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Nos cheveux blanchiront avec nos yeux de
Thomas Vinau
C'est drôle comme les matins changent.
Les rythmes sont différents et avec eux, la façon d'aborder le monde. Avant, je bécotais lentement mon café devant mon ordinateur ou la télé ou la fenêtre. j'enlevais avec fatigue les brousailles de mes yeux pour atterrir lourdement dans le monde en bouillie. C'était comme si, chaque matin il fallait reconstruire un regard. Je me levais plus tard bien sûr, je prenais mon temps. je m'occupais de moi. Je n'avais pas d'enfant. À présent, je me redresse dans les éclats, les cris, les joies et la lumière. Il faut être là, tout de suite, dans le monde. Prêt à le croquer.
Il faut trouver les forces ailleurs. À l'extérieur de soi. Et on les trouve. Et elles sont fortes ces forces-là.
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Nos cheveux blanchiront avec nos yeux de
Thomas Vinau
Le gris uni d'un ciel de pluie. Les variations Goldberg.
Le cri rouillé d'un train au loin. Le matin qui hésite.
La carcasse des cendriers pleins. Les troncs brûlés des derniers incendies.
Beaucoup de thé et les poèmes d'Antoine Emaz. Dernier dimanche d'août.
Ce gris tiède des derniers dimanches on l'a appris en enfance.
C'est une des choses qui ne changent pas.
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Par ster, le 26/08/2011
Nos cheveux blanchiront avec nos yeux de
Thomas Vinau
J'écoute Vic Chesnutt en donnant le biberon du matin à mon fils. C'est le dernier album qui est sorti avant qu'il ne se suicide. Il y a comme une contradiction entre ces deux éléments, Vic Chesnutt et le biberon du matin. Il y a comme une contradiction entre toute cette vie entre mes bras et toute cette mort dans la musique. Mais ce n'est pas une contradiction qui pose plus de problème que ça. Je veux dire, elle se résout toute seule, dans la lumière du soleil levant qui filtre à travers la vitre. Ce type à genoux. La défaite de sa voix. Et la petite main de mon fils qui caresse mon bras en s'enquillant une double dose de lait. Il y a le soleil dehors, et le gel qui fait un peu plus briller les choses en les tuant doucement. Il y a la poussière dans les rayons. Tout ça s'accommode malgré tout, dans le même tourbillon de vie et de mort, de peine et de lumière, d'os et de jouets d'enfant, qui constitue le délicat chaos de nos vies.
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Nos cheveux blanchiront avec nos yeux de
Thomas Vinau
La vraie question est de savoir comment tu peux encore t'intéresser à cette imposture que j'incarne, à ce chat peureux qui se fait passer pour un lion. C'est à croire que tu es sourde au vacarme de mes défaites, que ce n'est pas cette musique-là que tu écoutes, ou que tu aimes le bruit déchiré de ma peau lorsque j'enlève les masques. C'est à croire que tu m'aimes bien au-delà de moi.
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Par brigetoun, le 25/12/2010
Le noir dedans de
Thomas Vinau
Il faut l'accepter. Le noir dedans de soi. Accepter de vivre avec. Sinon comment vivre avec le noir dedans de l'autre. Comment aimer le noir dedans de l'autre si l'on n'aime pas le noir dedans de soi. Et sans l'autre près de son noir, il fait si noir.
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Nos cheveux blanchiront avec nos yeux de
Thomas Vinau
Je parle de la couleur du ciel le soir quand je fume ma clope ou des cheveux en chou-fleur de ma douce au réveil. Je parle de mon enfance. Du bonhomme bancal que je suis devenu. J'essaie de dire je t'aime. J'essaie de dire les choses. Au pire de les écrire. A hauteur d'homme.
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Par brigetoun, le 25/08/2011
Les murs de
Thomas Vinau
Il en faut. Des couches et des couches de lumière. Pour éteindre un mur.
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Par brigetoun, le 25/08/2011
Les murs de
Thomas Vinau
Le ciel comme résistance. On s’invente des horizons.
Des feuilles de papier. Des dissidences.
On s’invente des derrières. Des au-delà. Des plus loin.
On dessine une fenêtre avec sa main.