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2666 de
Roberto Bolaño
Mais elle se posait la question (et en passant elle la leur posait) de savoir jusqu’à quel point quelqu’un peut connaître l’oeuvre de quelqu’un d’autre.
- Par exemple, moi, l’oeuvre de Grosz me passionne, dit-elle en désignant les dessins de Grosz accrochés au mur, mais est-ce que je connais réellement son oeuvre ? Ses histoires me font rire, à certains moments je crois que Grosz les a dessinées pour que je rie, à certaines occasions le rire se transforme en éclats de rire, et les éclats de rire en crise de fou rire, mais j’ai rencontré une fois un critique d’art qui aimait Grosz, évidemment, et qui pourtant sombrait dans la dépression lorsqu’il assistait à une rétrospective de son oeuvre, ou lorsque, pour des raisons professionnelles, il devait étudier un tableau ou un dessin. Et ces dépressions ou ces périodes de tristesse duraient habituellement des semaines. Ce critique d’art était un ami à moi, mais jamais nous n’avions abordé le sujet Grosz. Une fois cependant je lui ai dit ce qui m’arrivait. Au début il ne voulait pas le croire. Ensuite, il s’est mis à remuer la tête d’un côté à l’autre. Puis il m’a regardée de haut en bas comme s’il ne me connaissait pas. J’ai pensé qu’il était devenu fou. Il a cessé toute relation amicale avec moi pour toujours. Il n’y a pas très longtemps on m’a raconté qu’il dit encore que je ne sais rien sur Grosz et que mon goût esthétique ressemble à celui d’une vache. Bon, en ce qui me concerne, il peut dire ce qu’il veut. Moi je ris avec Grosz, lui, Grosz le déprime, mais qui connaît Grosz réellement ?
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Par nadejda, le 17/03/2012
Les chiens romantiques : Poèmes 1980-1998 de
Roberto Bolaño
Pour tous ceux qui sont intéressés on peut se procurer le texte intégral espagnol de "Los perros romanticos" en PDF en copiant le lien suivant :
http://katarsis-net.com.ar/downloads/bolanio.roberto.-.los.perros.romanticos.pdf
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Par nadejda, le 17/03/2012
Les chiens romantiques : Poèmes 1980-1998 de
Roberto Bolaño
LA FRANCESA
Un amor inolvidable
Y breve,
¿Como un huracán?,
No, un amor breve como el suspiro de una cabeza guillotinada,
La cabeza de un rey o un conde bretón,
Breve como la belleza,
La belleza absoluta,
La que contiene toda la grandeza y la miseria del mundo
Y que sólo es visible para quienes aman.
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Par nadejda, le 05/12/2010
Roberto Bolaño
On ne finit jamais de lire, même si les livres s'achèvent, de la même manière qu'on ne finit jamais de vivre même si la mort est un fait certain.
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Par nadejda, le 17/03/2012
Les chiens romantiques : Poèmes 1980-1998 de
Roberto Bolaño
LES CHIENS ROMANTIQUES
(...) En ce temps-là j'avais vingt ans
et j'étais fou.
J'avais perdu un pays
mais j'avais gagné un rêve.
Et si j'avais ce rêve
le reste était sans importance.
Travailler ou prier
ou étudier à l'aube
auprès des chiens romantiques.
Et le rêve vivait dans le vide de mon esprit.
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Par ophrys, le 22/11/2010
Le gaucho insupportable de
Roberto Bolaño
Les livres sont finis, les rencontres sexuelles sont finies mais le désir de lire et de baiser est infini, il dépasse notre propre mort, nos peurs, nos espoirs de paix.
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Par Olaf, le 21/03/2011
Les chiens romantiques : Poèmes 1980-1998 de
Roberto Bolaño
Sucio, mal vestido
En el camino de los perros mi alma encontró
a mi corazón. Destrozado, pero vivo,
sucio, mal vestido y lleno de amor.
En el camino de los perros, allí donde no quiere ir nadie.
Un camino que sólo recorren los poetas
cuando ya no les queda nada por hacer.
¡Pero yo tenía tantas cosas que hacer todavía!
Y sin embargo allí estaba: haciéndome matar
por las hormigas rojas y también
por las hormigas negras, recorriendo las aldeas
vacías: el espanto que se elevaba
hasta tocar las estrellas.
Un chileno educado en México lo puede soportar todo,
pensaba, pero no era verdad.
Por las noches mi corazón lloraba. El río del ser, decían
unos labios afiebrados que luego descubrí eran los míos,
el río del ser, el río del ser, el éxtasis
que se pliega en la ribera de estas aldeas abandonadas.
Sumulistas y teólogos, adivinadores
y salteadores de caminos emergieron
como realidades acuáticas en medio de una realidad metálica.
Sólo la fiebre y la poesía provocan visiones.
Sólo el amor y la memoria.
No estos caminos ni estas llanuras.
No estos laberintos.
Hasta que por fin mi alma encontró a mi corazón.
Estaba enfermo, es cierto, pero estaba vivo.
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Par nadejda, le 17/03/2012
Les chiens romantiques : Poèmes 1980-1998 de
Roberto Bolaño
LA FRANÇAISE
(...) Un amour inoubliable
Et éphémère.
Comme un ouragan ?
Non, un amour éphémère comme le soupir d'une
tête guillotinée,
La tête d'un roi ou d'un comte breton,
Ephémère comme la beauté,
La beauté absolue,
Celle qui contient toute la grandeur et la misère du
monde
Et qui n'est visible que par ceux qui s'aiment.
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Par nadejda, le 17/03/2012
Les chiens romantiques : Poèmes 1980-1998 de
Roberto Bolaño
LOS PERROS ROMANTICOS
En aquel tiempo yo tenía veinte años
y estaba loco.
Había perdido un país
pero había ganado un sueño.
Y si tenía ese sueño
lo demás no importaba.
Ni trabajar ni rezar
ni estudiar en la madrugada
junto a los perros románticos.
Y el sueño vivía en el vacío de mi espíritu.
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Par brigetoun, le 17/04/2011
2666 de
Roberto Bolaño
Le corps d'Estrella Ruiz Sandoval, dix-set ans, fut découvert une semaine plus tard, sur la route qui va à Casas Negras. Elle avait été violée et étranglée. Elle portait un jean et un chemisier bleu foncé. Elle avait les bras attachés dans le dos. Son corps ne portait pas de traces de torture ou de coups. Elle avait disparu de chez elle, ou elle vivait avec ses parents et ses frères, trois jours auparavant. Ce furent Epifanio Galindo et Noé Belasco, de la police de Santa Teresa, qui se chargèrent de l'affaire, pour alléger la tâche des inspecteurs qui de plaignirent d'avoir trop de travail. Le lendemain de la découverte du cadavre d'Estrella Ruiz Sandoval, on trouva le corps de Monica Posadas, vingt ans, dans le terrain vague proche de la rue Amistad, dans la colonia Le Preciada.
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