Critiques de Jean-Paul Sartre


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    • Livres 5.00/5
    Par vincentf, le 27/06/2010


    Huis clos, suivi de Huis clos, suivi de "Les Mouches" de Jean-Paul Sartre

    "L'enfer, c'est les Autres." Souvent, on ne retient que cette phrase, on l'isole, on dit que c'est de Sartre. Et on passe. Réfléchissons. Que veut dire "l'enfer, c'est les Autres" ? Trois personnes qui ne se connaissent pas, un homme, deux femmes, enfermés ensemble pour l'éternité, le dispositif est simple. Il est infini. Tout est possible, d'autant plus que l'une des femmes aime les femmes, l'autre les hommes. Trio infernal, donc, système de personnages classique au théâtre, réinvinté. Qu'est-ce qui change ? C'est peut-être l'impossibilité de mentir. A soi-même, on peut mentir, à l'autre qui te regarde tout le temps, on ne ment pas, on est "nu comme un vers", on est jugé sans concession, parce que l'on existe que par le jugement de l'autre (il n'y a pas de miroir en enfer, comme il n'y a pas de pal), que dans son regard, seul endroit où l'on peut percevoir son reflet. Garcin n'oubliera jamais sa lâcheté, ne la transformera jamais en héroïsme, parce qu'Inès et Estelle savent, parce qu'elles voient. Huis clos est-elle une allégorie ? un discours sur la vie relle, sur l'existence, si chère à Sartre ? Est-ce que sur terre aussi, l'enfer, c'est les Autres ? Nuançons, l'enfer, c'est la conscience que l'autre a de ma faute qui déteint sur moi. Pour ne pas vivre en enfer, il faudrait donc pousser la responsabilité de chacun de ses actes jusqu'à cette question : "Comment les autres (tous les autres et les autres qui m'entourent) jugeront-ils cette action ?" Le malheur, ce ne serait donc pas la solitude, mais son impossibilité radicale.

    Qu'est-ce qu'un acte libre ? Pour répondre à la question, Sartre reprend la vieille histoire des Atrides. Oreste venge la mort de son père en tuant son assassin, Egisthe et sa complice, Clytemnestre, qui n'est autre que sa propre mère. Ce qui est frappant, dans la version sartrienne du mythe, c'est qu'il ne se situe pas sur le plan moral. Sartre ne pose pas la question : "Est-ce qu'il a bien fait ?". Il montre un homme qui pose librement un acte et qui l'assume. Ce qui différencie Oreste de tous les autres personnages, c'est qu'il n'est pas rongé par les mouches du remords, que son crime lui appartient, qu'il ne le fuit pas, qu'il en assume seul l'entière responsabilité. Peu importe donc si cet acte, en tant que tel, est bon ou non. Il suffit qu'il soit entièrement libre et assumé jusque dans ses pires conséquences pour qu'il soit juste. Il n'empêche qu'arrivé au terme de la lecture, une question se pose : "Est-ce qu'il a bien fait ?".

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    • Livres 3.00/5
    Par Hibou_savant, le 09/06/2010


    La Nausée La Nausée de Jean-Paul Sartre

    Ce livre est tristement efficace. J'ai cru ressentir la nausée dès que je fermais le livre. On se sent las, vide, impuissant à tel point que les objets eux mêmes semblent vous toucher.
    Cet ouvrage à au moins le mérite de s'ouvrir à la réflexion sur l'existentiallisme et insite le lecteurs à se plonger plus avant dans la réflexion Sartrienne.

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    • Livres 4.00/5
    Par quenlore, le 01/11/2011


    Huis clos, suivi de Huis clos, suivi de "Les Mouches" de Jean-Paul Sartre

    Pièce en un seul acte et cinq scènes, Huis Clos met en scène trois personnages, chacun obsédé par son histoire, chacun en position de victime sous le regard accusateur des deux autres, chacun condamné pour l'éternité à en subir le poids. Il n'y a pas d'échappatoire : même quand la porte est ouverte, ils ne peuvent sortir du salon où ils sont retenus. Car c'est là aussi tout le paradoxe de l'affaire, ils sont devenus inséparables et totalement interdépendants les uns des autres.
    Garcin, journaliste, Inès, ancienne employée des Postes et Estelle, mondaine, font connaissance en enfer, dans un salon où on les a menés sans explications. Chacun fait le récit des lâchetés qui l'ont conduit en ce lieu. Garcin s'est comporté en traître à sa cause, Inès a poussé sa maîtresse à la tuer et à se suicider, Estelle a noyé son propre enfant. Ils ne parviennent pas à entrevoir pourquoi ils sont réunis, jusqu'à ce qu'Inès comprenne qu'ils sont les bourreaux les uns des autres. Ils tentent de ne plus se parler, mais c'est peine perdue, et dès que deux d'entre eux tente de se lier, le troisième détruit tout et rappelle les raisons de leur présence : « l'enfer, c'est les autres ».

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    • Livres 4.00/5
    Par brigittelascombe, le 19/01/2012


    La Nausée La Nausée de Jean-Paul Sartre

    Ce premier roman de Jean Paul Sartre (écrivain engagé, philosophe,essayiste, professeur agrégé de philosophie qui a refusé en 1964 le prix Nobel de littérature pour Les mots) intitulé au départ "Mélancholia" (c'est tout dire!) et publié en 1938 sous le titre: La nausée annonce son oeuvre philosophique la plus connue:L'être et le néant.
    "J'existe-le monde existe-c'est tout" affirme Antoine Roquentin,un célibataire trentenaire, rentier, érudit et solitaire qui travaille à la biographie d'un noble du XVIII° siècle et s'enlise peu à peu vers une indifférence désespérée.
    Cessant ses recherches sur "M. de Rollebon", il quitte Bouville (Boue- ville? semblable au Havre où Sartre exerçait alors) pour Paris, pensant vivre une autre vie.Mais lorsqu'on se rend compte de la gratuité des êtres, des choses et de lui même: "ça vous tourne le coeur et tout se met à flotter"...jusqu'à La nausée, d'où le mal-être sans fin que le départ ne pourra atténuer.
    Ecrit au "je" sous forme de journal intime, avec des mots secs, sans fioriture, cette vision pessimiste où tout soudain semble répugnant à Roquentin, ce dégoût de l'existence sans espoir, ce refus des valeurs bourgeoises, ce rejet des "cons" et des "salauds", fut, malgré la nausée qu'il fila à beaucoup, le début de la gloire pour Sartre et celui du mouvement philosophique : l'existentialisme.
    Un classique incontournable à rapprocher de L'étranger de Camus, suite aux ressemblances entre Roquentin et Meursault et leur dégoût du monde, mais Camus est plus moraliste qu'existentialisme, ce que Sartre ne sera que bien plus tard.

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    • Livres 4.00/5
    Par iarsenea, le 29/12/2011


    Huis clos, suivi de Huis clos, suivi de "Les Mouches" de Jean-Paul Sartre

    Lorsque je me suis inscrite au Baby-challenge classiques 2011, il y a certains livres que je souhaitais pouvoir relire avant la fin de l'année. Parmi ceux-ci se trouvait Huis-Clos de Jean-Paul Sartre que j'avais lu en français 3 au cégep et que je n'avais probablement pas apprécié à sa juste valeur parce que c'était une lecture obligatoire. Je me souvenais de l'originalité et du côté percutant de la pièce, mais sans plus.
    J'ai été enchantée par ma relecture de cette pièce unique en son genre. Quel génie d'avoir imaginé l'Enfer de cette façon ! Je pense qu'en effet, être enfermé indéfiniment dans une pièce laide avec des gens que l'on ne peut pas supporter, c'est pas mal le pire châtiment qui soit !
    Je suis bien contente d'avoir pris le temps de relire cette pièce de théâtre.

    J'ai aussi profité de l'occasion pour lire la pièce suivante, Les mouches. C'est la première pièce de théâtre de Jean-Paul Sartre ayant été jouée devant un public. Cette pièce n'est pas sans rappeler certains récits de la mythologie grecque ou même, à mon avis, certaines pièces de Shakespeare. La vengeance et la liberté sont les thèmes principaux de cette pièce de théâtre à l'atmosphère tout à fait unique. Autant j'ai été fascinée par ma lecture, autant j'ai été dégoûtée.

    Je crois toutefois que Gallimard aurait mieux fait de mettre la pièce Les mouches avant Huis Clos, car en ayant lu Huis Clos juste avant, il est inévitable que nous soyons un peu déçu par Les mouches. C'est un style complètement différent et Huis Clos est si génial que, d'une certaine façon, il est normal que la seconde pièce nous ennuie un peu. En plus, en interchangeant l'ordre des pièces, ils auraient aussi respecté leur ordre de parution ! Mais bon, c'est mon opinion.
    Et la pièce est quand même très divertissante !


    Lien : http://lecturesdisabelle.blogspot.com/2011/12/huis-clos.html

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    • Livres 4.00/5
    Par chartel, le 18/12/2007


    La Nausée La Nausée de Jean-Paul Sartre

    Première œuvre majeure de Jean-Paul Sartre écrite sous la forme du journal intime et dont le narrateur, Antoine Roquentin, est une sorte de double de l’auteur. Un homme qui pense, pense, pense et n’arrête pas de penser. L’œuvre expose ce qui hantait dès le départ la pensée sartrienne : l’existentialisme. Ce jeune historien observe méticuleusement le monde qui l’entoure (une ville fictionnelle de province, que l’on pourrait comparer au Havre où a enseigné Sartre pendant quelques années). Cette distanciation crée en lui une sorte de vertige, comme ce fut le cas en leur temps de Montaigne et Pascal. Cette nausée dévoile l’absurdité de la vie et son insignifiance. Sartre montre un univers fade, répétitif, quotidien, prévisible et sans réelle surprise, où les hommes se forcent à croire en leur liberté, notamment ceux de la classe bourgeoise (autre thème cher à Sartre) à travers le ridicule de ses codes et de ses principes. Si le passage du retour de Roquentin à Paris, où il retrouve une ancienne petite amie, est lourd à digérer, car il tranche avec le reste du récit, l’ensemble est remarquable, notamment les descriptions de la vie de province.

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    • Livres 0.00/5
    Par keisha, le 20/01/2012


    Les Mots Les Mots de Jean-Paul Sartre

    C'est court, scindé en deux parties distinctes sobrement intitulées "Lire" et "Ecrire", raconte rapidement l'histoire des parents et grands parents de Sartre (Hé oui, il était cousin d'Albert Schweitzer) et raconte en détail les douze ou quinze premières années d'un enfant unique, admiré par sa mère revenue vivre chez ses parents après son précoce veuvage ("les familles, bien sûr, préfèrent les veuves aux filles-mères, mais c'est de justesse") et adulé par son grand père qui ne lui passe pas tout cependant et a des idées bien arrêtées sur son éducation et son avenir.

    Un enfant sans camarades, au départ, plongé dans la lecture des livres de son grand père sans vraiment tout saisir, et celle des romans d'aventure plus de son âge (en cachette du grand père). Laissant libre cours à son imagination, souvent en représentation face aux adultes, il finit par décider de devenir écrivain et remplit des cahiers de "romans" (disparus depuis).



    Ce récit écrit en 1963, quand l'auteur est déjà reconnu, m'a absolument épatée par son écriture : ironie, autodérision, lucidité et honnêteté sans doute, et quel sens de la formule! On en redemande.

    Lu récemment sans y être obligée. Pas au programme quand j'étais au lycée. Encore une fois, quel bonheur de lire à sa guise...




    Lien : http://en-lisant-en-voyageant.over-blog.com/article-les-mots-95935633.html

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    • Livres 4.00/5
    Par quiliravivra, le 08/06/2011


    L'Existentialisme est un humanisme L'Existentialisme est un humanisme de Jean-Paul Sartre

    Un livre qui a beaucoup compté dans ma pensée d'adolescente
    Je vais le relire avec le regard de la maturité

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    • Livres 2.00/5
    Par cicou45, le 12/04/2011


    La Nausée La Nausée de Jean-Paul Sartre

    Roman assez difficile d'accès puisqu'il ne s'y passe rien. Il s'agit d'un homme, Roquentin, qui réfléchit à sa condition et plus largement, à la condition humaine. Roman écrit à le première personne, le narrateur se retrouve par exemple, durant une bonne trentaine de pages, assis dans un bar en contemplant un verre de bière tout en réfléchissant à l'absurdité de la vie. Il déambule dans une ville qu'il ne connait pas et est soudain saisi d'une horrible «nausée» devant le monde qui l'entoure.
    Roman néanmoins intéressant pour toutes les réflexions philosophiques qu'il apporte puisque Roquentin va accéder au chemin de la vérité en découvrant le véritable sens du mot «exister» mais qui serait plutôt à rapprocher d'une étude philosophique et non d'un roman. Pour cela, voir l'ouvrage du même auteur L'existentialisme est un humaniste.
    La nausée, en tant que roman, est assez ennuyeux mais, qui en y cherchant bien, nous apporte une réflexion sur la vie et sur la place que nous tenons dans le mone.

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    • Livres 3.00/5
    Par vincentf, le 26/06/2010


    La Nausée La Nausée de Jean-Paul Sartre

    S'agit-il d'un roman philosophique ? Un être-au-monde dévoilé, celui de l'existant, de l'homme qui sent juste qu'il est de trop, qu'il est matière sans justification, que sa vie n'est pas, qu'il n'a pas de passé, tout ça, c'est sans doute la philosophie de Sartre, le fameux existentialisme, mais ce qui rend cette philosophie intéressante, c'est le fait qu'elle s'incarne d'abord dans le roman, dans la description d'un rapport concret de l'individu au monde qui l'entoure, qu'il ne parvient pas à comprendre mais qui est là, pire, qui existe, et, comme lui, est de trop, au point de foutre la nausée. Faire naître une philosophie de la nausée, du corps, voilà la richesse de Sartre.

    Ce roman n'est pas une chef-d'oeuvre littéraire. Il est parfois barbant, écrit souvent de manière banale, mais il y a des passages, ceux où l'être-au-monde nouveau est brusquement découvert, qui parlent au lecteur, qui se voit sommé de sentir, lui aussi, qu'il existe, et ce que ça implique. Le lecteur de La nausée ne doit pas, pour comprendre ce qu'il lit, se contenter de déchiffrer la théorie philosophique de l'existentialisme, il doit ressentir dans sa chair ce qu'est l'existence, ce qui se passe quand Roquentin est dégoûté par un galet parce que ce galet n'est, comme tout le reste, que de l'existence sans raison, absurde, comme l'homme. Les choses, dans le monde de Sartre, sont le véhicule de la révélation de ce qui est notre identité, la simple existence toute nue, à chaque instant niée parce que le temps passe, que le passé n'existe pas, qu'il n'y a pas de rédemption par la grâce de l'habitude bachelardienne, qu'à tout instant notre langue peut devenir "un énorme mille-pattes tout vif", que nous pouvons à tout instant devenir un cafard ou un cadavre.

    Que faire, alors ? Sartre esquisse une solution, l'écriture, mais sans trop y croire. Que faut-il écrire ? Des romans ? Mais n'est-ce pas créer de l'existant en plus, charger encore plus la barque déjà pleine ? Faut-il alors nier l'évidence perceptive et reconstruire malgré tout une cohérence du monde ? Peut-on vivre sans nous mentir à nous-même, sans faire semblant de croire que le monde, les choses et nous, avons une justification, un sens, un rôle à jouer ? Peut-on vivre sans inventer un Dieu qui ferait de nous des êtres et non pas uniquement des existants ? La nausée est bien un roman philosophique, puisqu'il pose à chaque individu des questions qui remettent en cause jusqu'à sa propre identité, mais il est un roman, qui fait s'incarner cette remise en cause dans un personnage, ce qui a pour effet de donner un impact sur le lecteur beaucoup plus grand que n'importe quel traité de philosophie. Après la lecture de La nausée, je suis cependant obligé de reconnaître un double scepticisme, d'abord parce que cette expérience décrite par Roquentin n'est qu'une expérience de papier vécue par un individu qui, paradoxalement, n'existe pas, et que je n'ai pas moi-même eu cette révélation charnelle de l'existence qui a pour effet de rejeter l'individu dans la solitude, ensuite parce que je ne saisis pas vraiment le fondement philosophique de ce roman, n'ayant pas (encore) lu l'oeuvre proprement philosophique de Sartre, qui m'effraye un peu, comme toute réflexion purement abstraite. La lecture de La nausée va peut-être me permettre de me lancer à l'eau, à faire le pas de lire enfin, comme je le désire depuis longtemps, de vrais textes philosophiques. A suivre.

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    • Livres 2.00/5
    Par guika, le 22/05/2010


    L'Existentialisme est un humanisme L'Existentialisme est un humanisme de Jean-Paul Sartre

    Pourquoi ne pas essayer encore une fois du Sartre? Il est vrai que « La nausée » ne m’a pas laissé un souvenir impérissable. Changeons de genre, tentons l’essai. Voilà ce que je me disais en ouvrant « L’existentialisme est un humanisme ».

    Au cœur de ce très court opus (il s’agit de la retranscription d’une conférence), l’éternel débat entre déterminisme et liberté. Il développe la thèse facile que chacun décide de ce qu’il est. Il ne comprend pas, ou feint d’ignorer que la part de déterminisme est très variable en chacun de nous. Il est facile de s’inventer liberté lorsqu’on a bénéficié des meilleurs précepteurs, qu’on est né dans la soie, que le champ des possibles a été richement ensemencé dès la prime enfance.
    Ajoutons à cela une rhétorique parfois très « sophistiquée » pour faire passer le mistigri : « Toute théorie qui prend l’homme en dehors de ce moment où il s’atteint lui-même est d’abord une théorie qui supprime la vérité, car, en dehors de ce cogito cartésien, tous les objets sont seulement probables, et une doctrine de probabilités, qui n’est pas suspendue à une vérité, s’effondre dans le néant ; pour définir le probable il faut posséder le vrai. »
    Enfin, quand on lit ceci : « l’homme n’est rien d’autre que son projet, il n’existe que dans la mesure où il se réalise, il n’est donc rien d’autre que l’ensemble de ses actes, rien d’autres que sa vie. », cela prend une résonance particulière confronté à son admiration du stalinisme, ses attaques d’épicier jaloux contre Camus, ou encore son arrivisme qui lui fit remplacer pendant la guerre un professeur juif chassé par les lois de Vichy.

    Non, décidément, Sartre, ce n’est pas pour moi. Tiens, je reprendrais bien un petit peu de Camus.

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    • Livres 3.00/5
    Par Axielle, le 20/08/2008


    Le Mur Le Mur de Jean-Paul Sartre

    Cinq nouvelles et autant d'illustrations sur comment finir dans une impasse : un condamné à mort, une femme qui suit la folie de son mari, un homme qui cherche à exister en en tuant d'aures, une femme qui se refuse à quitter son mari, un adolescent qui confond conviction personnelle et endoctrinement.
    C'est facile à lire. Cela se déguste par exemple lors d'un après-midi pluvieux.
    Je recommande surtout la dernière nouvelle "l'enfance d'un chef".

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    • Livres 0.00/5
    Par J-line, le 04/01/2012


    Huis clos, suivi de Huis clos, suivi de "Les Mouches" de Jean-Paul Sartre

    Trois personnes en enfer, dans un salon 'Second Empire'.
    Qui s'étaient préparées au soufre, aux flammes et autres tenailles ou garots.... : pure fantaisie que tout cela, "l'enfer, c'est les autres".... ...aussi longtemps qu'ils 'nous' sont Autres!
    Trois personnes donc, qui s'affrontent en quête du seul salut posssible: exister (ex-i-ster), se trouver légitimées, par suite légitimes, pour et par autrui.

    A lire pour quiconque entend pénétrer la philosophie sartrienne par la voie théâtrale. Car la pièce, conmme toutes celles de l'auteur, met en scène des libertés en situation -confrontées en cela à l'aliénation (le regard de l'autre, le passé, la contingence...) ou à leurs propres pathologies.
    Elle le fait ici en présentant des consciences préoccupées d'elles-mêmes -d'elles seulement- et peu ou prou retournées contre elles: menant une stratégie défensive à l'égard d'autrui (de l'Autre), elles s'en livrent conséquemment et totalement (sans défense) à un regard d'altérité (qui les fige sur l'instant, sur l'image).
    Avec, en toile de fond (de fonds) cette conviction de Sartre: c'est "l'autre-sujet" qui peut légitimer "mon" existence dans un mouvement spontané de reconnaissance -et non "l'autre-objet" (manipulé).....
    L'autre donc, mais libre: libre de cette légitimation, libre de la reprendre...

    L'ensemble illustre très simplement une position sartrienne exposée dans "L'être et le néant" et qui conduira à la tentative inachevé d'une morale (Cahier pour une morale).
    Avec cette fausse question toujours présente: que suis-je sans l'autre? Et cette réponse vraie: rien! Rien sinon une manifestation particulière de la pulsion de vie, pulsion du vivant...

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    • Livres 5.00/5
    Par brigittelascombe, le 08/12/2011


    Les Mots Les Mots de Jean-Paul Sartre

    "Etre autre enfin"
    Cet autre, Poulou le cabotin, l'enfant sans père aliéné par son grand-père, "le Patriarche", Jean Paul Sartre l'a cherché à travers les mots pour naitre de l'écriture et devenir Sartre par delà l'image imposée.
    C'est toute la théorie de l'existentialisme qui nous est présentée dans ce récit autobiographique au style alerte incisif, aux phrases courtes, et à l'ironie mordante.
    Sartre (normalien surdoué agrégé de philosophie) revient sur son enfance "de petit bourgeois" (cinquante ans plus tard dans un contexte historique de guerre froide), alors qu' écrivain engagé mondialement connu, il pense en l'avenir du communisme pour un monde empreint de justice.
    Autocritique et persifflage à la fois, Les mots, nous offrent sans complaisance tout ce qui a fait Sartre et tout ce qui a nourri sa philosophie.
    Suivi dix ans plus tard d'un film Sartre par lui même, cet essai littéraire enrichissant est utile pour accéder aux principales lignes de pensées de ce grand intellectuel né petit bourgeois et devenu anti bourgeois.
    En fusion avec une mère aimante lui permettant de piocher son optimisme à travers de naïves lectures comme Buffalo Bill, il se complaisait dans l'image de "singe savant" imposée par Charles Schweitzer qui le destinait à la "cléricature" puis en a fait un professeur.
    Il faut de la force pour s'extraire du désir d'une trop grande autorité qui vous dédouble en vous empêchant de choisir.
    Il faut la passion des mots pour devenir écrivain à part entière. Il faut s'engager dans la vie pour être soi.
    Les mots: le destin d'un individu hors normes et un classique de la littérature écrit bien après L'être et le néant (qui avait déchainé les passions) et qui démontre que l'homme "devient ce qu'il se fait et" non ce qu'on veut faire de lui en le coulant dans un moule.
    N'a-t-il pas écrit dans L'existentialisme est un humanisme:
    "L'homme n'est rien d'autre que son projet".

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    • Livres 4.00/5
    Par Hindy, le 19/12/2010


    La Nausée La Nausée de Jean-Paul Sartre

    Entre roman philosophique et autoportrait. Incontournable dans l'oeuvre de Sartre.

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    • Livres 3.00/5
    Par Seraphita, le 27/05/2009


    La Nausée La Nausée de Jean-Paul Sartre

    Antoine Roquentin, célibataire d’une trentaine d’années, vit à Bouville où il écrit une biographie du Marquis de Rollebon, aristocrate de la fin du XVIIIe siècle. Il s’est installé dans cette ville après de nombreux voyages en Europe Centrale, en Afrique du Nord et en Extrême-Orient, voyages dont il se dit lassé, n’ayant plus le goût de ce qu’il croyait être l’aventure. Il tient un journal, et c’est le fruit de cet écrit qui nous est transmis. Très vite, Antoine Roquentin se rend compte que son rapport au monde, aux objets composant le monde, est transformé. Il ne se sent pas à sa place, s’interroge sur le sens des êtres et des choses. Il nomme ce sentiment désagréable la Nausée.

    J'ai apprécié l’aspect réflexif et philosophique du roman, même s’il m’a semblé parfois difficile d’entrer dans la pensée de l’auteur ; les descriptions étaient particulièrement soignées et agréables à lire.

    Critique de qualité ? (4 votes positifs)


    • Livres 4.00/5
    Par quenlore, le 01/11/2011


    La Nausée La Nausée de Jean-Paul Sartre

    Antoine Roquentin, célibataire d'environ trente-cinq ans, vit seul à Bouville, cité imaginaire. Il travaille à un ouvrage sur la vie du marquis de Rollebon, aristocrate de la fin du XVIIIe siècle, et vit de ses rentes, après avoir abandonné un emploi en Indochine, par lassitude des voyages et de ce qu'il avait cru être l'aventure. Il tient son journal, et c'est le texte de ce journal qui constitue le roman. Il constate que son rapport aux objets ordinaires a changé et il se demande en quoi. Tout lui semble désagréable. Il n'a plus d'affection pour personne. Il rencontre l'Autodidacte à la bibliothèque. Roquentin sent un profond éloignement avec tout ce qui l'entoure. Il ne supporte plus la bourgeoisie de Bouville, M. de Rollebon lui semble vite bien terne et sans intérêt, aussi arrête-t-il son livre. Il veut tout quitter puis se dit que seul l'imaginaire parviendra peut-être à l'arracher à la Nausée et l'écriture d'un roman l'aiderait peut être à accepter l'existence.

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    • Livres 5.00/5
    Par Marmotta, le 19/02/2011


    Huis clos, suivi de Huis clos, suivi de "Les Mouches" de Jean-Paul Sartre

    Huis clos, mon texte favori. Un bref résumé des choses horribles que l'homme fait, des défauts des êtres humains. Poingnant et... Génial. Un classique.

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    • Livres 5.00/5
    Par maxsantoul, le 26/12/2010


    Les Mots Les Mots de Jean-Paul Sartre

    Il me semble avoir entendu dire par des grincheux sûrement bien inspirés, que Jean-Paul Sartre était meilleur écrivain que philosophe. Ne comprenant pas grand-chose à la philosophie - du moins à la philosophie des philosophes modernes qui se grattent la tête pour essayer d’évacuer du crâne par un ulcère pathomimique le trop-plein de pensée accumulée dans les méninges - je dirai que Sartre l’écrivain m’a totalement envoûté.

    Son roman, nourri par des souvenirs autobiographiques un peu « snobinards » parfois, sinon guindés (mais les ferrailleurs de torts sont souvent habités des défauts qu’ils pourfendent), recompose l’initiation d’un écrivain qu’il pressent, convoite, puis devient.
    Les Mots, c'est donc l'histoire d’un parcours lucide sur une enfance le conduisant au lettré qu’il est devenu. Et, sur un ton peut-être « faussement » modeste, Sartre écrit ce que d’autres qualifieront de chef d’œuvre. Si j’en avais l’agrément d’autorité, je serais aussi de cet avis.

    « C'est l'histoire d'un orphelin solitaire réfugié dans les livres. C'est aussi celle d'un écrivain précoce qui promène un regard sans concession sur les adultes. L'écriture est ramassée, compacte, polie comme un galet, elle se prête à lecture et relecture, révélant chaque fois de nouvelles facettes.
    Ce qui me passionne, c'est l'ambivalence entre dérision et autodérision, entre mensonge et vérité. Dans cette famille qui est à sa façon un microcosme de la société, chacun joue un rôle (y compris le petit Jean-Paul, à la fois spectateur et souffleur). L'écriture échappe-t-elle à l'équation fondamentale qui fait de l'homme un comédien ? La fiction dans la fiction est peut-être la seule vérité, ce qui accule le romancier à une sorte de religion de l'écriture... » Par Toscan sur Amazon.
    Je n’y changerai pas une virgule, tant cette analyse me replonge dans Ménino le souffle coupé.

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    • Livres 4.00/5
    Par sedgewick, le 12/12/2010


    Les Mains sales Les Mains sales de Jean-Paul Sartre

    Les Mains Sales est une belle pièce sur l'engagement politique. En Illyrie, pays imaginaire de l'Europe de l'Est pendant la Seconde Guerre Mondiale, plusieurs partis s'affrontent afin d'obtenir le pouvoir. Hugo, jeune membre du Parti Révolutionnaire, intègre le Parti Prolétaire dans le but s'assassiner son chef. Il nous fait partager le cheminement intellectuel, de sa résistance jusqu'à la décision de l'attentat.

    Dans cette pièce de théâtre, Sartre nous fait une démonstration d'argumentation, entre le leader charismatique Hoederer et le jeune révolutionnaire légèrement hésitant qu'est Hugo, justifiant l'influence du raisonnement de celui qui semble détenir tant le pouvoir que la vérité.

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