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Par carre, le 08/06/2012
Terre des oublis de
Duong Thu Huong
La femme est plus clairvoyante que l’homme sans doute justement grâce à ce fond obscur de son âme où l’intelligence s’arrête, où l’intuition érige ses antennes invisibles mais efficaces.
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Par oops, le 10/06/2012
Terre des oublis de
Duong Thu Huong
La femme est un monde mystérieux, incompréhensible. Elle se désintéresse de la logique ordinaire et n'écoute que la voix de son coeur. C'est pourquoi l'homme n'arrivera jamais à sa hauteur...
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Par Cath36, le 02/01/2012
Sanctuaire du coeur de
Duong Thu Huong
Than sait que Kim attendait quelque chose du genre :"un grand baiser à ma fée" ou : "je t'embrasse, ma belle chérie". Pourtant il n'a pu satisfaire ce désir inavoué, retenu par la honte. Cette gêne qu'il éprouve, et sa réserve, sont semblables à la clôture qu'érigent les montagnards pour empêcher les sangliers de venir saccager les plants de maïs et les potagers.
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Par caro64, le 12/06/2012
Sanctuaire du coeur de
Duong Thu Huong
Ce rêve est-il un pressentiment du futur qui m'attend ? Je ne me sens plus chez moi dans cette maison. Ce verger derrière la fenêtre, ces pigeons qui roucoulent me sont devenus étrangers. C'est l'été. La senteur des goyaves mûres embaument. Mais je suis mort cet été, et l'été est mort avec moi. Je ne discerne plus que les bouquets blancs de fleurs de pamplemoussiers. Les arbres semblent figés dans le givre. Les fleurs sont blanches comme la neige, comme des nuages immobiles. Je suis là bas, hébété parmi les pamplemoussiers, plongé dans leurs senteurs florales. Une hébétude de parfumeur en herbe ? Ne me reste t il que cette image après toutes ces années ?
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Par carre, le 08/06/2012
Terre des oublis de
Duong Thu Huong
Dévorante, chaque crise de jalousie cristalise dans son âme un sel amer.
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Sanctuaire du coeur de
Duong Thu Huong
"La vie ! Une leçon que je devrais inlassablement réviser jusqu'au moment de descendre sous terre."
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Par Myrtle, le 18/05/2012
Sanctuaire du coeur de
Duong Thu Huong
Ma belle, il faut que je te dise clairement que je ne t'aime pas. Pas une once d'amour, si on mesure en or ; pas un centime, si on mesure en argent ; pas un grain, si on mesure en céréales. Tu es aussi orgueilleuse en matière de richesse qu'en matière de beauté. Seulement, pour moi, tu n'es qu'une fleur en papier qui ne peut ni s'épanouir, ni se faner, ni s'altérer. Une fleur factice, sans parfum, sans éclat, qu'on peut laver quand elle devient sale. Pas du tout le genre de fleurs que j'apprécie.
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Terre des oublis de
Duong Thu Huong
[Incipit.]
Une pluie étrange s'abat sur la terre en plein mois de juin.
D'un seul élan, l'eau se déverse à torrents du ciel, la vapeur s'élève des rochers grillés par le soleil. L'eau glacée et la vapeur se mêlent en un brouillard poussiéreux, aveuglant. Une odeur acre, sauvage, se répand dans l'air, imprégné de la senteur des résines séchées, du parfum des fleurs fanées, des relents de salive que les oiseaux crachent dans leurs appels éperdus à l'amour tout au long de l'été et de la fragrance des herbes violacées qui couvrent les cimes escarpées des montagnes. Tout se dilue dans les trombes d'eau.
Brusquement, la pluie s'arrête, le vent tombe. L'eau dévale les ravins, la végétation gorgée d'humidité recommence à cuire dans la chaleur. Un soleil conquérant surgit de derrière les nuages dans le bleu intense du ciel. Comme après une longue séparation, le désir de la terre et de la forêt s'enflamme aveuglément, brûle de jalousie tous les êtres pris de frénésie amoureuse. Effrayés par le soleil, les papillons se terrent dans les anfractuosités. Les malheureuses abeilles cessent de rechercher le pollen.
Dans le silence étouffant, seules les fleurs de bananiers éclatent, flamboient comme si leur éclat pourpre voulait échapper à la moiteur étouffante, s'évaporer dans l'air, s'envoler vers les nuages.
Mien s'est réfugiée dans une grotte en compagnie des femmes du Hameau de la Montagne *. Elle se sent fiévreuse, se touche le front, le trouve glacé. Son coeur bat la chamade. Furtivement, elle pense, angoissée, à son fils.
Serait-il tombé dans la jarre d'eau ? Aurait-il reçu une tige effilée dans l'œil ? Non, non... Tante Huyên est très méticuleuse, elle surveille chaque pas que fait l'enfant. La figure du petit est trop rayonnante, il ne peut rien lui arriver de mal. Mon fils a un visage radieux de bonté, les démons comme les génies le protégeront.
Elle n'a plus peur pour son fils. Elle continue néanmoins d'être fébrile, angoissée. Quel malheur l'attend au bout du chemin ?
«Assez, rentrons. C'est un jour sans.»
Mien interrompt le silence.
Personne ne répond. Les femmes restent debout, serrées les unes contre les autres, regardant le ciel. Elles viennent d'effectuer la première sortie en forêt de l'année pour récolter le miel. Dès l'aube, la malchance les a frappées. À peine sur la montagne, l'une d'elles s'est tordu la cheville en tombant. Elles ont dû la soutenir jusqu'au poste de garde. Elles avaient franchi deux montagnes quand la pluie s'est abattue sur elles. Maintenant, le sol exhale la fièvre. La chaleur jaillit des ruisseaux, des sentiers jonchés de feuilles pourries. La chaleur s'évapore des feuilles et des fleurs écrasées, arrachées par la pluie, plaquées au pied des arbres. Tout empeste.
«Rentrons», presse Mien.
Une jeune fille pointe le doigt vers l'ouverture de la grotte :
«Tu veux que les serpents nous attaquent ? Ouvre grand tes yeux et regarde !»
Mien reste silencieuse. Elle n'a pas besoin d'ouvrir les yeux pour savoir qu'en cet instant les serpents rampent à travers les sentiers, s'élancent dans les arbres, se suspendent aux branches, prêts à attaquer leurs proies. Des lézards claquent la langue sur le plafond de la grotte. Mien sursaute, lève la tête. Une femelle serpent attendant la ponte, étouffée par la chaleur ambiante, pourrait bien se jeter sur elles et les piquer au front. Une femme corpulente bat les fourrés devant la grotte, se retourne et dit :
«Prenez chacune un bâton, au cas où les serpents nous chargeraient en bande.»
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Par BMR, le 06/08/2007
Terre des oublis de
Duong Thu Huong
[...] Sa femme devient plus tendre que jamais, non pas de la tendresse d'une femme paisiblement installée dans son bonheur, mais de la tendresse désespérée, démente de celle qui sera bientôt chassée du paradis et qui le sait.
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Par Cath36, le 04/01/2012
Sanctuaire du coeur de
Duong Thu Huong
Qui pouvait savoir s'il n'allait pas passer en un jour du statut d'artisan à celui de petit patron ou de petit bourgeois ? Qui savait si, le lendemain, quelqu'un n'allait pas vous accuser de cacher de l'or, d'entretenir des relations avec le parti nationaliste ou le Deuxième Bureau français ? C'était la terreur généralisée, personne n'osait regarder ses amis, tout le monde se méfiait de tout le monde, craignant un coup de poignard dans le dos. Avec cette psychose, l'amitié a explosé.
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