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Par Aifelle, le 18/06/2013
Les fidélités successives de
Nicolas d` Estienne d`Orves
"Mais ma présence ici n'était-elle pas en soi un comble d'indécence ? Une question que je me gardais bien de me poser, car elle aurait suffi à remettre en cause toute ma vie depuis mon départ de Malderney. Je suivais une trajectoire de plus en plus dangereuse, de plus en plus aléatoire. Mes choix étaient souvent dictés par le hasard des rencontres, la conjonction de ma destinée et des faits historiques. Mais je cherchais rarement à lutter contre le courant et préférais me laisser porter, sans pour autant couler. Garder un oeil critique, voilà l'essentiel. Ne pas oublier que j'étais un artiste, d'une race qui peut figer ces heures uniques d'un simple coup de crayon."
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Par Lolokili, le 22/01/2013
Les fidélités successives de
Nicolas d` Estienne d`Orves
J’étais trop ambigu pour mon époque, trop inclassable. La France aime les cadres et les cases. Sortez du carcan bon-méchant, blanc-noir, affront-vengeance, et l’on vous regarde avec méfiance, comme si vous étiez plus dangereux qu’un assassin. C’est là une maladie très française, ce besoin cartésien de mettre des étiquettes, d’inventorier, de trouver une logique. Il n’y a pourtant aucune logique dans ma vie. Juste un destin. Le destin d’un homme à cheval entre deux cultures, deux mondes, deux pays, deux rives, deux aspirations, deux familles d’esprit, deux rêves de gloire, deux amours.
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Par Lolokili, le 20/01/2013
Les fidélités successives de
Nicolas d` Estienne d`Orves
Rien n’est impossible mais je me suis toujours interdit de penser au conditionnel : ça brouille l’esprit, ça gâte les perspectives, ça ne sert à rien. Ce qui est fait est fait, le reste n’est que sotte spéculation.
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Par nadou_971, le 13/06/2013
Les Orphelins du Mal de
Nicolas d` Estienne d`Orves
[...]
-C'est pour me parler d'histoire que tu m'a donné rendez-vous ici ?
Je le fixe de mon regard "tranchant". Le bleu électrique des yeux sous mes cheveux noirs. Ce que Clément appelle mes "yeux de squale"; un regard auquel il n'a jamais pu résister. Il se contorsionne et recale sa chaise pour laisser passer un couple d'Américains qui s'assied dans notre dos en jappant des "How nice!" d'être dans le saint des saints du Paris "oulala!"
Quelle idée de me donner rendez-vous ici... Clément sait pertinemment que je déteste Le Flore. D'une manière générale, Saint-Germain-des-Prés m'inspire une méfiance instinctive, presque paysanne. Mon côté "province", j'imagine.
-Bon, d'accord, concède Clément, j'ai quelque chose à te demander...
Il se reprend et corrige :
-En fait, j'ai quelque chose à te proposer... Je ne peux m'empêcher d'être narquoise :
-Tu vois, tu caches toujours ton jeu.
Devant son sourire peiné, je réalise que - comme d'habitude - je suis allée trop loin. Tu t'emballes, Anaïs, tu t'emballes ! Mais c'est plus fort que moi. Ce que Léa, ma meilleure amie, appelle mon "orgueil de femme seule". Et je n'ai que vingt-cinq ans !
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Par Lolokili, le 22/01/2013
Les fidélités successives de
Nicolas d` Estienne d`Orves
Tant de cadavres ont flotté ici. Tant de corps éventrés, mutilés, décapités, ramenés sur la plage par le ressac. Ce n’était plus de l’eau, mais du sang. Une bouillie de tripes et d’écume, qui venait vomir sur la grève.
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Par Lolokili, le 23/01/2013
Les fidélités successives de
Nicolas d` Estienne d`Orves
– Prostituer à ce point son talent est une honte ! dit Bloch en prenant Guillaume par les épaules. Fais très attention, toi aussi. Les dons artistiques n’excusent rien. Au contraire, ils obligent !
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Par Lolokili, le 19/01/2013
Les fidélités successives de
Nicolas d` Estienne d`Orves
A Malderney, les années passaient avec la douceur d’un rite ancestral. Les colères de Virginia, les silences de Philip, l’éternelle absence de Pauline et les rêves contrariés des deux frères, rien ne changeait.
L’automne venu, tandis que la lande prenait sa teinte rousse et que les chemins de bruyère tournaient à la boue, Victor et Guillaume Berkeley redevenaient les jeunes hobereaux de leur étrange enclave féodale.
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Par Lolokili, le 31/01/2013
Les fidélités successives de
Nicolas d` Estienne d`Orves
Monsieur R. n’en avait cure : il mangeait.
Je devrais plutôt dire qu’il bâfrait. Avec une rage de charognard, il alternait fruits de mer et abats, trempant parfois le bout d’une oreille dans un fond de coquille. Comme lors de notre première rencontre, le maitre du marché noir ouvrait les vannes de sa gloutonnerie et avalait cet étrange festin avec autant de bruit qu’une fanfare wagnérienne.
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Par TRIEB, le 22/10/2012
Les fidélités successives de
Nicolas d` Estienne d`Orves
l’Occupation ne faisait que commencer mais je serais bientôt amené à constater que l’antisémitisme faisait perdre leur second degré aux esprits les plus fins , aux intelligences les plus affûtées .Jusqu’où la jalousie humaine et la paranoïa pouvaient-elles aller pour dévoyer à ce point les esprits ? Ces hommes (…) étaient simplement en train de plonger dans une réalité nouvelle, où certains hommes n’avaient plus les mêmes fonctions que leurs semblables .Une humanité à deux vitesses, comme aux âges antiques. »
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Par LydiaB, le 04/07/2010
Les derniers jours de Paris de
Nicolas d` Estienne d`Orves
Qui aurait cru que cette masure en torchis se trouvait en plein Paris, dans l'annexe du Jardin des Plantes, de l'autre côté de la rue Buffon ? Quatre murs branlants, un toit de zinc, une cheminée partiellement éboulée, le tout au fond d'une cuvette, au pied d'un immeuble en brique de style industriel, qui abritait les labos d'ornithologie. Et puis cette forêt d'orties, enrobant la cabane pour la protéger des regards indiscrets.
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