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Par chartel, le 16/10/2010
La littérature française, Tome 2 : Dynamique et histoire de
Jean-Yves Tadié
Il faut penser le roman, tout au long du XIXe siècle, non comme un genre fixé, comme peut l’être la poésie lyrique, la comédie ou le drame, mais comme un processus en continuel développement, un projet collectif dont chaque œuvre représente une avancée, vers un horizon qui recule toujours. Le roman, né de la confusion, ne peut exister que dans le devenir et l’inachèvement.
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Par chartel, le 16/10/2010
La littérature française, Tome 2 : Dynamique et histoire de
Jean-Yves Tadié
La littérature moderne, celle qui vise l’exténuation, n’en finit pas d’en finir. Il y a toujours autre chose dont se débarrasser, et le silence essentiel, la fin de la littérature, reste une utopie ou une limite intouchable. La littérature a survécu tout au long du siècle [XXe] à la fois grâce à son idéal et malgré lui, non pas en trichant et dans l’imposture, mais en jouant ou en se jouant.
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Par chartel, le 11/09/2010
La littérature française, Tome 1 : Dynamique et histoire de
Jean-Yves Tadié
Le privilège exceptionnel de Molière est qu’en sa personne se sont rencontrées toute la sagesse humaniste et la plus formidable aptitude à faire du théâtre : ainsi, comme acteur aussi bien que comme auteur, il avait conscience de faire très exactement du théâtre au second degré. Cette conjonction explique que son œuvre se caractérise par un phénomène de théâtralité généralisée, où le comédien se met à jouer un autre rôle, où une pièce s’inclut dans une autre pièce, où l’acteur devient spectateur d’autres acteurs ; bref, où le théâtre pénètre le théâtre.
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Par chartel, le 11/09/2010
La littérature française, Tome 1 : Dynamique et histoire de
Jean-Yves Tadié
Corneille a systématiquement choisi de mettre en scène des héros incapables de commettre la moindre faute – alors que depuis Aristote le héros de la tragédie se définit précisément par le fait de commettre une faute -, et c’est ce qui permet de comprendre la forme particulière de son théâtre tragique : toute l’entreprise théâtrale de Corneille a consisté à apporter des réponses presque constamment différentes à cette question fondamentale : comment faire d’un héros sans faiblesse le personnage central d’un sujet tragique.
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Par chartel, le 16/10/2010
La littérature française, Tome 2 : Dynamique et histoire de
Jean-Yves Tadié
Avant le XIXe siècle, un écrivain ne se pense pas comme un écrivain « français » ; Descartes, qui meurt en Suède après avoir passé l’essentiel de sa vie en Hollande, ne se glorifiait pas d’être le père de l’esprit cartésien « français » mais le philosophe d’une méthode universelle. Au reste, l’Europe savante des Lumières parle largement le français et la citoyenneté est une notion floue, avant les Etats-nations. L’objet « littérature française » est donc une invention du XIXe siècle, avec effet rétroactif.
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Jean-Yves Tadié
C'est mauvais signe d'aimer tous les livres, c'est la preuve d'un éclectisme ennuyeux. L'essentiel, c'est d'aimer un auteur. Au moins un.