> Patrick Marcel (Traducteur)

ISBN : 2290303348
Éditeur : J'ai Lu (2001)


Note moyenne : 4.16/5 (sur 198 notes) Ajouter à mes livres
Londres, un soir comme tant d'autres. Richard Mayhew découvre une jeune fille gisant sur le trottoir, l'épaule ensanglantée. Qui le supplie de ne pas l'emmener à l'hôpital... Et disparaît dès le lendemain.
Pour Richard, tout dérape alors : sa fiançée le quitte, o... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 4.00/5
    Par Skorpionnan, le 24 octobre 2011

    Skorpionnan
    Lecture
    Richard Mayhew est un provincial monté à Londres pour exercer le métier d'analyste financier. Il a une vie réussie, une fiancée superbe, une bonne situation, un avenir tout tracé. Mais sa si belle fiancée est une femme froide et arriviste, son travail l'ennuie et sa vie si bien cadrée lui semble factice et inutile.
    Un soir, en route pour un rendez-vous avec sa promise, Richard s'arrête pour aider une jeune fille blessée. Comme le bon samaritain, il porte secours à cette zonarde que tout le monde évite. Il l'héberge même pour lui permettre de se rétablir.
    Cette jeune fille s'appelle Porte, elle sera pour Richard, le seuil de Neverwhere.
    Avis
    Cette version de Neverwhere est revue et augmentée par l'auteur. de roman pour adolescents, le livre gagne ainsi en profondeur et en noirceur pour devenir un conte beaucoup plus adulte.
    Le Londres du livre est conforme à celui que nous connaissons: trépidant, multiculturel, formel et fou. Mais sous cette surface coexiste un autre Londres: Neverwhere, entre quelque part et nulle part. Un monde différent qui n'est pas vraiment de notre réalité mais plutôt adjacent, à la fois totalement étrange et étroitement connecté. Ce monde s'étend principalement dans les égouts, le métro, les abris souterrains de la seconde guerre mondiale, dans tous les endroits undergrounds délaissés par la réalité du dessus. Il est peuplé d'humains qui passeraient en surface pour des rebuts. Regroupés en tribus, en clans, ils survivent comme ils peuvent, véritables rats d'égouts. Enfin, ils voudraient bien être des rats, car ceux-ci, intelligents et organisés, sont plutôt haut-placés dans la hiérarchie locale. Quelques familles humaines favorisées de dons spéciaux font également office d'aristocratie dans cette société.
    D'autres personnages, tous plus étranges les uns que les autres, gravitent autour de Richard, de Porte et du Marquis de Carabas, un spadassin humain aussi félin et matou que le Chat Botté.
    Neil Gaiman réussit le tour de force de faire cohabiter deux mondes très différents. Un Londres de Woody Allen côtoie un Londres de Jean-Pierre Jeunet. le monde auquel nous sommes habitués et ce monde différent, empreint de fantastique, s'entremêlent, s'attirent et se repoussent. Des ambiances modern-lounge de la City, on bascule soudainement dans un livre de Dickens. A tout moment on s'attend à voir surgir Fagen dans un restaurant à la mode tant l'auteur arrive à rendre vivantes les atmosphères. Il excelle à concrétiser des mondes très étonnants mais cohérents. Il mêle l'imaginaire, les légendes urbaines, le folklore du monde du dessus. Tout trouve son écho dans le monde du dessous, et souvent une justification inattendue.
    Le style, bien que différent selon le contexte, est toujours superbe. J'ai énormément apprécié la partie du livre qui se déroule dans Neverwhere où l'écriture de Gaiman fait vraiment penser à celle de Dickens : noirceur sans misérabilisme, densité sans lourdeur, efficacité qui prend son temps.
    Les personnages sont attachants. Richard est magnifique et veule, sympathique, faible et héroïque, mais avant tout humain et bon. Porte est une jeune femme fragile mais obligée d'être forte, volontaire et intraitable pour survivre dans cette autre réalité si hostile.
    Une mention particulière à Vandemar et Croup, les deux affreux. Sadiques implacables, la brute et le dandy dont les noms font penser respectivement à un diamantaire hiératique et à une maladie suante et boursouflée, sont férus de Shakespeare. Ces deux personnages sont assez extraordinaires, leurs tirades très littéraires et décalées tombent très à propos. On ne sait par contre pas grand chose de leur aspect physique, ni même s'ils sont humains ou en ont seulement l'apparence. Car l'auteur a un don pour susciter des images, éveiller le merveilleux mais sans jamais assommer le lecteur de détails qui pourraient forcer ou polluer son imagination.
    Cet aspect fantastique, s'il ne s'épargne pas quelques plongeons dans une réelle noirceur, penche fréquemment vers l'absurde. L'ensemble, allié aux références nombreuses à l'imaginaire collectif donne l'impression d'être plongé dans un conte. Mais pas un conte pour enfants, plutôt un conte qui existe à côté de nous, que nous n'aurions pas encore remarqué mais dans lequel nous pourrions être plongés d'un instant à l'autre. C'est une impression du coin de l'oeil, que l'on sait être là, mais que l'on n'arrive ni à saisir ni à définir.
    L'aventure est rondement menée et par sa trame assez classique, si ce n'est que lorsque la banalité risque de s'installer, un épisode étrange et étonnant vient rompre la trame. Mais c'est le seul reproche que je ferai à ce livre: cet amoncellement de saynètes paraît par moment forcé et factice, un liant réel manque qui donnerait à l'ensemble un élan fougueux, une vraie ligne de force.
    Le thème sous-jacent, à savoir que la réussite et le bonheur ne sont pas forcément là où les codes sociaux nous les montrent est abordé de façon intéressante, mais assez prévisible. J'ai trouvé par contre particulièrement oppressante et fine la façon dont est relatée la "mésaventure" de Richard revenant au monde du dessus tout de suite après sa rencontre avec Porte: c'est un cauchemar affreux qu'il m'est arrivé de faire et que je ne souhaite à personne.
    Conclusion:
    Une écriture superbe à même de créer des mondes hétéroclites, mais une histoire malheureusement un peu décousue.
    ma note : 15/20
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    • Livres 4.00/5
    Par lehane-fan, le 17 juillet 2011

    lehane-fan
    De bons présages , co-ecrit avec Pratchett , m'avait véritablement déçu . Gaiman en solo , et son Neverwhere , m'a prouvé qu'il méritait amplement l'engouement qu'il suscitait !
    Richard Mayhew , Londonien , bossant dans le monde merveilleux des placements financiers , accompagne sa délicieuse fiancée , Jessica , jeune femme autoritaire et arriviste détestant les diminutifs , au restaurant afin d'y rencontrer le patron de cette derniere . Sa vie semble etre toute traçée : un boulot chiant , une femme qui ne l'est pas moins ! Presque trop de bonheur pour un seul homme...
    Sa vie bascule lorsqu'il décide , contre l'avis de sa douce , de venir en aide à une jeune femme , croisée dans la rue , qui semble etre en grande difficulté . Porte , de son petit nom , va des lors faire découvrir à Richard un monde qu'il ne soupçonne pas , meme dans ses reves les plus fous ! Enfin je dis reves , ce Londres d'en-bas , sorte de monde parallele féodal , est quand meme peuplé des creatures les plus féroces et les plus sanguinaires qui soient , créatures qui soit dit en passant sont justement en chasse d'un gibier bien précis : Porte !
    Gaiman m'a transporté dans un monde fantastique à l'imagination débridée en me contant une histoire haletante dont les nombreux protagonistes sont plus barrés les uns que les autres ! Cette incroyable galerie de portraits contribue majoritairement au succes d'un tel bouquin . Richard est la caution dite normale du récit puis viennent s'y greffer Porte la bien nommée à qui aucune ouverture ne résiste ; le Marquis de Carabas : personnage mystérieux aux motivations troubles ; Chasseur : garde du corps féminin de Porte devant la sauver de Croup et Vandemar ( mes chouchous ) , spécialistes du meurtre , de la torture , de l'éviscération , docteurs es boucherie ! Deux entités diametralement opposées poursuivant un meme but : le plaisir de donner la Mort . L'un est éduqué , l'autre porte sa betise comme un étendard ; l'un est raffiné , l'autre a fait de son manque de savoir vivre une regle de vie.. Complémentaires s'il en est ! Chacune de leurs apparitions me tirait immanquablement un p'tit sourire en coin .
    Je ne vous décrirai pas les Moines Noirs , l'ange Islington , le lord Parle-Aux-Rats , Old Bailey , et bien d'autres encore , autant de personnages annexes mais qui apportent une dimension supplémentaire au récit !
    Un Neverwhere de haute volée ! Imaginatif et fertile au possible ! Pas une once d'ennui à l'horizon ! L'histoire va à 100 à l'heure et les rebondissements sont légion ! du p'tit lait pout tout amateur de fantastique qui se respecte ! A cela vient s'ajouter un réel talent de conteur soutenu par une plume alerte qui fait de Gaiman un auteur que je m'empresserai de suivre à l'avenir !
    Un pur bouquin de fantasy urbaine qui a reçu le prix Julia Verlanger ( prix recompensant les meilleurs ecrits de science-fiction ou de fantasy ) en 1999 .
    A tous les fans de monde onirique , baroque , à l'humour omniprésent , je ne dirai qu'une chose : Neverwhere , à lire partout !
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    Critique de qualité ? (12 votes positifs)
    • Livres 5.00/5
    Par Luniver, le 15 février 2012

    Luniver
    Après avoir été plus qu'enthousiasmé par American Gods, j'ai longtemps hésité à me plonger dans un autre livre de Gaiman, en me disant que je ne pourrais qu'être déçu en comparaison du premier. Et pour mon plus grand plaisir, j'avais faux sur toute la ligne.
    Richard, Écossais expatrié à Londres, mène une vie paisible : un boulot tranquille, une petite amie qui s'acharne à le transformer en "accessoire de mariage idéal". Mais cette vie bascule lorsqu'il fait le choix d'aider une jeune fille ensanglantée (Porte) dans la rue, plutôt que de la laisser en plan pour ne pas être en retard à leur rendez-vous comme le lui conseille sa douce compagne. le lendemain matin, il reçoit la visite des terrifiants M. Croup, au parlé délicat et raffiné, et M. Vandemar, qui ramène la culture du duo à la moyenne nationale, venus achever le travail qu'ils avaient commencé la veille.
    Mais en aidant Porte, Richard a quitté le monde de la Londres moderne pour rejoindre la Londres d'En-Bas. le seul moyen pour lui de retrouver sa vie d'avant est d'aider Porte dans sa quête de vengeance. Celle-ci se fera assister de Chasseur, guerrière légendaire et garde du corps, et du Marquis de Carabas, personnage trouble qui met son nez partout et qui monnaie ses services contre des "faveurs" à rendre plus tard. Ils traverseront Londres de toute part, chaque lieu célèbre de la ville d'En Haut ayant un parallèle dans le monde d'En Bas : Earl's Court est la cour d'un vrai comte, des véritables Moines Noirs vivent au pont de Blackfriars, ...
    Un univers sombre, original et bien construit, des personnages hauts en couleur, une intrigue qui ne s'essouffle jamais, le tout servi avec un humour british qui fait mouche : Neverwhere est un vrai régal à lire.
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    • Livres 5.00/5
    Par Kirakira80, le 01 novembre 2011

    Kirakira80
    Un véritable petit bijou ! Fourmillant d'idées et de rebondissements, le roman nous embarque dès la première page et nous tient en haleine jusqu'à la dernière ! On aimerait même ne jamais le voir finir tant le monde qui y est développé recèle encore de mystères…

    Construit comme une quête initiatique, le livre bénéficie en outre d'une galerie de personnages surprenants, dont on ne sait s'ils sont des rois ou des mendiants, des êtres humains ou des créatures magiques. Et c'est cette ambiguité qui fait leur richesse. Face à ces personnages de contes et de légendes, Richard apparaît d'abord comme un être perdu, vulnérable qui peu à peu se découvre courageux, capable de protéger les autres...Un héros malgré lui fort sympathique même si le personnage le plus intéressant reste à mes yeux le Marquis de Carabas, créature insaisissable, dandy débrouillard et cabotin tout simplement irrésistible, qui ne cesse de nous surprendre tout au long du roman.
    Mais la star de Neverwhere est sans nul doute la ville de Londres que Neil Gaiman nous présente sous un jour totalement inédit. Tour à tour cité médiévale et fantomatique, ce monde parallèle situé sous nos pieds est en effet une surprise de tous les instants. le plaisir est d'autant plus grand si l'on connaît la ville et les lieux dont il est question dans le roman : Big Ben se métamorphose en effet en un gigantesque marché médiéval, la station Blackfriars devient un monastère et Earl's Court abrite un véritable comte… Et c'est une Londres réinventée qui naît sous nos yeux !!!
    Une lecture coup de cœur donc, dans laquelle on se plonge avec délectation
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    • Livres 4.00/5
    Par gruz, le 03 avril 2012

    gruz
    Neverwhere est un conte, mais un conte urbain, poétique, sombre et parfois violent. Cette histoire est à la fois un hommage aux récits du genre et une aventure tout à fait moderne.
    Car c'est dans une véritable aventure que nous plonge Gaiman, palpitante, remplie d'une foultitude de rebondissements et de situations rocambolesques.
    Les personnages sont hauts en couleur, improbables et pourtant on s'y attache rapidement grâce à la plume pleine de verve de l'auteur.
    Oui, parce que c'est fichtrement bien écrit, une écriture "à l'ancienne" qui pourtant sonne avec modernité, sacré exploit.
    Et la cerise sur le gâteau, c'est cet humour typiquement british, subtile et absurde, qui rend l'Aventure (avec un grand A) encore plus ludique.
    Une superbe réussite, basée sur une idée de départ géniale.
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Citations et extraits

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  • Par Acr0, le 25 septembre 2009

    Le visage crasseux s'adoucit.
    _ Tiens, mon pauvre, dit-elle en fourrant une pièce de cinquante pence au creux de la main de Richard. Alors, ça fait combien de temps que t'es à la rue ?
    _ Je ne suis pas à la rue, répondit Richard avec embarras en s'efforçant de restituer la pièce à la vieille. Je vous en prie - reprenez votre argent. Je vais très bien. Je suis simplement sorti prendre l'air. Je pars demain pour Londres, expliqua-t-il.
    Elle lui jeta un coup d'œil soupçonneux, avant de récupérer ses cinquante pence qu'elle fit disparaître sous les strates de manteaux et de châles qui l'emmitouflaient.
    _ J'y ai été, à Londres, lui confia-t-elle. Et j'm'y suis mariée, à Londres. Mais c'était un sale type. Ma m'man m'avait prévenue, de pas me marier à l'extérieur. Mais j'étais jeune et j'étais belle, on le dirait pas maintenant, et j'ai écouté que mon cœur.
    _ Je n'en doute pas, répondit Richard, gêné.
    La certitude qu'il allait vomir commençait peu à peu à s'estomper.
    _ Ca m'a fait une belle jambe. J'y ai été, à la rue. Alors, je sais comment c'est, poursuivit la vieille. C'est pour ça que j'ai cru que z'étiez. Et z'allez faire quoi, à Londres ?
    _ J'ai trouvé du travail, lui répondit-il fièrement.
    _ Dans quoi ?
    _ Euh, les placements financiers...
    _ J'étais danseuse, fit la vieille.
    Et elle se déplaça en titubant sur le trottoir, tout en se fredonnant une mélodie indistincte. Puis elle se mit à tanguer d'un bord sur l'autre comme une toupie en fin de course, avant de s'immobiliser face à Richard.
    _ Donnez vot'main, lui ordonna-t-elle. J'vais vous dire la bonne aventure.
    Il fit ce qu'on lui demandait. Elle posa la main du jeune homme dans sa vieille paume et la serra fermement, avant de cligner plusieurs fois des yeux, tel un hibou qui vient de gober une souris et ressent les premières atteintes de l'indigestion.
    _ Z'avez un long chemin à faire, dit-elle, surprise.
    _ Jusqu'à Londres.
    _ Non, pas seulement. (La vieille observa un silence.) Pas un Londres que j
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  • Par Acr0, le 25 septembre 2009

    Tout le monde achetait. Tout le monde vendait. Richard écouta les cris du marché en commençant à déambuler dans la foule.
    _ Ils sont beaux, ils sont frais, mes rêves. Cauchemars, cauchemars, première qualité ! Venez acheter mes beaux cauchemars.
    _ Aux armes ! Armez-vous ! Défendez votre cave, votre caverne ou votre terrier ! Vous voulez leur taper dessus ? On a ce qu’il faut. Allez, ma belle, approchez, venez par ici…
    _ Cochonneries ! Beugla une vieille obèse dans l’oreille de Richard quand il passa devant son étal malodorant. Détritus ! poursuivit-elle. Ordures ! Déchets ! Fange ! Immondices ! Servez-vous ! Tout est cassé et abîmé ! Saloperies, saletés et vieux tas de merde. Allez, allez, faites-vous plaisir.
    Un homme en armure battait un petit tambour, chantait en même temps :
    _ Objets perdus ! Approchez, approchez ! Voyez vous-mêmes. Objets perdus. Rien de trouvé ici, tout est garanti perdu.
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  • Par Acr0, le 25 septembre 2009

    L’eau du récipient chauffait à gros bouillons. Richard contempla l’eau qui s’agitait et l’épaisse vapeur qui montait, se demandant ce qu’ils allaient en faire. Son imagination lui fournit une foule de réponses, dont la plupart lui auraient infligé une douleur inconcevable, et dont aucune ne se révéla correcte.
    On versa l’eau bouillante dans un pot, auquel le frère Fuligineux ajouta trois cuillerées de feuilles séchées et broyées. Le liquide qui en résultat fut versé directement du pot dans trois tasses de porcelaine, à travers une passoire. L’abbé leva sa tête d’aveugle, huma l’atmosphère et sourit :
    _ La première partie de l’Epreuve de la Clé, dit-il, est une bonne petite tasse de thé. Vous prenez du sucre ?
    _ Non, merci, répondit Richard, sur ses gardes.
    Le frère Fuligineux ajouta un peu de lait dans le thé et passa une tasse et une soucoupe à Richard.
    _ Il est empoisonné ? S’enquit celui-ci.
    L’abbé parut presque choqué.
    _ Grand Dieu, non.
    Richard but le thé, qui avait grosso modo le goût habituel du thé.
    _ Mais ça fait vraiment partie de l’épreuve ?
    Le frère Fuligineux prit la main de l’abbé et y plaça une tasse de thé.
    _ C’est une façon de parler, dit l’abbé. Nous aimons toujours offrir une tasse de thé aux candidats, avant de commencer. Cela fait partie de l’épreuve pour nous. Pas pour vous. (Il bu un peu de son propre thé, et un sourire béat se répandit sur son antique visage.) Un thé plutôt savoureux, tout bien considéré.
    Richard posa sa tasse, quasiment intacte.
    _ Alors, demanda-t-il, verriez-vous un inconvénient à ce que nous passions tout de suite à l’épreuve ?
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  • Par Luniver, le 11 février 2012

    M. Croup appliqua sa main gauche contre le mur, doigts écartés. Il prit de main droite cinq lames de rasoir, visa avec soin et les lança vers le mur. Elles s'y fichèrent toutes, entre les doigts ; ça aurait pu constituer le clou d'un numéro de lanceur de couteaux miniatures. M. Croup retira la main, laissant les lames plantées dans le mur, délimitant le contour de ses doigts, et il se retourna vers son partenaire pour recevoir son approbation.
    Il n'avait pas impressionné M. Vandemar.
    «Et alors ? Qu'est-ce qu'y a d'extraordinaire ? Z'avez pas réussi à atteindre un seul doigt.»
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  • Par Luniver, le 11 février 2012

    «C'est un rat», déclara Richard, avec le sentiment qu'en certaines circonstances on pouvait être pardonné d'énoncer une évidence.
    «Oui, bien sûr. Alors, vous allez présenter vos excuses ?
    - Quoi ?
    - Excusez-vous.»
    Il n'avait pas dû bien entendre. Peut-être que c'était lui qui devenait fou. «Présenter des excuses à un rat ?»
    Porte ne répondit rien, de façon plutôt éloquente.
    «Je suis désolé, déclara avec dignité Richard au rat, si je t'ai fait peur.»
    Le rat leva les yeux vers Porte.
    «Mais si, il est sincère, assura-t-elle. Il ne dit pas ça comme ça.»
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