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Par Eric75019, le 13/05/2013
Le chantier de
Mo Yan
Le garçon s'avance vers l'homme de haute taille qui accourt effaré. Quand ils sont à un pas de distance l'un de l'autre, le garçon tend la main et se présente : « Je suis Gao Xiangyang, chef de la brigade de diffusion de la pensée de Mao Zedong de l'école primaire de Masang, vice-président du comité révolutionnaire de cette même école. »
L'autre reste interloqué un moment avant de reprendre ses esprits. Il se penche, tend ses grosses mains, prend la menotte du gamin dans les siennes, la secoue fortement et dit tout sourire : « Responsable Gao, chef de brigade Gao, pardonnez-moi de n'avoir pas pu vous accueillir moi-même.
- C'est toi le responsable ? demande Gao Xiangyang qui le regarde de travers, fourrant ses mains dans les poches.
- Oui, oui, c'est moi. Le commandant Guo m'a nommé chef de la brigade de voirie par intérim.
- T'appelles ? demande sèchement le gamin.
- Yang, Yang Liujiu.
- Chef de brigade Yang, je représente le comité révolutionnaire de l'école primaire Masang et viens prêcher la pensée de Mao Zedong aux camarades travailleurs civils révolutionnaires. Tu voudras bien prendre des dispositions pour qu'ils assistent à une représentation.
- Camarades travailleurs civils révolutionnaires, dit Yang Liujiu, approchez ! Vous allez assister au spectacle donné par les petits généraux révolutionnaires. »
Les ouvriers s'approchent sans grand enthousiasme.
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Par Nanouxy, le 12/03/2012
Le supplice du santal de
Mo Yan
Mieux vaut rester ignorant de certaines choses, trop savoir est source de tracas.
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Par Nanouxy, le 11/03/2012
Le supplice du santal de
Mo Yan
"Mieux vaut vivre intensément trois jours durant que végéter un millénaire comme un gland."
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Par mariech, le 09/01/2013
Le Veau - Le Coureur de fond de
Mo Yan
Le jour où le camion arriva , nous étions joyeux comme si c'était le Nouvel-An . dans le village , à part Lei Pibao qui était en terminale , personne n'avait encore jamais vu de camion ;
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Par Nanouxy, le 14/03/2012
Le supplice du santal de
Mo Yan
Je t'aime avec impudence, pour toi je me moque de la bienséance,je n'ai ni ambition ni horizon, mes jambes ne m'obéissent plus, et encore moins mon coeur. Pour toi, j'oserais escalader une montagne de couteaux, me jeter dans une mer en feu, alors pourquoi me soucierais-je des qu'en-dira-t-on ?
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Par le_Bison, le 23/10/2012
Le maître a de plus en plus d'humour de
Mo Yan
C’était déjà le coucher de soleil quand insensiblement ses pas le menèrent sur la petite colline derrière l’Usine de fabrication de machines agricoles. Le soleil rouge sang irisait de milles couleurs la surface de l’eau du lac artificiel en bas de la colline. Sur le chemin qui faisait le tour du lac, des hommes et des femmes se promenaient tranquillement en couple. Il avait travaillé tout près des dizaines d’années, mais il n’était jamais monté une seule fois sur cette hauteur et s’était encore moins promené autour du lac. Durant tout ce temps, sa vraie famille avait été l’usine, et, derrière ses dizaines de diplômes d’honneur, il y avait des seaux et des seaux de sueur. Il tourna son regard vers son usine, les ateliers d’ordinaire en pleine effervescence étaient à l’abandon, les bruits de coups de marteau sur le métal n’étaient plus qu’un rêve du passé, la cheminée qui avait craché sa fumée noire pendant des années ne fumait plus, sur les terrains vides aux alentours s’entassaient des canettes défectueuses et des moissonneuses rouillées. Derrière la petite cantine s’empilaient des bouteilles d’alcool...
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Par Nanouxy, le 13/03/2012
Le supplice du santal de
Mo Yan
Selon ce qu'avait dit le maître, le supplice du dépeçage, dans les temps anciens, exigeait que les morceaux fussent alignés sur la table et, à la fin, le fonctionnaire chargé de contrôler l'exécution du châtiment devait, accompagné de la famille du supplicié, s'avancer pour les compter; un morceau en plus ou en moins était considéré comme une entorse au decret impérial.
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Par ballad, le 28/02/2013
Grenouilles de
Mo Yan
De son vivant, ma mère nous avait souvent répété : « Les mains de ta tante ne sont pas des mains ordinaires ; Les mains du commun sont parfois moites, celles de la tante sont toujours identiques en toutes saisons : molles, fraîches, molles mais non flasques, un peu… comment dire… »
Mon frère aîné qui avait de l’instruction intervenait :
« Un peu comme si une aiguille était cachée dans de l’ouate, non ? Une main de fer dans un gant de velours ?
- C’est tout à fait cela, répondait notre mère, la froideur de ses mains n’est pas celle d’un glaçon, c’est, c’est… »
Les connaissances de mon frère aîné venaient de nouveau au secours de notre mère :
« C’est un froid extérieur qui correspond à une chaleur interne, comme celui de la soie, d’un jade précieux.
- Tout à fait, c’est tout à fait cela, acquiesçait notre mère, à peine ses mains se posent-elles sur le corps d’une patiente que la maladie recule déjà des deux tiers »
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Par litolff, le 07/03/2013
Grenouilles de
Mo Yan
A la fin de 1965, l'augmentation brutale de la population inquiéta les autorités. On assista à la première vague du planning familial depuis la création de la nouvelle Chine. Le gouvernement lança le slogan suivant : "Un ce n'est pas peu, deux c'est ce qu'il faut, trois c'est un de trop."
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Par Villoteau, le 05/02/2013
La belle à dos d’âne sur la route de Chang'an de
Mo Yan
En levant les yeux vers le chien, il aperçut soudain, à côté du pilier en face de lui, une femme vêtue d' une longue robe vert sombre. Il alluma encore une fois son briquer, avec les jappements du chien derrière lui, observant attentivement la femme qui se tenait à seulement trois mètres de lui.
Vêtue d'une robe longue de bonne facture, elle était drapée d'un châle blanc à grosses mailles, sale, dont les franges emmêlées formaient des noeuds. Ses petites chaussures de cuir marron, bien que maculées de boue, semblaient de bonne qualité, d'une sobriété raffinée, comme celles que portaient les aristocrates décrites par Tolstoï.
Elle paraissait très jeune encore, vingt-cinq ans tout au plus. Dotée d'un visage allongé, pâle, délicat, elle avait de grands yeux au regard triste et profond, un nez fin et saillant légèrement carré du bout, un sillon labial très court surmontant une large bouche vermeille. Ses cheveux bleu clair, lustrés, tombaient sur ses épaules. En réalité, les traits évoqués ici, Wang le quatrième ne pouvait les distinguer aussi bien.
A la lueur de son briquet, ce qui s'offrait à son regard et suscitait en lui une effervescence indicible, c'était le bouquet de fleurs que la femme tenait dans ses bras. Ce bouquet aux tiges vert émeraude s'ornait de grosses fleurs épaisses de couleur pourpre aux feuilles et aux pétales luisants, qui paraissaient avoir été coupées sous la rosée. Wang le quatrième, qui n'avait pas beaucoup de connaissances en matière de botanique devina aux épines roses qui hérissaient les tiges qu'il s'agissait de roses de Chine ou de roses ordinaires.
Le bouquet se composait d'une dizaine de tiges couronnées de sept ou huit fleurs grosses comme le poing, de quatre ou cinq fleurs mi-closes et de boutons gros comme un oeuf de poule.
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