Les relations humaines dans le cadre de l'entassement de cette famille à huis clos m'ont un peu plus interessées que le contexte ou les raisons de cet entassement : la chasse aux juifs. Et pour cause, Anne explore l'humain. Elle est particulièrement observatrice de ses comportements. du fait de la proximité permanente et inévitable des 8 'colocataires', les semblants ne durent pas et elle arrive à dégager des conclusions objectives et justes sur la nature de chacun, y compris elle-même, malgré sa jeunesse et l'écart de génération qui la sépare de la majorité d'entre eux.
Je me suis un peu reconnue dans le tiraillement qu'elle éprouvait vis-à-vis de sa mère et de sa soeur, puis de son père, constatant à quel point un être biologiquement si proche de vous peut être si naturellement éloigné de vous. J'ose à peine imaginer le chagrin du père à la lecture de ses envies délibérées et motivées de se détacher d'eux. L'adolescence a beau excuser les dérives, il n'empêche que ça n'atténue pas la douleur.
Plus qu'une preuve de la cruauté et bêtise humaine, c'est un bon modèle d'observation, d'analyse et d'introspection (adolescente et plus encore).
Ceci dit, j'avoue que l'écriture me paraît quand même exagérément bonne, le vocabulaire particulièrement soutenu et la grammaire étonnamment irréprochable pour le
Journal d'une ado de 13 à 15 ans. Je veux bien admettre qu'elle ait été douée très jeune pour l'écriture, mais je ne conçois pas que cette écriture soit homogène et régulière sur les 2 ans ; on devrait normalement observer un changement, une croissance, une évolution naturelle en terme de fond et de forme au fur et à mesure qu'Anne grandit.
Mystère donc.