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Ma Jian

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Note moyenne : 3.54/5 (sur 24 notes) Ma Jian

Biographie et informations

Nationalité : Chine
Né(e) à : Qingdao , le 18/08/1953

Biographie :

Ma Jian est un écrivain, poète, photographe, peintre et romancier.

Ma Jian a travaillé comme horloger puis comme peintre de la propagande. Il a également occupé un poste de photo reporter pour un magazine d'État.

A l'âge de trente ans, il quitte son travail pour voyager trois ans durant à travers la Chine, une expérience qu'il relatera dans Chemin de poussière rouge, roman qui recevra le Thomas Cook Travel Book Award 2002.

En 1987, Ma Jian quitte Pékin pour s'installer à Hong Kong, mais poursuit cependant de nombreux voyages partout dans le pays, notamment pour soutenir la cause des militants pro-démocrates de la place Tianamen en 1989.

Après Hong Kong, il déménage en Allemagne, puis à Londres, où il vit désormais. Condamné à l'exil perpétuel depuis que ses livres ont été censurés par le gouvernement chinois, Ma Jian est considéré par le Prix Nobel Gao Xingjian comme "une des voix les plus importantes et les plus courageuses de la littérature chinoise contemporaine".

Plusieurs de ses livres ont été traduits en français, notamment Nouilles chinoises, Chemins de poussière rouge, La mendiante de Shigatze, et Beijing coma, qui paraît dans le cadre de la rentrée littéraire 2008.
> lire la suite Source : /livres.fluctuat.net
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roman   littérature   récits   autobiographie   récit de voyage   fiction   littérature étrangère   censure   photographe   quête   propagande   road movie   pollution   communisme   voyages   capitalisme   chine   chinois   chinoise   littérature chinoise  

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Citations de Ma Jian

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  • Par Bibliolibra, le 27/01/2012

    Chemins de poussière rouge de Ma Jian

    "Lorsque l'imprévu arrive, les gens cherchent des réponses dans les pierres, les arbres et les étoiles. La peur des choses que nous pouvons voir nous détourne de la crainte des choses que nous ne pouvons voir. Chaque fois que je suis perdu dans les montagnes la nuit et qu'une lumière apparaît devant moi, je commence par penser que mon grand-père est venu à ma rencontre pour me porter secours."

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  • Par Piling, le 18/02/2011

    Chemins de poussière rouge de Ma Jian

    Devant moi se dresse le versant à pic des collines du Sable chantant, reliées par de nombreux dédales aux célèbres grottes de Mogao. Du quatrième au dixième siècle, des communautés de moines bouddhistes taillèrent ces châsses dans la falaise, puis les décorèrent de peintures murales et de statues colorées. J'en ai vu d'innombrables représentations dans des livres d'histoire de l'art. Je sais que sur ces murs sont peints de gracieuses apsaras, des scènes de la vie du premier bouddha, Sakyamuni, et des portraits de marchands de la route de la Soie qui participèrent financièrement à la construction des grottes pour s'assurer un voyage en toute sécurité à travers le désert. Je sais que dans l'une de ces grottes se trouve une statue de trente-trois mètres de haut d'Amitabha, le disciple de Sakyamuni, dont la sagesse rayonnante transformait les désirs ardents en lumière infinie. J'ai vu une photographie de l'immense bouddha, allongé, attendant la mort, un sourire sur le visage. Son expression tranquille m'a touché plus profondément que le regard torturé du Christ que j'ai pu voir sur des images. Le bouddhisme enseigne à l'homme la transcendance du monde matériel et lui apprend à considérer que la vie et la mort sont sans importance. Le christianisme lui, pousse l'homme à chérir la vie et à craindre la mort.

    J'achète un billet d'entrée chinois et prends la file de droite. Les étrangers prennent le chemin de gauche. Je suis le flot de touristes, pointant à chaque grotte où nous passons. La plupart des grottes sont fermées et il est interdit de même jeter un œil à travers les grilles. Les gens, devant et derrière moi, discutent et mangent. Quelques-uns ont des radio-cassettes portables et écoutent des hymnes révolutionnaires ; lorsque les piles sont déchargées, ils règlent la radio sur un programme de la rivière Jaune. Quatre grottes sont ouvertes au public, mais, comme elles ne sont pas éclairées, je ne peux pas voir les fresques. Au cours des siècles, les temples troglodytes ont été érodées par le vent et salis par la fumée des feux de bois allumés par des générations de squatters. Il est difficile de ressentir la sainteté de ces lieux. Je ne vois que des murs écroulés. La statue de Vajrapani en colère, jetant des regards noirs, est cassée à hauteur des lèvres, ce qui lui donne un air ridicule. Lorsque j'atteins la grotte d'Amitabha assis haute de neuf étages, la foule converge. Les hommes et les femmes du groupe de touristes japonais portent des chapeaux blancs et tiennent des drapeaux rouges. Les blonds Américains avec leurs appareils photos suspendus à leur épaule encerclent le bouddha et le scrutent, la bouche ouverte.

    Je regarde Amitabha, moi aussi : ses sourcils délicats, ses yeux en amande, un air de sublime compassion, et je me sens minuscule, insignifiant. Lorsque je psalmodiais son nom au temple de Jushilin, je sentais parfois mon esprit s'élever de mon corps et entrer dans un autre monde. L'impression de calme et de vide me libérait.

    Je dois m'asseoir. Je suis bouddhiste. Mon esprit doit se concentrer sur ce point. J'ai lu les Écritures et je comprends le concept de réincarnation et la loi du juste châtiment. Je suis venu ici pour apaiser mon cœur et me débarrasser des préoccupations. Je jette un regard à la peinture représentant le paradis de l'ouest d'Amitabha, mais les scènes de vêtements poussant sur les arbres, de pommes volant jusqu'à la bouche ne satisfont pas mon désir de renaître ici. Les touristes bavardent comme des singes en grimpant les marches ; ils regardent d'un air bête le bouddha, assis, immobile et oublieux. Je regarde à nouveau son visage et, soudain, il me rappelle Mao Zedong. J'ai dessiné le portrait du président des centaines de fois, de l'école primaire jusqu'à treize ans, Et plus j'observe Amitabha, plus je trouve qu'il ressemble au vieux Mao.

    Je sors hébété. C'est le plus grand bouddha que j'aie jamais vu de ma vie, mais je ne me souviens de rien. Je suis plus troublé que lorsque je suis arrivé. Peut-être devrais-je acheter un billet pour étranger et y retourner ? Certes, il est évident que les étrangers visitent les plus belles grottes. Mais je n'y reviendrai pas aujourd'hui. Je me souviens encore du regard ahuri du garçon de Hong Kong ; je laisse les grottes derrière moi et marche vers les dunes désertes.
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  • Par Piling, le 11/02/2011

    Chemins de poussière rouge de Ma Jian

    Incipit :
    L'an passé, au cours du printemps 1981, je quittai, sur décision de mon unité de travail, l'immeuble où résidait le personnel pour emménager dans une petite maison du passage Nanxio, au numéro 53. Elle est coincée entre la onzième et la douzième rue de Dongsi, dans le quartier est de Pékin, à une centaine de mètres de l'ancienne résidence de Liang Quichao, l'un des membres du mouvement réformiste de 1898, dont les appels à la modernisation mirent l'impératrice Cixi dans une telle rage qu'il dut s'enfuir du pays et passer quatorze ans en exil. Devant la porte de sa demeure, un vieux caroubier a poussé en vrille dans un minuscule espace serré entre le mur et un poteau télégraphique. Ma maison s'élève au fond d'une étroite impasse, à une vingtaine de mètres de ce passage Nanxiao. Celui-ci est tout juste assez large pour que deux bus puissent se croiser sans se toucher. À huit heures du matin et à quatre heures de l'après-midi, le passage s'emplit de tant de monde et de bicyclettes que plus personne ne peut avancer.
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  • Par Woland, le 05/05/2010

    La Mendiante de Shigatze de Ma Jian

    [...] ... La famille du défunt garde le cadavre sous son toit trois jours durant ; puis le mort est acheminé à dos d'homme jusqu'au cimetière céleste. Pendant le trajet, le porteur ne doit, à aucun moment, regarder en arrière ; à la sortie du village et à chaque carrefour, on brise une jarre d'argile rouge pour empêcher l'âme du mort de revenir tourmenter les vivants. Un maître de cérémonie allume des feux d'encens ; les plus fortunés font venir des lamas qui récitent des mantras pour élever les mérites du défunt jusqu'au royaume de Bouddha. Ils espèrent ainsi obtenir sa réincarnation dans la Roue de la Vie ou la vie éternelle dans le royaume de Bouddha. Le maître de cérémonie procède au dépeçage du cadavre. Ensuite il broie les os avec un marteau de fer pour les réduire en pâte. Quand il s'agit d'os tendres (des os d'enfants, par exemple), il ajoute de la tsampa (= farine d'orge, ordinairement consommée mêlée au thé salé et au beurre de yack) à cette pâte afin de l'épaissir avant de la donner en pâture aux vautours. On reconnaît les morts bouddhistes au signe propitiatoire incisé sur leur poitrine. La remise de la peau du crâne à la famille du mort clôt les funérailles. Les relations avec le défunt se poursuivent ensuite par des dons d'encens et des prières aux bouddhas. ... [...]

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  • Par Woland, le 05/05/2010

    La Mendiante de Shigatze de Ma Jian

    [...] ... Le crâne de Sangsang Dzassi [l'héroïne de la nouvelle] est aujourd'hui entre mes mains. Je l'ai acheté à un homme dont le grand-père, disait-il, avait étudié en son jeune âge la magie au collège de médecine du monastère de Danba. Le crâne de Dzassi était exposé dans la salle des dieux, comme un objet de culte divin. On l'utilisait lors des cérémonies de l'Ultime Aspersion. Cette calotte crânienne transformée en bol a la couleur du cuivre. L'os est fêlé du côté gauche depuis qu'il est tombé par terre, il y a bien longtemps si l'on en juge par la crasse grasse qui s'y est déposée. La scissure de la voûte du crâne a le zigzag d'un électrocardiogramme, ce qui, selon un médecin de mes amis, est caractéristique du crâne d'une femme avant la puberté. Le bord de ce bol fait d'un crâne humain est serti d'un anneau de cuivre et l'intérieur est recouvert d'une feuille de métal.

    Le vendeur m'en demandait cinq cents yuans mais je l'ai obtenu pour cent yuans. Si l'un de vous a des dollars dont il ne sait que faire, nous pouvons peut-être nous entendre, si votre offre me permet de couvrir les frais de ma prochaine expédition dans le Nord-Est ...
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  • Par BMR, le 06/08/2007

    Chemins de poussière rouge de Ma Jian

    "C'est agréable de passer une journée à écrire des lettres. On a l'impression de voyager à travers l'espace."

    "Ma pauvreté me permet de me déplacer aussi librement qu'une feuille au vent, mais, parfois, j'aimerais qu'une pierre me tombe dessus et me cloue au sol."

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  • Par Woland, le 05/05/2010

    La Mendiante de Shigatze de Ma Jian

    [...] ... A l'aube, on enfonça la porte de ma chambre pour m'annoncer que Koula Djouli était coincée en haut du chörten. Tous les occupants du monastère affluèrent vers le sommet de la montagne. Il avait fallu qu'elle mette son plan à exécution ! Elle avait démonté la flèche d'or [qui surmontait le chörten]. Mais le piton de cuivre s'était fiché profondément entre ses cuisses. Cette tige de métal suivait toutes les contorsions qu'elle faisait pour se dégager et enflait sans cesse, elle se cala en elle, lui interdisant tout mouvement.

    La flèche d'or avait atterri sur la terrasse du quatrième étage. Les lamas étaient terrifiés. J'allais chercher une échelle pour me porter au secours de Koula Djouli. Mais, dès que je l'appuyai contre le chörten, elle prit feu. Je dus reculer précipitamment pour ne pas griller. Le chörten grillait comme du métal en fusion. L'abbé arriva à son tour. Il envoya des hommes récupérer la flèche d'or avec des perches. Puis il fit dire un rituel d'exorcisme. Un orage s'abattit aussitôt sur le chörten, qui disparut derrière un écran de fumée. Mais la chaleur redoubla, les gouttes de pluie éclataient comme le tonnerre en touchant le métal. C'était terrifiant. La fumée ne se dissipa qu'au bout de plusieurs jours. Koula Djouli était toujours là-haut. Morte. On sentait encore l'odeur qui émanait de son corps. ... [...]
    > lire la suite

    Citation de qualité ? (2 votes positifs)


  • Par Woland, le 05/05/2010

    La Mendiante de Shigatze de Ma Jian

    [...] ... J'ai tété ma mère jusqu'à l'âge de quatorze ans. Son lait ne s'était pas tari. Mon père avait été tué pendant le soulèvement contre les Chinois. Dans nos steppes, il n'y a pas grand monde, tu verras quand tu y arriveras. A seize ans, j'ai couché avec ma mère. J'avais pourtant l'occasion de fréquenter d'autres femmes quand j'allais au chef-lieu du canton, chaque année pour la Fête du Yaourt ou bien pour faire tondre mes moutons. Mais mes sentiments n'étaient pas clairs. Et puis, je ne pouvais pas me passer de ma mère. Ca la faisait pleurer des fois mais je n'y pouvais rien, elle non plus. J'étais son homme, elle m'avait élevé. Après la mort de mon père, elle ne s'est plus occupée que de moi. Elle n'a jamais eu d'autre homme, pas même un berger de passage.

    Un jour où je me trouvais à Djiwa, j'appris que la lamasserie de Sera allait faire restaurer ses bouddhas en bronze. C'était l'occasion de quitter ma mère et de me rendre à Lhassa.

    A l'époque, ma fille avait déjà neuf ans. Qu'aurait-elle fait si elle avait su que sa mère était également la mienne ? ... [...]
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  • Par Woland, le 05/05/2010

    La Mendiante de Shigatze de Ma Jian

    [...] ... [Sa soeur] s'approcha de lui et lui versa à nouveau du thé chaud dans son bol. Il la regarda.

    - "Déboutonne donc ta chemise. Tu ruisselles de sueur. Il y a beaucoup de femmes [en Chine] ?"

    Il regarda les yeux, puis les lèvres de sa soeur.

    - "Elles ne portent pas la robe tibétaine. Elles se mettent des blue-jeans moulants. Pour dormir, elles enlèvent tout, pas comme nous qui gardons notre tchouba (= manteau en peau de mouton chez les bergers, en feutre garni de parements de fourrure chez les plus riches)."

    Il détourna les yeux. Elle détourna les yeux.

    Autrefois, ils dormaient ensemble. Autrefois, il avait glissé la main à travers la manche de sa soeur jusqu'à toucher les pointes de ses seins. Il avait fourré sa main entre ses cuisses. Elle s'était réveillée, ses cuisses avaient tressailli. Elle avait repoussé sa main et s'était écartée de lui.

    Depuis, il ne pouvait plus regarder une femme sans penser à la steppe. A ce souffle moite et oppressant qui colle à la steppe. ... [...]
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  • Par BMR, le 06/08/2007

    Chemins de poussière rouge de Ma Jian

    "Je me souviens de la légende des collines au Sable chantant. Une armée de guerriers impériaux campait une nuit dans le désert et une soudaine tempête de sable les enterra vivants. On raconte que, si le vent souffle dans la bonne direction, on peut entendre les fantômes des soldats hurler à l'intérieur des dunes."

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