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Par nba75, le 09/05/2013
Brothers de
Yu Hua
"- Soit tranquille, maman, je veillerai sur Li Guangtou toute ma vie. S'il ne me reste qu'un bol de riz, il sera pour lui, et s'il ne me reste qu'une chemise, elle sera pour lui aussi.
Li Lan, en larmes, secoua la tête :
- S'il ne reste qu'un bol de riz, vous le partagerez, et s'il ne reste qu'une chemise, vous la porterez à tour de rôle..."
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Par litolff, le 04/01/2012
Brothers de
Yu Hua
Une bicyclette Forever, qu'est-ce-que c'était ? A l'époque, l'équivalent d'une Mercedes ou d'une BMW, et notre district n'en touchait que trois par an. En ce temps-là, même quand on en avait les moyens financiers, on ne pouvait pas s'en procurer une neuve.
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Par litolff, le 31/12/2011
Brothers de
Yu Hua
Sois tranquille Maman : s'il ne me reste qu'un bol de riz, il sera pour Li Guantou, et s'il ne me reste qu'une chemise, elle sera pour lui aussi.
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Par gridou, le 29/10/2010
Brothers de
Yu Hua
Li Guantou, un nabab de chez nous, au bourg des Liu, avait conçu l'idée insensée de dépenser 20 millions de dollars rien que pour s'acquitter du droit d'aller faire du tourisme dans l'espace à bord d'un vaisseau Soyouz. Assis sur la lunette de ses toilettes en plaqué or, dont la renommée avait franchi les limites de nos murs, il imaginait déjà, les yeux clos, sa vie future de vagabond intersidéral lancé sur orbite: dans le silence insondable, il se penchait en avant et voyait la surface magnifique de la Terre se dérouler progressivement.
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Par BMR, le 03/09/2008
Brothers de
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[...] Avant de quitter le bourg des Liu pour prendre son deuxième envol, Li Guangtou se rendit comme l'autre fois à la boutique de dim sum de la mère Su pour y manger des petits pains farcis à la viande. Tout en mastiquant, il sortit son passeport de sa veste râpée et le montra à la mère Su pour élargir son horizon. La mère Su prit le document avec curiosité, l'examina sous toutes les coutures et, comparant la photo du passeport avec l'individu qu'elle avait sous les yeux, elle remarqua :
- On dirait vraiment que le type sur la photo c'est toi.
- Comment ça, on dirait ? mais c'est moi, répliqua Li Guangtou.
La mère Su n'arrivait pas à détacher ses yeux du passeport :
- Et avec ça, tu peux sortir de Chine et aller au Japon ? s'étonna-t-elle.
- Évidemment, répondit Li Guangtou, qui reprit son passeport des mains de la mère Su : Tu as les mains grasses.
La mère Su, confuse, s'essuya les mains sur son tablier, et Li Guangtou frotta le passeport avec sa manche râpée pour en effacer les taches de gras.
- Tu vas aller au Japon habillé comme ça ? demanda la mère Su en regardant les vêtements râpés de Li Guangtou...
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Par Taltan, le 28/08/2011
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Li Guangtou passa à l’offensive et, dès l’après-midi, ses troupes étaient sous les murs de la ville. Flanqué de ses quatorze fidèles boiteux, idiots, aveugles et sourds, il arpenta les rues de notre bourg des Liu, et les nombreux spectateurs qui assistèrent à cette joyeuse parade s’en firent mal au ventre et s’éraillèrent la voix de rire. Li Guangtou, craignant que les deux boiteux, qui se déplaçaient trop lentement, ne se laissent distancer, les avait placés en tête de cortège. Si bien que toute la troupe des soupirants était sans arrêt gênée dans sa progression, et qu’elle avançait en ordre dispersé. Les deux boiteux qui ouvraient la marche penchaient l’un à gauche, l’autre à droite, et au bout d’un moment le premier se retrouva à l’extrême gauche de la rue, et le second à l’extrême droite. De sorte que les trois idiots qui venaient derrière ne savaient pas qui suivre, effectuant quelques pas vers la gauche pour se rabattre immédiatement vers la droite. Bras dessus, bras dessous, ils faisaient bloc, et comme ils oscillaient continuellement de gauche à droite et de droite à gauche, les quatre aveugles qui les suivaient en se guidant avec leur perche de bambou se cognèrent violemment contre eux et tombèrent par terre. Quand ils se furent relevés, un seul continua à avancer, deux autres partirent en sens inverse, et le dernier se dirigea vers le côté de la rue où il fut arrêté par un platane […] Li Guangtou ne savait plus où donner de la tête. A peine avait-il ramené les deux aveugles repartis en arrière que celui qui marchait dans la bonne direction fut une nouvelle fois renversé par les trois boiteux tandis que le quatrième, à côté de son platane, continuait à appeler au secours. […] Ce fut notre spectacle curieux d’aujourd’hui et d’autrefois. Les gens couraient pour se faire part de la nouvelle […] Dans les magasins, les vendeurs avaient sollicité une autorisation de sortie, et dans les usines un nombre encore plus grand d’ouvriers s’étaient éclipsés. La foule grossissait dans la rue. Les masses de notre bourg des Liu jouaient des coudes, et telles des ondes qui se forment autour des tourbillons ils entouraient la troupe des soupirants de Li Guangtou...
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Par Taltan, le 28/08/2011
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Les six brassards rouges un peu requinqués se ruèrent sur Song Fanping et le plaquèrent au sol. Song Fanping ne résistait plus et il commença à demander grâce. Lui qui ne se soumettait jamais, à présent il aurait tant voulu continuer à vivre. Rassemblant ses dernières forces, il s'agenouilla. Alors, crachant le sang à pleine bouche, soutenant de sa main droite son ventre d'où le sang s'échappait à flots, il supplia en pleurant les six brassards rouges de ne plus le frapper. Ses larmes étaient mêlées de sang. Il sortit de sa poche la lettre de Li Lan, et bien que son bras gauche disloqué fût devenu raide il réussit tout de même à l'ouvrir. Il voulait leur prouver qu'il ne songeait nullement à s'enfuir.
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Par feanora, le 16/05/2012
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Les enfants s’exclamèrent. C'était la première fois qu'ils allaient manger un bonbon mou, parfumé à la crème....
Li Guangtou Et Song Gang placèrent un bonbon dans leur bouche, ils le sucèrent lentement, croquèrent dedans lentement, avalèrent leur salive lentement. leur salive était aussi sucrée que le bobon, aussi parfumée que le lait.
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Par litolff, le 04/01/2012
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La morale de l'époque était rigide et conservatrice : quand un garçon et une fille avaient couché ensemble, ils perdaient instantanément de leur valeur et n'étaient plus négociables que sur le marché de l'occasion.
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Par feanora, le 16/05/2012
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Au même moment arrivait le cortège le plus long que notre bourg des Liu eût jamais connu. Il s'étirait d'une extrémité de la rue à l'autre, et les drapeaux rouges étaient aussi nombreux que les poils sur le cuir d'une vache...l
Les deux enfants se retournèrent et virent Song Ping. Il portait un chapeau pointu en papier et avait une pancarte sur la poitrine sur laquelle étaient inscrits les mots"Dizhu Song Fanping". (propriétaire foncier Song Ping)
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