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Par ChezLo, le 06/05/2011
Je vous souhaite la pluie de
Elizabeth Tchoungui
Minuit, Dieu qu'il fait chaud, son pagne colle aux moindres replis de son corps. Une heure, un nourrisson diarrhéique hurle dans la case voisine. Deux heures, les chiens galeux du quartier s'étripent dans une rixe nocturne. Trois heures, un coq détraqué chante en pleine nuit. Quatre heures, un orage s'abat sur la ville, martelant les tôles de la case tel un roulement de tambour cosmique. Cinq heures, l'amant de sa tante rentre au bercail soûl comme un goûteur de bière à la cour du roi Tsongor, parvient contre toute attente à saluer les entrailles de sa compagne, jouit bruyamment et s'écroule en un râle éthylique. Six heures, Manou l'extirpe d'un sommeil rachitique.
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Par ChezLo, le 06/05/2011
Je vous souhaite la pluie de
Elizabeth Tchoungui
Le Whitie sourit, ayant probablement trouvé un repère, enfin, dans ce tube ivoirien qui cartonne jusqu'à Paris. Ngazan l'observe d'un oeil amusé. Vraiment, les Blancs étaient où quand Dieu distribuait le sens du rythme ? Son déhanché est grotesque. Ses bras esquissent des mouvements syncopés et gesticulatoires, comme si tous les moucherons du Cameroun s'abattaient sur lui. Pourtant il a un bon potentiel au niveau des reins. Contrairement à la plupart des Blancs dont la fesse est au mieux absente, au pire, rétractile, le joli Whitie est joliment fessu, et même délicatement cambré.
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Par ChezLo, le 06/05/2011
Je vous souhaite la pluie de
Elizabeth Tchoungui
Les portes vitrées s'ouvrent, vomissant dans l'aérogare une bourrasque glaciale. Ngazan est autant saisie par le froid que par la sensation qui l'a troublée lorsqu'elle a quitté l'avion, et dont elle vient de trouver l'origine : la France n'a pas d'odeur. Ngazan n'en croit pas ses narines. Est-ce la température polaire qui paralyse ses sens ? En s'y reprenant à deux fois, en tentant une nouvelle inspiration, en convoquant toutes ses terminaisons nerveuses, Ngazan finit par en identifier une, radicalement éloignée de la fragrance africaine, capiteuse, organique, enveloppante, épicée, nourrie d'un terreau de fruits et de fleurs, d'un humus de vie en devenir ou en déliquescence plus ou moins avancée. Oui, c'est bien cela : la France sent l'acier. Froid et tranchant.
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Par ChezLo, le 06/05/2011
Je vous souhaite la pluie de
Elizabeth Tchoungui
Non, le toubab-ci est mo, rien à dire. Il dégage une sorte de douceur incongrue sous ces latitudes où l'homme doit tonitruer, éructer, et faire les gros yeux pour montrer qu'il a un bangala dans le pantalon.
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Par ChezLo, le 06/05/2011
Je vous souhaite la pluie de
Elizabeth Tchoungui
Quand Dieu vous a concédé la plus belle chute de reins du quartier Essos, les pommettes les plus saillantes de Yaoundé 4e arrondissement, le sourire le plus dévastateur de la province du Centre, et la peau la plus veloutée du Cameroun, ne pas écarter ses cuisses fuselées à qui mieux mieux, c'est se fermer les portes du paradis, se faire reléguer au purgatoire par un saint Pierre énervé, tout en désapprobation lippue :
— Vois-moi cette fille-là! Elle croit même que quoi? Vrai de Dieu, elle n'a rrrrien compris! Mouf! rentre alors chez toi, au quartier.
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Par Jos, le 08/03/2011
Je vous souhaite la pluie de
Elizabeth Tchoungui
Ne vous laissez pas terrasser par la malveillance de ceux qui ne voient pas plus loin que leur ombre. Tu es blanc, elle est noire, on vous le reprochera sans cesse. Ignorez les vautours, soyez forts et fertiles. Chez nous les peuples du désert, l'eau est ce qu'il y a de plus précieux. Alors, je vous souhaite la pluie. Qu'elle vienne à bout de la sécheresse des coeurs, et qu'elle irrigue votre foyer.
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Par ChezLo, le 06/05/2011
Je vous souhaite la pluie de
Elizabeth Tchoungui
Ngazan remercie Dieu de l'avoir faite noire : si elle avait été blanche elle aurait rougi comme le derrière d'un macaque.
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Par ChezLo, le 06/05/2011
Je vous souhaite la pluie de
Elizabeth Tchoungui
Le quartier, l'horizon modèle réduit de Ngazan. Les journées s'y écoulaient dans les remulges de graillon et de latrines, monotones et rudes. Une d eplus commençait, un lever difficile après une nuit passée à s'agiter sur sa paillaisse coriace sans trouver le sommeil.
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Par ChezLo, le 06/05/2011
Je vous souhaite la pluie de
Elizabeth Tchoungui
Elle avait trop d'orgueil pour faire boutique mon cul.