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L'Anneau maudit de
Selma Lagerlöf
« La peur » : je sais bien qu’autrefois beaucoup de personnes semblaient ignorer le sens de ce mot. J’ai entendu dire que bien des gens aimaient à se promener sur la glace tout juste formée de la nuit et ne connaissaient pas de plus grand plaisir que de conduire un traîneau mené par des chevaux à un train d’enfer. Certains même ne craignaient point de jouer aux cartes avec le sergent Ahlegård, bien qu’il fût de notoriété publique que son adresse au jeu lui faisait toujours gagner la partie. Je connais aussi quelques gaillards intrépides qui n’avaient pas peur d’entreprendre un voyage un vendredi ou bien de se mettre à table quand le couvert était mis pour treize personnes. Mais je me demande si un seul d’entre eux aurait eu le courage de passer à son doigt l’anneau maudit qui avait appartenu au vieux général Löwensköld, de Hedeby.
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Par Folfaerie, le 26/09/2010
Des trolls et des hommes de
Selma Lagerlöf
Et la maîtresse comprit ainsi que les trolls avaient pour intention de la cuire et de la dévorer. Et si quelqu’un ne resta plus seule à l’alpage ce fut bien elle. Le soir même, elle avait quitté l’alpe avec les bêtes.
Quand la maîtresse, de retour à la ferme, avait parlé des trolls qui voulaient la cuire, les employés avaient eu du mal à conserver leur sérieux. Mais maintenant, alors qu’elle se trouvait là, toute seule à penser à l’aventure, la vachère ne put réprimer un frisson.
« Que Dieu nous garde ! dit-elle à la marmite. Je crois que vous êtes en train de me faire peur.
Au même moment, elle sursauta comme un poisson dans l’onde car elle avait entendu des pas dehors, dans l’enclos.
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Par Malaura, le 01/10/2011
Le Cocher de
Selma Lagerlöf
C’est l’amour qui le submerge ainsi, l’amour des âmes, celui dont l’amour des hommes sur terre n’est qu’une pâle copie. Un amour qui lentement l’a embrasé, tout comme les flammes d’un feu qu’on vient d’allumer embrasent le bois. On a à peine conscience de son œuvre, pourtant il jette de temps à autre une brève flammèche pour indiquer qu’il est en train de tout enflammer. Et c’est une de ces vives flammèches qui maintenant s’est mise à briller en lui. Et sa lumière est suffisante pour que sa bien-aimée lui apparaisse d’une beauté telle qu’il ne peut que s’écrouler, rester anéanti d’impuissance, conscient de son incapacité à oser, à désirer l’approcher, à supporter l’idée de l’approcher.
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La légende de Gosta Berling de
Selma Lagerlöf
Mais avez-vous jamais observé un enfant qui, sur les genoux de sa mère, écoute des contes ? Tant qu'on lui parle de géants cruels et de princesses dolentes, l'enfant tient ses yeux grands ouverts ; mais, dès qu'il s'agit de bonheur et de soleil, le petit ferme les paupières et s'endort doucement, la tête blottie dans le sein maternel. Je suis cet enfant. A d'autres les charmantes histoires ! Je préfère les nuits hantées, les âpres destinées et les passions qui remplissent d'ombre les coeurs sauvages.
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La légende de Gosta Berling de
Selma Lagerlöf
Le petit Ruster, depuis que , tambour, il avait suivi l'armée suédoise en Allemagne, ne se lassait point de parler des merveilles de ces pays du Sud. Les gens, disait-il, y sont forts et hauts comme des clochers, les hirondelles grandes comme des aigles et les abeilles comme des oies.
- Et leurs ruches ? lui demandait-on.
- Leurs ruches ? Elles sont comme nos ruches.
- Mais alors, comment peuvent-elles y entrer ?
- Ah ! ça les regarde, répondit le petit Ruster
Je dirai comme le petit Ruster. Durant une année, les abeilles gigantesques de l'imagination ont voltigé autour de nous. Comment feront-elles pour se loger dans la ruche de la réalité ? ça les regarde !
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La légende de Gosta Berling de
Selma Lagerlöf
La terreur est une sorcière assise dans le crépuscule des forêts et qui chante ses funestes runes. Comme un serpent enroulé, la nature est mauvaise. Voici le lac de Leuven qui étale sa merveilleuse beauté : ne vous y fiez pas. Il lui faut chaque année son tribut de cadavres. Voici la forêt dont la douce paix vous attire : ne vous y fiez pas. La forêt est hantée de bêtes et de maléfices. Ne croyez pas à la limpidité du ruisseau : si vous le traversez après le coucher du soleil, il vous donnera la maladie et la mort. Ne croyez pas au coucou qui chante le printemps : à l'automne il se métamorphose en épervier aux yeux perçants et aux griffes sinistres. Ne croyez pas à la mousse, à la bruyère, au rocher : la nature est méchante, habitée de forces invisibles qui haïssent l'homme. Elle ne nous offre pas une seule place où nous puissions mettre le pied avec sécurité. La terreur est partout.
(...)
Son pouvoir y fut naguère illimité, et je le sais, moi, qui vous parle, je le sais ! On mit de l'acier dans mon berceau, des braises dans l'eau de mon premier bain, et j'ai senti plus d'une fois sa main de feu sur mon coeur.
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Par JeanLucT, le 13/10/2011
Le merveilleux voyage de Nils Holgersson à travers la Suède de
Selma Lagerlöf
[Akka, la vieille oie-guide]:
"Il y a une chose dont j’ai souvent voulu te parler, commença-t-elle.
Si vraiment tu penses que tu as appris quelque chose de bon parmi nous,
tu n’es peut-être pas d’avis que les hommes doivent être seuls sur la terre ?
Pense donc quel grand pays vous avez !
Ne pourriez-vous pas nous laisser quelques rochers nus sur la côte,
quelques lacs qui ne sont pas navigables et des marais, quelques fjells déserts
et quelques forêts éloignées où nous autres, pauvres bêtes, nous serions tranquilles ?
Toute ma vie j’ai été chassée et poursuivie.
Comme il serait bon de savoir qu’il y a quelque part
un refuge pour une créature comme moi !"
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Par kathy, le 22/05/2011
Le Banni de
Selma Lagerlöf
L'espace d'un instant, elle n'eut en pensée que l'idée qu'en ce moment elle découvrait un miracle du Seigneur. Elle faisait véritablement connaissance avec la mer. Jamais auparavant elle n'avait soupçonné ce que pouvait signifier la proximité avec cet élément, en sentir la respiration murmurer à l'oreille, contempler son visage changeant, s'installer paisiblement dans ses bras et se laisser bercer.
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La légende de Gosta Berling de
Selma Lagerlöf
- Les loups ! fit Gösta Berling.
Ils virent une ligne grise se dresser et serpenter le long des fossés. Il devait y en avoir au moins douze. Anna n'éprouva aucune crainte. Le jour avait été riche d'aventures et la nuit promettait de ressembler au jour. Voler sur la neige étincelante en bravant les bêtes féroces et les hommes, c'était vivre !
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La légende de Gosta Berling de
Selma Lagerlöf
Pleurer er expier avec des regrets et des soupirs, ce n'est point mon affaire. Toute la pénitence dont je sois capable, c'est de donner de la joie aux pauvres.