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Le Dindon de
Georges Feydeau
LUCIENNE : Mais enfin, monsieur, je ne vous connais pas.
PONTAGNAC : Mais moi non plus, madame, et je le regrette tellement que je veux faire cesser cet état de choses...
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Par LydiaB, le 12/05/2013
Chat en poche - Hortense a dit : Je m'en fous ! et Léonie est en avance ou le mal joli de
Georges Feydeau
Dufausset. — Et moi qui croyais être chez des fous…
Pacarel. — Hein ?
Dufausset. — Dame ! C’est vrai, on vous trouve là, tous, sur des chaises, sur la table ou dans le piano… On aurait cru que vous jouiez au chat perché… en musique.
Landernau. — On vous faisait une entrée.
Amandine. — Plaignez-vous donc…
Dufausset. — Ah ! c’était pour… quelle drôle de façon de recevoir !
Amandine. — Ce jeune homme m’a regardée.
Dufausset. — Comment, vous êtes M. Pacarel… Enchanté ! Ah ! à propos, j’ai une lettre pour vous, elle est au fond de ma malle…
Pacarel. — De Dufausset… Ah ! ce cher ami… Il va bien Dufausset ?
Dufausset. — Admirablement ! Il va admirablement, mon père.
Pacarel. — Pourquoi m’appelle-t-il son père ? Il a dû être élevé chez les Jésuites, (Remontant vers les siens.) Eh ! bien, comment le trouvez-vous, mon ténor ?
Amandine. — Majestueux !…
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Le Dindon de
Georges Feydeau
LUCIENNE : Marié ! vous êtes marié !...
PONTAGNAC : Oui... un peu !...
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Le Dindon de
Georges Feydeau
MAGGY : No ! pourquoi no ?
VATELIN : Parce que !... parce que c'est impossible... Est-ce que je suis libre ! j'ai une femme, moi ! je suis marié, moi !
MAGGY : Vous, vous êtes marié !
VATELIN : Mais dame !
MAGGY : Aoh ! à London, diséi vous étiez bœuf.
VATELIN : Comment bœuf ? veuf !
MAGGY : Aoh ! bœuf, veuf, c'est la même chose !
VATELIN : Mais non, ce n'est pas la même chose ! Merci ! le veuf, il peut recommencer, tandis que le bœuf...
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Le Dindon de
Georges Feydeau
RÉDILLON : Une femme qui trompe son mari n'a pas l'habitude de lui envoyer des cartes d'invitation. (...) Si elle le fait, c'est qu'elle a une raison ! celle d'exaspérer la jalousie de son mari. (...) Ne voyez-vous pas là la comédie d'une femme outragée qui se venge ! (...)
VATELIN : Oui !
RÉDILLON : Enfin, j'en sais quelque chose, puisque c'est à moi qu'elle est venue proposer le rôle... que j'ai refusé (À part) et pour cause !...
VATELIN : Ah ! mon ami ! mon ami !
RÉDILLON : Et vous avez donné dans le panneau... Ah ! vous n'êtes guère tacticien !
VATELIN : Je suis avoué.
RÉDILLON : Voilà !
VATELIN : Ah ! que je suis content !... (Sanglotant) que je suis con... on... tent ! Ah ! là ! là !... Ah ! là ! là !
RÉDILLON : La joie fait peur !
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Le Dindon de
Georges Feydeau
VATELIN : Ah ! c'est que c'est un tel gaillard. Un tel pécheur devant l’Éternel ! Tu ne le connais pas ? Il ne peut pas voir une femme sans lui faire la cour ! il les lui faut toutes !
LUCIENNE : Toutes ! Ah ! ça n'est pas flatteur pour chacune.
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Le Dindon de
Georges Feydeau
VATELIN : (à part) Sapristi ! le bras de Maggy !... (haut) Vous avez vu ? C'est... c'est un bras.
SOLDIGNAC : Aoh ! je voa ! Très joli, té, le coquinasse ! À qui ce bras ?
VATELIN : Je ne sais pas ! C'est pas d'ici ! C'est un bras qui est là... alors, il est venu !... il est venu sans venir !... c'est le bras du voisin !...
SOLDIGNAC : Blagueur !... C'est le bras de votre femme.
VATELIN : Voilà vous l'avez dit, c'est le bras de votre femme... de ma femme... du voisin qui est ma femme !...
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Le Dindon de
Georges Feydeau
Certainement, je suis très touché, mais, enfin, ce roman ébauché à Londres n'avait jamais dû être éternel. Quoi ! j'avais fait votre connaissance pendant la traversée, vous aviez le mal de mer, j'avais le mal de mer, nos cœurs étaient si troublés qu'ils étaient faits pour se comprendre, ils se comprirent. (...) Eh ! bien, contentons-nous de nous rappeler ce beau temps-là, sans essayer de le recommencer. Aussi bien, ici, je n'en ai pas le droit... là-bas, j'avais une excuse ! Il y a des choses qu'on peut faire d'un côté du détroit et qu'on ne peut pas faire de l'autre !...
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Le Dindon de
Georges Feydeau
LUCIENNE : Vous regarderiez comme une indélicatesse d'écorner moindrement la fortune de votre femme, et quand il s'agit de cet autre bien qui lui appartient, qui lui est dû, qui fait partie du fonds social, la fidélité conjugale, ah ! vous en faites bon marché ! " Qui est-ce qui veut en détourner un morceau, allons là, la première venue ? Avancez ! il en restera toujours assez ! " Et vous gaspillez ! vous gaspillez ! Qu'est-ce que ça vous fait ! C'est votre femme qui paye ! Et vous trouvez ça honnête ? (...) Vous n'avez pas le droit de disposer d'un capital que vous avez aliéné.
PONTAGNAC : Mais permettez, le capital, je n'y touche pas ! le voilà ! il est intact ! Vous me permettrez bien de toucher un peu aux rentes. Notez que, par contrat, j'ai la gestion des biens ! Eh bien ! pourvu que j'aie la plus grande partie en fonds d’État, vous ne pouvez pas trouver mauvais que je fasse quelques placements en valeurs étrangères.
LUCIENNE : Quand on est marié, on ne doit faire que des placements de père de famille !
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Le Dindon de
Georges Feydeau
MAGGY : Quand je souis arrivée cet matin, j'ai tout de suite écrivé à vous... et pouis et pouis... j'ai pas envoyé la lettre... je mé souis disé il répondra peut-être pas à moâ... j'ai jeté mon lettre à la panier... et j'ai pris un hansom... comment vous dis... un sapin pour venir... Aoh ! comme il est difficult... la rue de vous trouvéi... Je sais pas, le cocher comprenait pas le francéi... il voulait pas mé conduire. (...) Je loui diséi " Cocher, allez roue Thremol. " Il répondéi : connais pas...
VATELIN : Rue Thremol ! oui oui... Maintenant, croyez-vous que si vous lui aviez dit simplement, rue la Trémoille...
MAGGY : Eh bien, je dis : " rue Thremol ".
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