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Par Nadael, le 17/02/2012
Pas d'inquiétude de
Brigitte Giraud
Je détestais le bonheur des autres. Je me demandais ce que vivaient ces gens, détachés en apparence, dont l'expression ne disait rien de ce qui les occupait, je ne sentais que le nombre, la masse qui arrivait face à moi, molle et dégoûtante, ondulant dans la douleur du printemps. J'avais encore une centaine de mètres à parcourir sur le trottoir bondé, et le mépris pour les autres me fit mal, je pensais être le seul dans la foule à vivre des heures aussi difficiles, je me sentais habité par une mission spéciale, un objectif supérieur et redoutable.
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Par Nadael, le 17/02/2012
Pas d'inquiétude de
Brigitte Giraud
C'était le premier soir sans Medhi (…). Je ne savais que faire, où aller, dedans, dehors, ouvrir ou fermer les fenêtres, m'asseoir ou rester debout, rejoindre ma femme dans la cuisine ou m'installer près de Lisa (…). Je sentais monter en moi une colère imprévue, doublée d'un affolement et d'une excitation soudaines, tournant comme une mouche rebelle, un homme sans cerveau, basique, tout au plus connecté sur ses sens, je sentais que j'étais habité par quelque chose de plus fort que moi, je ne me maîtrisais pas, et je me suis mis à crier, à agiter les bras (...)
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Par cicou45, le 14/09/2011
Une annee étrangère de
Brigitte Giraud
"Et pour la première fois, je me sens libre, étrangement légère, libre parce que étrangère, dans une vie provisoire, sans témoin, sans passé. Sans rien à prouver."
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Par cicou45, le 12/09/2011
Une annee étrangère de
Brigitte Giraud
"Je sais que derrière la frontière existe un monde interdit, dont on imagine qu'il est effrayant parce que inconnu."
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Par kathy, le 01/08/2010
A présent de
Brigitte Giraud
Je découvre aujourd'hui que j'étais heureuse.... Pourquoi on ne sait pas ces choses-là? Pourquoi on ne les mesure pas? Parce qu'on croit que le lendemain sera mieux, on demande plus, on trouve que le présent est minable, comparé à ce qui va arriver. On attend d'aménager dans une nouvelle maison,..., on attend d'être en vacances, on attend d'avoir un deuxième enfant, on attend de publier un livre, ... on attend d'avoir de l'argent pour travailler moins, on attend d'être libre. On a les yeux rivés sur l'avenir... On attend d'être tranquille, ..., on attend demain. A force d'attendre on piétine chaque jour qui passe, on le vit comme un état provisoire, on ne s'installe pas vraiment. On a le cul entre deux chaises, on est sur une rampe de lancement, et déjà on regarde en arrière. On ne veut pas savoir qu'on est heureux. On est superstitieux. Alors on est aveugle, on est distrait, ..., on se plaint,..., on en fait une montagne, on se gâche la vie.... Mais en fait, tout au fond, on boit du petit lait. Aujourd'hui qu'il n'y a plus rien, je sais, je peux dire comme c'était bien.
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Par cicou45, le 16/09/2011
Une annee étrangère de
Brigitte Giraud
"Pendant quelques heures, je vais faire appel à mon énergie, mon désir de vivre, mon amour, pour que la couleur s'inscrive sur le papier, pour dire à ma mère que je pense à elle malgré l'éloignement, que j'en souffre, sans doute. Je vais exprimer avec la peinture ce que je ne peux dire avec les mots."
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Par cicou45, le 14/09/2011
Une annee étrangère de
Brigitte Giraud
"Elle me sourit en me confiant le carton et me recommande de le porter bien droit, elle sourit et je me demande ce qui est pire : mourir peu-être bientôt en souriant, ou vivre encore sans jamais plus pouvoir sourire [...]."
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Par Lucie16, le 31/12/2011
Une annee étrangère de
Brigitte Giraud
Je ne dispose pas des adverbes qui me permettraient de nuancer mon refus, tous ces petits mots qui enrobent la langue et son comme des béquilles, qui colmatent ici, amortissent là. savoir parler une langue étrangère, c'est bien cela: être dans le confort de la demi-teinte, dans le doigté de la nuance. Et je suis loin d'être capable de parler, je m'en rends compte avec douleur chaque jour.
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L'amour est très surestimé de
Brigitte Giraud
[épigraphe du livre]
"L'amour est très surestimé."
Dominique A, Surestimé.
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A présent de
Brigitte Giraud
Ce soir, Claude est mort.
Je l'aimais.
Ma vie s'arrête et commence en même temps.
Pour éviter de nommer l'événement, je dis "avant" et "à présent."
Ce soir Claude est mort et moi je suis vivante.
Il me quitte sans l'avoir voulu, par inadvertance.