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Les Mots et les choses1Ajouter à mes livres
Les Mots et les Choses valut à Michel Foucault une réputation internationale. Ensuite, ses autres ouvrages ne feront que développer une seule et même thèse : celle de la mort de l'homme et de l'humanisme classique qui concevait le sujet pen... > voir plus
Les Mots et les choses est le prélude à "l'archeologie du savoir" dans lequel Michel Foucault définit ce qu'est un discours. Dans Les Mots et les choses, il ne définit pas, il montre en décrivant dans leurs formes comment les savoirs se constituent. Ce qui permet de voir plusieurs choses: l'histoire des savoirs n'est pas une histoire du progrès ou un cheminement vers la vérité, il y a des motifs communs aux différentes disciplines, des motifs qui travers toutes les disciplines. On pourrait dire beaucoup d'autre choses sur le propos de ce livre, j'ajouterais pour ma part qu'en plus d'être pertinent et exigent il bien écrit. A mettre dans la liste, et en bonne place, des livres de philosophie qui ont à la fois de l'exigent et une belle forme.
Ce livre a son lieu de naissance dans un texte de Borges. Dans le rire qui secoue à sa lecture toutes les familiarités de la pensée - de la nôtre: de celle qui a notre âge et notre géographie -, ébranlant toutes les surfaces ordonnées et tous les plans qui assagissent pour nous le foisonnement des êtres, faisant vaciller et inquiétant pour longtemps notre pratique millénaire du Même et de l'Autre.
L'objet des sciences humaines, ce n'est donc pas le langage (parlé pourtant par les seuls hommes), c'est cet être qui, de l'intérieur du langage par lequel il est entouré, se représente, en parlant, le sens des mots ou des propositions qu'il énonce, et se donne finalement la représentation du langage lui-même.
Si ces dispositions venaient à disparaître comme elles sont apparues, si par quelque événement dont nous pouvons tout au plus pressentir la possibilité, mais dont nous ne connaissons pour l'instant encore ni la forme ni la promesse, elles basculaient, comme le fit au tournant du XVIIIe siècle le sol de la pensée classique, - alors on peut bien parier que l'homme s'effacerait, comme à la limite de la mer un visage de sable.