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Par sylvie, le 28/11/2008
Le corset invisible de
Eliette Abecassis
La condition féminine aujourd'hui n'est plus définie par la soumission et le problème du pouvoir, mais par le corset invisible que chaque femme porte en elle.
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Par sylvie, le 28/11/2008
Le corset invisible de
Eliette Abecassis
"La société entretient avec la femme des rapports sado- maso. En cherchant à briser son corps et son esprit, son esprit par son corps, la société lui impose un corset invisible. Apparemment libre, la femme, en vérité, ne peut plus ni marcher, ni respirer, ni manger, ni vieillir, ni finalement vivre. Anorexique, boulimique, dysmorphophobique, elle s’étiole, abime sa santé, sa joie de vivre, et, dans des cas extrêmes, meurt de cette quête impossible. La femme doit comprendre que ce n’est pas elle qui est en cause, ce n’est pas d’elle qu’elle doit douter, c’est de la société actuelle. Pour libérer la femme du corset invisible, c’est la société qu’il faut changer.
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La Répudiée de
Eliette Abecassis
"Tous les mois, c'est la même chose. Je pleure. Je soupire. J'attends. Que le linge au-dessous de moi ne soit point taché de rouge. Et tous les mois, mon ventre me fait mal. Le sang s'échappe, je saigne, je prie, je pleure. Mes larmes mouillent le mur occidental. Telle une brebis abandonnée, ainsi j'erre dans les rues. Mes paupières tremblent, mes jambes vacillent, mes yeux brillent de douleur. Je regarde autour de moi, je ne vois personne pour m'aider.
Ma mère, qui est la gardienne du mikvé, le bain rituel, a honte de ma stérilité. Chaque mois, je viens me tremper dans l'eau de pluie car, à la fin des sept jours sans tache, la femme doit s'immerger dans le mikvé à la nuit tombée, après que trois étoiles ont été visibles.
Il me semble que j'expie quelque chose. Je souffre, je vomis, je me traîne par terre, je cogne ma tête contre les murs. Toute la journée, je reste couchée. Nathan a trouvé un nom pour les jours impurs. Il me demande quand sera finie "ma maladie". Il n'a pas pas tort. L'impureté mensuelle, c'est la maladie de la femme stérile.
Mais on ne peut devenir pure que parce que l'on est impure. C'est pourquoi la femme, chaque mois, s'élève en se purifiant. Quand tout est fini, je me rends au bain rituel, je me déshabille, et, aidée par ma mère Hanna, je plonge dans le bassin d'eau froide, tête comprise : c'est une naissance.
- Toujours rien ? demande ma mère.
- Toujours rien.
- Cela va bientôt faire dix ans.
- Je sais. S'il le veut, Nathan peut me répudier."
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Sépaharade de
Eliette Abecassis
Les quatre fils de la Haggadah représentaient les quatre dimensions de la transmission. Le premier, le sage, énonçaitl la question:" Quels sont les témoignages, les lois et les préceptes que l'Eternel notre Dieu vous a prescrits?" et se situait à l'intérieur de la Tradition. Le deuxième, le méchant, demandait:" Quelles sont ces lois que vous observez?", il se dissociait de la communauté et se définissait contre elle, en dehors du peuple qui était pourtant le sien. Le troisième, le"simple", qui disait seulement:" Qu'est ceci?", question réduite à sa plus simple expression, ne possédait pas les outils pour en poser une plus intéressant. Enfin, venait le dernier, le quatrième," celui qui ne sait pas poser la question". Celui ci était vraiment en dehors de la chaîne de la transmission, bien plus que le méchant qui questionnait le texte, puisqu'il ignorait qu'il ne savait pas.Le pire des quatre fils n'était donc pas le méchant, qui s'intéressait aux choses du passé, même sur un mode négatif. Le pire, c'était le fils qui ne savait pas poser la question, parce qu'il avait oublié qu'il y avait une question à poser.
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Sépaharade de
Eliette Abecassis
Nous avons tous des identités multiples.
Nous venons tous d'un pays, d'une ville ou d'une rue qui nous définit et nous marque à jamais. Nous sommes issus d'une culture ancestrale qui nous emprisonne autant qu'elle nous féconde. Dans la vie, nous jouons des rôles qui changent en fonction de la situation et de l'interlocuteur, du lieu et du moment : nous existons, multiples à nous-mêmes, ignorant l'origine de ces identités qui surgissent malgré nous, et qui nous déterminent dans nos actions, nos pensées et nos sentiments. Nous sommes empruntés et confisqués par notre passé, que nous empruntons et confisquons à notre tour, essayant de savoir qui nous sommes, en cette quête infinie qui commence au premier cri, qui ne s'achève jamais - et qui s'appelle la vie.
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