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Le Palais en noyer de
Miljenko Jergovic
La conscience s'avère un bon révélateur face à la mort. Meilleur que les larmes et que n'importe quelle douleur, exprimée ou non. Les vivants nourrissent un sentiment de culpabilité envers les morts et c'est lui seul qui les relie au monde des ombres. Ce sentiment de culpabilité, les morts le lèguent à leurs enfants et, s'ils deviennent adultes, c'est grâce à lui. S'il n'y a pas de culpabilité, c'est qu'il n'y a eu ni père ni mère. (...) Le jour où son père mourut, elle n'avait pas encore vingt ans et elle reçut en son âme une peine lourde et difficile à porter, d'après laquelle on reconnaît le véritable, l'authentique malheur. Mais la noblesse du malheur tient à la façon dont on le porte tout au long de la vie.
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Le Palais en noyer de
Miljenko Jergovic
Cet après-midi-là, les femmes se comportèrent de façon particulièrement odieuse avec leur mari, les jeunes filles s'enfermèrent dans leur chambre et, la tête sous l'édredon, pleurèrent amèrement en espérant s'étouffer. Ce soir-là, aucun des maris qui habitaient le long du trajet menant de la maison des Sikiric à l'hôpital n'eut à dîner. Cette nuit-là, aucun enfant ne fut conçu. Les hommes de la ville étaient stupéfaits. Seuls ceux qui cachaient la honteuse graine de l'homosexualité savaient de quoi il s'agissait. Quant aux femmes, elles avaient trouvé un motif commun, qu'elles n'exprimeraient jamais, pour alimenter la jalousie et la haine qui allaient accompagner l'ombre de Regina jusqu'à sa mort.
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Le Palais en noyer de
Miljenko Jergovic
Il vaut mieux ne pas avoir affaire aux fous et nous autres, nous sommes fous, nous n'arrivons pas à vivre avec nous-mêmes, alors avec les autres, encore moins.