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Par Marilee, le 19/02/2010
Disparition de
Martha Grimes
- Revenons-en à l'amour. Vous avez dit que vous ne l'aimiez pas assez. Comment l'avez-vous compris à la fin ?
L'espace d'un instant, Vernon fixa le fond de son verre. Puis il se laissa glisser sur le sofa et regarda le plafond.
- Parce que quand elle partait en voyage, elle ne me manquait pas. Parce que je supportais son absence. Parce que je n'avais pas nécessairement envie de la toucher chaque fois que je la voyais. Parce que je n'avais pas une envie furieuse de lui acheter des fleurs chaque fois que je passais devant la boutique d'un fleuriste. Parce que que je ne la cherchais pas du regard dans la rue. Parce qu'elle n'étais pas dans ma tête chaque fois que je relevais mes yeux d'un rapport de la bourse. Parce qu'elle ne me donnait pas l'impression de planer. Parce qu'elle n'enflammait pas mon imagination. Elle ne me faisait pas oublier la tristesse du passé, comme dit la chanson. Parce qu'elle ne me faisait pas presque souhaiter qu'elle disparaisse pour pouvoir la retrouver.
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Par Piling, le 10/08/2008
Première phrase du livre
Le jeu de la vérité de
Martha Grimes
incipit :
- "Poète, tué par une rose"... Il a dû se piquer à une épine ou un truc comme ça. Qui ça peut être, à votre avis ?
Richard Jury releva les yeux vers l'inspecteur Wiggins.
- Rilke. C'est quoi ? Des mots croisés ? Si ma mémoire est bonne, la réponse est Rilke.
Jury était occupé à lire un rapport médico-légal pendant que Wiggins, assis derrière son bureau à l'autre bout de la pièce, imaginait de nouveaux moyens de mourir toujours plus ésotériques. Décidément, constata Jury pour la énième fois, la mort était une véritable obsession chez lui. Du moins les maladies mortelles. A l'entendre, Wiggins les avait toutes.
- Rilke ?
Wiggins compta les cases.
- Oui, ça colle. Avec une telle culture, vous pourriez être le roi des mots croisés, monsieur.
Il servit le thé.
- C'est tout ce que je sais, répondit Jury.
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Par Piling, le 19/08/2008
Première phrase du livre
Disparition de
Martha Grimes
incipit :
De loin, le cheval paraissait d'un blanc pur mais, de plus près, on se rendait compte que c'était un ton étouffé, plus proche de la couleur d'une aube hivernale, un blanc ombré, presque bleuté, comme de la neige.
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Par Piling, le 17/07/2008
Première phrase du livre
L'inconnue de la crique de
Martha Grimes
incipit :
Johnny, qui n'avait pas quitté sa casquette de chauffeur de taxi - Tiens, pourquoi ne pas la mettre dans le numéro, ce serait tellement inattendu de la part d'un magicien ! -, manipulait les cartes sur la table de jeu. Il tirait sans cesse la dame de coeur, à croire qu'elle remontait d'elle-même sur le dessus du paquet.
C'était d'une simplicité enfantine, Johnny ne comprenait pas que les gens ne devinent pas le tour. La magie s'apparente à un meurtre, ou plutôt aux préparatifs d'un meurtre : tout est dans le détournement d'attention. On laisse apparaître des indices pendant qu'on attire l'attention ailleurs. Regardez les magiciens. Ils ne quittent pas leur main gauche des yeux, pour inciter le public à faire de même, et leur main droite est ainsi libre d'agir dans la coulisse.
Johnny ferma les yeux et s'accouda à la table de jeu. Hormis la mâle dans l'alcôve, derrière lui, la table était le seul meuble intéressant du cottage. Sa tante Chris en avait hérité, avec d'autres biens, de sa propre tante. C'était une grande table ronde recouverte de feutre vert et équipée de petits tiroirs dans lesquels on rangeait les cartes, les jetons ou ce qu'on voulait.
Johnny recommença à polir la carte biseautée. Il la remit dans le paquet, l'effleura du pouce puis battit le jeu et rechercha la cassure. Une carte biseautée, une astuce pour de multiples tours.
Chris ressemblait beaucoup à sa mère. Ils se ressemblaient et, en même temps, ne se ressemblaient pas. Sa mère avait disparu depuis des années. Son père était mort.
C'est la vie, se dit Johnny en glissant le roi de trèfle sur le dessus. En un dixième de seconde, la vie peut déraper brutalement.
Il suffit de tourner la tête et elle vous échappe.
Un battement de cils, elle est passée.
Un clin d'oeil, elle n'est plus là.
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Par Piling, le 07/08/2008
Première phrase du livre
Le meurtre du lac de
Martha Grimes
incipit :
Le vent souffle et m'oppresse, l'air est pesant, quasi palpable. Pour faire ce soir les huit cents mètres jusqu'au lac, j'ai dû lutter contre ce poids posé sur moi come un manteau de neige.
Voilà une heure que je suis assise sur ce muret moussu, mais je ne distingue pas la maison des Devereau, pas même la moindre lueur. Le printemps a épaissi les bois ; noirs comme l'encre répandue sur la page que je suis en train de lire, ils m'empêchent de voir l'autre rive du lac. Cette fois, j'ai apporté un livre ; j'ai l'intention d'attendre, même si je ne crois pas qu'il reviendra.
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Par joedi, le 13/06/2011
Ce que savait le chat de
Martha Grimes
Le plus difficile, quand on vieillit, ce n'est pas le manque d'argent ni la maladie, c'est la solitude. Les gens oublient que vous existez.
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Par joedi, le 12/06/2011
Ce que savait le chat de
Martha Grimes
Il se tourna vers la fenêtre, aperçut de l'herbe au loin et songea qu'elle aurait dû être enfouie sous la neige. La neige effaçait les contours des choses, de même que le drap qui couvrait les épaules de Lu effaçait les contours de son corps.
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Par joedi, le 12/06/2011
Ce que savait le chat de
Martha Grimes
- J'étais sûre de vous trouver là, dit Phyllis. J'arrive de l'hôpital. Désolée, Richard, mais Lu Aguilar est entrée dans le coma ce matin.
Jury la regarda, attéré en partie par cette nouvelle, et en partie par sa propre réaction. Dans cette fraction de seconde qui suit l'annonce d'un malheur arrivé à quelqu'un d'autre, où l'égoïsme et l'insensibilité prennent le pas sur l'image de bonté et de sollicitude que nous entendons donner de nous-mêmes, il avait éprouvé du soulagement. Il se leva d'un bond, résolu à effacer cet instant de sa conscience.
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Par joedi, le 12/06/2011
Ce que savait le chat de
Martha Grimes
"Elle ne souhaite pas être maintenue en vie artificiellement."
A présent, Jury ne voyait plus que du blanc autour de lui, comme s'il avait été projeté dans une contrée polaire. Blancs, les couloirs, les murs, les draps, le visage de Lu.
Un silence absolu régnait dans la chambre, à peine troublé par les bips réguliers des écrans et des machines.
La main de Lu était aussi froide que du marbre. Durant une seconde, il la crut morte et faillit céder à la panique, puis il approcha son visage du sien et perçut un souffle frêle.
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Par Piling, le 20/07/2008
Première phrase du livre
Les cloches de Whitechapel de
Martha Grimes
incipit :
Qu'imaginer d'autre que de se faire trancher la gorge ?