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Par Malaura, le 14/02/2012
Poésies de
Marceline Desbordes-Valmore
Vous aviez mon cœur,
Moi, j’avais le vôtre :
Un cœur pour un cœur ;
Bonheur pour bonheur!
Le vôtre est rendu,
Je n’en ai plus d’autre,
Le vôtre est rendu,
Le mien est perdu!
La feuille et la fleur
Et le fruit lui-même,
La feuille et la fleur,
L’encens, la couleur :
Qu’en avez-vous fait,
Mon maître suprême ?
Qu’en avez-vous fait,
De ce doux bienfait ?
Savez-vous qu’un jour
L’homme est seul au monde ?
Savez-vous qu’un jour
Il revoit l’amour ?
Vous appellerez,
Sans qu’on vous réponde ;
Vous appellerez,
Et vous songerez !…
Vous viendrez rêvant
Sonner à ma porte;
Ami comme avant,
Vous viendrez rêvant.
Et l’on vous dira :
«Personne !… elle est morte.»
On vous le dira ;
Mais qui vous plaindra ?
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Par marina53, le 22/12/2012
Poésies de
Marceline Desbordes-Valmore
Quand je me sens mourir du poids de ma pensée,
Quand sur moi tout mon sort assemble sa rigueur,
D'un courage inutile affranchie et lassée,
Je me sauve avec toi dans le fond de mon cœur !
Tu grondes ma tristesse, et, triste de mes larmes,
De tes plus doux accents tu me redis les charmes :
J'espère ! ... car ta voix, plus forte que mon sort,
De mes chagrins profonds triomphe sans effort.
Je ne sais ; mais je crois qu'à tes regrets rendue,
Dans ces seuls entretiens tu m'as tout entendue.
Tu ne dis pas : « Ce soir ! » Tu ne dis pas : « Demain ! »
Non, mais tu dis : « Toujours ! » en pleurant sur ma main.
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Par marina53, le 28/02/2013
Poésies de
Marceline Desbordes-Valmore
Cache-les dans ton cœur, toi dont le cœur pardonne,
Ces bouquets imprudents qui fleurissaient en moi ;
C'est toute une âme en fleur qui s'exhale vers toi ;
Aux autres, je l'entr'ouvre : à toi, je te la donne.
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Par marina53, le 05/12/2012
Elegies, Marie et Romances, par Mme Marceline Desbordes -Valmore de
Marceline Desbordes-Valmore
Vous demandez si l'amour rend heureuse ;
Il le promet, croyez-le, fût-ce un jour.
Ah ! pour un jour d'existence amoureuse,
Qui ne mourrait ? la vie est dans l'amour.
(...)
Sans lui, le coeur est un foyer sans flamme ;
Il brûle tout, ce doux empoisonneur.
J'ai dit bien vrai comme il déchire une âme :
Demandez-donc s'il donne le bonheur !
Vous le saurez : oui, quoi qu'il en puisse être,
De gré, de force, amour sera le maître ;
Et, dans sa fièvre alors lente à guérir,
Vous souffrirez, ou vous ferez souffrir.
Dès qu'on l'a vu, son absence est affreuse ;
Dès qu'il revient, on tremble nuit et jour ;
Souvent enfin la mort est dans l'amour ;
Et cependant... oui, l'amour rend heureuse !
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Par Cularo, le 18/06/2013
Marceline Desbordes-Valmore
N'écris pas! Je suis triste,et je voudrais m'éteindre;
Les beaux étés,sans toi,c'est l'amour sans flambeau.
J'ai refermé mes bras qui ne peuvent t'atteindre;
Et,frapper à mon coeur,c'est frapper au tombeau.
N'écris pas!
N'écris pas!N'apprenons qu'à mourir à nous-mêmes.
Ne demande qu'à Dieu...qu'à toi si je t'aimais.
Au fond de ton silence écouter que tu m'aimes
C'est entendre le ciel sans y monter jamais.[Les Séparés]
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Par marina53, le 20/12/2012
Poésies de
Marceline Desbordes-Valmore
Amour, divin rôdeur, glissant entre les âmes,
Sans te voir de mes yeux, je reconnais tes flammes.
Inquiets des lueurs qui brûlent dans les airs,
Tous les regards errants sont pleins de tes éclairs...
C'est lui ! Sauve qui peut ! Voici venir les larmes !...
Ce n'est pas tout d'aimer, l'amour porte des armes.
C'est le roi, c'est le maître, et, pour le désarmer,
Il faut plaire à l'Amour : ce n'est pas tout d'aimer !
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Par manU17, le 18/04/2013
Poésies de
Marceline Desbordes-Valmore
INES
Je ne dis rien de toi, toi, la plus enfermée,
Toi, la plus douloureuse, et non la moins aimée !
Toi, rentrée en mon sein ! je ne dis rien de toi
Qui souffres, qui te plains, et qui meurs avec moi !
Le sais-tu maintenant, ô jalouse adorée,
Ce que je te vouais de tendresse ignorée ?
Connais-tu maintenant, me l'ayant emporté,
Mon coeur qui bat si triste et pleure à ton côté ?
1850
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Par marina53, le 27/11/2012
Elegies, Marie et Romances, par Mme Marceline Desbordes -Valmore de
Marceline Desbordes-Valmore
Adieu, douce pensée,
Image du plaisir !
Mon âme est trop blessée,
Tu ne peux la guérir.
L'espérance légère
De mon bonheur
Fut douce et passagère,
Comme ta fleur.
Rien ne me fait envie,
Je ne veux plus te voir.
Je n'aime plus la vie,
Qu'ai-je besoin d'espoir ?
En ce moment d'alarme
Pourquoi t'offrir ?
Il ne faut qu'une larme
Pour te flétrir.
Par toi, ce que j'adore
Avait surpris mon cœur ;
Par toi, veut-il encore
Égarer ma candeur ?
Son ivresse est passée ;
Mais, en retour,
Qu'est-ce qu'une pensée
Pour tant d'amour ?
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Par manU17, le 03/04/2013
Poésies de
Marceline Desbordes-Valmore
SOUVENIR
Quand il pâlit un soir, et que sa voix tremblante
S'éteignit tout à coup dans un mot commencé ;
Quand ses yeux soulevant leur paupière brûlante,
Me blessèrent d'un mal dont je le crus blessé ;
Quand ses traits plus touchants, éclairés d'une flamme
Qui ne s'éteint jamais,
S'imprimèrent vivants dans le fond de mon âme ;
Il n'aimait pas, j'aimais !
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Par marina53, le 18/11/2012
Elegies, Marie et Romances, par Mme Marceline Desbordes -Valmore de
Marceline Desbordes-Valmore
Ne t'en va pas, reste au rivage ;
L'amour le veut, crois-en l'amour.
La mort sépare tout un jour :
Tu fais comme elle ; ah ! quel courage !
Vivre et mourir au même lieu,
Dire : « Au revoir ! », jamais : « Adieu ! »
Quitter l'amour pour l'opulence !
Que faire seul avec de l'or ?
Si tu reviens, vivrai-je encor ?
Entendras-tu dans mon silence ?
Vivre et mourir au même lieu,
Dire : « Au revoir ! », jamais : « Adieu ! »
Leur diras-tu : « Je suis fidèle ! »
Ils répondront : « Cris superflus,
Elle repose, et n'entend plus.
Le ciel du moins eut pitié d'elle ! »
Vivre et mourir au même lieu,
Dire : « Au revoir ! », jamais : « Adieu ! »
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