
On sent vibrer le pont sous les bottes de ce dernier, mais le vent assourdit le bruit de sa course.
Crozier se redresse et éclaire les alentours.
La lourde rambarde devant laquelle s'était posté le soldat Heather, sous les enfléchures prises dans la glace, est réduite en pièces. La brèche ainsi ouverte donne sur un toboggan de glace et de neige d'une dizaine de mètres de long, que la tempête de neige dissimule en partie. On n'aperçoit aucune empreinte dans le petit disque de neige éclairé par la lanterne du capitaine. ... [...]
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Par Seraphita, le 30/06/2010
Les Cantos d'Hypérion, Tome 3 : La chute d'Hypérion : Tome 1 de
Dan Simmons
Avant même que les derniers feux du soleil aient tout à fait disparu, les éclairs dans le ciel confirmèrent que les combats se poursuivaient encore dans l’espace. Les trois hommes s’assirent sur les marches du Sphinx pour contempler le spectacle. Des explosions d’un blanc étincelant succédaient à des corolles rouges et à de soudaines traînées vertes ou orangées qui laissaient longtemps leur écho sur la rétine.
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Par Woland, le 16/12/2010
Terreur de
Dan Simmons
[...] ... Crozier voulait savoir s'il était possible de voyager sur la banquise à marche forcée, en tractant un bateau et un traîneau en pleine charge. Les onze hommes étaient partis le 23 mars, à sept heures du matin, par une température de - 39° C, salués par les hourras de tous leurs camarades en état de se lever.
Des Voeux et son équipe étaient revenus au bout de trois semaines. Si on ne déplorait aucune perte dans leurs rangs, ils étaient tous harassés et quatre d'entre eux souffraient d'engelures. Magnus Manson était le seule membre de cet équipage d'élite à ne pas sembler sur le point de mourir d'épuisement.
En trois semaines, ils n'avaient pu parcourir que quarante-cinq kilomètres en ligne droite. Par la suite, Des Voeux estima que la distance réelle qu'ils avaient couverte s'élevait en fait à deux-cent-quarante kilomètres, car il était impossible d'éviter les détours sur une banquise aussi accidentée. En mettant le cap au nord-est, ils avaient affronté des conditions climatiques encore plus dures que celles du Neuvième Cercle de l'Enfer, où ils étaient bloqués depuis deux ans. Les crêtes de pression étaient légion. Certaines s'élevaient à plus de vingt-cinq mètres. Il était malaisé de garder le cap lorsque les nuages occultaient le soleil et les étoiles elles-mêmes disparaissaient durant les nuits de dix-huit heures. Quant à la boussole, elle ne servait à rien si près du pôle Nord magnétique.
Ils avaient pris la précaution d'emporter cinq tentes, bien qu'ils n'aient compter en utiliser que deux. Mais les températures nocturnes étaient si basses qu'ils avaient passé les neuf dernières nuits entassés dans une seule tente, y dormant d'un sommeil au mieux agité. En fait, ils n'avaient guère eu le choix, les quatre autres ayant été emportées ou détruites par le vent.
Des Voeux avait réussi à maintenir le cap au nord-est mais, à mesure que le temps s'aggravait et que les crêtes se faisaient plus denses, les détours auxquels ils étaient contraints étaient de plus en plus fréquents, de plus en plus pénibles, et le traîneau avait souffert à force d'être hissé encore et encore sur des hauteurs de plus en plus escarpées. Ils avaient perdu deux jours à le réparer, bloqués dans un maelström de neige et de bise. ... [...]
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Par Penelope, le 03/12/2010
L'Echiquier du mal, tome 2 de
Dan Simmons
- Que s'est-il passé ensuit, Tony?
- Soudain, papa a arrêté de me frapper. Il s'est pris la tête dans les mains et s'est mis à matcher tout drôlement. Il a regardé maman. Elle ne pleurait plus. Elle portait la robe de chambre de papa. Elle la portait tout le temps quand il n'était pas là parce qu'elle était plus chaude que la sienne. Puis papa est allé à la fenêtre et il a sauté.
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Par Spilett, le 03/01/2010
Terreur de
Dan Simmons
Il a ensuite posé devant lui une cassette de cuir et en a ouvert les ferrures ouvragées. Aussi incongru que cela paraisse, l'intérieur était doublé de velours rouge. Au cœur de cet écrin écarlate reposait le chat à neuf queues, au manche de cuir assombri par l'usage.
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Par Ione, le 03/05/2010
Ilium de
Dan Simmons
"La rage.
Chante, ô Muse, la rage d'Achille, le fils de Pélée, meurtrier, tueur d'hommes, promis à la mort, chante la rage qui aux Achéens coûta tant de braves et jeta en pâture à Hadès tant d'âmes pleines de joie et de vie. Et tant que tu y es, ô Muse, chante la rage des dieux eux-mêmes, si capricieux et si puissants sur leur nouvel Olympe, et la rage des posthumains, bien qu'ils aient été emportés par la mort, et la rage des quelques vrais humains qui subsistent, bien qu'ils soient devenus vains et inutiles. Et pendant que tu chantes, ô Muse, chante aussi la rage de ces êtres pensants, conscients, sérieux mais pas vraiment humains, qui rêvent sous les glaces d'Europe, meurent dans les cendres sulfureuses d'Io et naissent dans les replis glacials de Ganymède.
Oh, et chante-moi, ô Muse, chante ce pauvre Hockenberry, ressuscité contre sa volonté - {...}.
Réflexion faite, ô Muse, ne me chante rien. Je te connais. j'ai été ton esclave et ton serviteur, ô Muse, ô incomparable salope. Et je n'ai aucune confiance en toi, ô Muse. Vraiment aucune.
Si j'accepte, à contrecoeur, d'être le choeur antique de ce conte, alors c'est à moi de choisir où il commence. Il commence ici."
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Par lamantalo, le 01/01/2011
Terreur de
Dan Simmons
- "La vie humaine est solitaire, misérable, dangereuse, animale et brève", avait-il déclaré. Plus brève encore, semble-t-il, pour ceux qui volent leurs camarades.
Ce semblant d'éloge funèbre avait rencontré un franc succès. Bien que les dix embarcations que les hommes tractaient depuis plus de deux mois fussent déjà dotées de noms, datant de l'époque où l'Erebus et le Terror naviguaient encore, les marins s'empressèrent de rebaptiser les trois cotres et les deux chaloupes auxquels ils consacraient la seconde partie de leurs journées - la plus pénible à leurs yeux, puisqu'elle les voyait fouler un terrain qu'ils avaient déjà couvert une fois. Ils s'appelaient désormais Solitaire, Misérable, Dangereuse, Animale et Brève.
Crozier avait souri à cette nouvelle. Elle signifiait que les hommes n'étaient pas gagnés par la faim et le désespoir au point de renoncer à l'humour noir typique des marins de Sa Majesté.
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Par Spilett, le 08/01/2010
L'Epée de Darwin de
Dan Simmons
- Aucun journaliste n'a voulu s'appesantir là-dessus, fit Lawrence, mais nous savions tous que la princesse Diana aurait certainement survécu à l'accident si elle avait mis sa ceinture, et si l'accident avait eu lieu aux États-unis.
- Et pourquoi ?
- Parce que les réglementations, aussi bien fédérales que locales, stipulent que les piliers dans les passages souterrains doivent être protégés par des glissières. Tu le sais très bien. Tu me l'as dit toi-même le soir de l'accident. Tu as même calculé les équations cinétiques de diminution des vitesses après impact sur notre ordinateur en démontrant que, si le choc avait eu lieu contre une glissière plutôt qu'un pilier en béton, la Mercedes aurait ricoché vers la paroi opposée, puis de nouveau vers la glissière, en dissipant son énergie dans le processus. Et si les occupants autres que le garde du corps avaient eu leur ceinture ...
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Par Seraphita, le 30/06/2010
Les Cantos d'Hypérion, Tome 3 : La chute d'Hypérion : Tome 1 de
Dan Simmons
Six adultes et un bébé au milieu d’un paysage hostile. Les flammes dansantes de leur foyer semblent bien peu de chose contre l’obscurité qui tombe. Au-dessus d’eux et devant eux, les collines environnantes se dressent comme des murailles tandis que, plus près, plongées dans les ténèbres de la vallée elle-même, les formes massives des Tombeaux du Temps semblent se rapprocher lentement au ras du sol, telles des apparitions dinosauriennes surgies de quelques époque antédiluvienne.
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Par Seraphita, le 30/06/2010
Les Cantos d'Hypérion, Tome 3 : La chute d'Hypérion : Tome 1 de
Dan Simmons
Elle reprit le sentier d’un pas vif, le laissant derrière elle. Le ciel était sans nuages, viride, barré de striures lapis. La plaine jonchée de blocs rocheux, devant eux, s’étendait en direction du sud-ouest jusqu’aux terres désolées qui laissaient place, à leur tour, aux dunes. Ils marchèrent en silence durant une demi-heure, séparés par cinq mètres et par leurs pensées. Le soleil d’Hypérion était une petite boule brillante sur leur droite.