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Par bookaure, le 01/04/2012
L'élimination de
Rithy Panh
Sans riz, sans eau, sans force, comment résister ? Sans amis, sans frères et soeurs de combat, comment fuir? Comment rester un homme? Il fallait survivre. C'était notre premier devoir. Notre premier combat. Se révolter, c'était d'abord vivre. Ou plutôt: rester vivant.
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Par bookaure, le 29/03/2012
L'élimination de
Rithy Panh
Être un héros me semble facile: sauter sur une mine; mourir pour sa cause; c'est un état de guerre. Mais être un homme; chercher la liberté et la justice; ne jamais abdiquer sa conscience: c'est un combat.
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L'élimination de
Rithy Panh
Les doctrines changent, les mains aussi, mais il y a toujours une lame, et une gorge coupable à trancher - au nom de la justice, au nom de la sauvegarde du régime, au nom du nom.
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Par bookaure, le 29/03/2012
L'élimination de
Rithy Panh
Aujourd'hui encore, mon père est pour moi une boussole: un résistant à sa manière. Parler français dans un village khmer rouge, alors que les grands crimes ont commencé, alors qu'on est soi-même fils de paysan illettré, c'est un acte politique qui signifie: ce langage est à moi. Je l'ai acquis pour être un homme, et pour le transmettre. Alors faites la révolution. Répétez vos slogans à l'infini. Mais cette conscience et ce savoir, vous ne pourrez pas me les retirer. Si vous voulez mon silence, il faudra me tuer.
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Par bookaure, le 29/03/2012
L'élimination de
Rithy Panh
Les Khmers rouges nous observent sans cesse. Ils remarquent mes doigts fins. L'un d'eux ma lance: "Tu as des doigts de bourgeois. Tu n'as jamais tenu la houe!" Je suis un nouveau peuple, j'ai un corps de nouveau peuple: un nouveau corps - à forger, donc. Mais les travaux, les blessures, le cal, ne changent rien. Je garde ces doigts trop fins. Alors je m'éloigne des premiers rangs. J'apprends à cacher mes mains; à serrer les poings; à me fondre; à disparaitre.
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Par Nyko_bzh, le 28/02/2012
L'élimination de
Rithy Panh
Je marchais encore difficilement. Je n'ai pas pu m'approcher. Je n'ai pas pu parler à ma mère, lui souhaiter bon courage. Je n'ai pas pu la remercier de ce qu'elle avait fait pour moi : pour mon pied, pour tout, pour la vie. Elle m'a salué de loin, les bras autour de ses deux porteurs, et elle m'a lancé ces phrases qui auraient été ironiques dans tout autre circonstance : "Il faut marcher dans la vie, Rithy. Quoiqu'il arrive, tu dois marcher."
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L'élimination de
Rithy Panh
Il fallait survivre.C'était notre premier devoir.Notre premier combat.Se révolter,c'était d'abord vivre.Ou plutôt:rester vivant.
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L'élimination de
Rithy Panh
Je l'ignorais alors, mais nous étions à devenir, dès l'entrée des Khmers rouges dans la capitale, le 17 avril de cette année-là, des "nouveau peuple" - ce qui signifiait : des bourgeois, des intellectuels, des propriétaires. Donc des oppresseurs : à rééduquer dans les campagnes ; ou à exterminer.
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L'élimination de
Rithy Panh
Sur une page e ces registres, il peut y avoir vingt ou trente noms. Pour chaque nom, une mention manuscrite de Duch : "détruire", "garder", "vous pouvez détruire", "photographie nécessaire", comme s'in connaissait chaque cas dans le détail. Minutie de la torture. Minutie du travail de torture.
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L'élimination de
Rithy Panh
Jacques Lacan:"Le monde est un enfer pour l'homme qui ne croit pas au diable." Duch n'est ni diable ni Dieu.Mais qu'il soit homme,pleinement homme,ne lui retire pas son unicité.Au contraire.Il est cet homme qui ne peut être un autre-et qu'un autre ne peut être.