-
Par PLUMAGILE, le 01/12/2010
Méfiez-vous des écrivains de
Lionel Duroy
Les adolescents ne m’intéressent pas. Ils tiennent des discours assassins sur leurs parents et protestent quand il n’y a plus de corn flakes. L’adolescence est le seul âge de la vie où l’on traîne les gens dans la merde sans prendre le moindre risque, où les mots n’ont aucun sens puisqu’ils n’ont aucune conséquence
-
Par pyrouette, le 26/01/2011
Le chagrin de
Lionel Duroy
Je n'imagine pas une seconde sortir de ma condition. Je crois que s'est ancrée en moi la conviction que je suis incapable de comprendre ce que disent les professeurs et que, bien qu'obligatoire l'école ne sera jamais pour moi qu'un apprentissage de l'échec et de l'humiliation.
-
Par pyrouette, le 26/01/2011
Le chagrin de
Lionel Duroy
Quand notre mère mourra, bien des années plus tard et que je m'étonnerai de ne pas en éprouver de chagrin (ou si peu), j'en viendrai à me donner pour explication qu'elle était déjà morte en moi, et que sa disparition remontait sans doute à cette fausse crise de nerfs, l'année de mes dix ans où je l'avais pleuré comme si je ne devais jamais la revoir.
-
Par pyrouette, le 26/01/2011
Le chagrin de
Lionel Duroy
Je n'en pouvais plus de souffrir, mais j'aurais été incapable de dire précisément de quoi je souffrais. ça n'avait pas de nom, pas d'histoire, pas de visage, c'était un obscur chagrin qui me broyait le coeur.
-
Par carre, le 02/12/2011
Le chagrin de
Lionel Duroy
À l'origine de ma venue au monde, de notre venue au monde à tous les onze, il y a l'amour que se sont déclaré nos parents. Toutes les souffrances qu'ils se sont infligées par la suite, toutes les horreurs dont nous avons été les témoins, ne peuvent effacer les mots tendres qu'ils ont échangés durant l'hiver 1944. Ils se sont voulus, attendus, désirés, au point de s'aimer passionnément au milieu de l'après-midi, dans les semaines qui ont suivi leur mariage.
-
Par PLUMAGILE, le 08/08/2010
Le chagrin de
Lionel Duroy
Je crois que je me mets à regarder notre mère comme une vieille enfant capricieuse et gâtée, mais cependant facile à berner du fait de sa naïveté et de sa bêtise (en dépit de la peur qu’elle ne cesse, et ne cessera jamais, de m’inspirer).
-
Par luocine, le 12/09/2011
Le chagrin de
Lionel Duroy
Tant d’années après, je me dis que c’est ce soir-là qu’elle nous a fait le plus de mal, et par notre faute, parce qu’aucun d’entre nous trois, les garçons, n’a trouvé la force de la rappeler pour lui balancer en plaine figure ces mots que je me répète silencieusement, certaines nuits, aujourd’hui encore, et alors que notre mère est morte depuis longtemps : « maman, tu pourrais au moins nous remercier. On n’est pas des chiens. »
-
Par pyrouette, le 26/01/2011
Le chagrin de
Lionel Duroy
Notre vie est si décousue, si destructurée, que je ne conserve de cette période que des bribes de souvenirs, comme si je n'avais fait que somnoler.
-
Par pyrouette, le 26/01/2011
Le chagrin de
Lionel Duroy
J'avais remarqué depuis longtemps, qu'écrire provoquait chez moi un fort sentiment d'insécurité, que je sursautais au moindre bruit, comme si, me sachant distrait, je me sentais à la merci de tous les gens mal intentionnés.
-
Par PLUMAGILE, le 01/12/2010
Méfiez-vous des écrivains de
Lionel Duroy
Mathilde Le Goff illustre jusqu’à la caricature ma conviction que les gens gagnent rarement à être connus, en dépit de l’insatiable curiosité qui me pousse vers eux. Ils donnent le meilleur d’eux-mêmes durant les trois ou quatre premières rencontres, puis on découvre leur peu d’ambition, pour ne pas dire leur veulerie, leur impuissance à trancher, à tout balancer pour l’unique chose à laquelle ils prétendent croire, et alors on se noie avec eux dans un marais tiédasse où tout se dilue