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Par Guylaine, le 04/08/2010
L'Etrange vie de Nobody Owens de
Neil Gaiman
- IL se tuent, tu veux dire?
Bod avait une huitaine d'années, les yeux curieux et bien ouverts, et il n'était pas idiot.
- Absolument.
-Et ça marche? Ils sont plus heureux une fois morts?
- Parfois. La plupart du temps, non. C'est comme les gens qui s'imaginent qu'ils seront plus heureux en allant vivre ailleurs, mais qui apprennent que ça ne marche pas comme ça. Où que l'on aille, on s'emmène avec soi. Si tu vois ce que je veux dire.
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Par facteur84, le 14/08/2010
L'Etrange vie de Nobody Owens de
Neil Gaiman
Bod frissonna. Il avait envie de prendre sont tuteur dans ses bras, de le serrer et de lui dire qu'il ne le laisserait jamais tomber, mais un tel acte était inconcevable. Il ne pouvait pas plus serrer Silas contre lui qu'il ne pouvait serrer un rayon de lune, non que son tuteur fût immatériel, mais parce que cela ne se faisait pas. Il y avait les gens qu'on pouvait prendre dans ses bras, et puis il y avait Silas.
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L'Etrange vie de Nobody Owens de
Neil Gaiman
- Comment tu t'appelles ?
- J'ai pas de pierre tombale, dit-elle en abaissant les coins de la bouche. Je pourrais être n'importe qui, pas vrai ?
- Mais tu as bien un nom.
- Liza Hempstock, pour vous servir, fit-elle d'un ton aigre. C'est pas trop demander, tout de même. Un petit quelque chose pour marquer ma tombe. Je suis juste là, tu vois ? Y a rien que des orties pour montrer où je repose.
Et elle eut l'air si triste, l'espace d'un instant, que Bod eut envie de la serrer dans ses bras. C'est alors qu'il eut une idée, en se faufilant entre les barreaux de la clôture. Il trouverait une pierre tombale à Liza Hempstock, avec son nom dessus. Il la ferait sourire.
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Par hopla33, le 31/08/2010
L'Etrange vie de Nobody Owens de
Neil Gaiman
La mère Slaughter l'interrompit:
- Et moi je me sens comme quand j'étais une 'tite mioche qui tressait les marguerites dans le vieux pré. On est toujours soi, ça ne change pas, et on change toujours, y a rien à faire.
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Par facteur84, le 14/08/2010
L'Etrange vie de Nobody Owens de
Neil Gaiman
- Et alors ? Ce n'est jamais que la mort. C'est vrai, quoi, tous mes meilleurs amis sont morts.
- Oui (Silas hésita) Ils le sont. Et ils en ont, pour la plupart, terminé avec le monde. Pas toi. Tu es en vie, Bod. Cela veut dire que tu disposes d'un potentiel infini. Tu peux tout faire, tout fabriquer, tout rêver. Si tu changes le monde, le monde changera. Le potentiel. Une fois que tu est mort, c'est terminé. Fini. Tu as fait ce que tu as fait, rêvé ton rêve, écrit ton nom. Tu peux être enterré ici, tu peux même te déplacer. Mais ce potentiel n'existe plus.
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Par facteur84, le 14/08/2010
L'Etrange vie de Nobody Owens de
Neil Gaiman
Un cimetière en principe n'est pas une démocratie, cependant la mort est la démocratie suprême(...)
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Par Guylaine, le 04/08/2010
L'Etrange vie de Nobody Owens de
Neil Gaiman
-Et moi je me sens comme quand j'étais une 'tite mioche qui tressait les marguerites dans le vieux pré. On est toujours soi, ça n'change pas, et on change toujours, y a rien à faire.
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Par Acr0, le 25/09/2009
Neverwhere de
Neil Gaiman
Tout le monde achetait. Tout le monde vendait. Richard écouta les cris du marché en commençant à déambuler dans la foule.
_ Ils sont beaux, ils sont frais, mes rêves. Cauchemars, cauchemars, première qualité ! Venez acheter mes beaux cauchemars.
_ Aux armes ! Armez-vous ! Défendez votre cave, votre caverne ou votre terrier ! Vous voulez leur taper dessus ? On a ce qu’il faut. Allez, ma belle, approchez, venez par ici…
_ Cochonneries ! Beugla une vieille obèse dans l’oreille de Richard quand il passa devant son étal malodorant. Détritus ! poursuivit-elle. Ordures ! Déchets ! Fange ! Immondices ! Servez-vous ! Tout est cassé et abîmé ! Saloperies, saletés et vieux tas de merde. Allez, allez, faites-vous plaisir.
Un homme en armure battait un petit tambour, chantait en même temps :
_ Objets perdus ! Approchez, approchez ! Voyez vous-mêmes. Objets perdus. Rien de trouvé ici, tout est garanti perdu.
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Par Acr0, le 25/09/2009
Neverwhere de
Neil Gaiman
Le visage crasseux s'adoucit.
_ Tiens, mon pauvre, dit-elle en fourrant une pièce de cinquante pence au creux de la main de Richard. Alors, ça fait combien de temps que t'es à la rue ?
_ Je ne suis pas à la rue, répondit Richard avec embarras en s'efforçant de restituer la pièce à la vieille. Je vous en prie - reprenez votre argent. Je vais très bien. Je suis simplement sorti prendre l'air. Je pars demain pour Londres, expliqua-t-il.
Elle lui jeta un coup d'œil soupçonneux, avant de récupérer ses cinquante pence qu'elle fit disparaître sous les strates de manteaux et de châles qui l'emmitouflaient.
_ J'y ai été, à Londres, lui confia-t-elle. Et j'm'y suis mariée, à Londres. Mais c'était un sale type. Ma m'man m'avait prévenue, de pas me marier à l'extérieur. Mais j'étais jeune et j'étais belle, on le dirait pas maintenant, et j'ai écouté que mon cœur.
_ Je n'en doute pas, répondit Richard, gêné.
La certitude qu'il allait vomir commençait peu à peu à s'estomper.
_ Ca m'a fait une belle jambe. J'y ai été, à la rue. Alors, je sais comment c'est, poursuivit la vieille. C'est pour ça que j'ai cru que z'étiez. Et z'allez faire quoi, à Londres ?
_ J'ai trouvé du travail, lui répondit-il fièrement.
_ Dans quoi ?
_ Euh, les placements financiers...
_ J'étais danseuse, fit la vieille.
Et elle se déplaça en titubant sur le trottoir, tout en se fredonnant une mélodie indistincte. Puis elle se mit à tanguer d'un bord sur l'autre comme une toupie en fin de course, avant de s'immobiliser face à Richard.
_ Donnez vot'main, lui ordonna-t-elle. J'vais vous dire la bonne aventure.
Il fit ce qu'on lui demandait. Elle posa la main du jeune homme dans sa vieille paume et la serra fermement, avant de cligner plusieurs fois des yeux, tel un hibou qui vient de gober une souris et ressent les premières atteintes de l'indigestion.
_ Z'avez un long chemin à faire, dit-elle, surprise.
_ Jusqu'à Londres.
_ Non, pas seulement. (La vieille observa un silence.) Pas un Londres que j
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Par facteur84, le 17/08/2010
L'Etrange vie de Nobody Owens de
Neil Gaiman
Si je reviens, se sera un lieu, mais ce ne sera plus chez moi.