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Par leluez, le 15/05/2012
Middlemarch de
George Eliot
Certes, de telles comparaisons risquent d'être trompeuses,car nul homme n'était plus incapable de brillante affectation que M. Casaubon ; il avait un caractère aussi authentique que n'importe quel ruminant, et il n'avait pas contribué à faire naître des illusions sur son propre compte. Comment se faisait-il qu'au cours des semaines écoulées depuis son mariage Dorothea eût, non pas discerné clairement, mais senti avec un abattement étouffant, que les vastes perspectives et l'abondance d'air frais qu'elle avait rêvé de trouver dans l'esprit de son mari eussent été remplacées par des antichambres et des couloirs tortueux qui ne menaient nulle part ? Je suppose que c'est parce que pendant les fiançailles tout est considéré comme provisoire et préliminaire, et que le plus modeste échantillon de vertu ou de talent est censé garantir l'existence de précieuses réserves que feront découvrir les amples loisirs du mariage.Mais une fois franchi le seuil du mariage,l'attente se concentre sur le présent. Quand on est embarqué pour le voyage conjugal, il est difficile de ne pas se rendre compte qu'on avance pas et que la mer n'est pas en vue - bref, qu'on est en train d'explorer un bassin fermé.
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Par Woland, le 11/02/2009
Middlemarch de
George Eliot
[...] ... Nous n'avons jamais peur de raconter à mainte et mainte reprise comment un homme en vient à tomber amoureux d'une femme et à l'épouser, ou au contraire à se trouver fatalement éloigné d'elle. Est-ce par excès de poésie ou de stupidité que nous ne nous lassons jamais de décrire ce que le roi James appelait "l'allure et joliesse" d'une femme, ni d'écouter vibrer les cordes des vieux troubadours, alors que nous nous intéressons relativement peu à cette autre sorte d'"allure et joliesse" que l'on doit courtiser à force de réflexion zélée et de patiente renonciation aux menus plaisirs ? Dans l'histoire de cette passion, les développements varient, eux aussi : parfois, c'est le mariage resplendissant, parfois la frustration et la séparation définitive. Il n'est pas rare que la catastrophe soit liée à cette autre passion que chantent les troubadours. Car, parmi la multitude des hommes d'âge mûr qui exercent leur vocation suivant un parcours quotidien déterminé pour eux à peu près de la même manière que leur noeud de cravate, il en est toujours bon nombre qui eurent jadis l'intention de façonner leurs propres actes et de changer un peu le monde. L'histoire de leur réduction à une forme moyenne qui les rend propres à être empaquetés par centaines n'est presque jamais racontée, fût-ce dans leur conscience ; peut-être en effet leur ardeur à accomplir un labeur généreux et non rémunéré a-t-elle tiédi aussi imperceptiblement que celle d'autres amours juvéniles, si bien qu'un jour leur moi d'antan a hanté comme un fantôme sa demeure ancienne et fait paraître horrible le mobilier nouveau. Rien au monde ne saurait être plus subtil que le processus de leur transformation progressive ! Ils ont commencé par l'inhaler sans s'en rendre compte : une bouffée de souffle émanée de vous et de moi a pu contribuer à les contaminer, quand nous avons émis nos conformistes mensonges ou tiré nos stupides conclusions ; ou peut-être le mal est-il venu des vibrations émises par le regard d'
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Par IzaBzh, le 25/04/2011
Adam Bede de
George Eliot
Ah ! dit Bartle en ricanant, les femmes sont assez promptes, bien assez promptes. Elles savent les bons côtés d'une histoire avant de l'avoir écoutée, et peuvent vous dire les pensées d'un homme avant qu'il les aie eues.
- C'est assez probable, dit Mme Poyser, car les hommes sont si lents que leurs pensées les dépassent, et qu'ils ne peuvent les raccrocher que par la queue. Je puis compter les mailles de mon bas pendant qu'un homme retourne sa langue pour parler ; et quand, enfin, sa phrase arrive, il y a peu de profit à en faire. Ce sont les oeufs clairs qui sont couvés le plus longuement. Cependant, je ne nie pas que les femmes ne soient des sottes ; le Dieu tout-puissant les a faites pour convenir aux hommes.
- Convenir ! oui, comme le vinaigre convient aux dents. Si un homme dit un mot, sa femme aura une contradiction toute prête ; s'il a envie de viande chaude, elle lui servira du lard froid ; s'il est en train de rire, elle sera à se lamenter. Elle lui conviendra comme le taon convient au cheval : il a justement le venin qui doit le mieux l'irriter... le venin qui doit le mieux l'irriter.
- Oui, dit Mme Poyser, je sais bien ce que les hommes aiment ; une pauvre innocente qui leur sourit comme à une image du soleil qu'ils fassent bien ou mal ; qui les remercie pour un coup de pied et qui prétende qu'elle ne savait pas s'il fallait se tenir sur la tête ou sur les pieds, avant que son mari ne le lui eût appris. Voilà ce que les hommes désirent, pour la plupart, dans une femme ; ils veulent s'assurer d'une imbécile pour qu'elle leur dise qu'ils sont des sages. Mais il s'en trouve qui peuvent se passer de cela ; ils ont déjà si bonne opinion d'eux-mêmes ! C'est pourquoi il existe des vieux garçons.
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Par IzaBzh, le 25/04/2011
Adam Bede de
George Eliot
Le loisir s'en est allé ; il s'en est allé où sont partis les rouets et les chevaux de bât, les lents chariots et les colporteurs qui venaient commercer à votre porter par les après-midi ensoleillés. D'astucieux philosophes vous expliquent peut-être que le grand avantage de la machine à vapeur est de procurer du loisir à l'humanité. Ne les croyez pas. Elle ne fait que créer un vide dans lequel se précipite la pensée insatiable. Même l'oisiveté se montre insatiable aujourd'hui. Elle a soif d'amusements, de trains d'excursion, de musées d'art, de littérature périodique, de romans captivants et même de théories scientifiques, et de rapides observations au microscope. Le vieux Loisir était un personnage bien différent. Il ne lisait qu'un seul journal vierge de tout éditorial et n'était pas encore victime de ce retour régulier de fortes impressions qu'on appelle l'heure de la poste. C'était un monsieur contemplatif, plutôt corpulent, à la digestion excellente. Avec ses perceptions calmes, peu incommodé par les hypothèses, il se satisfaisait de son inaptitude à connaître les causes de toutes choses et préférait connaitre les choses elles-mêmes. Il vivait surtout à la campagne, dans de plaisantes et vastes demeures, aimait à flâner le long du mur où les arbres fruitiers poussaient en espaliers, à humer le parfum des abricots tiédis par le soleil du matin ou à s'abriter sous les ramures du verger à midi quand les poires de la Saint-Jean tombaient.
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Par leluez, le 09/05/2012
Middlemarch de
George Eliot
Mon père ne changeait jamais d'avis,et il faisait de simples sermons moraux sans arguments, et c'était un homme droit - le plus droit du monde. Quand vous me trouverez un homme droit fait d'arguments, je vous confectionnerai un bon dîner rien qu'en vous lisant le livre de cuisine. Telle est mon opinion, et je crois que tous les estomacs la confirmeront
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Daniel Deronda : Volume 1 de
George Eliot
C'est pourquoi je sois obligée de me demander si, même privée de son charme puissant et de sa situation filiale particulière, Gwendolen n'aurait quand même pas joué la reine en exil, si seulement elle avait conservé l'énergie innée de son désir égoïste et sa capacité d'inspirer la crainte de ce qu'elle pouvait dire ou faire.
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Par Jumax, le 18/12/2011
George Eliot
"Je ne nie pas que les femmes soient stupides; Dieu tout puissant les fit l'égal des hommes."
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Par Jumax, le 24/08/2011
George Eliot
"Il n'est jamais trop tard pour devenir ce que nous aurions pu être."
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Daniel Deronda : Volume 1 de
George Eliot
Les erreurs de son comportement avec Deronda étaient dues à une absence de sensibilité à l'égard de se qui pouvait se passer dans d'autres esprits, surtout des esprits d'enfants, ce qui faisait partie des faiblesses les plus répandues, même chez des hommes bien disposés comme lui, lorsque la vie s'est montrée en général confortable pour eux et qu'ils ont dépensé tranquillement leur énergie en vue de se sentir heureux.
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Daniel Deronda : Volume 1 de
George Eliot
La sensibilité précoce de Deronda, chargée au départ d'une indignation spontanée et d'une fierté rebelle, avait suscité chez lui une réflexion prématurée sur certaines questions de la vie ; elle avait donné une orientation à sa conscience, une sympathie pour certains maux, et une volonté tendue dans certaines directions, qui le distinguait des autres jeunes bien plus que tous les talents qu'il possédait.