ISBN : 2742725288
Éditeur : Actes Sud (2000)


Note moyenne : 3.33/5 (sur 30 notes) Ajouter à mes livres
Ernst Wommel a du malà tout comprendre. Ses parents, émigrés en France d'Allemagne de l'Ouest, ont tiré un trait sur leur jeunesse qu'ils ont passée Outre-Rhin. À la maison, on ne parle que le français. Ernst et son frère Max n'ont jamais vu leurs grands-parents. Pourqu... > voir plus
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Critiques et avis(5)

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    • Livres 5.00/5
    Par canel, le 26 novembre 2011

    canel
    - - - Redécouverte de ce roman qui m'avait tant plu à la première lecture (en 2000 ?) sans que je parvienne à me souvenir pourquoi quelques années plus tard.

    Dès son plus jeune âge, Ernst a de graves problèmes à un oeil. Cela nécessite des soins et une rééducation sollicitant l'accompagnement et la patience de l'entourage. A l'image de cette vision imparfaite, le passé familial d'Ernst lui reste en grande partie opaque : s'il vit à Paris avec ses parents et sait qu'ils sont tous deux d'origine allemande, il ne connaît rien en revanche de ses grands-parents, jeunes adultes pendant la seconde guerre mondiale. Un échange linguistique avec un collégien de Sarrebruck de son âge va lui donner l'occasion et l'envie de briser le tabou.

    On retrouve des thèmes récurrents chez Denis Lachaud : la mésentente entre frères (J’apprends l’hébreu), les crash d'avions (Prenez l'avion), une forme de schizophrénie chez le personnage central (le lecteur est bousculé entre une narration et un récit à la 3e personne), le mal-être d'un jeune et son inconfort dans une famille asphyxiée par les non-dits...

    Le côté 'petit français' dans une famille allemande m'a évoqué mon propre séjour près de Heidelberg en troisième, celui de mon fils récemment, et l'accueil de sa correspondante à la maison. Denis Lachaud exprime parfaitement le subtil mélange d'émerveillement, d'étrangeté et de malaise qu'on peut ressentir dans un autre pays et/ou chez des inconnus, a fortiori si la langue et les coutumes sont différents des siens. La quête du passé allemand menée par le narrateur nous immerge dans l'horreur de la Shoah, de manière plutôt brève et subtile, et repose la question insoluble du degré de culpabilité de ceux qui en furent témoins, complices, activement ou par inertie.

    Un constat humble m'intéresse dans tous ces livres où l'on apprend le passé "honteux" d'un ancien nazi ou combattant de la guerre d'Algérie, et je l'adopte : "Moi je ne sais pas si j'aurais fait mieux qu'eux à leur place. On ne sait pas." (p. 156) -> cf. dans le combat ordinaire (Manu Larcenet), Des hommes (Laurent Mauvignier), Sobibor (Jean Molla), L'origine de la violence (Humbert), le Liseur (Schlink)...

    PS : Un aspect du récit m'a gênée cette fois, éveillant une sensation désagréable de voyeurisme, en tant que mère d'ado : la description d'une sexualité vécue à deux dès 13 ans... Mais je ne renie pas l'importance et l'utilité qu'elle revêt dans cet ouvrage.
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    • Livres 3.00/5
    Par zorazur, le 28 novembre 2011

    zorazur
    C'est une lecture un peu ancienne, déjà pour moi. Je l'avais fait lire à l'un de mes enfants, un peu trop jeune alors, et j'ai regretté ensuite, en me replongeant dans le livre, tant les scènes où l'auteur décrit la découverte de la sexualité et surtout de son homosexualité, sont précises.
    Mais alors j'ai compris que c'est l'Allemagne qui le libère. Découverte du secret, du passé de sa famille (qui n'est pas une surprise, car le choc de cette découverte, on le voit arriver depuis le début), mais aussi découverte de sa sexualité et surtout acceptation de son orientation sexuelle, ce qui n'était pas forcément gagné. Tout ceci, grâce à l'Allemagne. En acceptant ce lourd passé, il s'accepte aussi lui-même, et c'est parce qu'il a fait le voyage en Allemagne, et c'est pour cela que ces scènes sont nécessaires.
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    • Livres 2.00/5
    Par bibliame, le 21 avril 2011

    bibliame
    Une écriture rapide que je suppose volontaire pour montrer le tumulte dans le cerveau du jeune Ernst.
    Très lourd de porter un héritage familial comme celui qui suit Ernst, d'autant plus qu'il est "caché". Ce livre montre bien ce que ce phénomène de secret de famille, bien enfoui et dont on ne parle surtout pas, peut générer comme problème parmi les membres de la famille.
    Mais pourquoi décrire en détail les relations sexuelles entre ces 2 jeunes garçons ? Ca n' amène au récit. Bien au contraire.
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  • Par mustango, le 24 octobre 2011

    mustango
    Après "J’apprends l’hébreu" je me suis dit j'allais lire "J'apprends l'allemand" et là j'ai franchement plus accroché qu'avec le premier. Les thèmes mis en lumière par le bouquin sont passionnants : l'héritage familiale lourd à porter quand il est lié au nazisme, les secrets de famille.
    Le héros est à la recherche de ses origines puisque ses parents ne lui ont rien raconté, il cherche par lui même, en Allemagne.
    Bien foutu.
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    • Livres 2.00/5
    Par Alienor, le 07 janvier 2012

    Alienor
    L'action se situe à Paris, dans les années 70, où une famille allemande vit dans le déni de ses origines et de sa nationalité. Au point que les deux fils, Max et Ernst, n'ont jamais entendu prononcer un mot d'allemand sous leur toit. Mais Ernst, le plus jeune, refuse ce silence et cherche à comprendre ce que ce comportement peut bien cacher. Alors à son entrée en sixième, il choisit d'apprendre cette langue en premier, contrairement à son frère qui avait choisi l'anglais. Ainsi commence sa découverte d'une langue étrangère puis d'un pays, grâce à un échange entre correspondants.
    La suite sur mon blog...

    Lien : http://tassedethe.unblog.fr/2012/01/07/japprends-lallemand-de-denis-..
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Citations et extraits

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  • Par canel, le 24 novembre 2011

    Ces derniers temps, mon corps a poussé dans tous les sens, mon visage est devenu un tableau de bord de supersonique, tous les matins je découvre de nouveaux boutons.
    Je suis repoussant, un spécimen au bestiaire de l'horreur.
    Où mes contemporains trouvent-ils la force de jouer la séduction, de se faire la bise le matin, de rire trop souvent et trop fort, de souffrir publiquement, de jouer les satellistes faussement détendus autour d'un noyau de super-copains-à-la-vie-à-la-mort, de croire à leurs soudaines et violentes déprimes, d'attendre pendant des heurres assis en grape sur un banc que la grâce leur tombe dessus, de jeter en larmes à la face de leurs parents qu'ils sont vieux et ne comprennent rien à rien ?
    J'ai seize ans, je suis seul entre deux portes et tout m'emmerde.
    Rien d'original. (p. 112-113)
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  • Par canel, le 24 novembre 2011

    "Le début des années... trente... c'était terrible... il y avait des millions... de chômeurs en Allemagne... on était très très pauvres... le Führer nous a redonné du travail... il représentait l'espoir... il disait qu'il allait s'occuper... de nous, qu'il ne nous... abandonnerait pas... que nous méritions un meilleur avenir... il n'a pas fait... que des horreurs en tout cas... pas au début."
    La vieille femme hérissée de tuyaux s'exprime au moyen de son respirateur artificiel. [...]
    "Il y a probablement eu un moment... où c'est devenu possible... de s'apercevoir qu'Hitler allait... comment dire... prenait la mauvaise route... je me souviens que des intellecuels sont... partis, ont quitté l'Allemagne... je ne sais plus... leur nom... des écrivains un... musicien qui a fait des opéras... avec Brecht... et d'autres... nous on n'était pas très intéressés... par la politique... on s'est juste sentis... un peu plus respectés... on n'a rien vu venir..." (p 149-150)
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  • Par canel, le 24 novembre 2011

    "J'étais soldat dans la Wehrmacht, l'armée allemande, j'ai été faire la guerre aux Russes. C'était très dur. Ensuite, j'ai été muté à Dachau, près de Munich. Là au moins, j'étais à l'abri, je ne risquais pas de me faire trouer la peau par un bolchevik. Et puis on ne pouvait pas refuser une mutation. Bien sûr, ce qui s'y passait était horribe, j'étais très choqué au début. Alors je me suis efforcé d'être le plus humain possible. Tu comprends ?" (p. 69-70)
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  • Par canel, le 24 novembre 2011

    "Le début des années... trente... c'était terrible... il y avait des millions... de chômeurs en Allemagne... on était très très pauvres... le Führer nous a redonné du travail... il représentait l'espoir... il disait qu'il allait s'occuper... de nous, qu'il ne nous... abandonnerait pas... que nous méritions un meilleur avenir... il n'a pas fait... que des horreurs en tout cas... pas au début."
    La vieille femme hérissée de tuyaux s'exprime au moyen de son respirateur artificiel. (...)
    "Il y a probablement eu un moment... où c'est devenu possible... de s'apercevoir qu'Hitler allait... commentdire... prenait l
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  • Par canel, le 24 novembre 2011

    Demandez à un Français ce que faisait sa famille pendant la guerre, au pire il vous trouvera un oncle ou un cousin résistant.
    Les Français, un peuple de résistants, longue tradition, faut pas les prendre pour des cons." (p. 89)
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"J'apprends l'hébreu" Denis Lachaud Denis Lachaud : "C'est l'histoire d'un garçon qui, pendant le roman, passe de 17 à 18 ans..."








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