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Par nadejda, le 18/05/2012
Mother Funker de
Velibor Colic
Ce livre pourrait encore s'appeler "Les Quatre Saisons", mais elles ont une tonalité beaucoup plus sombre que celles de Vivaldi, elles se jouent sur la partie droite du clavier, la plus triste, accompagnée de la trompette argentée comme le clair de lune de Miles Davis, du jeu mélancolique de Stan Getz, doux et chaud comme la vanille, et d'un solo particulièrement sauvage de Charlie Bird Parker, qui se fiche tel un couteau dans le dos de la nuit.
Velibor Colic
Budapest, 1997-1998
(placé en exergue de Mother Funker)
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Par nadejda, le 14/05/2012
Perdido de
Velibor Colic
La mélodie existe, mais elle est dispersée, éparpillée un peu partout comme de la poussière d'étoiles, comme le souffle du vent qui, soudain, tourne les pages d'un livre. Elle est jouée avec indolence, nonchalance, si bien que, d'une fragilité cristalline, elle semble inconstante, irréelle telles des lettres tracées sur le sable. Mais le son est clair pourtant.
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Par nadejda, le 19/05/2012
Mother Funker de
Velibor Colic
Hubert Selbie retrouva Paris par un petit matin gris. A travers la vitre sale du taxi, il contemplait les trottoirs mouillés et les devantures des restaurants alsaciens qui jouxtaient la gare de l'Est. Il se sentait du vague à l'âme. C'était un peu comme si un oiseau noir, en route pour sa migration vers le sud, projetait sur son visage son ombre veloutée. p 89
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Par nadejda, le 19/05/2012
Mother Funker de
Velibor Colic
Elle s'appelait Aziza D., mais, pour plaisanter, Hubert Selbie la surnommait Jazziza. Avec elle, le monde lui semblait moins réel, léger comme les brumes de mai, enivrant comme la fumée du chanvre indien. Les après-midi se traînaient lentement, agrémentés par le ténor mélancolique du saxophone de Coleman Hawkins. p 105
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Par nadejda, le 19/05/2012
Mother Funker de
Velibor Colic
--- Tout fout le camp, reprit le lieutenant. Hier, j'ai arrêté une gamine de treize ans qui a fait un véritable carnage à l'école avec le pistolet de son père. Quatre élèves ont été tués et un cinquième est grièvement blessé. Quand je lui ai demandé pourquoi elle avait commis ce meurtre, elle m'a répondu : "J'ai toujours détesté le lundi !" Imagine un peu : "J'ai toujours détesté le lundi !"
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Par nadejda, le 14/05/2012
Perdido de
Velibor Colic
Peut-être au commencement y-a-t-il eu le souffle, et non le verbe ; peut-être le monde s’est-il, dès le début, confondu avec le jazz, comme il le fera à la fin des temps. N’oublions pas : «Et je vis sept anges qui se tiennent devant Dieu, et sept trompettes leur furent données» (Apocalypse, VIII, 2). Qui sait si ces anges de l’Apocalypse n’étaient pas les membres d’un orchestre de jazz, harnachés de plumes ? p 7
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Par nadejda, le 14/05/2012
Perdido de
Velibor Colic
Ils mélangeaient les alcools comme si leurs ventres étaient des shakers, et ils riaient tels des bouffons. La nuit était pâle, presque lumineuse. C'était la nuit du vice, froissée comme un paquet de cigarettes vide, une nuit légère comme une cravate dénouée, une longue et folle nuit d'ivresse. p 136
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Par litolff, le 23/05/2011
Jésus et Tito de
Velibor Colic
Quand on mange bien, c'est du catholicisme. Et si on n'a rien à manger mais qu'on chante et qu'on danse, c'est du communisme.
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Par Lagagne, le 30/09/2010
Archanges : (Roman a capella) de
Velibor Colic
Allez mon vieux, pense à moi. Ne m'oublie pas. Si tu m'oublies, je n'existe plus
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Par litolff, le 23/05/2011
Jésus et Tito de
Velibor Colic
Ma mère dit que nous sommes croates, mon père que nous sommes yougoslaves. Moi, je n'en sais rien.