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Par nadejda, le 16/01/2012
Hollande : Poèmes et peintures de
Jean-Claude Pirotte
le terrain vague est là comme un miracle
entre les colzas du polder et la digue
les roseaux balancés chantent sans bruit
le balancement des roseaux se remarque
à peine sous le ciel trop grand pour lui
le chant des roseaux cela n'est pas admis
dans le concert universel des plantes
utiles qui se méfient des fleurs qui chantent
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Par Cath36, le 02/03/2011
Autres arpents. Mélanges de
Jean-Claude Pirotte
Il m'arrive toujours de découvrir ici où là des livres non coupés, alors l'enfance est de nouveau radieusement présente, le coupe-papier, la lampe intime, l'impatience, le ravissement, le frisson. La vie qui chaque nuit se déploie, et rien n'altère cette éclosion miraculeuse.
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Par nadejda, le 23/11/2010
Jean-Claude Pirotte
Je lis avec impatience, avec fébrilité, trop vite, comme on engloutit sans le mâcher son casse-croûte, et jamais je ne suis rassasié, c'est une maladie, un prurit mental que j'ai contracté dans l'enfance, lorsque je me levais la nuit, à l'insu des parents, pour lire n'importe où, dans la cave, au grenier, dans l'escalier, dans l'appentis, avec le désir fou du livre suivant. Une existence entière vouée à la lecture, à cette beuverie de mots où je me perdais et me trouver pour sans cesse me reperdre. Rien n'a changé. Je lis, relis, l'impatience et la frénésie demeure aussi jeunes, aussi fraîches, aussi impérieuses, aussi tyranniques. Aussi vicieuses, mais pas impunies, mon cher Larbaud. Je serai condamné pour m'être embarqué dans les livres sans aucun passeport. Mais je sais un peu mieux maintenant à quoi je suis attaché, je devine ce qui me convient. Un instinct, comme on dit un sixième sens m'a guidé. Oh, pas toujours mais très tôt, me semble-t-il vers les écrivains qui me parleraient au plus intime, chez qui je pourrais m'installer comme chez moi, m'étourdir et me connaître. Me connaître ? Rien n'est moins sûr. Me méconnaître plutôt. Mon mystère, mon ignorance en somme, sont intacts. Curieuse virginité. Je dois mon peu de fortune et ma lumineuse misère au romanesque,cette vie qui propose la vie sans l'expliquer
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Par nadejda, le 08/08/2011
La légende des petits matins de
Jean-Claude Pirotte
La paresse est un limogeage consenti, mais à peine l'impétrant se trouve-t-il en disponibilité (quelle merveille que le jargon administratif !), la paresse consacre un état de vacuité redoutable, que seule une élite rarissime supporte sans terreur.
Indifférent le paresseux ? Au contraire. Il est de la race des félins. Le paresseux se tient à l'affût, c'est un homme-chat qui regarde passer les miraculeux vols d'oiseaux dans le ciel, et cultive on ne sait quel désespoir souriant de bonne compagnie. De-ci de-là, il s'autorise un léger mouvement de griffes, qui laisse une trace infime sur la fibre des jours.
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Par Cath36, le 02/03/2011
Autres arpents. Mélanges de
Jean-Claude Pirotte
Je t'ai parlé comme je le fais sans cesse lorsque je me perds dans le paysage, et que ton absence, ou ta présence obscure, inavouée ? rayonne soudain comme une coulée de lumière blessante. Oui, comme un poignard de lumière.
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Par Cath36, le 02/03/2011
Autres arpents. Mélanges de
Jean-Claude Pirotte
je crois, oui, je crois que la vie, le vin, ne cessent de nous ménager des surprises en nous restituant le passé, l'enfance, les belles images au détour d'une ruelle, ou dans l'éclat soudain de l'automne jaillissant d'un vignoble. les merveilles nous habitent, elles se tiennent dans le clair-obscur de notre mémoire, dans le halo diffus de notre avenir aussi, elles sont là silencieusement présentes, au coeur de notre distraction, mais si doucement
obstinées qu’elles s'inscrivent en nous pour façonner la part de nous-mêmes la plus étrange et la plus familière, le tissu de notre être.
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Cette âme perdue de
Jean-Claude Pirotte
ainsi marchait Léon-Paul Fargue
entre les ruines des refuges
piéton de Paris sans attache
sinon le croc des solitudes
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Par nadejda, le 04/01/2012
Autres séjours de
Jean-Claude Pirotte
le polder est une plaine riche
d'être née sous les vagues
d'être nourrie d'embruns
et du lait de lune
on voit dans les lointains
des clochers effilés
comme des peupliers
et cela danse un peu
dans une brume pâle
et puis tout disparaît
dans le vent et dans l'espace
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Par nadejda, le 08/08/2011
La légende des petits matins de
Jean-Claude Pirotte
J'ai beau parler bien bas, je tombe toujours de haut.
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Par Cath36, le 02/03/2011
Autres arpents. Mélanges de
Jean-Claude Pirotte
Vieillir au fond n'est pas vieillir. Ce qui est ici recherché, espéré, découvert, c'est moins la vieillesse d'un cognac que la plénitude, la force de l'âge. Cet instant magique où tous les goûts se conjuguent en un éventail parfaitement équilibré. Tous les goûts en un seul, mais que ce seul porte en lui l'infini des nuances.