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Terreur de
Dan Simmons
La créature courait à ses trousses, évitant les mêmes obstacles qui se présentaient à lui et autour desquels il slalomait avec maladresse. Mais le pilote des glaces haletait et pantelait comme un soufflet percé, alors que son gigantesque chasseur se contentait d’émettre de faibles grognements – d’amusement ? d’anticipation ? – tandis que ses pattes antérieures retombaient sous la glace à chacune de ses foulées, lesquelles étaient quatre à cinq fois plus grandes que celles de Blanky.
Près de deux cents mètres le séparaient à présent du navire. Alors qu’il heurtait une colonne de glace qu’il avait vue trop tard pour l’éviter, sentant son épaule droite s’engourdir sous le choc, s’ajoutant ainsi à la liste des parties de son corps qu’il ne pouvait plus sentir, le pilote des glaces s’aperçut qu’il courait à l’aveuglette depuis le début ou presque. Les lanternes du Terror étaient bien loin de lui incroyablement loin – et il n’avait ni le temps ni l’envie de les chercher du regard. Elles ne pouvaient plus l’aider, elles ne feraient que le distraire.
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Le cycle d'Hypérion, tome 1 : Hypérion de
Dan Simmons
Il se redressa juste au moment où l’axe des mâts de spin cessa de tourner et où le « haut » et le « bas » cessèrent d’exister. Les seules forces encore en action étaient les tornades, qui précipitaient tout vers les brèches de la cloison, et l’écœurant mouvement de tangage et de ballottement du vaisseau. Kassad s’efforçait de remonter le courant, en se halant vers la porte de la coursive où se trouvait l’axe de spin au moyen de tout ce qui pouvait lui fournir une prise. Il parcourut les derniers mètres en se propulsant d’un coup de talon. Un plateau de métal le heurta au-dessus de l’œil. Un cadavre aux yeux dégoulinants de sang faillit le repousser en arrière dans la salle de soins. La porte étanche battait inutilement contre le cadavre d’un marine en combinaison spatiale, qui l’empêchait de se refermer. Kassad se propulsa en direction de l’axe, dans lequel il s’introduisit tout en traînant le corps du marine derrière lui. La porte étanche se referma, mais il n’y avait pas plus d’air dans le puits de l’axe que dans la salle de soins. Quelque part, le hurlement d’une sirène devenait de plus en plus aigu et inaudible.
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Par patrick75, le 23/02/2013
L'Echiquier du mal, tome 1 de
Dan Simmons
Mr Thorne m'aurait apporté le journal du matin sur le plateau, mais j'avais appris depuis longtemps que la lecture des folies et des scandales de ce monde ne sert qu'à profaner le lever du jour.
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Les Cantos d'Hypérion, tome 1 : Hypérion 1 de
Dan Simmons
Elle s'interposa entre le soleil et lui , créant une éclipse qui entoura ses boucles noires d'un halo .
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Par Orchyd, le 02/07/2012
Drood de
Dan Simmons
Et quand la Mort arrive, ne serions-nous pas prêts, pour la plupart d'entre nous, à céder toutes ces pages, toute cette vie gaspillée en pattes de mouche et en gribouillis, contre une seule journée de plus, une seule journée pleinement vécue et ressentie ? Quel prix serions-nous prêts à payer, nous autres écrivains, pour cette unique journée supplémentaire passée en compagnie de ceux que nous avons ignorés tandis que nous étions enfermés à grattouiller et à griffonner au cours de nos arrogantes années d'isolement solipsiste ?
Échangerions-nous toutes ces pages contre une heure, une seule heure ? Tous nos livres en échange d'une minute réelle ?
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Les Cantos d'Hypérion, tome 1 : Hypérion 1 de
Dan Simmons
Je suis malade.J'ai la fièvre ,des tremblements ,hier toute la journée ,j'ai vomi une bile noire .La pluie est assourdissante.Les miroirs orbitaux éclairent toute la nuit le dessus des nuages .Les cieux sont embrasés.
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Par Woland, le 16/12/2010
Terreur de
Dan Simmons
[...] ... Dehors, il fait noir comme dans le ventre d'une anguille - pas de lune, ni d'étoiles, ni d'aurore boréale - et, surtout, il fait froid ; la température atteignait - 53° C six heures plus tôt, lorsque le jeune Irving est monté la mesurer, et un vent violent sur les moignons de mâts [les mâts ont été démontés en partie afin de donner une meilleure assise au bateau] et sur le pont gîtant et couvert de glace, chassant la neige devant lui. Comme il émerge de la bâche gelée tendue au-dessus de la grande écoutille, Crozier plaque sa main gantée sur son visage pour se protéger les yeux et aperçoit la lueur d'une lanterne à tribord.
Reuben Male est agenouillé près du soldat Heather, qui gît sur le dos, débarrassé de sa casquette et de sa perruque galloise, mais aussi d'une partie de sa boîte crânienne, ainsi que le constate Crozier. Aucune goutte de sang ne semble avoir coulé, mais il distingue des bribes de cervelle luisant à la lueur de la lanterne : une couche de cristaux de glace recouvre déjà cette matière grise.
- "Il est encore vivant, commandant", dit le chef du gaillard d'avant.
- Foutredieu !" s'exclame l'un des hommes qui se pressent derrière Crozier.
- "Suffit !" s'écrie le premier maître. "Cessez de blasphémer ! Et attendez, pour l'ouvrir, qu'on vous adresse la parole, Crispe."
Sa voix est à mi chemin du grondement de dogue et du reniflement de taureau.
- "Monsieur Hornby", dit Crozier. "Demandez à Mr Crispe de redescendre et de nous rapporter son hamac pour transporter le soldat Heather.
- A vos ordres, commandant," répondent à l'unisson le premier maître et le matelot.
On sent vibrer le pont sous les bottes de ce dernier, mais le vent assourdit le bruit de sa course.
Crozier se redresse et éclaire les alentours.
La lourde rambarde devant laquelle s'était posté le soldat Heather, sous les enfléchures prises dans la glace, est réduite en pièces. La brèche ainsi ouverte donne sur un toboggan de glace et de neige d'une dizaine de mètres de long, que la tempête de neige dissimule en partie. On n'aperçoit aucune empreinte dans le petit disque de neige éclairé par la lanterne du capitaine. ... [...]
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Par Seraphita, le 30/06/2010
Les Cantos d'Hypérion, tome 3 : La chute d'Hypérion 1 de
Dan Simmons
Avant même que les derniers feux du soleil aient tout à fait disparu, les éclairs dans le ciel confirmèrent que les combats se poursuivaient encore dans l’espace. Les trois hommes s’assirent sur les marches du Sphinx pour contempler le spectacle. Des explosions d’un blanc étincelant succédaient à des corolles rouges et à de soudaines traînées vertes ou orangées qui laissaient longtemps leur écho sur la rétine.
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Par Woland, le 16/12/2010
Terreur de
Dan Simmons
[...] ... Crozier voulait savoir s'il était possible de voyager sur la banquise à marche forcée, en tractant un bateau et un traîneau en pleine charge. Les onze hommes étaient partis le 23 mars, à sept heures du matin, par une température de - 39° C, salués par les hourras de tous leurs camarades en état de se lever.
Des Voeux et son équipe étaient revenus au bout de trois semaines. Si on ne déplorait aucune perte dans leurs rangs, ils étaient tous harassés et quatre d'entre eux souffraient d'engelures. Magnus Manson était le seule membre de cet équipage d'élite à ne pas sembler sur le point de mourir d'épuisement.
En trois semaines, ils n'avaient pu parcourir que quarante-cinq kilomètres en ligne droite. Par la suite, Des Voeux estima que la distance réelle qu'ils avaient couverte s'élevait en fait à deux-cent-quarante kilomètres, car il était impossible d'éviter les détours sur une banquise aussi accidentée. En mettant le cap au nord-est, ils avaient affronté des conditions climatiques encore plus dures que celles du Neuvième Cercle de l'Enfer, où ils étaient bloqués depuis deux ans. Les crêtes de pression étaient légion. Certaines s'élevaient à plus de vingt-cinq mètres. Il était malaisé de garder le cap lorsque les nuages occultaient le soleil et les étoiles elles-mêmes disparaissaient durant les nuits de dix-huit heures. Quant à la boussole, elle ne servait à rien si près du pôle Nord magnétique.
Ils avaient pris la précaution d'emporter cinq tentes, bien qu'ils n'aient compter en utiliser que deux. Mais les températures nocturnes étaient si basses qu'ils avaient passé les neuf dernières nuits entassés dans une seule tente, y dormant d'un sommeil au mieux agité. En fait, ils n'avaient guère eu le choix, les quatre autres ayant été emportées ou détruites par le vent.
Des Voeux avait réussi à maintenir le cap au nord-est mais, à mesure que le temps s'aggravait et que les crêtes se faisaient plus denses, les détours auxquels ils étaient contraints étaient de plus en plus fréquents, de plus en plus pénibles, et le traîneau avait souffert à force d'être hissé encore et encore sur des hauteurs de plus en plus escarpées. Ils avaient perdu deux jours à le réparer, bloqués dans un maelström de neige et de bise. ... [...]
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Par Spilett, le 03/01/2010
Terreur de
Dan Simmons
Il a ensuite posé devant lui une cassette de cuir et en a ouvert les ferrures ouvragées. Aussi incongru que cela paraisse, l'intérieur était doublé de velours rouge. Au cœur de cet écrin écarlate reposait le chat à neuf queues, au manche de cuir assombri par l'usage.