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Par alicejo, le 02/12/2011
Le vrai est au coffre de
Denis Lachaud
Je fus envahi par un profond désespoir, c'était tellement injuste, qu'avais-je fait, à qui, pour mériter cela, comment lutter contre les autres garçons de mon âge, raisonnablement mignons, symétriques et harmonieux alors que déjà mon comportement efféminé au dire des plus belliqueux d'entre eux m'en distinguait ? Comment lutter ? Cela restait à inventer.
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Par Neigeline, le 12/08/2009
Comme personne de
Denis Lachaud
Je tiens à mes livres, même s'ils sont en format de poche et usés. J'aime les voir. Je lis les titres sur la tranche et les sensations de la lecture me reviennent, je revois ce qu'ils ont changé en moi. Cela m'aide à vivre. J'en ai besoin. Point.
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Par Neigeline, le 12/08/2009
Comme personne de
Denis Lachaud
Puisque aucune foi ni aucune loi ne me retient sur terre de force et ne m'empêche de prendre la mesure du vide, de l'absence totale qui m'attend, puisque seule l'interdiction que je m'impose à moi-même me tient lieu d'assurance sur l'avenir, ne pas décider de disparaître avant mon père et ma mère, serment que je respecterai aussi longtemps qu'il est en mon pouvoir de rester en bonne santé, puisqu'il est exclu de choisir le rien à la place du pas grand-chose, de se poser même la question, de peser même le pour et le contre, pour quelques années encore, puisque j'ai demandé au hasard et à mon usine souterraine d'orienter mes choix et rencontres fortuites vers une possibilité de connaître l'amour, ne serait-ce qu'une fois, de traverser cette vallée-là, d'y séjourner le temps de sentir dans ma chair que la vie, même sans sens, vaut, j'accepte à l'avance les déconvenues, leurres, chausse-trapes, y survivrai, car il s'agit de rester encore, et, tant qu'à faire, ménager la possibilité d'être prêt le jour où ce paysage espéré s'ouvrira devant moi. Aujourd'hui, Estelle, j'escalade avec confiance les derniers hectomètres de rochers qui me séparent de la vue sur ce qui suit, j'accepte à l'avance ce que je vais découvrir derrière le sommet que j'aperçois, je ne cherche pas à l'imaginer, tout juste m'y rends, disponible.
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Par canel, le 24/11/2011
J'apprends l'allemand de
Denis Lachaud
Ces derniers temps, mon corps a poussé dans tous les sens, mon visage est devenu un tableau de bord de supersonique, tous les matins je découvre de nouveaux boutons.
Je suis repoussant, un spécimen au bestiaire de l'horreur.
Où mes contemporains trouvent-ils la force de jouer la séduction, de se faire la bise le matin, de rire trop souvent et trop fort, de souffrir publiquement, de jouer les satellistes faussement détendus autour d'un noyau de super-copains-à-la-vie-à-la-mort, de croire à leurs soudaines et violentes déprimes, d'attendre pendant des heurres assis en grape sur un banc que la grâce leur tombe dessus, de jeter en larmes à la face de leurs parents qu'ils sont vieux et ne comprennent rien à rien ?
J'ai seize ans, je suis seul entre deux portes et tout m'emmerde.
Rien d'original. (p. 112-113)
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Par canel, le 24/11/2011
J'apprends l'allemand de
Denis Lachaud
Demandez à un Français ce que faisait sa famille pendant la guerre, au pire il vous trouvera un oncle ou un cousin résistant.
Les Français, un peuple de résistants, longue tradition, faut pas les prendre pour des cons." (p. 89)
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Par canel, le 24/11/2011
J'apprends l'allemand de
Denis Lachaud
"Le début des années... trente... c'était terrible... il y avait des millions... de chômeurs en Allemagne... on était très très pauvres... le Führer nous a redonné du travail... il représentait l'espoir... il disait qu'il allait s'occuper... de nous, qu'il ne nous... abandonnerait pas... que nous méritions un meilleur avenir... il n'a pas fait... que des horreurs en tout cas... pas au début."
La vieille femme hérissée de tuyaux s'exprime au moyen de son respirateur artificiel. [...]
"Il y a probablement eu un moment... où c'est devenu possible... de s'apercevoir qu'Hitler allait... comment dire... prenait la mauvaise route... je me souviens que des intellecuels sont... partis, ont quitté l'Allemagne... je ne sais plus... leur nom... des écrivains un... musicien qui a fait des opéras... avec Brecht... et d'autres... nous on n'était pas très intéressés... par la politique... on s'est juste sentis... un peu plus respectés... on n'a rien vu venir..." (p 149-150)
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Par alicejo, le 01/12/2011
Le vrai est au coffre de
Denis Lachaud
- [...]. Tu sais Maman, les gens qui se suicident, ils ont de la chance.
- Pourquoi tu dis ça mon Toto ?
- Ben, ils veulent mourir et ils meurent. Moi je veux pas mourir et je mourrai quand même.
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Par Neigeline, le 12/08/2009
Comme personne de
Denis Lachaud
Vincent se trouva sexy comme une saucisse de Strasbourg trop cuite.
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Par canel, le 24/11/2011
J'apprends l'allemand de
Denis Lachaud
"J'étais soldat dans la Wehrmacht, l'armée allemande, j'ai été faire la guerre aux Russes. C'était très dur. Ensuite, j'ai été muté à Dachau, près de Munich. Là au moins, j'étais à l'abri, je ne risquais pas de me faire trouer la peau par un bolchevik. Et puis on ne pouvait pas refuser une mutation. Bien sûr, ce qui s'y passait était horribe, j'étais très choqué au début. Alors je me suis efforcé d'être le plus humain possible. Tu comprends ?" (p. 69-70)
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J’apprends l’hébreu de
Denis Lachaud
« Aussi longtemps que nous n’avons pas eu de pays, dit-il en allemand, ma mère a été ma patrie. » Voilà une phrase que je retrouve écrite en plein centre de ma tête, comme si elle y avait été gravée avant même que je la lise. La question que je peux maintenant formuler et qui exige désormais une solution urgente est la suivante : quand on a trouvé son pays, échappe-t-on à la patrie maternelle ?