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Par saphoo, le 06/08/2011
La voie Marion de
Jean-Philippe Mégnin
J'aime bien l'hiver. Je crois que quand on aime la nature on aime l'hiver. Du moins le vrai, celui d'ici, dans les montagnes ; parce que la grisaille et la pluie lancinante qui durent des semaines, merci bien... Non, ici, hiver ça veut dire les Aiguilles tout emmitouflées, les mélèzes tout givrés, les lumières des magasins dans les rues toutes blanches le soir, le vrai pays du Père Noël...
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Par balooo, le 19/09/2010
La voie Marion de
Jean-Philippe Mégnin
Ce qui me fascinait le plus, ce qui m’attirait comme la lampe du jardin attire le papillon de nuit, c’étaient les grandes neiges d’altitude, les pentes lascives qui mènent aux cols, les arêtes dessinées comme un corps de femme qui filent dans un ciel d’indigo.
La neige, toujours… La neige éternelle.
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Par saphoo, le 06/08/2011
La voie Marion de
Jean-Philippe Mégnin
Il faisait grand beau, et j’ai senti le miracle opérer dès qu’on a eu quitter le Grand Balcon et tourné le dos au monde de la balade ordinaire. Sur le sentier, j’étais encore dans la vie normale ; en montant vers le glacier des Nantillons, sous le ciel très pur et pâlissant d’une aube d’octobre j’entrais dans les livres de mon père , les livres qu’on sortait avec respect, après avoir demandé la permission, de la bibliothèque de noyer auburn ; les livres aux pages écrues et à la couveture enrichie d’une belle photographie en gris et blanc, les livres dont l’odeur de papier doucement vieilli semblait emplir la chambre dans la lumière blonde de la lampe de chevet.
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Par saphoo, le 06/08/2011
La voie Marion de
Jean-Philippe Mégnin
C’était la pleine lune. C’est peut-être à ce moment là que la montagne est la plus belle. Tellement présente, et en même temps tellement fantomatique dans cette lumière de film fantastique. Les croupes de mélèzes, le plan de l’Aiguille, le reg de Pierre Pointue en noir et blanc, mais aussi l’arête des Cosmiques, le Tacul, le Maudit, le Dôme… et le glacier des Bossons, en dessous, qui cascade jusqu’au village dans un délire de séracs blafards. C’est où, la voie Marion ?
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Par saphoo, le 06/08/2011
La voie Marion de
Jean-Philippe Mégnin
Je l'ai épousé par un joli matin de juin, sous le Brévent couronné de ciel bleu, encore endimanché des derniers névés de l'hiver.
Le perron de la petite église était, comme on dit, noir de monde. Un mariage, c'est toujours un évènement, dans ces petites villes, surtout quand l'un des deux héros est un enfant du pays; en plus, un guide...
Je me suis sentie d'ici, vraiment d'ici, ce matin-là. Je n'avais jamais eu à me plaindre, je n'ai pas vraiment connu ces difficultés qu'on décrit souvent, ces rejets, ces jalousies... Bien sûr, quand j'ai acheté la librairie, j'ai bien senti un peu de déception chez mes prédécesseurs ; ils s'étaient toujours dit dans leur tête qu'à l'âge de la retraite, ce seraient leurs enfants qui... et puis les enfants avaient suivi d'autres voies, avaient fait d'autres choix ; alors ils s'étaient résolus à les laisser vivre leur vie, en se disant qu'il y aurait bien un jeune de la vallée pour... ?
Et puis non. Celle qui leur a racheté leur vie, c'est moi.
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Par saphoo, le 06/08/2011
La voie Marion de
Jean-Philippe Mégnin
Il n’y a pas plus solitaire que la lecture et pourtant quand on a aimé un livre, on meurt d’envie de le faire lire.
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Par Juin, le 30/11/2011
La voie Marion de
Jean-Philippe Mégnin
Une fraction de seconde, j'ai pensé ; Est-ce que ça a un cerveau, les hommes?
Apparemment, non...
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Par saphoo, le 06/08/2011
La voie Marion de
Jean-Philippe Mégnin
Je ne sais pas quel est le privilège le plus grand. Celui de partager, ou celui d’avoir à soi ?
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Par monana28, le 10/11/2010
La voie Marion de
Jean-Philippe Mégnin
Parler, c'est difficile... Au début de la vie de couple, on dit que tout va être transparent, qu'on va tout partager, être une seule âme dans deux corps, comme dans les aphorismes du XIXe... On se dit que les épreuves, ça doit rapprocher autant que le bonheur, qu'on devient un vrai couple quand on a eu autant de l'un que de l'autre... Ça doit être vrai, sans doute, pour certains.