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Par Bruno_Cm, le 20/05/2013
Les gommes de
Alain Robbe-Grillet
On peut même dire qu'il ne faisait que ça, commettre des erreurs. Mais en fin de compte c'était encore lui qui avait raison : son erreur était seulement de croire tout le monde aussi raisonnable que lui.
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Par Bruno_Cm, le 20/05/2013
Les gommes de
Alain Robbe-Grillet
D'une façon générale on l'a peu aimé, du reste, Evelyne... Ce n'est d'ailleurs pas pour ça qu'il se tue. Qu'on l'ait peu aimé, ça lui est égal. Il se tue pour rien - par lassitude.
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Par Bruno_Cm, le 19/05/2013
Les gommes de
Alain Robbe-Grillet
- Quand vous m'avez annoncé qu'il était mort, tout à l'heure, ça m'a fait un effet bizarre. Je ne sais pas comment vous dire... Quelle différence pourrait-il y avoir entre Daniel vivant et Daniel mort ? Il était si peu vivant déjà... Ce n'est pas qu'il ait manqué de personnalité, ou de caractère... Mais il n'a jamais été vivant.
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Par Silexame, le 29/03/2012
Les gommes de
Alain Robbe-Grillet
Dans la pénombre de la salle de café le patron dispose les tables et les chaises, les cendriers, les siphons d’eau gazeuse ; il est six heures du matin.
Il n’a pas besoin de voir clair, il ne sait même pas ce qu’il fait. Il dort encore. De très anciennes lois règlent le détail de ses gestes, sauvés pour une fois du flottement des intentions humaines ; chaque seconde marque un pur mouvement : un pas de côté, la chaise à trente centimètres, trois coups de torchon, demi-tour à droite, deux pas en avant, chaque seconde marque, parfaite, égale, sans bavure. Trente et un. Trente-deux. Trente-trois. Trente-quatre. Trente-cinq. Trente-six. Trente-sept. Chaque seconde a sa place exacte.
Bientôt malheureusement le temps ne sera plus le maître. Enveloppés de leur cerne d’erreur et de doute, les événements de cette journée, si minimes qu’ils puissent être, vont dans quelques instants commencer leur besogne, entamer progressivement l’ordonnance idéale, introduire ça et là, sournoisement, une inversion, un décalage, une confusion, une courbure, pour accomplir peu à peu leur oeuvre : un jour, au début de l’hiver, sans plan, sans direction, incompréhensible et monstrueux.
Mais il est encore trop tôt, la porte de la rue vient à peine d’être déverrouillée, l’unique personnage présent en scène n’a pas encore recouvré son existence propre. Il est l’heure où les douze chaises descendent doucement des tables de faux marbres où elles viennent de passer la nuit. Rien de plus. Un bras machinal remet en place le décor.
Quand tout est prêt, la lumière s’allume…
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Par hesperie, le 16/08/2011
La jalousie de
Alain Robbe-Grillet
Sans doute est-ce toujours le même poème qui continue. Si parfois les thèmes s'estompent, c'est pour revenir un peu plus tard, affermis, à peu de choses près identiques. Cependant, ces répétitions, ces infimes variantes, ces coupures, ces retours en arrière, peuvent donner lieu à des modifications -bien qu'à peine sensibles- entraînant à la longue fort loin du point de départ (p.101).
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Par Silexame, le 29/03/2012
Pour un nouveau roman de
Alain Robbe-Grillet
Combien de lecteurs se rappellent le nom du narrateur dans La Nausée ou dans L'Étranger ? Y a-t-il là des types humains ? Ne serait-ce pas au contraire la pire absurdité que de considérer ces livres comme des études de caractère ? Et Le Voyage au bout de la nuit, décrit-il un personnage ? Croit-on d'ailleurs que c'est par hasard que ces trois romans sont écrits à la première personne ? Beckett change le nom et la forme de son héros dans le cours d'un même récit. Faulkner donne exprès le même nom à deux personnes différentes. Quant au K. du Château, il se contente d'une initiale, il ne possède rien, il n'a pas de famille, pas de visage ; probablement même n'est-il pas du tout arpenteur.
On pourrait multiplier les exemples. En fait, les créateurs de personnages, au sens traditionnel, ne réussissent plus à nous proposer que des fantoches auxquels eux-mêmes ont cessé de croire. Le roman de personnages appartient bel et bien au passé, il caractérise une époque : celle qui marqua l'apogée de l'individu.
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Par Zebra, le 21/07/2012
L'année dernière à Marienbad de
Alain Robbe-Grillet
[...] Aussitôt le plan change : contre-champ montrant X exactement de dos et A à demi-détournée. Ils sont alors dans la position respective qu'ils occupaient avant de se tourner vers la gravure, mais les postures ne sont pas tout à fait les mêmes : au lieu de regarder l'un vers l'autre, ils regardent tous les deux vers un troisième personnage apparu entre eux, un peu en retrait par rapport à A (qui se trouve déjà elle-même un peu en retrait par rapport à X, le plus rapproché de l'appareil). Ce personnage, c'est M. Il est dans la pose familière où on l'a vu déjà une ou deux fois : les bras croisés ou quelque chose de ce genre. [...]
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Par annie, le 04/07/2009
La jalousie de
Alain Robbe-Grillet
"Comment un roman [...] qui met en scène un homme et s'attache de page en page à chacun de ses pas, ne décrivant que ce qu'il fait, ce qu'il voit et ce qu'il imagine, pourrait-il être accusé de se détourner de l'homme ?" Nouvelle Revue Française, 1958.
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Par chartel, le 04/11/2012
Les gommes de
Alain Robbe-Grillet
-Quel est donc le rôle de la police, à votre avis ?
Laurent se savonne les mains un peu plus vite.
-Nous maintenons les malfaiteurs dans certaines limites, plus ou moins fixées par la loi.
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Djinn de
Alain Robbe-Grillet
J’arrive exactement à l’heure fixée : il est six
heures et demie. Il fait presque nuit déjà. Le
hangar n’est pas fermé. J’entre en poussant la
porte, qui n’a plus de serrure.
À l’intérieur, tout est silencieux. Écoutant
avec plus de rigueur, l’oreille attentive enre-
gistre seulement un petit bruit clair et régulier,
assez proche : des gouttes d’eau qui s’écoulent
de quelque robinet mal serré, dans une cuve,
ou une cuvette, ou une simple flaque sur le
sol.
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