> Patrick Marcel (Traducteur)

ISBN : 2290303348
Éditeur : J'ai Lu (2001)


Note moyenne : 4.22/5 (sur 172 notes) Ajouter à mes livres
Londres, un soir comme tant d'autres. Richard Mayhew découvre une jeune fille gisant sur le trottoir, l'épaule ensanglantée. Qui le supplie de ne pas l'emmener à l'hôpital... Et disparaît dès le lendemain.
Pour Richard, tout dérape alors : sa fiançée le quitte, o... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 4.00/5
    Par Skorpionnan, le 24 octobre 2011

    Skorpionnan
    Lecture
    Richard Mayhew est un provincial monté à Londres pour exercer le métier d'analyste financier. Il a une vie réussie, une fiancée superbe, une bonne situation, un avenir tout tracé. Mais sa si belle fiancée est une femme froide et arriviste, son travail l'ennuie et sa vie si bien cadrée lui semble factice et inutile.
    Un soir, en route pour un rendez-vous avec sa promise, Richard s'arrête pour aider une jeune fille blessée. Comme le bon samaritain, il porte secours à cette zonarde que tout le monde évite. Il l'héberge même pour lui permettre de se rétablir.
    Cette jeune fille s'appelle Porte, elle sera pour Richard, le seuil de Neverwhere.
    Avis
    Cette version de Neverwhere est revue et augmentée par l'auteur. de roman pour adolescents, le livre gagne ainsi en profondeur et en noirceur pour devenir un conte beaucoup plus adulte.
    Le Londres du livre est conforme à celui que nous connaissons: trépidant, multiculturel, formel et fou. Mais sous cette surface coexiste un autre Londres: Neverwhere, entre quelque part et nulle part. Un monde différent qui n'est pas vraiment de notre réalité mais plutôt adjacent, à la fois totalement étrange et étroitement connecté. Ce monde s'étend principalement dans les égouts, le métro, les abris souterrains de la seconde guerre mondiale, dans tous les endroits undergrounds délaissés par la réalité du dessus. Il est peuplé d'humains qui passeraient en surface pour des rebuts. Regroupés en tribus, en clans, ils survivent comme ils peuvent, véritables rats d'égouts. Enfin, ils voudraient bien être des rats, car ceux-ci, intelligents et organisés, sont plutôt haut-placés dans la hiérarchie locale. Quelques familles humaines favorisées de dons spéciaux font également office d'aristocratie dans cette société.
    D'autres personnages, tous plus étranges les uns que les autres, gravitent autour de Richard, de Porte et du Marquis de Carabas, un spadassin humain aussi félin et matou que le Chat Botté.
    Neil Gaiman réussit le tour de force de faire cohabiter deux mondes très différents. Un Londres de Woody Allen côtoie un Londres de Jean-Pierre Jeunet. le monde auquel nous sommes habitués et ce monde différent, empreint de fantastique, s'entremêlent, s'attirent et se repoussent. Des ambiances modern-lounge de la City, on bascule soudainement dans un livre de Dickens. A tout moment on s'attend à voir surgir Fagen dans un restaurant à la mode tant l'auteur arrive à rendre vivantes les atmosphères. Il excelle à concrétiser des mondes très étonnants mais cohérents. Il mêle l'imaginaire, les légendes urbaines, le folklore du monde du dessus. Tout trouve son écho dans le monde du dessous, et souvent une justification inattendue.
    Le style, bien que différent selon le contexte, est toujours superbe. J'ai énormément apprécié la partie du livre qui se déroule dans Neverwhere où l'écriture de Gaiman fait vraiment penser à celle de Dickens : noirceur sans misérabilisme, densité sans lourdeur, efficacité qui prend son temps.
    Les personnages sont attachants. Richard est magnifique et veule, sympathique, faible et héroïque, mais avant tout humain et bon. Porte est une jeune femme fragile mais obligée d'être forte, volontaire et intraitable pour survivre dans cette autre réalité si hostile.
    Une mention particulière à Vandemar et Croup, les deux affreux. Sadiques implacables, la brute et le dandy dont les noms font penser respectivement à un diamantaire hiératique et à une maladie suante et boursouflée, sont férus de Shakespeare. Ces deux personnages sont assez extraordinaires, leurs tirades très littéraires et décalées tombent très à propos. On ne sait par contre pas grand chose de leur aspect physique, ni même s'ils sont humains ou en ont seulement l'apparence. Car l'auteur a un don pour susciter des images, éveiller le merveilleux mais sans jamais assommer le lecteur de détails qui pourraient forcer ou polluer son imagination.
    Cet aspect fantastique, s'il ne s'épargne pas quelques plongeons dans une réelle noirceur, penche fréquemment vers l'absurde. L'ensemble, allié aux références nombreuses à l'imaginaire collectif donne l'impression d'être plongé dans un conte. Mais pas un conte pour enfants, plutôt un conte qui existe à côté de nous, que nous n'aurions pas encore remarqué mais dans lequel nous pourrions être plongés d'un instant à l'autre. C'est une impression du coin de l'oeil, que l'on sait être là, mais que l'on n'arrive ni à saisir ni à définir.
    L'aventure est rondement menée et par sa trame assez classique, si ce n'est que lorsque la banalité risque de s'installer, un épisode étrange et étonnant vient rompre la trame. Mais c'est le seul reproche que je ferai à ce livre: cet amoncellement de saynètes paraît par moment forcé et factice, un liant réel manque qui donnerait à l'ensemble un élan fougueux, une vraie ligne de force.
    Le thème sous-jacent, à savoir que la réussite et le bonheur ne sont pas forcément là où les codes sociaux nous les montrent est abordé de façon intéressante, mais assez prévisible. J'ai trouvé par contre particulièrement oppressante et fine la façon dont est relatée la "mésaventure" de Richard revenant au monde du dessus tout de suite après sa rencontre avec Porte: c'est un cauchemar affreux qu'il m'est arrivé de faire et que je ne souhaite à personne.
    Conclusion:
    Une écriture superbe à même de créer des mondes hétéroclites, mais une histoire malheureusement un peu décousue.
    ma note : 15/20
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    • Livres 4.00/5
    Par lehane-fan, le 17 juillet 2011

    lehane-fan
    De bons présages , co-ecrit avec Pratchett , m'avait véritablement déçu . Gaiman en solo , et son Neverwhere , m'a prouvé qu'il méritait amplement l'engouement qu'il suscitait !
    Richard Mayhew , Londonien , bossant dans le monde merveilleux des placements financiers , accompagne sa délicieuse fiancée , Jessica , jeune femme autoritaire et arriviste détestant les diminutifs , au restaurant afin d'y rencontrer le patron de cette derniere . Sa vie semble etre toute traçée : un boulot chiant , une femme qui ne l'est pas moins ! Presque trop de bonheur pour un seul homme...
    Sa vie bascule lorsqu'il décide , contre l'avis de sa douce , de venir en aide à une jeune femme , croisée dans la rue , qui semble etre en grande difficulté . Porte , de son petit nom , va des lors faire découvrir à Richard un monde qu'il ne soupçonne pas , meme dans ses reves les plus fous ! Enfin je dis reves , ce Londres d'en-bas , sorte de monde parallele féodal , est quand meme peuplé des creatures les plus féroces et les plus sanguinaires qui soient , créatures qui soit dit en passant sont justement en chasse d'un gibier bien précis : Porte !
    Gaiman m'a transporté dans un monde fantastique à l'imagination débridée en me contant une histoire haletante dont les nombreux protagonistes sont plus barrés les uns que les autres ! Cette incroyable galerie de portraits contribue majoritairement au succes d'un tel bouquin . Richard est la caution dite normale du récit puis viennent s'y greffer Porte la bien nommée à qui aucune ouverture ne résiste ; le Marquis de Carabas : personnage mystérieux aux motivations troubles ; Chasseur : garde du corps féminin de Porte devant la sauver de Croup et Vandemar ( mes chouchous ) , spécialistes du meurtre , de la torture , de l'éviscération , docteurs es boucherie ! Deux entités diametralement opposées poursuivant un meme but : le plaisir de donner la Mort . L'un est éduqué , l'autre porte sa betise comme un étendard ; l'un est raffiné , l'autre a fait de son manque de savoir vivre une regle de vie.. Complémentaires s'il en est ! Chacune de leurs apparitions me tirait immanquablement un p'tit sourire en coin .
    Je ne vous décrirai pas les Moines Noirs , l'ange Islington , le lord Parle-Aux-Rats , Old Bailey , et bien d'autres encore , autant de personnages annexes mais qui apportent une dimension supplémentaire au récit !
    Un Neverwhere de haute volée ! Imaginatif et fertile au possible ! Pas une once d'ennui à l'horizon ! L'histoire va à 100 à l'heure et les rebondissements sont légion ! du p'tit lait pout tout amateur de fantastique qui se respecte ! A cela vient s'ajouter un réel talent de conteur soutenu par une plume alerte qui fait de Gaiman un auteur que je m'empresserai de suivre à l'avenir !
    Un pur bouquin de fantasy urbaine qui a reçu le prix Julia Verlanger ( prix recompensant les meilleurs ecrits de science-fiction ou de fantasy ) en 1999 .
    A tous les fans de monde onirique , baroque , à l'humour omniprésent , je ne dirai qu'une chose : Neverwhere , à lire partout !
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    Critique de qualité ? (10 votes positifs)
    • Livres 5.00/5
    Par Kirakira80, le 01 novembre 2011

    Kirakira80
    Un véritable petit bijou ! Fourmillant d'idées et de rebondissements, le roman nous embarque dès la première page et nous tient en haleine jusqu'à la dernière ! On aimerait même ne jamais le voir finir tant le monde qui y est développé recèle encore de mystères…

    Construit comme une quête initiatique, le livre bénéficie en outre d'une galerie de personnages surprenants, dont on ne sait s'ils sont des rois ou des mendiants, des êtres humains ou des créatures magiques. Et c'est cette ambiguité qui fait leur richesse. Face à ces personnages de contes et de légendes, Richard apparaît d'abord comme un être perdu, vulnérable qui peu à peu se découvre courageux, capable de protéger les autres...Un héros malgré lui fort sympathique même si le personnage le plus intéressant reste à mes yeux le Marquis de Carabas, créature insaisissable, dandy débrouillard et cabotin tout simplement irrésistible, qui ne cesse de nous surprendre tout au long du roman.
    Mais la star de Neverwhere est sans nul doute la ville de Londres que Neil Gaiman nous présente sous un jour totalement inédit. Tour à tour cité médiévale et fantomatique, ce monde parallèle situé sous nos pieds est en effet une surprise de tous les instants. le plaisir est d'autant plus grand si l'on connaît la ville et les lieux dont il est question dans le roman : Big Ben se métamorphose en effet en un gigantesque marché médiéval, la station Blackfriars devient un monastère et Earl's Court abrite un véritable comte… Et c'est une Londres réinventée qui naît sous nos yeux !!!
    Une lecture coup de cœur donc, dans laquelle on se plonge avec délectation
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    Critique de qualité ? (12 votes positifs)
    • Livres 5.00/5
    Par snybril, le 16 mai 2011

    snybril
    Cher monsieur Gaiman,
    J'ai bien peur que votre notoriété ne dresse comme un mur entre nous. Tous vos lecteurs, votre fan club, comme il est de bon ton de l'appeler, vous inonde de courriers, tous uniques et pourtant tous semblables.
    Je crains que vous ne puissiez trouver le temps de lire cette lettre. Et pourtant, ma missive ne cherche qu'à vous mettre en garde.
    Vous tripotez les mythes et les légendes depuis un petit bout de temps. Les jaloux iraient même jusqu'à prétendre que vous en avez fait votre fond de commerce.
    Je ne fais pas partie des envieux et j'apprécie sincèrement votre travail, non, je vous écris aujourd'hui pour vous prévenir. Passe encore que l'on chatouille les barbes blanches des vieux décatis de l'Olympe, ils sont tellement sourds qu'ils n'entendent plus rien. Vous pouvez aussi broder sur les rêveurs éternels, ils sont toujours dans les nuages.
    Par contre la mythologie urbaine, c'est du sérieux. A force de mettre en lumière les mythes qui souhaitaient rester dans l'ombre, ils en sont venus à vouloir se venger.
    Vous avez réédité récemment Neverwhere, cette pittoresque chronique Londonienne. Et vous en avez fâché plus d'un. Un certain marquis, une connaissance commune, ne décolère pas depuis cet affront.
    Résumons donc l'affaire. Avec votre plume si savoureuse, vous avez narré l'histoire de Richard Mayhew. Comment cet habitant terne de la ville moderne et polluée de Londres s'est par hasard retrouvé avec une jeune fille mourante dans les bras. Comment sa vie avait basculé. Devenu un fantôme parmi les vivants, il a été contraint de rejoindre le Londres-d-en-bas. Vous en avez profitez pour nous décrire cette terre de légende, invisible au commun des mortels et pourtant si bien entretenue par l'imaginaire collectif.
    Vous ne nous avez rien épargné, le marché flottant, Knight bridge, le monastère des moines noirs et même l'Atlantide. Vous nous avez décrit les plus grandes personnalités qui règnent en maître dans ces domaines.
    Votre livre est un véritable guide touristique et c'est bien là le fond du problème. Imaginez donc, les gens commencent à parler aux rats, certains guettent la créature sous les quais de métro ou encore attendent le wagon du compte.
    Avec tout ça, nos amis ne peuvent être tranquilles. Il finira par y avoir des accidents. Je connais bien le marquis, j'imagine qu'il a trop parlé un soir de beuverie, que votre imagination a comblé les failles de son récit.
    Si encore cela avait été mal écrit, mais non, le tout est raconté avec panache, humour et un sens aigu de la tragédie. Au final vous vous êtes fait pas mal d'ennemis, presque autant que de lecteurs.
    Heureusement que vous avez mis tout un océan entre vous et votre ancienne patrie. Pour votre sécurité, c'est mieux ! Chasseur a une dent contre vous. Fort heureusement elle est coincée de ce côté de l'Atlantique par sa vilaine blessure à la hanche qui tarde à guérir.
    J'ai oui dire que Dame Porte avait épousé en grandes noces ce freluquet soit disant guerrier le 29 avril de cette année 2011. Ils sont tout à leur bonheur et ne pensent pas à vous chercher querelle. Quand aux autres habitants de la Londres-d-en-bas, ils sont bien trop casaniers pour être réellement dangereux.

    Mais faites bien attention à vous. Si jamais l'idée vous prend de revenir dans la perfide Albion, ne traînez pas seul tard le soir dans les ruelles désertes, évitez le métro et surtout, surtout, faites attention dans les quartiers trop anciens.
    Je vous connais bien, j'ai lu votre bibliographie dans tous les sens. Je me fais bien du souci pour vous. Les mythes prennent également racine sous le soleil de Californie et ce n'est peut-être pas un hasard si vous résidez dans la cité des Angelins. Alors soyez prudent, il serait regrettable que notre époque fataliste et indifférente perde l'un de ses plus grands conteurs.
    Bien à vous,
    Un petit chaton qui a perdu ses bottes

    Lien : http://oiseauchanteur.blogspot.com/2011/05/il-etait-une-fois-neverwh..
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    • Livres 4.00/5
    Par Archessia, le 14 novembre 2010

    Archessia
    Richard est un jeune homme envoyé à Londres pour le travail. Originaire d'Ecosse, il a du mal à se faire à cette ville. Surtout avec sa personnalité un peu effacée. Il n'a pas un caractère des plus combatif et a du mal à ne pas se laisser marcher sur les pieds.
    Il est fiancé à Jessica, superbe jeune femme travailleuse avec un merveilleux avenir professionnel. Très autoritaire, elle gère d'une main de fer la vie de Richard, sans qu'il en trouve vraiment à redire.
    Un soir où Jessica et lui ont rendez-vous avec le grand patron de celle-ci, il découvre une jeune fille allongée sur le trottoir, en sang et apparemment inconsciente.
    N'écoutant que son bon sens, il va vers elle pour lui porter secours.
    Après que cette personne ai refusé la venue d'une ambulance, il décide de l'emmener chez lui.
    Ce fut le premier pas de Richard vers une existence chamboulée du tout au tout, peuplée de créatures dangereuses, de personnages hauts en couleurs, de métros drôlement habités et de portes, beaucoup de portes.

    Dans l'introduction de ce livre, Neil Gaiman explique qu'il voulait, avec Neverwhere, créer une sorte d'Alice au Payx des Merveilles, ou de Monde de Narnia, mais pour adultes.
    Paris parfaitement réussi avec ce livre enchanteur, magique et sombre à souhaits !

    Les premières pages nous décrivent Richard, un peu de son parcours et de sa vie, et son caractère un peu trop maléable pour son propre bien.
    L'arrivée dans sa vie de cette jeune fille blessée va tout changer. Elle se nomme Porte, et sa spécialité ... c'est les portes. Plus précisément leur ouverture.
    La première qu'elle ouvrira pour entrainer le jeune homme à sa suite va sceller le destin de celui-ci à jamais, et le lecteur est immédiatement plongé avec lui dans cette Londres incroyables !

    Chose assez rare pour être soulignée : TOUT les personnages sont intéressant, charismatiques et superbement travaillés. Richard est vraiment attachant, même si parfois sa mollesse peut être énervante. le Marquis de Carabas est un concentré de pur charisme tout en étant inquiétant et incernable. Et ça faisait longtemps que des personnages ne m'avaient pas autant fichu la frousse que M. Croup et M. Vandemar. Ces deux êtres me hantaient même quand le livre était fermé ...

    L'action ne souffre d'aucune longueur, rien n'est superflu ou, au contraire, rien ne manque !
    Dans la Londres d'en-dessous, il se passe toujours quelque chose, et il y a tellement à voir et à entendre qu'on est rassasié d'évènements et de scènes incroyables, comme après un bon repas, sans en subir la moindre indigestion.
    La quête dans laquelle se trouve embarqué Richard va le conduire dans des endroits absolument incroyables, un peu comme un monde parrallèle, où les décors des lieux sont pareils, mais où tout le reste est diamétralement opposé à la réalité qu'il a toujours connue.

    Je pense honnêtement que l'on ne peut qu'être séduit par ce récit, il possède tout les ingrédients d'une bonne histoire qui peut plaire à beaucoup de "catégories" de lecteurs.
    Chacun y trouvera son compte, peu importe les préférences.
    En tout cas, pour ma part, c'est avec énormément de plaisir que j'ai engloutis Neverwhere, et je pense qu'il fera partie des bouquins que je relirais par la suite avec tout autant de joie.

    Lien : http://archessia.over-blog.com/article-neverwhere-59592006.html
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Citations et extraits

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  • Par Acr0, le 25 septembre 2009

    Le visage crasseux s'adoucit.
    _ Tiens, mon pauvre, dit-elle en fourrant une pièce de cinquante pence au creux de la main de Richard. Alors, ça fait combien de temps que t'es à la rue ?
    _ Je ne suis pas à la rue, répondit Richard avec embarras en s'efforçant de restituer la pièce à la vieille. Je vous en prie - reprenez votre argent. Je vais très bien. Je suis simplement sorti prendre l'air. Je pars demain pour Londres, expliqua-t-il.
    Elle lui jeta un coup d'œil soupçonneux, avant de récupérer ses cinquante pence qu'elle fit disparaître sous les strates de manteaux et de châles qui l'emmitouflaient.
    _ J'y ai été, à Londres, lui confia-t-elle. Et j'm'y suis mariée, à Londres. Mais c'était un sale type. Ma m'man m'avait prévenue, de pas me marier à l'extérieur. Mais j'étais jeune et j'étais belle, on le dirait pas maintenant, et j'ai écouté que mon cœur.
    _ Je n'en doute pas, répondit Richard, gêné.
    La certitude qu'il allait vomir commençait peu à peu à s'estomper.
    _ Ca m'a fait une belle jambe. J'y ai été, à la rue. Alors, je sais comment c'est, poursuivit la vieille. C'est pour ça que j'ai cru que z'étiez. Et z'allez faire quoi, à Londres ?
    _ J'ai trouvé du travail, lui répondit-il fièrement.
    _ Dans quoi ?
    _ Euh, les placements financiers...
    _ J'étais danseuse, fit la vieille.
    Et elle se déplaça en titubant sur le trottoir, tout en se fredonnant une mélodie indistincte. Puis elle se mit à tanguer d'un bord sur l'autre comme une toupie en fin de course, avant de s'immobiliser face à Richard.
    _ Donnez vot'main, lui ordonna-t-elle. J'vais vous dire la bonne aventure.
    Il fit ce qu'on lui demandait. Elle posa la main du jeune homme dans sa vieille paume et la serra fermement, avant de cligner plusieurs fois des yeux, tel un hibou qui vient de gober une souris et ressent les premières atteintes de l'indigestion.
    _ Z'avez un long chemin à faire, dit-elle, surprise.
    _ Jusqu'à Londres.
    _ Non, pas seulement. (La vieille observa un silence.) Pas un Londres que j
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  • Par Acr0, le 25 septembre 2009

    Tout le monde achetait. Tout le monde vendait. Richard écouta les cris du marché en commençant à déambuler dans la foule.
    _ Ils sont beaux, ils sont frais, mes rêves. Cauchemars, cauchemars, première qualité ! Venez acheter mes beaux cauchemars.
    _ Aux armes ! Armez-vous ! Défendez votre cave, votre caverne ou votre terrier ! Vous voulez leur taper dessus ? On a ce qu’il faut. Allez, ma belle, approchez, venez par ici…
    _ Cochonneries ! Beugla une vieille obèse dans l’oreille de Richard quand il passa devant son étal malodorant. Détritus ! poursuivit-elle. Ordures ! Déchets ! Fange ! Immondices ! Servez-vous ! Tout est cassé et abîmé ! Saloperies, saletés et vieux tas de merde. Allez, allez, faites-vous plaisir.
    Un homme en armure battait un petit tambour, chantait en même temps :
    _ Objets perdus ! Approchez, approchez ! Voyez vous-mêmes. Objets perdus. Rien de trouvé ici, tout est garanti perdu.
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  • Par Acr0, le 25 septembre 2009

    L’eau du récipient chauffait à gros bouillons. Richard contempla l’eau qui s’agitait et l’épaisse vapeur qui montait, se demandant ce qu’ils allaient en faire. Son imagination lui fournit une foule de réponses, dont la plupart lui auraient infligé une douleur inconcevable, et dont aucune ne se révéla correcte.
    On versa l’eau bouillante dans un pot, auquel le frère Fuligineux ajouta trois cuillerées de feuilles séchées et broyées. Le liquide qui en résultat fut versé directement du pot dans trois tasses de porcelaine, à travers une passoire. L’abbé leva sa tête d’aveugle, huma l’atmosphère et sourit :
    _ La première partie de l’Epreuve de la Clé, dit-il, est une bonne petite tasse de thé. Vous prenez du sucre ?
    _ Non, merci, répondit Richard, sur ses gardes.
    Le frère Fuligineux ajouta un peu de lait dans le thé et passa une tasse et une soucoupe à Richard.
    _ Il est empoisonné ? S’enquit celui-ci.
    L’abbé parut presque choqué.
    _ Grand Dieu, non.
    Richard but le thé, qui avait grosso modo le goût habituel du thé.
    _ Mais ça fait vraiment partie de l’épreuve ?
    Le frère Fuligineux prit la main de l’abbé et y plaça une tasse de thé.
    _ C’est une façon de parler, dit l’abbé. Nous aimons toujours offrir une tasse de thé aux candidats, avant de commencer. Cela fait partie de l’épreuve pour nous. Pas pour vous. (Il bu un peu de son propre thé, et un sourire béat se répandit sur son antique visage.) Un thé plutôt savoureux, tout bien considéré.
    Richard posa sa tasse, quasiment intacte.
    _ Alors, demanda-t-il, verriez-vous un inconvénient à ce que nous passions tout de suite à l’épreuve ?
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  • Par Nasham, le 09 décembre 2010

    Richerd se retourna pour se trouver nez-ànez avec Jessica. Elle portait les cheveux en hauteur sur le crâne et ils encadraient parfaitement son visage par des accroches-coeurs bruns. Elle était très belle. Elle lui souriait; c'est le sourire qui le décida.
    _Bonjour Jessica, dit-il. Comment vas-tu?
    _Bonjour. Vous n'allez pas me croire, mais mon assistant a négligé de noter quel journal vous envoie, monsieur, euh...
    _Journal? demanda Richard.
    _J'ai dit journal? reprit Jessica avec un rire cristallin et doux qui se moquait d'elle-même. Magazine...Chaîne de télévision. Vous faites bien partie des médias?
    _Tu as une mine superbe, Jessica, répondit Richard.
    _Je crains de ne pas vous situer, avoua-t-elle avec un sourire espiègle.
    _Tu t'apelles Jessica Bartram. Tu es cadre en marketing chez Stocktons. Tu as 26 ans. Ton anniversaire tombe le 23 avril et, dans le feu de la passion, tu as la manie de fredonner la chanson des Monkees "I'm a believer"...
    Jessica ne souriait plus.
    _C'est une plaisanterie? demanda-t-elle d'une voix glacée.
    _Oh, et nous sommes fiancés depuis dix-huits mois.
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  • Par Acr0, le 25 septembre 2009

    Un vieux téléphone reposait dans un coin de la pièce. Un vieux téléphone en deux éléments, inutilisé par l’hôpital depuis les années vingt, en bois et Bakélite. M. Croup saisit le combiné par lequel se terminait un long cordon gainé de tissu et parla dans le microphone fixé sur la base.
    _ Croup et Vandemar, annonça-t-il d’une voix suave, Maison de Tradition. Obstacles oblitérés, nuisances éradiquées, amputation des membres gênants et dentisterie à l’ancienne.
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