-
Par Junie, le 01/01/2013
Le livre de Noël de
Selma Lagerlöf
Ecoutez-moi bien braves gens! dit Notre Seigneur. Maintenant je vous le dis pour la dernière fois, que si vous ne vous en allez pas d'ici et arrêtez de construire cette tour, je vais être obligé de faire s'abattre un malheur sur vos têtes.
Mais les hommes continuèrent à bâtir leur tour, et chaque jour ils arrivaient de plus en plus haut.
Alors Notre Seigneur se mit à embrouiller leur langage. Jusque là, vois-tu, ils avaient parlé de façon qu'ils se comprenaient les uns les autres.Mais désormais s'en était fini de cette jouissance.
Quand les maitres maçons voulaient dire "Passe-moi du torchis", ils disaient à la place:"Kolvippen, kolvappen!". Et quand les apprentis leurs demandaient ce qu'ils désiraient, ils répondaient:"Erbe, derbe, mirbe, marbe?"
Les maîtres pensaient que les apprentis se moquaient d'eux, mais alors qu'ils voulaient dire :"Parlez correctement!" il leur venait à la bouche à la place: "Ullen dullen dorf!" Et quand les apprentis voulaient demander aux maîtres pourquoi ils avaient l'air si en colère, ils ne savaient dire autre chose que "Abracadabra!"
Alors maîtres et autres se fâchèrent à un tel point qu'ils se ruèrent les uns sur les autres et commencèrent à se battre.
> lire la suite
-
Par Folfaerie, le 26/09/2010
Des trolls et des hommes de
Selma Lagerlöf
Et la maîtresse comprit ainsi que les trolls avaient pour intention de la cuire et de la dévorer. Et si quelqu’un ne resta plus seule à l’alpage ce fut bien elle. Le soir même, elle avait quitté l’alpe avec les bêtes.
Quand la maîtresse, de retour à la ferme, avait parlé des trolls qui voulaient la cuire, les employés avaient eu du mal à conserver leur sérieux. Mais maintenant, alors qu’elle se trouvait là, toute seule à penser à l’aventure, la vachère ne put réprimer un frisson.
« Que Dieu nous garde ! dit-elle à la marmite. Je crois que vous êtes en train de me faire peur.
Au même moment, elle sursauta comme un poisson dans l’onde car elle avait entendu des pas dehors, dans l’enclos.
> lire la suite
-
Par Carosand, le 03/06/2013
L'anneau du pêcheur de
Selma Lagerlöf
La pensée qu'un être humain pût passer, aussi pauvre et sans joie, toute son existence terrestre, et l'éternité ensuite, m'était insupportable (Le journalier de chez Dobbrichsen).
-
L'Anneau maudit de
Selma Lagerlöf
« La peur » : je sais bien qu’autrefois beaucoup de personnes semblaient ignorer le sens de ce mot. J’ai entendu dire que bien des gens aimaient à se promener sur la glace tout juste formée de la nuit et ne connaissaient pas de plus grand plaisir que de conduire un traîneau mené par des chevaux à un train d’enfer. Certains même ne craignaient point de jouer aux cartes avec le sergent Ahlegård, bien qu’il fût de notoriété publique que son adresse au jeu lui faisait toujours gagner la partie. Je connais aussi quelques gaillards intrépides qui n’avaient pas peur d’entreprendre un voyage un vendredi ou bien de se mettre à table quand le couvert était mis pour treize personnes. Mais je me demande si un seul d’entre eux aurait eu le courage de passer à son doigt l’anneau maudit qui avait appartenu au vieux général Löwensköld, de Hedeby.
> lire la suite
-
Par Carosand, le 03/06/2013
L'anneau du pêcheur de
Selma Lagerlöf
Elle n'avait pas fermé les yeux, mais ne cessait de regarder, de regarder. Elle ne suppliait pas avec des paroles : il y a des souhaits trop grands pour être exprimés (La pierre du lac Rottne).
-
La légende de Gosta Berling de
Selma Lagerlöf
Mais avez-vous jamais observé un enfant qui, sur les genoux de sa mère, écoute des contes ? Tant qu'on lui parle de géants cruels et de princesses dolentes, l'enfant tient ses yeux grands ouverts ; mais, dès qu'il s'agit de bonheur et de soleil, le petit ferme les paupières et s'endort doucement, la tête blottie dans le sein maternel. Je suis cet enfant. A d'autres les charmantes histoires ! Je préfère les nuits hantées, les âpres destinées et les passions qui remplissent d'ombre les coeurs sauvages.
> lire la suite
-
Le livre de Noël de
Selma Lagerlöf
"Rien ne peut surpasser le bonheur de se trouver là, avec dans les mains un livre plaisant reçu en cadeau pour Noël, un livre que l'on n'avait jamais vu auparavant et que personne d'autre dans cette maison ne connaît non plus, et de savoir que l'on pourra en lire les pages l'une après l'autre, pour autant que l'on sache rester éveillé. Mais que faire durant la nuit de Noël si l'on n'a pas reçu de livre ?"
> lire la suite
-
Par Malaura, le 01/10/2011
Le cocher de
Selma Lagerlöf
C’est l’amour qui le submerge ainsi, l’amour des âmes, celui dont l’amour des hommes sur terre n’est qu’une pâle copie. Un amour qui lentement l’a embrasé, tout comme les flammes d’un feu qu’on vient d’allumer embrasent le bois. On a à peine conscience de son œuvre, pourtant il jette de temps à autre une brève flammèche pour indiquer qu’il est en train de tout enflammer. Et c’est une de ces vives flammèches qui maintenant s’est mise à briller en lui. Et sa lumière est suffisante pour que sa bien-aimée lui apparaisse d’une beauté telle qu’il ne peut que s’écrouler, rester anéanti d’impuissance, conscient de son incapacité à oser, à désirer l’approcher, à supporter l’idée de l’approcher.
> lire la suite
-
Par JeanLucT, le 13/10/2011
Le merveilleux voyage de Nils Holgersson à travers la Suède de
Selma Lagerlöf
[Akka, la vieille oie-guide]:
"Il y a une chose dont j’ai souvent voulu te parler, commença-t-elle.
Si vraiment tu penses que tu as appris quelque chose de bon parmi nous,
tu n’es peut-être pas d’avis que les hommes doivent être seuls sur la terre ?
Pense donc quel grand pays vous avez !
Ne pourriez-vous pas nous laisser quelques rochers nus sur la côte,
quelques lacs qui ne sont pas navigables et des marais, quelques fjells déserts
et quelques forêts éloignées où nous autres, pauvres bêtes, nous serions tranquilles ?
Toute ma vie j’ai été chassée et poursuivie.
Comme il serait bon de savoir qu’il y a quelque part
un refuge pour une créature comme moi !"
> lire la suite
-
La légende de Gosta Berling de
Selma Lagerlöf
Le petit Ruster, depuis que , tambour, il avait suivi l'armée suédoise en Allemagne, ne se lassait point de parler des merveilles de ces pays du Sud. Les gens, disait-il, y sont forts et hauts comme des clochers, les hirondelles grandes comme des aigles et les abeilles comme des oies.
- Et leurs ruches ? lui demandait-on.
- Leurs ruches ? Elles sont comme nos ruches.
- Mais alors, comment peuvent-elles y entrer ?
- Ah ! ça les regarde, répondit le petit Ruster
Je dirai comme le petit Ruster. Durant une année, les abeilles gigantesques de l'imagination ont voltigé autour de nous. Comment feront-elles pour se loger dans la ruche de la réalité ? ça les regarde !
> lire la suite