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Par TRIEB, le 01/08/2011
La modification de
Michel Butor
ce voyage devrait être une libération, un rajeunissement, un grand nettoyage de votre corps et de votre tête;ne devriez-vous pas en ressentir déjà les bienfaits et l'exaltation?
Mais n'est-ce pas justement pour parer à ce risque dont vous n'aviez que trop conscience que vous avez entrepris cette aventure, n'est-ce pas vers la guérison de toutes ces premières craquelures avant-coureuses du vieillissement que vous achemine cette machine vers Rome où vous attendent quel repos et quelle réparation ?
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Essais sur les essais de
Michel Butor
Etant donné le nombre énorme de citations que comportent les Essais, des emprunts que les historiens de plus en plus avertis réussissent à déceler sous les passages apparemment les plus personnels, il est clair qu'en faisant un montage d'extraits de son ouvrage on réussira à lui faire dire les choses les plus différentes, à nous proposer un Montaigne stoïcien, pyrrhonien, épicurien, chrétien.
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Par LaLo, le 10/02/2011
La modification de
Michel Butor
Vous recommencez à jouer à ce jeu qui vous est familier, donner un nom à chacun de vos compagnons de voyage [...]. Quant au jeune couple, non, pas d'allusions littéraires, simplement Pierre et, voyons, Cécile est exclu, mais Agnès conviendrait très bien, Sant'Agnese in Agone, l'église de Borromini sur la piazza Navona.
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Par brigetoun, le 05/12/2009
Mobile de
Michel Butor
En 1855, le chef indien Seattle, qui donna son nom à la plus importante cité du Washington, autrefois nommé New York, déclara aux négociateurs européens : "Toutes les parcelles de ce sol sont sacrées... Toute colline, vallée, ou plaine, tout bois a été sanctifié par quelque événement glorieux ou horrible autrefois. Même les rocs qui semblent muets et morts quand ils cuisent dans le soleil, tremblent d'événements extraordinaires liés à la vie de mon peuple... Quand les enfants de vos enfants s'imagineront seuls dans les champs, les boutique, sur les routes ou dans les forêts en silence, ils ne le seront nullement... La nuit, lorsque tout bruit aura cessé dans les rues de vos villages, et que vous les croirez désertes, elles grouilleront de la foule de ceux qui ont vécu là autrefois, fidèles à ce sublime lieu. Jamais l'homme blanc n'y sera seul."
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La modification de
Michel Butor
[ Incipit ]
Vous avez mis le pied gauche sur la rainure de cuivre, et de votre épaule droitre vous essayez en vain de pousser un peu plus le panneau coulissant.
Vous vous introduisez par l'étroite ouverture en vous frottant contre ses bords, puis, votre valise couverte de granuleux cuir sombre couleur d'épaisse bouteille, votre valise assez petite d'homme habitué aux longs voyages, vous l'arrachez par sa poignée collante, avec vos doigts qui se sont échauffés, si peu lourde qu'elle soit, de l'avoir portée jusqu'ici, vous la soulevez et vous sentez vos muscles et vos tendons se dessiner non seulement dans vos phalanges, dans votre paume, votre poignet et votre bras, mais dans votre épaule aussi, dans toute la moitié du dos et dans vos vertèbres depuis votre cou jusqu'aux reins.
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Michel Butor
Si nous inventons une nouvelle façon de parler des choses, nous transformons les choses.
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Par ballad, le 20/10/2011
Passage de Milan de
Michel Butor
"Ce vrombissement doux semblable à celui des chauve-souris, c'est une automobile paresseuse qui s'en va, disant velours velours, ainsi que j'implorais le sommeil dans mon enfance, mon rosaire d'alors."
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Par LaLo, le 10/02/2011
La modification de
Michel Butor
Vous avez mis le pied gauche sur la rainure de cuivre, et de votre épaule droite vous essayez en vain de pousser un peu plus le panneau coulissant.
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Par brigetoun, le 25/11/2010
L'emploi du temps de
Michel Butor
quand à la blancheur de cette feuille, c'est encore une épaisse couche de peinture comme celle de ce rectangle, au dos du livre que j'ai sous les yeux, au dos du livre que j'ai acheté en plein hiver dans une librairie d'occasion de Chapel Street ; mais ce qu'elle recouvre c'est un miroir, cette épaisse couche de peinture que ma plume gratte, telle une pointe de couteau, que ma plume fait s'écailler, telle une flamme de chalumeau, pour me révéler peu à peu, au travers de toutes ces craquelures que sont mes phrases, mon propre visage dont mes malheurs et mon acharnement lavent peu à peu le noyau de quartz hyalin, mon propre visage et le tien derrière lui, Bleston, le tien miné de guerre intime, le tien qui transparaîtra de plus en plus fortement, au point que l'on ne distinguera plus pour ainsi dire, de moi-même, que le brillement des iris autour des pupilles, et celui des dents autour de la langue, le tien se consumant enfin dans son incandescence amplifiée, cette blancheur que je dénonce, semblable au silence du dormeur que lézarde après coup le souvenir de ses rêves.
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Par brigetoun, le 25/11/2010
L'emploi du temps de
Michel Butor
programme que j'ai suivi je ne sais combien de soirs sans autres résultat, rôdant à la surface de la ville comme une mouche sur un rideau, que de commencer à me familiariser avec son réseau compliqué de transports, avec les noeuds majeurs des canaux de sa terne lymphe, bière étendue d'eaux de lavage, de sa lasse foule somnambule aux corps de boue blanchâtre ou lilas, de telle sorte que, peu à peu, ma malchance m'a paru l'effet d'une volonté mauvaise, toutes ces propositions des mensonges, et qu'il m'a fallu de plus en plus lutter contre l'impression que mes démarches étaient condamnées d'avance, que je tournais autour d'un mur, mystifié par des portes en trompe-l'oeil ou des personnages en trompe-l'oeil.
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