-
Par Margot_R, le 08/03/2010
Les Mots de
Jean-Paul Sartre
Non. Je ne manque nulle part, je ne laisse pas de vide. Les métros sont bondés, les restaurants comblés, les têtes bourrées à craquer de petits soucis. J'ai glissé hors du monde et il est resté plein. Comme un oeuf. Il faut croire que je n'étais pas indispensable. J'aurais voulu être indispensable. A quelque chose ou à quelqu'un. A propos, je t'aimais. Je te le dis à présent parce que ça n'a plus d'importance.
-
Par samiha89, le 19/07/2010
Les Mots de
Jean-Paul Sartre
«Un enfant, ce monstre que les adultes fabriquent avec leurs regrets.»
-
Par pilpilip, le 28/03/2011
La Nausée de
Jean-Paul Sartre
Je sais que je ne rencontrerais plus jamais rien ni personne qui m'inspire de la passion. Tu sais, pour se mettre à aimer quelqu'un, c'est une entreprise. Il faut avoir une énergie, une générosité, un aveuglement... Il y a même un moment, tout au début, où il faut sauter par-dessus un précipice ; si on réfléchit, on ne le fait pas. Je sais que je ne sauterai plus jamais.
-
Huis clos, suivi de "Les Mouches" de
Jean-Paul Sartre
On meurt toujours trop tôt ou trop tard. Et cependant, la vie est là, terminée : le trait est tiré, il faut faire la somme. Tu n'es rien d'autre que ta vie.
Alors c'est ça l'enfer. Je n'aurais jamais cru...Vous vous rappelez : le soufre, le bûcher, le gril... Ah! Quelle plaisanterie. Pas besoin de gril : l'enfer c'est les autres.
-
Les Mains sales de
Jean-Paul Sartre
Ce sont les enfants sages, Madame, qui font les révolutionnaires les plus terribles. Ils ne disent rien, ils ne se cachent pas sous la table, ils ne mangent qu'un bonbon à la fois, mais plus tard ils le font payer cher à la société. Méfiez-vous des enfants sages !
-
Par Megh, le 04/04/2010
Les Mots de
Jean-Paul Sartre
J'ai commencé ma vie comme je la finirai sans doute : au milieu des livres.
-
Les Mots de
Jean-Paul Sartre
La culture ne sauve rien ni personne, elle ne justifie pas. Mais c’est un produit de l’homme : il s’y projette, s’y reconnaît ; seul, ce miroir critique lui offre son image.
-
Le Diable et le bon Dieu de
Jean-Paul Sartre
Mais que me font les hommes ? Dieu m'entend, c'est à Dieu que je casse les oreilles et ça me suffit, car c'est le seul ennemi qui soit digne de moi. Il y a Dieu, moi et les fantômes. C'est Dieu que je crucifierai cette nuit, sur toi et sur vingt mille hommes parce que sa souffrance est infinie et qu'elle rend infini celui qui le fait souffrir. Cette ville va flamber. Dieu le sait. En ce moment il a peur, je le sens; je sens son regard sur mes mains, je sens son souffle sur mes cheveux, ses anges pleurent. Il se dit "Goetz n'osera peut-être pas" - tout comme s'il n'était qu'un homme. Pleurez, pleurez les anges : j'oserai. Tout à l'heure, je marcherai dans sa peur et dans sa colère. Elle flambera : l'âme du Seigneur est une galerie de glaces, le feu s'y reflètera dans des millions de miroirs. Alors, je saurai que je suis un monstre tout à fait pur.
> lire la suite
-
Par gill, le 01/02/2012
Les Jeux sont faits de
Jean-Paul Sartre
Posément, la vieille dame tourne les pages de son registre.
- ...Da, da, di, di, do, du...Dumaine, nous y voilà...né en 1912 ?
Pierre est maintenant stupéfait ; le chat profite de la situation pour lui grimper sur les épaules.
- En juin 1912, oui...
- Vous étiez contremaître à la fonderie d'Answer ?
- Oui
- Et vous avez été tué ce matin à 10H35 ?
Cette fois Pierre se penche en avant, les mains appuyées sur le rebord de la table, et fixe la vieille dame avec stupeur. Le chat saute de ses épaules sur le registre.
- Tué ? articule Pierre d'un air incrédule.
La vieille dame acquiesce aimablement. Alors Pierre se rejette brusquement en arrière et se met à rire.
- C'est donc çà...C'est donc çà...Je suis mort...
(extrait du chapitre "l'arrière-boutique")
> lire la suite
-
Par gill, le 01/02/2012
L'Engrenage de
Jean-Paul Sartre
A la limite d'une grande ville, une immense exploitation pétrolière. Puits, réservoirs, tours de cracking, entrepôts. Aucun signe d'activité. Les allées de l'usine sont désertes, les machines sont arrêtées. Pas un homme au travail.
Entre la ville et l'usine, est édifiée une cité ouvrière.
Les rues en sont désertes. Les boutiques sont closes. A un bec de gaz est pendu un mannequin qui porte en travers de la poitrine un écriteau de carton sur lequel on lit, en grosses lettres : Jean Aguerra, Tyran...