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ISBN : 2070368785
Éditeur : Gallimard (1972)


Note moyenne : 3.73/5 (sur 339 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
"- Comment s'appellent-ils, ces trois-là?
- Steinbock, Ibbieta et Mirbal, dit le gardien.
Le commandant mit ses lorgnons et regarda sa liste :
- Steinbock... Steinbock... Voilà. Vous êtes condamné à mort.
Vous serez fusillé demain matin.> voir plus
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Critiques, analyses et avis

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    • Livres 4.00/5
    Par peloignon, le 09 juin 2013

    peloignon
    Le mur, c'est un recueil de cinq nouvelles captivantes, mais en même temps repoussantes, voir répugnantes.
    Le mur est à mon avis la meilleure nouvelle du lot. L'angoissante vanité de la vie et de la mort d'une absurde existence dénuée de sens y est montrée dans tout ce qu'elle peut comporter de visqueux, de poisseux, de désagréablement odorant et de laid. L'ironie de la transposition du sort qui semble peser de manière imminente sur un personnage à un autre par un tour de force arbitraire du destin a quelque chose de vraiment tragique et sublime.
    la chambre et Érostate nous entraînent ensuite dans les tourbillons monstrueux de la déraison de l'extérieur et de l'intérieur. On y sent bien le gouffre mystérieux et angoissant que constitue la possibilité de la mort de l'esprit.
    L'intimité m'a moins interpellé quelque peu. Les tourments d'une femme dont les besoins sont comblés d'une manière condamnée par une personnalité marquante de son entourage sont toutefois très bien montrés par Sartre. Si on compare avec les nouvelles qui l'entourent, le malaise y est situé dans un horizon franchement superficiel.
    Enfin, étant donné le contexte de sa sortie en 1939, la dernière nouvelle, L'Enfance d'un chef, où l'adolescent sort de son mal être en grande partie en embrassant l'antisémitisme, me laisse un goût particulièrement acre.
    Chacun sait que Sartre contribuera activement à l'hebdomadaire collaborationniste Comoedia et qu'il s'arrangera pour coopérer avec les nazis pour faire jouer Les mouches en 1943 et Huis clos en 1944. Si il a tout de même montré subtilement son opposition au régime nazi, ça ne sera pas de manière à risquer de nuire à sa carrière, mais probablement plutôt pour s'assurer de ne pas trop se mouiller afin, justement, de préserver l'impunité au cas où la situation changerait. « Jamais nous n'avons été aussi libres que sous l'occupation allemande » dira Jean-Paul Sartre dans La République du silence. Cet amoralisme narcissique, cette mollesse devant l'horreur, qui ont sans doute contribué à ce qu'il soit nobelisé en 1964, m'ont toujours empêché d'estimer la personne de Sartre malgré ses indéniables qualités de dramaturge.
    Bien que les sujets varient, ces variations tournent autour d'une même tonalité de l'existence : le malaise. le malaise devant la mort, puis devant la folie sous deux formes différentes, dans la vie de couple et enfin au cours de l'adolescence.
    Autre élément remarquable, la variation de la sexualité du personnage principal alterne d'une nouvelle à l'autre.
    Sur le plan littéraire, j'ai vraiment beaucoup apprécié ce recueil que j'ai dévoré très rapidement. C'est vraiment du très bon Sartre.
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    • Livres 5.00/5
    Par julien33, le 02 février 2014

    julien33
    Le Mur est un recueil de cinq nouvelles.
    La première (sans doute la meilleure) donne son titre au recueil. « Le Mur » est un impeccable et saisissant texte d'une trentaine de pages, qui rend compte des réactions humaines face à une situation extrême de l'existence.
    L'intrigue a pour cadre la Guerre d'Espagne de 1936, entre les républicains et les nationalistes. Trois républicains ont été faits prisonniers par les troupes franquistes. Après un interrogatoire bâclé, on les enferme dans la cave d'un hôpital. Un commandant vient leur communiquer la sentence : ils seront fusillés le lendemain à l'aube. Un médecin belge est introduit auprès des prisonniers pour noter leurs réactions face à l'idée de la mort...
    A partir de là, tout en imprégnant son texte d'une ambiance nauséeuse, Sartre parvient à extraire le minerai pur de l'angoisse. Les condamnés ne peuvent fuir leur situation, ils perçoivent leur mort de manière quasi matérielle. Ils sont confinés et englués dans une attitude figée, qui ne relève plus de l'existence mais de l'essence, car la mort, toute proche, va les justifier...
    Sartre exploite génialement cette extraordinaire métaphore du mur. le symbole accède alors à une grande puissance philosophique... Au sens propre, il s'agit du pan de mur contre lequel on place le condamné pour l'ajuster et l'abattre. Le Mur empêche de fuir les canons des fusils braqués... Mais au sens figuré, Le Mur est infini, impénétrable ; il est ce qui empêche de fuir notre existence, la situation présente, à laquelle nous devons faire face.
    La mort n'est qu'un cas parmi tant d'autres. Il est impossible de fuir son existence, sa liberté, et sa responsabilité, car un mur opaque, invisible, omniprésent, arrête toute tentative d'évasion. L'impasse de l'existence ne nous permettra jamais la fuite. L'on ne pourra jamais se fuir soi-même.
    Un grand texte.

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    • Livres 4.00/5
    Par lecassin, le 12 octobre 2012

    lecassin
    « Le Mur », unique recueil de nouvelles de Jean-Paul Sartre qui rencontra un vif succès – si l'on excepte la droite maurrassienne - à sa sortie en 1939, peu après « La Nausée ».
    Au delà du titre commun au recueil et à la première nouvelle, Le Mur est le symbole commun à ces cinq textes ; symbole d'enfermement, qu'il soit physique ou mental : un condamné à mort, « Le Mur », une femme qui assiste à l'enfermement de son mari dans la folie, « la chambre », un homme qui cherche à sortir de sa condition par un acte gratuit, « erostrate », une femme prisonnière de sa relation avec son mari, « intimité », un adolescent qui s'enferme lui même dans une idéologie monstrueuse, « L'Enfance d'un chef ».
    Des écrits qui divergent néanmoins par leurs préoccupations, d'ordre général pour « la chambre », « Erostate » et « intimité », écrits en 1936 et liée à l'actualité pour« Le Mur » et « L'Enfance d'un chef », écrits en 1938.
    Plus facile que « La Nausée », cinq textes qui constituent une excellente introduction à la pensée de Sartre
    Néanmoins, je me permets ici, modestement, de recommander à tous ceux qui ont apprécié la nouvelle « Le Mur », de poursuivre le thème de la guerre d'Espagne et l'emprisonnement par la lecture de l'excellent « Un testament espagnol », d'Arthur Koestler
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    • Livres 4.00/5
    Par DBC-Anais, le 11 octobre 2012

    DBC-Anais
    Le mur, 5 petites nouvelles tantôt tragiques et tantôt comiques, qui sont des bouts d'histoires assez brèves, toutes différentes, qui se heurtent au final à un mur, comme le dénote le nom du roman.
    Jean-Paul Sartre a joué avec nos sentiments dans ce livre, il nous a fait ressentir des moments forts en émotions, passages de vies exceptionnels, qui sortent vraiment de l'ordinaire. J'ai voyagé à travers ce livre, passant d'une vie à une autre, j'ai pénétré dans leur esprit, suivie leurs aventures et vécue avec eux une partie assez difficile de leur existence.
    J'ai été un peu déçu : en lisant la quatrième de couverture, je m'attendais à des nouvelles sur la peine de mort, dans ce genre là, mais malheureusement pour moi, ce sujet n'est traité que dans la première partie.
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    • Livres 5.00/5
    Par exarkun1979, le 06 novembre 2012

    exarkun1979
    Le mur c'est cinq excellentes nouvelles de Jean-Paul-Sartre. La première est sur un prisonnier de la guerre d'Espagne qui sera fusillé à l'aube. C'est aussi celle que j'ai préférée. J'ai aimé suivre tous les états d'âme du narrateur.
    La seconde est l'histoire d'une femme qui décide de reste aux côté de son amoureux qui perd peu à peu la boule. C'est bien de suivre toute la douleur de cette femme impuissante face à cette situation et qui reste solidaire malgré tout.
    La troisième raconte l'histoire d'un homme qui met peu à peu une folie meurtrière s'installer dans ses pensées et qui décide de passer à l'acte.
    La quatrième est sur une femme qui n'est pas heureuse avec son mari et qui tombe amoureuse d'une autre homme mais qui ne se décide pas à partir avec lui.
    Dans la dernière, on suit un homme à partir de son enfance où il est jeune et innocent jusqu'à ce qu'il soit un jeune adulte et fasciste. C'est toute la transformation qui fait de lui l'homme qu'il sera à la fin.
    J'ai aimé ces histoires parce que l'auteur développe entièrement la psychologie des personnages. C'est ma première expérience avec un auteur existentialiste et j'ai bien aimé.
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Citations et extraits

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  • Par peloignon, le 03 juin 2013

    "C'est ta vie contre la sienne. On te laisse la vie sauve si tu nous dis où il est."
    Ces deux types chamarrés avec leurs cravaches et leurs bottes, c'étaient tout de même des hommes qui allaient mourir. Un peu plus tard que moi, mais pas beaucoup plus. Et ils s'occupaient à chercher des noms sur leurs paperasses, ils couraient après d'autres hommes pour les emprisonner ou les supprimer; ils avaient des opinions sur l'avenir de l'Espagne et sur d'autres sujets. Leurs petites activités me paraissaient choquantes et burlesques: je n'arrivais plus à me mettre à leur place, il me semblait qu'ils étaient fou.
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  • Par DBC-Anais, le 11 octobre 2012

    On se demande où on trouve le courage de se lever le lendemain matin et de retourner au travail, et d'être séduisante et gaie, et de donner du courage à tout le monde alors qu'on voudrait plutôt mourir que de continuer cette vie-là.

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  • Par LydiaB, le 04 décembre 2010

    Au balcon d'un sixième : c'est là que j'aurais dû passer toute ma vie. Il faut étayer les supériorités morales par des symboles matériels, sans quoi elles retombent. Or, précisément, quelle est ma supériorité sur les hommes ? Une supériorité de position, rien d'autre : je me suis placé au-dessus de l'humain qui est en moi et je le contemple. Voilà pourquoi j'aimais les tours de Notre-Dame, les plates-formes de la tour Eiffel, le Sacré-Cœur, mon sixième de la rue Delambre. Ce sont d'excellents symboles.
    (Extrait d'Erostrate)
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  • Par valetudinaire, le 26 février 2011

    Je vois mon cadavre : ça n’est pas difficile mais c’est moi qui le vois, avec mes yeux. Il faudrait que j’arrive à penser… à penser que je ne verrai plus rien, que je n’entendrai plus rien et que le monde continuera pour les autres. On n’est pas faits pour penser ça, Pablo. Tu peux me croire : ça m’est déjà arrivé de veiller toute une nuit en attendant quelque chose. Mais cette chose-là, ça n’est pas pareil : ça nous prendra par derrière, Pablo, et nous n’aurons pas pu nous y préparer.
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  • Par DBC-Anais, le 10 octobre 2012

    Un crime, ça coupe en deux la vie de celui qui le commet. Il devait y avoir des moments où l'on souhaiterait revenir en arrière, mais il est là, derrière vous, il vous barre le passage.

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