ISBN : 2070324389
Éditeur : Gallimard (1987)


Note moyenne : 4.07/5 (sur 30 notes) Ajouter à mes livres
« Tout à coup, le carreau dans la chambre paisible montre une tache. L'édredon à ce moment a un cri, un cri et un sursaut ; ensuite le sang coule. Les draps s'humectent, tout se mouille. L'armoire s'ouvre violemment ; un mort en sort et s'abat. Certes, cela n'est pas ré... > voir plus
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Critiques et avis(4)

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    • Livres 4.00/5
    Par Pasdel, le 05 avril 2012

    Pasdel
    La Nuit remue est un recueil de poèmes essentiellement prosodiques. Recueil empreint de souvenir personnel et où l'auteur au travers de ses voyages, de ses accointances avec les drogues et plus particulièrement l'éther à cette époque, se livre à une évocation de ses souvenirs, de ses états…
    « En vérité, l'homme s'embarque sur beaucoup de navires, mais c'est là qu'il veut aller.S'il s'obstine dans la continence, comment se défaire de ses forces et obtenir le calme ?
    Excédé, il recourt à l'éther. »
    Ce recueil relate la vie, la mort, l'amour, l'absurde sans jamais verser dans le dramatique. Michaux laisse éclater son imagination, fait voler les mots en éclats accouchant d'animaux imaginaires, voire de mots, un peu comme le fera Boris Vian quelques années plus tard.
    Poète et peintre méconnu, Michaux mérite qu'on s'intéresse à lui voici un extrait de Mon roi sur le lien suivant:

    Lien : http://leslecturesdepasdel.over-blog.com/article-la-nuit-remue-10290..
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    • Livres 5.00/5
    Par jbicrel, le 13 novembre 2011

    jbicrel
    Ce recueil a été publié en 1935. C'est sans doute son premier grand recueil. le titre, comme souvent dans l'oeuvre de Michaux, est déjà tout un programme : qu'est-ce à dire ? La Nuit remue évoque cette étape éphémère, cette frontière fragile entre sommeil et veille, entre néant et existence mais aussi cette frontière fragile et mouvante entre la paix sereine des certitudes diurnes et l'angoisse des cauchemars nocturnes. Tel un funambule, Michaux se promène sur ce fil étroit du réel et du rêvé, du clair et du sombre, de l"angoissant et du rassurant et pour cela, il renouvelle sans cesse les rythmes et les formes et fascine ses lecteurs comme sous l'effet d'une magie.
    Voici un choix de quelques poèmes, puisqu'il faut bien choisir, qui devraient convaincre bien mieux que mes paroles :


    P 9 "La Nuit remue" I
    « Tout à coup, le carreau dans la chambre paisible montre une tache. L'édredon à ce moment a un cri, un cri et un sursaut ; ensuite le sang coule. Les draps s'humectent, tout se mouille. L'armoire s'ouvre violemment ; un mort en sort et s'abat. Certes, cela n'est pas réjouissant. Mais c'est un plaisir que de frapper une belette. Bien, ensuite il faut la clouer sur un piano. Il le faut absolument. Après on s'en va. On peut aussi la clouer sur un vase. Mais c'est difficile. le vase n'y résiste pas. C'est difficile. C'est dommage. Un battant accable l'autre et ne le lâche plus. La porte de l'armoire s'est refermée. On s'enfuit alors, on est des milliers à s'enfuir. de tous côtés, à la nage ; on était donc si nombreux ! Étoile de corps blancs, qui toujours rayonne, rayonne... »
    p 30 "Un point, c'est tout"
    " L'homme _son être essentiel_ n'est qu'un point. C'est le seul point que la Mort avale. Il doit donc veiller à ne pas être encerclé.
    Un jour, en rêve, je fus entouré de quatre chiens, et d'un petit garçon méchant qui les commandait.
    Le mal, la difficulté inouïe que j'eus à le frapper, je m'en souviendrai toujours. Quel effort ! Sûrement, je touchai des êtres, mais qui ? En tous cas mes adversaires furent défaits au point de disparaître. Je ne me suis pas laissé tromper par leur apparence, croyez-le ; eux non plus n'étaient que des points, cinq points, mais très forts.[....]"
    p 79 "Contre !"
    " Je vous construirai une ville avec des loques, moi.
    Je vous construirai sans plan et sans ciment un édifice que vous ne détruirez pas
    Et qu'une espèce d'évidence écumante soutiendra et gonflera,
    Qui viendra vous braire au nez, et au nez gelé
    De tous vos Parthénons, vos Arts Arabes et de vos Mings.
    Avec de la fumée, avec de la dilution de brouillard et du son de peaux de tambours
    Je vous assoirai des forteresses écrasantes et superbes,
    Des forteresses faites exclusivement de remous et de secousses,
    Contre lesquels votre ordre multimillénaire et votre géométrie
    Tomberont en fadaises et galimatias et poussières de sable sans raisons.
    Glas ! Glas ! Glas ! Sur vous tous! Néant sur les vivants!
    Oui! Je crois en Dieu ! Certes, il n'en sait rien.
    Foi, semelle inusable pour qui n'avance pas.
    Ô monde, monde étranglé, ventre froid !
    Même pas symbole, mais néant , je contre, je contre,
    Je contre, et te gave de chiens crevés !
    En tonnes, vous m'entendez, en tonnes je vous arracherai
    http://poezibao.typepad.com/poezibao/images/michaux_montage_copie_basse_def_1.jpg
    Ce que vous m'avez refusé en grammes!
    Le venin du serpent est son fidèle compagnon.
    Fidèle et il l'estime à sa juste valeur.
    Frères, mes Frères damnés, suivez moi avec confiance;
    Les dents du loup ne lâchent pas le loup.
    C'est la chair du mouton qui lâche.
    Dans le noir, nous verrons clair, mes frères!
    Dans le labyrinthe, nous trouverons la voie droite!
    Carcasse, où est ta place ici, gêneuse, pisseuse, pot cassé ?
    Poulie gémissante, comme tu vas sentir les cordages tendus des quatre mondes !
    Comme je vais t'écarteler ! "
    Et l'un de mes préférés, dans le même recueil mais dans la section Mes Propriétés,
    p 143, "Intervention"
    "Autrefois, j'avais trop le respect de la nature. Je me mettais devant les choses et les paysages et je les laissais faire.
    Fini, maintenant j'interviendrai
    J'étais donc à Honfleur et je m'y ennuyais.
    Alors résolument, j'y mis du chameau. Cela ne paraît pas fort indiqué. N'importe, c'était mon idée. D'ailleurs, je la mis à exécution avec la plus grande prudence. Je les introduisis d'abord les jours de grande affluence, le samedi sur la place du Marche'. L'encombrement devint indescriptible et les touristes disaient : " Ah ! ce que ça pue ! Sont-ils sales les gens d'ici ! " L'odeur gagna le port et se mit à terrasser celle de la crevette. On sortait de la foule plein de poussières et de poils d'on ne savait quoi.
    Et la nuit, il fallait entendre les coups de pattes des chameaux quand ils essayaient de franchir les écluses , gong ! gong ! sur le métal et les madriers !
    L'envahissement par les chameaux se fit avec suite et sûreté.
    On commençait à voir les Honfleurais loucher à chaque instant avec ce regard soupçonneux spécial aux chameliers, quand ils inspectent leur caravane pour voir si rien ne manque et si on peut continuer à faire route ; mais je dus quitter Honfleur le quatrième jour.
    J'avais lancé également un train de voyageurs. Il partait à toute allure de la Grand-Place, et résolument s'avançait sur la mer sans s'inquiéter de la lourdeur du matériel ; il filait en avant, sauvé par la foi.
    Dommage que j'aie dû m'en aller, mais je doute fort que le calme renaisse tout de suite en cette petite ville de pêcheurs de crevettes et de moules."

    Lien : http://aller-plus-loin.over-blog.com/article-michaux-henri-la-nuit-r..
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    • Livres 5.00/5
    Par valetudinaire, le 31 mars 2011

    valetudinaire
    En lisant les premiers poèmes de cet homme que je ne connaissais que de réputation, j'ai automatiquement pensé à Francis Ponge. Poèmes en prose, courts, traitant de sujets variés et aux titres souvent simples, etc.
    Mais c'est comme si c'était son pendant obscur, lyrique, et onirique. C'est-à-dire son réel total opposé, puisque Ponge détestait ce genre de poèmes. Submergés dans les images, dans ces rêves présents lorsque La Nuit remue, justement. Parfois incompréhensibles, juste des souffles diaboliques de ressentis, tout en puissance. On n'en ressort pas indemne, on y réfléchit, on repense à l'impact que tel ou tel mot a eu sur nous, on s'embrase dans les phrases. On plonge nous aussi à bras ouverts en plein dans les étoiles, sur les vents, au fond des falaises. La Nuit remue, la nuit nous remue
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    • Livres 5.00/5
    Par lonesloane, le 14 avril 2011

    lonesloane
    un livre de chevet pour moi (encore un).
    j'ai du lire prés de 1000 fois "mon roi"
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Citations et extraits

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  • Par magdala, le 19 mai 2012

    Le malheur siffla ses petits et me désigna.
    c'est lui, leur dit il, ne le lâchez plus.
    et ils ne me lâchèrent plus.

    Le malheur siffla ses petits.
    c'est lui, leur dit il, ne le lâchez plus
    ils ne m'ont plus lâché
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  • Par Pasdel, le 03 avril 2012

    Le lac

    Si près qu’ils approchent du lac, les hommes n’en deviennent pas pour ça grenouilles ou brochets.
    Ils bâtissent leurs villas tout autour, se mettent à l’eau constamment, deviennent nudistes… N’importe. L’eau traîtresse et irrespirable à l’homme, fidèle et nourrissante aux poissons, continue à traiter les hommes en hommes et les poissons en poissons. Et jusqu’à présent aucun sportif ne peut se vanter d’avoir été traité différemment.
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  • Par Pasdel, le 04 avril 2012

    Petit

    Quand vous me verrez,
    Allez,
    Ce n’est pas moi.
     
    Dans les grains de sable,
    Dans les grains des grains,
    Dans la farine invisible de l’air,
    Dans un grand vide qui se nourrit comme du sang,
    C’est là que je vis.
     
    Oh ! Je n’ai pas à me vanter : Petit ! petit !
    Et si l’on me tenait,
    On ferait de moi ce qu’on voudrait.
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  • Par jbicrel, le 13 novembre 2011

    Je vous construirai une ville avec des loques, moi.
    Je vous construirai sans plan et sans ciment un édifice que vous ne détruirez pas
    Et qu'une espèce d'évidence écumante soutiendra et gonflera,
    Qui viendra vous braire au nez, et au nez gelé
    De tous vos Parthénons, vos Arts Arabes et de vos Mings.
    Avec de la fumée, avec de la dilution de brouillard et du son de peaux de tambours
    Je vous assoirai des forteresses écrasantes et superbes,
    Des forteresses faites exclusivement de remous et de secousses,
    Contre lesquels votre ordre multimillénaire et votre géométrie
    Tomberont en fadaises et galimatias et poussières de sable sans raisons.
    Glas ! Glas ! Glas ! Sur vous tous! Néant sur les vivants!
    Oui! Je crois en Dieu ! Certes, il n'en sait rien.
    Foi, semelle inusable pour qui n'avance pas.
    Ô monde, monde étranglé, ventre froid !
    Même pas symbole, mais néant , je contre, je contre,
    Je contre, et te gave de chiens crevés !
    En tonnes, vous m'entendez, en tonnes je vous arracherai
    Ce que vous m'avez refusé en grammes!

    Le venin du serpent est son fidèle compagnon.
    Fidèle et il l'estime à sa juste valeur.
    Frères, mes Frères damnés, suivez moi avec confiance;
    Les dents du loup ne lâchent pas le loup.
    C'est la chair du mouton qui lâche.

    Dans le noir, nous verrons clair, mes frères!
    Dans le labyrinthe, nous trouverons la voie droite!
    Carcasse, où est ta place ici, gêneuse, pisseuse, pot cassé ?
    Poulie gémissante, comme tu vas sentir les cordages tendus des quatre mondes !
    Comme je vais t'écarteler !
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  • Par Sedrik, le 04 février 2012

    Il arrive au contraire à certains malades un tel manque d'euphorie, une telle inadaptation aux prétendus bonheurs de la vie, que pour ne pas sombrer, ils sont obligés d'avoir recours à des idées entièrement nouvelles jusquà se reconnaître et se faire reconnaître pour Napoléon Ier ou Dieu le Père. Ils font leur personnage selon leur force déclinante, sans construction, sans le relief et la mise en valeur, ordinaire dans les oeuvres d'art, mais avec des morceaux, des pièces et des raccords de fortune où seule s'étale ferme la conviction avec laquelle ils s'accrochent à cette planche de salut. [...] Pour leur santé ils se sont faits Napoléon, pour se remettre.
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