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Par mila0707, le 25/04/2013
J.M.G Le Clézio
"J'arrivais à un point dans ma vie d'écrivain, et dans ma vie tout simplement, où j'avais des blocages. J'avais besoin, peut-être, d'un psychanalyste. Et, au lieu d'un psychanalyste, j'ai rencontré les Embera.
J'étais en crise, j'avais beaucoup de mal à continuer d'écrire des romans, cela me paraissait inutile. Et d'avoir vécu avec des personnes qui étaient dans une difficulté matérielle si grande, qui n'avaient rien et en même temps, avaient tellement confiance dans l'être humain, cela m'a redonné le goût d'écrire"
(interview lors de la 26e Foire internationale du livre de Bogota)
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Par araucaria, le 05/05/2013
Le Chercheur d'or de
J.M.G Le Clézio
J'ouvre les yeux, et je vois la mer. Ce n'est pas la mer d'émeraude que je voyais autrefois, dans les lagons, ni l'eau noire devant l'estuaire de la rivière du Tamarin. C'est la mer comme je ne l'avais jamais vue encore, libre, sauvage, d'un bleu qui donne le vertige, la mer qui soulève la coque du navire, lentement, vague après vague, tachée d'écume, parcourue d'étincelles.
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Par chartel, le 06/09/2010
Le livre des fuites de
J.M.G Le Clézio
Je voudrais bien écrire comme on parle. Je voudrais bien écrire comme on chante, ou comme on hurle, ou simplement comme on allume une cigarette avec une allumette, et on fume doucement, en pensant à des choses sans importance. Mais cela ne se fait pas. Alors, j’écris comme on écrit, assis sur la chaise de paille, la tête un peu penchée vers la gauche, l’avant-bras droit portant au bout une main pareille à une tarentule qui dévide son chemin de brindilles et de bave entortillées.
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Lullaby de
J.M.G Le Clézio
Lullaby s'assit sur la véranda, le dos appuyé contre une colonne, et elle regarda la mer devant elle. C'était bien, comme cela, avec seulement le bruit de l'eau et le vent qui soufflait entre les colonnes blanches. Entre les fûts bien droits, le ciel et la mer semblaient sans limites. On n'était plus sur Terre, ici, on n'avait plus de racines.
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L'extase matérielle de
J.M.G Le Clézio
Un livre, à quoi ça sert ?
Ca sert à cacher les choses ;
pour que les autres ne les trouvent pas.
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Le rêve mexicain ou la pensée interrompue de
J.M.G Le Clézio
"Le silence du monde indien est sans aucun doute l'un des plus grands drames de l'humanité. À l'instant où l'Occident redécouvrait les valeurs de l'humanité et inventait les bases d'une nouvelle république, fondée sur la justice et le respect de la vie, par la perversité des Conquérants du Nouveau Monde, il initiait l'ère d'une nouvelle barbarie, fondée sur l'injustice, la spoliation et le meurtre. Jamais l'homme n'aura été semble-t-il à la fois si libre et si cruel, découvrant au même instant l'universalité des lois et l'universalité de la violence. Découvrant les idées généreuses de l'humanisme et la dangereuse conviction de l'inégalité des races, la relativité des civilisations et la tyrannie culturelle. Découvrant, par ce drame de la Conquête du Mexique tout ce qui va fonder les empires coloniaux, en Amérique, en Inde, en Afrique, en Indochine : le travail forcé, l'esclavage systématique, l'expropriation et la rentabilisation des terres, et surtout cette désorganisation délibérée des peuples, afin non seulement de les maintenir, mais aussi de les convaincre de leur propre infériorité. Le silence du monde indien est un drame dont nous n'avons pas fini aujourd'hui de mesurer les conséquences. Drame double, car en détruisant les cultures amérindiennes, c'était une part de lui-même que détruisait le Conquérant, une part qu'il ne pourra sans doute plus jamais retrouver." (p. 213)
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Par Zebra, le 28/07/2012
Gens des nuages de
J.M.G Le Clézio
C'est un pèlerinage bien aventureux que tentent Jemia et Jean-Marie Gustave Le Clézio, aux confins du Sahara occidental : retrouver les origines de Jemia, parmi ces Gens des nuages, dont Le Clézio avait décrit le terrible exode dans Désert. Aventure spirituelle, essentiellement : ils ne partageront pas, bien sûr, le destin funeste de Camille Douls ou Michel Vieuchange, ces fous du désert. Mais ils iront à la rencontre d'hommes et de femmes en qui survit une culture multimillénaire. Paysages de pierres et de sables, de vallées mortes et de rivières souterraines, espace de légendes, encore tout vibrant de ses héros, chefs de guerre rebelles ou grands saints mystiques, dont Le Clézio retrace l'histoire comme on grave des noms dans la pierre. Ces lieux retrouvés, balayés par un vent pur de liberté sont une source vive d'inspiration pour un écrivain dont la voix limpide, l'écriture simple et austère continuent de nous séduire. --Scarbo
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Par doyoubnf, le 21/10/2010
Ritournelle de la faim de
J.M.G Le Clézio
« Maintenant, leur monde s’était écroulé, émietté, il avait été réduit à une eau de canal. Maintenant, ils étaient condamnés à errer comme des ombres, à leur tour, sans rien espérer, sans autre nourriture que les épluchures et les racines verdies, comme s’ils mangeaient la terre, le charbon et le fer, dans cet hiver interminable. » (p.157)
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Par chartel, le 24/01/2009
Le Procès-verbal de
J.M.G Le Clézio
J’espère qu’on me condamnera à quelque chose, afin que je paye de tout mon corps la faute de vivre.
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Le rêve mexicain ou la pensée interrompue de
J.M.G Le Clézio
"Ainsi commence cette Histoire, par cette rencontre entre deux rêves : le rêve d'or des Espagnols, rêve dévorant, impitoyable, qui atteint parfois l'extrême de la cruauté ; rêve absolu, comme s'il s'agissait peut-être de tout autre chose que de posséder la richesse et la puissance, mais plutôt de se régénérer dans la violence et le sang, pour atteindre le mythe de l'Eldorado, où tout doit être éternellement nouveau. D'autre part, le rêve des Mexicains, rêve tant attendu, quand viennent de l'est, de l'autre côté de la mer, ces hommes barbus guidés par le Serpent à plumes Quetzacoatl, pour régner à nouveau sur eux. Alors, quand les deux rêves se rencontrent, et les deux peuples, tandis que l'un demande de l'or, les richesses, l'autre demande seulement un casque, afin de le montrer aux grands prêtres et au roi de Mexico, car, disent les Indiens, il ressemble à ceux que portaient leurs ancêtres, autrefois, avant de disparaître. Cortés donne le casque, mais il demande qu'on le lui rapporte plein d'or. [...] La tragédie de cet affrontement est tout entière dans ce déséquilibre. C'est l'extermination d'un rêve ancien par la fureur d'un rêve moderne, la destruction des mythes par un désir de puissance. L'or, les armes modernes et la pensée rationnelle contre la magie et les dieux : l'issue ne pouvait pas être autre." (p. 11)
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