ISBN : 2290315869
Éditeur : J'ai Lu (2001)


Note moyenne : 4.15/5 (sur 208 notes) Ajouter à mes livres
L'Apocalypse est pour demain. Avec ses trompettes, ses flammes de l'Enfer, son courroux du ciel et tout le tremblement. L'éternel lutte entre les forces du Bien et celles du Mal arrive enfin à son terme. On va pouvoir savoir qui est l'heureux gagnant. Sauf q... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 4.00/5
    Par books2heaven, le 12 janvier 2011

    books2heaven
    Si je connaissais déjà Neil Gaiman pour avoir lu et adoré American Gods et L'étrange vie de Nobody Owens, ce n'était pas le cas de Terry Pratchett, autre pointure de la littérature de l'imaginaire. Alors, ce roman m'a t'il convaincue sur cet auteur ? Je dirais oui
    De bons présages est un petit bijou de bonne humeur, de sourires et de rires ( arrêtez moi, si je fais trop de rimes ^^). le roman a une structure particulière qui m'a bien plu : chaque journée constitue un chapitre (assez long) et ces chapitres sont divisés en petits sous-chapitres avec un personnage différent. S'ajoutent à celà des petites notes de bas de pages pour plus d'explications (loufoques).

    Comme je le disais un peu plus haut, l'humour est tout le temps présent comme l'attestent ces deux passages.

    " le molosse attendit. C'était le grand moment. le Nom. Il définirait ses buts, sa fonction, son identité. Ses yeux luisirent d'une flamme rouge sang même s'ils était nettement plus près du sol, et il saliva sur les orties.
    "Je l'appellerai Toutou, décida son Maître. (...)"
    Le Molosse Infernal resta immobile. Au tréfonds de son cerveau diabolique, il savait que quelque chose ne tournait pas rond, (...). Bizarre quand même. Il avait toujours ressenti l'envie de sauter sur les gens, mais maintenant, contre toute attente, elle s'accompagnait d'un besoin irrésistible de remuer la queue"

    " Il ne dit pas : "Bizarre. C'est ce qu'il aurait dit si un troupeau de moutons à vélo étaient passés devant la fenêtre en jouant du violon. (...)
    En fait, il dit : "Alf, tu ferais mieux de prévenir le directeur de la centrale." "

    Ensuite, il est question de beaucoup de personnages dans ce livre. On a cependant quelques personnages récurrents tels que Rampa, Aziraphale ou Adam Young. De ces trois là, c'est Rampa que j'ai préféré et le petit Adam ne laisse pas indifférent, très lucide pour son âge, il n'hésite pas à critiquer la façon dont nous gérons notre Terre. Il y a aussi beaucoup de personnages secondaires et même tertiares. Ainsi, m'ont fait rire Mr Tracy, Shadwell et les Quatres autres chevaliers de l'Apocalypse, parmi d'autres. Il est vrai que cette multitude de personnages peut semer le désordre dans l'esprit du lecteur mais je pense qu'il ne faut pas vouloir tout les mémoriser. Les plus importants reviennent.
    Et même si la fin est peut-être un peu prévisible, cela n'empêche pas que De bons présages est un livre qui se lit avec bonne humeur.
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    • Livres 4.00/5
    Par louisemiches, le 11 juillet 2010

    louisemiches
    J'attendais beaucoup de cette lecture. Faire travailler Pratchett et Gaiman ensemble, ça me paraissait un peu l'idée du siècle (ne prenons pas trop de risques, le siècle est jeune encore...). Pratchett qui écrit par éclairs de génie, accumulant les métaphores et les appartés, plus dingues et imaginatifs les uns que les autres, tout en ayant du mal au final à faire de tout cela une bonne histoire, avec un vrai scénario bien ramassé. Gaiman à l'inverse, si son style peut paraître un peu plat et ses personnages convenus, est un grand conteur qui sait raconter de merveilleuses histoires.
    Le couple idéal, non ?
    Sautillant sur place dans ma librairie, j'en étais en tout cas persuadée.
    Il ne faut jamais avoir de trop grandes attentes avant d'ouvrir un livre. Les meilleures lectures sont celles dans lesquelles on entre innocent, sans se douter de rien... et qui vous cueillent petit petit ou au contraire vous ramassent, “KO allongé” sur le canapé.

    Rien de tout cela pour moi avec De bons présages. Juste un excellent moment de lecture (ce qui n'est pas mal du tout, hein ?).
    Nous suivons pour cette histoire les pérégrinations de deux anges, Rampa (pour le Mal) et Aziraphale (pour le Bien), confrontés à leur destin d'ange, à savoir : l'arrivée de l'Apocalypse…
    Seulement rien ne se passe comme prévu dans le Grand Plan (quoique ce peut-être écrit dans le Grand Plan Ineffable, mais celui-ci personne ne le connaît...).
    Tout d'abord, les deux anges ne sont pas très pressés de voir arriver l'Apocalypse, notamment Rampa, qui aime bien les téléphones portables et les belles bagnoles.
    Ensuite nous rencontrons également au fil de ces pages une bonne dizaine de personnages, pris dans leurs petits destins personnels, dans leurs désirs et leurs libre-arbitre, lesquels interfèrent avec la Bonne Marche des Evénements.
    Ecrire l'histoire de l'Apocalypse, jouer avec les notions de Bien et de Mal, tout en ne refusant pas à l'homme (ni aux anges) la possibilité de faire ses propres choix, c'est sacrément rafraîchissant. D'autant que la frontière est vraiment floue entre le bon et le mauvais côté, l'existence est au milieu et il y a toujours moyen de s'arranger… comme Anathème Bidule s'arrange avec les prophéties d'Agnès…
    Je sens bien que je vais passer pour monomaniaque, mais j'ai beaucoup pensé à la série Buffy contre les vampires en lisant « ce conte tendre pas totalement gratuit », comme l'indique la quatrième de couverture. Joss Whedon a visiblement été attiré par les mêmes thèmes, particulièrement approfondis dans la dernière saison. Et le personnage de Rampa est un véritable Spike. Sauf qu'il ne se décolore pas les cheveux, lui…

    En conclusion, j'ai bien rigolé avec cette lecture, tout ayant le sentiment de « rire intelligent » si vous voyez ce que je veux dire. Rire jaune aussi parfois…
    Vous voulez la définition de la vie ? Eh bien la voilà, et faites ce que vous pouvez ensuite :

    « Dieu ne joue pas aux dés avec l'univers, mais à un jeu ineffable de Son invention, qu'on pourrait comparer, du point de vue des autres joueurs (c'est-à-dire tout le monde), à une version obscure et complexe du poker, en chambre noire, avec des cartes blanches, pour des enjeux infinis, face à une Banque qui refuse d'expliquer les règles et qui n'arrête pas de sourire. »

    Lien : http://louisemiches.blogspot.com/2010/07/de-bons-bouquins.html
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  • Par biblio47, le 10 février 2012

    biblio47
    Ca y est, cette fois c'est pour de bon, l'Apocalypse a été décidé. C'est pour 1999 !
    Donc ça a raté.
    Bon il faut reconnaître que le démon chargé de la mettre en œuvre n'était pas forcément enthousiaste à l'idée de renoncer à une vie somme toute agréable parmi les humains.
    Et puis à force de côtoyer son collègue de l'Autre Bord depuis le Commencement, des liens s'étaient pour ainsi dire créés.
    Alors tous les deux ont essayé de faire capoter l'entreprise.
    A partir d'un sujet tout a fait classique pour un roman fantastique et que l'on trouve traité généralement de façon sérieuse, du genre : « Un petit groupe de vaillant héros tente d'empêcher une catastrophe et d'arrêter le Mal ! », là des réflexions décalées viennent en permanence plaisanter avec les codes, voire les clichés du genre.
    Le plus savoureux provient de la galerie de personnages.
    Le premier, le démon, s'appelle Rampa. A l'origine c'était Rampant. Plutôt classique pour un serpent. C'est à lui que ses supérieurs ont demandé de « semer la pagaille » au jardin d'Eden, avec le succès que l'on connaît.
    L'ange quant à lui s'appelle Aziraphale. Il est libraire à mi-temps et bibliophile avec un intérêt particulier pour les livres de prophéties.
    On croise également de nombreux personnages attendus dans une telle histoire :
    Différents ducs des enfers et des anges déchus (d'ailleurs Rampa est un « ange qui n'a pas franchement déchu ; trébuché serait un mot plus juste », une histoire de mauvaises fréquentations…). Egalement les cavaliers de l'apocalypse : Mort, Famine, Guerre et Pollution.
    (Pollution a dû remplacer Peste, avec succès d'ailleurs, car depuis l'arrivée de la pénicilline, Peste a du prendre sa retraite).
    Famine est à l'initiative des fast food ! Qui permettent d'ingurgiter de la nourriture qui rend obèse tout en n'apportant que très peu d'éléments nutritifs. Mais également de ce formidable régime qui promet la beauté par la minceur, de vous débarrasser de vos problèmes de poids… de façon définitive.
    L'antéchrist qui jouera un rôle très important, forcément. Des humains, des extraterrestres et des américains (les auteurs sont anglais donc de leur point de vue l'américain est sûrement une créature exotique).
    Egalement les patrons : Dieu, Satan, Belzébuth
    Et enfin le Chien : un Molosse des Enfers… et grand chasseur de chat. Cette définition illustre bien le type d'humour que l'on trouve dans le livre et si on y est sensible, alors ça n'arrête pas sur 400 pages.
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    • Livres 2.00/5
    Par estrella_oscura, le 19 avril 2012

    estrella_oscura
    Aziraphale et Rampa sont potes depuis la nuit des temps. Mais quand je vous dis ça, c'est au sens propre du terme : Ils étaient déjà là pendant l'affaire de la pomme au jardin d'Eden. D'ailleurs, sans vouloir balancer, Rampa (qui ressemblait plus à un serpent qu'autre chose à l'époque) y est franchement pour quelque chose. Enfin, moi je dis ça, je dis rien.
    Donc, Aziraphale, ange à l'épée de feu, et Rampa, démon aux lunettes noires, sont potes. A part les précédents siècles vécus ensemble, ils ont également en commum d'aimer la terre, d'aimer y vivre avec apparence humaine, d'aimer y conduire une Bentley (pour Rampa) et d'aimer y collectionner des livres (pour Aziraphale). Aussi, quand leurs supérieurs respectifs fixent la date de la fin du monde avec destruction de la Terre par les quatre cavaliers de l'apocalypse pour 1999, ils ne sont pas follement réjouis.
    Ils décident donc de tout mettre en oeuvre pour faire capoter le projet. En marge de cette entreprise (qu'ils ne sont pas loin de foirer), évoluent une tripotée de personnages parmi lesquelles la descendante d'une obscure sorcière, le descendant d'un obscur inquisiteur, une bande de petits gamins et évidemment, l'antéchrist (sinon c'est pas drôle).
    Bon alors, je me demande si j'ai lu cet ouvrage au moment opportun. Parce qu'au final, il m'a plutôt ennuyée. Je ne sais pas si c'est dû au fait que j'ai une PAL monstrueuse qui me fait de l'oeil depuis mon anniversaire et que, du coup, j'étais pas concentrée, ou bien si c'est parce que ma précédente lecture de Gaiman n'ayant qu'un mois, c'était trop récent pour remettre le couvert sans souffrir d'une overdose. Bref, pour moi, c'est très mitigé.
    Pour appuyer cette impression de lecture, je détaillerais deux points :
    Tout d'abord, j'ai beau aimer les trucs complètement barrés où l'auteur (les auteurs en l'occurrence) se tape(nt) des trips à fond les ballons, je préfère quand c'est à petite dose. Et là, c'était un poil trop gros pour moi. Disons qu'au début, j'étais morte de rire (en gros, le chapitre Il y a onze ans) et puis à force, ça m'a tout simplement lassée.
    Ensuite, je crois que je n'ai pas accroché au parti pris narratif : L'unité de temps est extrêmement resserrée (quelques jours) et vue à travers beaucoup de personnages au statut équivalent. Au lieu d'orchestrer divers évènements d'envergure, l'ouvrage enchaîne donc plutôt les anecdotes et les bavardages. Ajoutez à cela que la fin est prévisible à des kilomètres et qu'un certain nombre de personnages m'a paru peu intéressant, vous comprendrez aisément mon petit ennui de lecture.
    Cela étant dit, je peux tout de même faire preuve d'un peu d'objectivité pour dire que oui, c'est globalement bien drôle. Il y a de très bonnes trouvailles comiques à décrypter à plusieurs niveaux. Et oui, au-delà de la mascarade apparente du bouquin, il y a une satire des Religions plutôt bien servie.
    Je pense que c'est tout de même un bouquin à tester, mais dans de bonnes conditions d'esprit - quand on a envie d'un truc léger disons.


    Lien : http://lapetitemarchandedeprose.hautetfort.com/archive/2012/04/12/de..
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    • Livres 5.00/5
    Par Chinchilla, le 25 février 2011

    Chinchilla
    Je continue ma découverte de Neil Gaiman, cette fois en compagnie de Terry Pratchett avec un bouquin délirant et génial. Un ange et un démon, bien contents de se la couler douce sur terre, décident d'arrêter l'apocalypse qui va avoir lieu dans 11 jours. Mais tout ne se passe pas comme prévu car l'Antéchrist est en fait un gamin de 11 ans qui fait les quatre cents coups avec ses potes dans un village du Sud de l'Angleterre et celle-là, même les cavaliers de l'apocalypse ne l'avaient pas vue venir. J'ai adoré ce livre, à la fois loufoque et très réfléchi, avec sa propre mythologie et des références culturelles qui ne pouvaient que me plaire, dont le fameux précepte selon lequel toute cassette laissée plus de deux semaines dans une voiture se transforme inévitablement en Best of Queen. Et là, j'en vois déjà qui vont me dire de lire d'autres œuvres de Pratchett. C'est prévu, c'est juste que j'essaie de résister aux Annales du disque monde pour l'instant parce que si je m'y mets, ça va atomiser ma PAL.
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Citations et extraits

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  • Par Dude76, le 08 mai 2010

    Hastur s'éclaircit la gorge.
    "J'ai induit un prêtre en tentation, fit-il. Il marchait dans la rue et quand il a vu les belles filles au soleil, j'ai semé le doute dans son esprit. Il serait devenu un saint, mais dans moins de dix ans, il nous appartiendra.
    -Joli coup, fit rampa, encourageant.
    -J'ai corrompu un politicien, expliqua Ligur. Je lui ai fait croire qu'un petit pot-de-vin ne portait pas à conséquence. Il sera à nous avant que l'année soit révolue."
    Tous deux tournèrent le regard vers Rampa, qui leur adressa un grand sourire.
    "Ça va vous plaire", annonça-t-il.
    Son sourire s'élargit encore, sur le mode de la conspiration.
    "J'ai occupé toutes les lignes de téléphones portables du centre de Londres pendant quarante-cinq minutes, à l'heure du repas."
    Il y eut un silence, exception faite du chuintement lointain des pneus sur l'asphalte mouillé.
    "Oui ? dit Hastur. Et après ?
    -N'allez pas vous imaginer que c'était facile, répondit Rampa.
    -C'est [i]tout[/i]? s'inquiéta Ligur.
    -Écoutez, les gars...
    -Et en quoi cela va-t-il ajouter des âmes au cheptel de notre maître, exactement ?" s'enquit Hastur.
    Rampa se reprit.
    Que pouvait-il leur dire ? Que l'humeur de vingt mille personnes était devenue massacrante ? Qu'on pouvait entendre jusqu'à l'autre bout de la ville le bruit des artères qui se sclérosaient ? Et qu'en rentrant, ces personnes allaient se défouler sur leur secrétaire, sur les contractuelles, sur tout le monde, sur des gens qui [i]à leur tour[/i] allaient se défouler sur d'autres individus ? Par une avalanche de mesquineries qu'ils allaient - et tout l'intérêt de la manœuvre reposait là - [i]qu'ils allaient inventer tout seuls ![/i] Pendant le reste de la journée. Les répercussions seraient incalculables. Des milliers et des milliers d'âmes se ternissaient un peu, sans que Rampa ait besoin de lever le petit doigt.
    Mais impossible d'expliquer ça à des démons comme Hastur et Ligur : ils avaient des mentalités typiquement XIVè. Ils pouvaient consacrer des siècles à harceler une seule âme. D'accord, c'était de l'artisanat d'art, mais de nos jours, on devait envisager le problème sous un angle différent. Ne pas voir plus grand, mais plus large. Avec cinq milliards d'habitants sur le globe, plus question de s'en prendre à ces pauvres types un par un, il fallait viser l'ergonomie. Mais ces considérations dépassaient des démons comme Ligur et Hastur. Ce n'est pas eux qui auraient imaginé les émissions en dialecte régional à la télé, par exemple. Ou la T.V.A. Ou Manchester.
    Manchester : voilà une idée dont il était particulièrement fier.
    "Apparemment, les Puissances régnantes ont été satisfaites, dit-il. Les temps changent. alors, quoi de neuf ?"
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  • Par Shaarilla, le 12 mai 2010

    En fait, dans son appartement, Rampa n'accordait d'attention particulière qu'à une seule chose : ses plantes vertes. Elles étaient plantureuses, chlorophyllées, splendides, avec des feuilles brillantes, saines et lustrées.
    Pour obtenir un tel résultat, rampa arpentait l'appartement une fois par semaine avec un brumisateur pour plantes en plastique vert, brumisait les feuilles et parlait à ses plantes.
    L'idée de leur parler uli avait été suggérée par une émission sur Radio 4 au début des années 70, et lui avait semblé excellente. Mais peut être que "parler" n'est pas le mot le plus approprié pour décrire ce que faisait Rampa.
    En fait, il leur flanquait une peur de tous les diables.
    Ou plus exactement une frousse de Rampa.
    De plus, tous les deux mois environ, Rampa sélectionnait une plante : elle croissait trop lentement, elle se mourrait d'une moisissure, ses feuilles viraient au brun, ou tout simplement elle n'avait pas aussi bonne mine que ses concoeurs. Il la promenait devant tous les autres végétaux, en leur disant
    "Dites adieu à votre copine. Elle n'était pas à la hauteur..."
    Ensuite, il quittait l'appartement avec la plante félonne et rentrait une heure plus tard avec un grand pot de fleurs vide, qu'il laissait ostensiblement traîner dans l'appartement.
    Il avait les plus luxuriantes, les plus belles plantes vertes de tout Londres. Les plus terrifiées aussi.
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  • Par Dude76, le 08 mai 2010

    Par exemple: pourquoi créer les gens curieux, et puis installer un gros fruit interdit bien en vue, avec un grand doigt en néon clignotant qui dit "C'est ici."
    -Je ne me souviens pas d'avoir vu un néon.
    -C'est une métaphore. Enfin, tu vois, pourquoi faire ça si tu tiens vraiment à ce qu'ils ne le mangent pas, hein ? Je veux dire, tu as peut-être envie de voir comment tout ça va tourner. Ça fait peut-être partie d'un grand plan ineffable. Tout. Toi, moi, Lui, tout. Une espèce de gigantesque test, pour vérifier si ce que tu as construit fonctionne correctement, pas vrai ? Tu commences à te dire : ce n'est pas une gigantesque partie d'échecs cosmique, c'est [i]forcément[/i] une Patience d'une extrême complexité. Et ne te fatigue pas à répondre. Si nous pouvions comprendre, nous ne serions pas nous. Parce que tout ça est ... est...
    -INEFFABLE, compléta la silhouette qui donnait à manger aux canards.
    -Voilà, c'est le mot, Merci"
    Ils regardèrent le grand inconnu jeter soigneusement son sac en papier vide dans une poubelle et s'éloigner en traversant la pelouse.
    Rampa secoua la tête.
    "Qu'est-ce que je disais ?
    -Je ne sais plus, répondit Aziraphale. Rien de très important sans doute."
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  • Par Shaarilla, le 11 mai 2010

    On a mis en avant de nombreux phénomènes -guerres, épidémies, visites surprises du fisc - pour démontrer l'intervention secrète de Satan dans les affaires humaines, mais à chaque d'experts en démonologie, on décerne par consensus à l'autoroute périphérique M25 de Londres une place dans le peloton de tête des pièces à conviction.
    Leur erreur, bien entendu, est de croire cette malheureuse route maléfique simplement à cause de l'incroyable carnage et des frustrations qu'elle engendre chaque jour.
    En fait - peu de gens le savent ici-bas -, la M25 dessine le glyphe odégra, qui signifie dans la langue des Prêtres noirs de l'Ancienne Mu : Salut à toi, Bête immense, dévoreuse de mondes. Les milliers d'automobilistes qui enfument quotidiennement ses replis jouent le rôle de l'eau sur un moulin à prières et meulent une brume perpétuelle à légère teneur en Mal, qui pollue l'atmosphère métaphysique à des lieues à la ronde.
    C'était une des grandes réussites de Rampa, elle avait demandé des années. Il y avait employé trois pirates informatiques, deux cambriolages, un pot de vin d'un montant raisonnable et, par une nuit de bruine où tout le reste avait échoué, deux heures dans un champ boueux, à déplacer les piquets de quelques petits mètres, cruciaux d'un point de vue occulte. En contemplant le premier bouchon de cinquante kilomètres, Rampa avait ressenti la chaude satisfaction d'une mauvaise action bien faite.
    Le résultat lui avait valu des félicitations.
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  • Par Mouna, le 12 décembre 2008

    Ce n’était pas pendant l’horreur d’une profonde nuit. L’ambiance aurait été plus appropriée mais que voulez vous ? On ne peut jamais compter sur le temps. Pour chaque savant fou qui bénéficie d’un orage providentiel, la nuit où son Grand Œuvre, étalé sur la table du laboratoire, est enfin achevé, des dizaines d’autres restent assis à se tourner les pouces, pendant qu’Igor encaisse les heures supplémentaires. Mais que le brouillard (avec risque de pluie, et des températures descendant jusqu'à huit degrés) n’abuse personne, en donnant l’impression que tout va bien. La nuit est douce, mais ça ne signifie pas que les forces des ténèbres ne sont pas à l’œuvre. Elles sont partout. En permanence elles existent dans ce seul but. Deux d’entre elles rôdaient dans le cimetière en ruine. Deux ombres, l’une bossue trapue, l’autre mince et menaçante : deux rôdeurs de niveaux olympique. Si Bruce Springsteen avait enregistré Born to Rôde, tous deux auraient figuré sur la pochette de l’album. Ils rôdaient dans le brouillard depuis déjà une heure, mais ils géraient leurs effort et auraient été capables au besoin de rôder le reste de la nuit, avec des réserves de lugubres menaces suffisantes pour une dernière pointe de rôdage à l’aube. Finalement après vingt minutes supplémentaires, l’un des deux s’exclama : « Ca commence a bien faire. Il devrait être là depuis des heures. » Il s’appelait Hastur et était duc des Enfers.
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