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Les habits du dimanche de
François Morel
Quand même je me demande comment c'est là-haut. J'ai un peu peur que grand-père s'y ennuie. À quoi ça peut ressembler le paradis ? J'en sais rien. J'essaie d'imaginer. Je vois un sanatorium tout blanc avec des vieilles qui trottinent en souriant, des bienheureux un gobelet à la main qui se retrouvent près de la machine à eau, des anges méticuleux qui ont des ailes pour tous les jours et d'autres serties d'or pour les dimanches et les cérémonies. Est-ce que là-haut grand-père à le droit de péter ? En a-t-il seulement la possibilité ? Pourvu que oui. Pourvu que ce soit une infection certains jours de l'éternité céleste. Pourvu que saint Pierre se résolve parfois à entrouvrir un peu la porte du paradis pour créer un courant d'air et chasser les relents de l'activité humaine.
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Par Eipoca, le 01/04/2011
Les habits du dimanche de
François Morel
Et ce qui l'énerve par-dessus tout ma Ryline c'est de passer son temps à s'énerver. "il faudrait quand même que j'arrive à me calmer", qu'elle dit souvent en s'énervant toute seule
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Par Eipoca, le 01/04/2011
Les habits du dimanche de
François Morel
Qu'est-ce qu'elle s'en fout ma Ryline du baccalauréat puisqu'elle sera aventurière professionnelle! [...]
Qu'est-ce qu'elle s'en fout ma Ryline de n'être pas sérieuse puisqu'elle est jolie!
Qu'est-ce qu'elle s'en fout ma Ryline de ne pas être raisonnable puisqu'elle a ses raisons!
Qu'est-ce qu'elle s'en fout ma Ryline de ne pas être bonne en maths puisqu'elle est vivante et jolie et belle et heureuse!
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Par Eipoca, le 01/04/2011
Les habits du dimanche de
François Morel
Plus tard, je voudrais être chef d'orchestre, trapéziste, artiste de music-hall, n'importe quoi, mais pas adulte.
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Par Eipoca, le 01/04/2011
Les habits du dimanche de
François Morel
Dieu donne les âmes, puis les reprend. Dieu est un voleur. Donner c'est donner, reprendre c'est voler.
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Les habits du dimanche de
François Morel
En nage, haletants, on reprend nos esprits, assis sur le rebord du lit. Entre les doigts, je tiens une cigarette imaginaire, un crayon tout mâchonné que je repasse à Ryline. Puis, on ferme les yeux. On s'imagine dans un grand vaisseau intergalactique à la recherche d'un monde nouveau, une planète inconnue sans cimetières, sans camemberts, sans chansons tristes, sans catéchisme, sans matière grasse. Ryline me tend le crayon : "Une dernière tafe ?" Je décline : "J'ai la tête qui tourne."
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Les habits du dimanche de
François Morel
Les filles ? Évidemment que ça m'intéresse, mais pour le moment disons que je me tâte un peu. Enfin, bon, c'est une façon de parler. Enfin bon, ce n'est pas seulement une façon de parler.
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Les habits du dimanche de
François Morel
Plus on sait que vous deviendrez invisible, plus on veut vous voir. À se demander si jusque-là on ne me croyait pas immortel.