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Antoine Choplin

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Note moyenne : 3.68/5 (sur 78 notes) Antoine Choplin

Biographie et informations

Nationalité : France
Né(e) à : Châteauroux, Indre , 1962

Biographie :

Antoine Choplin est depuis 1996 l’organisateur du festival de l’Arpenteur, en Isère, événement consacré au spectacle vivant et à la littérature.

Il vit près de Grenoble, où il concilie son travail d’auteur, ses activités culturelles et sa passion pour la marche en montagne.

Il est également l’auteur de plusieurs livres parus aux éditions de La fosse aux ours, notamment Radeau (2003, Prix des librairies Initiales), Léger fracas du monde (2005) et L’Impasse (2006).
Source : www.pocket.fr
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Antoine Choplin et ses lectures


Quel est le livre qui vous a donné envie d`écrire ?

Disons « Vercoquin et le plancton » de Vian, à moins que ce ne soit «La disparition» de Perec.


Quel est l`auteur qui vous a donné envie d`arrêter d`écrire (par ses qualités exceptionnelles...) ?

Samuel Beckett, par exemple avec « Watt » ou « Mercier et Camier. »


Quelle est votre première grande découverte littéraire ?

« 1984 », George Orwell.


Quel est le livre que vous avez relu le plus souvent ?

Peut-être « L`étranger », Camus ou « Des souris et des hommes», Steinbeck.


Quel est le livre que vous avez honte de ne pas avoir lu ?

La bible.


Quelle est la perle méconnue que vous souhaiteriez faire découvrir à nos lecteurs ?

« Mon grain de sable », Luciano Bolis.


Quel est le classique de la littérature dont vous trouvez la réputation surfaite ?

« La peste », Camus.


Avez-vous une citation fétiche issue de la littérature ?

« le génie, c`est de pouvoir convoquer l`enfance à volonté. » (Baudelaire)


Et en ce moment que lisez-vous ?

« La couleur de la guerre. », d`Arkadi Babtchenko (Récits de guerre de Tchétchénie.)



Mots pour mots : Antoine Choplin répond à ses lecteurs


Dans le cadre de notre opération Mots pour Mots, ce sont les lecteurs Agathe10000 et Cleomine et Bibalice qui ont réalisé l`interview d`Antoine Choplin pour «Le héron de Guernica». Voici leurs questions :

Vos romans se situent à une période historique particulière (Radeau, Guernica), ou dans un contexte social précis (Cour Nord). Comment prêtez-vous vie à vos personnages ? (grâce à de la documentation, des témoignages, en rencontrant des personnes ayant vécu les situations ou du moins l`époque que vous décrivez ?)

Il est rare que mes personnages de roman évoquent des personnes rencontrées ou issues du monde réel. Et si c`est le cas, il s`agit de personnages secondaires. Presque toujours, il me semble plutôt qu`ils naissent d`un creuset archétypique, assez stable. J`aime confronter au monde, aux contextes que vous évoquez, des personnes singulières, en prise directe avec leur propre humanité. La sorte de naïveté qui est souvent la leur confine à la fois à une très grande simplicité et à une forme de génie, qui les amènent tout autant à des formes d`émerveillement sur le monde qu`à des formes aiguës de révolte. Autrement dit, qui leur laisse la chance d`un regard pur sur les choses et les gens.


De même, vous êtes-vous beaucoup documenté sur l`attaque et la ville de Guernica ou certains éléments ont-ils été inventés pour le récit (la mercerie, l`usine...) ?

J`utilise la documentation avec beaucoup de prudence. J`ai parfois éprouvé qu`un abord trop précis de la réalité pouvait être de nature à étouffer les forces fictionnelles. La documentation est indispensable pour éviter les contresens à partir du moment où on revendique une contextualisation. Mais je me garde d`aller au-delà.


Vous restituez de nombreux silences et de non-dits dans les dialogues et la plupart des scènes dans le contexte pourtant éminemment violent d`une guerre et du bombardement d`une ville. Cette approche par le silence et par la poésie s`est-elle tout de suite imposée ?

Oui, l`approche en creux, la part du silence sont indispensables dans l`abord de la complexité. Des dialogues trop léchés, des descriptions trop finies, sont pour moi de nature à aplanir ce qui doit être tenu dans l`épaisseur. le romancier doit faire face et allégeance à toutes sortes de contraintes, grammaticales, d`intelligibilité… ; dans le but de rester au plus près de mes personnages, de leur humanité, de leurs ambiguïtés mais aussi de celles qui agitent leur univers, je fais ce que je peux pour inventer des espaces irrésolus et libres au sein du récit. Et le silence, la poésie en sont les principaux moteurs.


L`idée du roman vous est-elle venue de l`admiration que vous pourriez avoir pour le tableau de Picasso ?

Non, même si j`ai effectivement été très impressionné par l`œuvre lorsque je l`ai découverte à Madrid. Une des sources de ce texte serait plutôt mon questionnement sur le fait que Picasso a peint ce tableau depuis Paris. Dès lors, que vaut, à côté de lui, l`œuvre d`un artiste mineur mais qui, quant à lui, était à Guernica lors du bombardement ?


Aviez-vous des modèles pour le personnage de Basilio ? de part sa simplicité et sa naïveté, beaucoup de lecteurs ont vu en lui une sorte de sublimation de l`artiste au service de son œuvre. Était-ce votre volonté ?

On en revient à votre question sur la naissance des personnages à laquelle j`ai répondu par cette notion d`archétype. Et bien sûr, ces types de personnages, naïfs, parfois géniaux (c`est du moins ce que je crois), émerveillés et révoltés, convoquent en eux-mêmes des sensibilités, des regards d`artistes.


Il y a de nombreuses réflexions sur le rôle de l`art dans la société et sur son pouvoir de témoignage. Pensez-vous que l`art doit avoir un rôle social ou politique ? En d`autres termes, l`art se doit-il être utile ?

Je place l`art sur un autre plan que celui du social ou du politique. Il y a certainement un art « utile » au sens où vous l`entendez, et il m`arrive de m`en réjouir. J`ai eu l`occasion d`évoquer récemment dans un article, le poème « Strange fruit » qui, dans les années 30, évoquent ces noirs pendus par le Ku Klux Klan aux branches des arbres. La vie de ce poème à travers le 20e siècle, le courage de certains de ses lecteurs en public, l`interprétation inoubliable qu`en a fait Billie Holliday, tout cela a conféré à cette œuvre un rôle social et politique important. Mais l`art ne doit pas être tenu par cette obligation. Il tient parfois au contraire sa force de savoir se tenir en lisière de notre monde, de se poser ailleurs. Beckett est un écrivain majeur qui s`est tenu, de ce point de vue, à distance. A titre personnel et dans mon travail, je crains et je tiens à l`écart les tentations de militantisme, qui me détourneraient, c`est en tout cas ce que je crois, de ma recherche principale : me tenir au plus près de l`humanité portée par mes personnages dans différents contextes.


Les descriptions de l`artiste au travail sont très riches. Vous sentez-vous proche de Basilio dans sa façon de créer une œuvre ?

Il est possible que nous ayons quelques points communs.


Pouvez-vous nous en dire plus sur vos prochains projets ?

J`achève actuellement un texte romanesque qui se déroule dans l`environnement de Tchernobyl (j`y ai fait un voyage très marquant il y a deux ans). Sinon, je débute prochainement une résidence d`écriture poétique à Saint Nazaire. Je vais la construire sur le terreau de la rencontre avec les ouvriers des chantiers navals.



Découvrez Le héron de Guernica d`Antonie Choplin aux éditions du Rouergue


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Citations de Antoine Choplin

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  • Par Pasdel, le 25/10/2011

    Radeau de Antoine Choplin

    C'est juste qu'avec une belle lumière,on ne peut pas mentir.Elle nous donne à voir ce que l'on est à l'instant où elle nous illumine. Evidemment,c'est toujours différent d'une fois sur l'autre.On n'est pas des pierres. (page 59)

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  • Par Idefix, le 20/01/2012

    Le héron de Guernica de Antoine Choplin

    Toutes les choses qu'on ne voit pas. Tout ce qui palpite sans figurer sur les images, ce qu'on éprouve avec force et qui se refuse à nos sens premiers. Et dont on voudrait tellement témoigner pourtant.

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  • Par kathel, le 16/01/2012

    Le héron de Guernica de Antoine Choplin

    Il se demande ce qu’elle en dirait Celestina, de cette feuille encore largement vierge, avec cet effet de plumes au milieu, et tout juste quelques traits pour témoigner de la silhouette élancée du héron. ça le fait sourire, Basilio.
    Pendant que tu y es, il se dit, tu n’as qu’à lui offrir une feuille de papier blanc. Le plus beau héron qu’on aura jamais peint.

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  • Par horline, le 05/10/2011

    Le héron de Guernica de Antoine Choplin

    C’est d’abord ça qu’il voudrait rendre dans sa peinture. Cette sorte de dignité, qui tient aussi du vulnérable, du frêle, de la possibilité du chancelant

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  • Par Heureuse, le 19/10/2011

    Le héron de Guernica de Antoine Choplin

    Ce que j'ai vu

    C'est d'abord la trouée bleue au flanc du ciel

    Et la houppe frissonnante des arbres

    Et puis après seulement

    L'assemblée des femmes empressées

    Postées et mains alertes

    Ou trottinant derrière les grilles de l'usine

    Et puis après seulement

    Le nuage d'oiseaux acier laminant des nues

    Pointant l'index vers nos maisons et evrs nos âmes

    Se glissant par les gouffres turquoises

    Jusqu'à griffer nos toits

    Et le cheveux des filles

    Dans le bruit des machines

    Celles de l'usine n'ont rien entendu

    Ni le fer à l'approche

    Ni mes cris d'alerte

    ...
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  • Par yv1, le 28/09/2011

    Le héron de Guernica de Antoine Choplin

    Basilio se dit qu'il conviendrait peut-être un jour ou l'autre de se résoudre à oublier le héron lui-même pour ne s'intéresser qu'à l'âbime qui s'ouvre à l'interstice de son regard. Plonger un peu là-dedans, et seulement ça.

    D'ailleurs, de cette façon, on pourrait au passage abandonner tout le reste. Le héron lui-même donc, son plumage, ses allures fières, la flêche de son bec, mais aussi tout ce qui façonne son environnement. [...] On se dirait que oui, sans doute, la réalité profonde du héron peut être détachée de celle de la matière et des paysages qui l'entourent."(p.55/56)
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  • Par Norlane, le 28/10/2011

    Le héron de Guernica de Antoine Choplin

    Rien que ça, une bicyclette qui repose à terre, au milieu d'une place déserte. Je crois que c'est pas mal pour donner une à deviner tout ce qu'on voit pas sur l'image. Toutes ces choses qui flottent dans l'air et qui fabriquent notre peur de maintenant. Qu'on peut pas graver sur du papier mais qui nous empêchent presque de respirer, par moments. Tu vois ce que je veux dire ?
    Oui.
    Alors je trouve que cette image de bicyclette, elle fait la place à tout ça et c'est dans ce sens qu'elle vaut bien une photographie de bombardier.

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  • Par mariech, le 25/09/2011

    Le héron de Guernica de Antoine Choplin

    Il lui apparaît que la vérité de ce qu'ils sont en train de vivre , lui et ceux de Guernica dont le coeur n'a pas cessé de battre , ne peut s'accomoder de découpages . C'est un tout dont on ne peut rien extraire sans risquer la supercherie. Ce qui se voit ne compte pas plus que ce qui reste invisible , que ce qui pourrait apparaître , ou qui se tient en attente derrière les angles des murs ; que ce qui va surgir , d'un instant à l'autre , du ventre des nuages .

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  • Par Bibalice, le 21/07/2011

    Le héron de Guernica de Antoine Choplin

    Il lui apparaît que la vérité de ce qu'ils sont en train de vivre, lui et ceux de Guernica dont le coeur n'a cessé de battre, ne peut s'accomoder de découpages. C'est un tout dont on ne peut rien extraire sans risquer la supercherie. Ce qui se voit ne compte as plus que ce qui reste invisible, que ce qui pourrait apparaître, ou qui se tient en attente derrière les angles de murs; que ce qui va surgir, d'un instant à l'autre, du ventre des nuages.

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  • Par bibliothequegries, le 18/04/2012

    Le héron de Guernica de Antoine Choplin

    Au milieu de toute cette désolation, il se sent d'abord pris dans une sorte d'entre-deux, de ceux qu'imposent parfois les réveils affolés et pleins de sueur, quand tout vacille et s'en tient au gazeux, quand le réel continue à ployer sous la force du rêve, renâclant à toute capture.
    Avec cet oeil embué, presque incrédule, il traverse les quartiers meurtris, longe les bâtisses calcinées encore fumantes et les murs effondrés.
    Il atteint la place du marché.
    Il ne remarque pas les trajectoires balbutiantes de ceux qui, mètre après mètre, en soufflant des mots d'effroi, se risquent à nouveau au coeur de l'espace dévasté. Il n'entend pas vraiment la plainte des femmes agenouillées, les cris résonnants des plus forts, prodiguant mille consignes contradictoires.
    Il poursuit son chemin vers la Calle Don Tello.
    e n'est qu'en remontant la rue vers chez lui que, le coeur battant, il commence à éprouver pour de bon les modifications du paysage., les espaces nouveaux dévolus à la lumière, à la circulation de l'air et des sons.
    Avant même qu'il n'y ait porté le regard, il devine les blessures de la ville. La béance de ses plaies, ses amputations.
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Livres de Antoine Choplin (7)

    • Le héron de Guernica
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